4.5 - Excellent
Clint Eastwood devant et derrière la caméra pour le plus grand plaisir du cinéphile, mettant en scène Gran Torino, film sociale aux relents de tout ce que la carrière de la légende à mix en exergue. Oui, outre un récit aboutissant sur un final surprenant, ou pas, selon l’idée que l’on se fait d’Eastwood, Gran Torino est également un film socialement important. Sont notamment abordé les sujets du conflit générationnel, de l’Amérique de l’immigration, du racisme, du deuil, de la force ouvrière face à l’air tertiaire, tout un tas de sous thèmes aborder avec finesse et sans que cela nous saute aux yeux. En passant, Eastwood dépeint une Amérique pluriculturelle, ici c’est de Détroit, Michigan, dont on parle, en mettant en scène, sans forcer, des asiatiques, des latinos, des noirs, des italo-américains, des salves-américains. Oui, là se situe l’un des sujets sous-jacents du film. La mixité au profit de nouvelles découvertes sociales.
Gran Torino, d’où son nom, c’est aussi une belle façon d’imager l’amour de l’automobile, de son automobile, par son propriétaire. Oui, lustrant, soignant avec soin sa Ford Gran Torino, seul héritage d’un passé patriotique sans concession, le personnage de Walt Kowalsi démontre un attachement à un véhicule représentant la seul vraie richesse de l’Amérique par définition dans un quartier mixte. Passé sur tous les sujets sous-jacents, l’on se délectera du jeu de l’acteur numéro un, hargneux, cynique, moqueur, mesquin et égoïste, sans oublier raciste, de prime abord, jusqu’au bout des ongles. L’on fait donc la connaissance, avec amusement, d’un vieillard solide qui enterre sa femme et qui se caractérise en insultant son prochain, en médisant sur les siens et en mettant un point d’honneur à ce qu’on l’on ne l’aime pas. La suite nous éclairera sur un changement de personnalité, sans pour autant que le caractère de légende en soi altéré.
Eastwood film une Amérique prolétaire proche de l’industrie, du chômage et de la désertion de toute activité lucrative indépendante, une Amérique défaite dont son personnage, est le souvenir. Vétéran de la guerre de Corée, employé modèle de la chaîne de production automobile, qui, à l’aurore de sa vie, s’entretient puis se créer de liens avec une communauté asiatique, les Hmong, pour lesquels il deviendra symbole de protecteur, de sauveur des âmes en peine. La relation qui unit le vieil homme et les enfants de ses voisins asiatiques est l’élément déclencheur d’une nouvelle vie pour le vieux Walt, une vie qui aura enfin un but autre qu’égoïste.
Gran Torino, si j’ose dire, la dernière grande démonstration de Clint Eastwood, même si Invictus était satisfaisant, ne parlons pas d’au-delà. Un film culte de par ses dialogues, de par la personnalité inimitable de l’ami Clint et de par un récit simple mais plein de sous-traitements. Une photographie sobre, un habillage musical léger comme il faut dans le cas de ce genre de production, des acteurs peu connus mais rudement bien dirigés, tout un paquet de bons arguments, d’autant que lorsque Eastwood met en scène la communauté Hmong, il engage des Hmong pour les interpréter. Un pari audacieux car non garant de qualité, mais authentique, comme l’est Gran Torino. 17/20
Ajoutée le 30 nov. 2012 à 13h28
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