Thriller néo-noir réalisé par Nicolas Winding Refn, Drive est un bon film. L'histoire nous fait suivre un jeune mécanicien taciturne qui travaille dans un petit garage de Los Angeles et effectue à l'occasion des cascades pour des acteurs hollywoodiens le jour, mais qui, de nuit, sert de conducteur à des membres du crime organisé qui, peu de temps après avoir emménagé, sympathise avec sa voisine Irene et son fils Benicio, dont le mari est en prison. Seulement, à sa sortie, l'homme est menacé et le conducteur va lui proposer son aide afin qu'Irene et le petit ne soient pas à leur tour en danger. Ce scénario s'avère plus ou moins prenant à visionner tout du long de sa durée d'un peu plus d'une heure et demie. On assiste pendant tout ce temps à une intrigue débutant par une introduction intense nous immergeant immédiatement dans son univers réaliste. S'ensuit au fil des minutes un récit assez classique mais efficace, bien que son rythme lent et son aspect contemplatif semblent par moments trop artificiels. Disons que cette romance risquée n'est pas la force du métrage. Il est davantage réussi lors de ses scènes d'action avec des courses-poursuites en voiture tenant en haleine et des scènes de confrontation à la violence physique brutale et psychologiquement dure. L'atmosphère est particulièrement prenante à la faveur de son ambiance froide et réaliste empreinte de tension d'un bout à l'autre. L'ensemble est porté par un personnage principal peu loquace mais iconisé par son look entre sa veste et ses gants qu'il porte à bord de ses véhicules aux moteurs vrombissants. Un rôle interprété par un Ryan Gosling dont le jeu consiste à prendre la pose en gardant un visage peu expressif et une attitude introvertie, en plus de faire preuve d'un grand sang-froid en dépit des situations explosives. Le reste de la distribution comporte Carey Mulligan, Bryan Cranston, Ron Perlman, Albert Brooks, Oscar Isaac, Christina Hendricks, James Biberi et le juvénile Kaden Leos. Tous ces individus entretiennent des relations manquant paradoxalement d'authenticité malgré l'univers réaliste, en partie à cause de longs silences entre deux phrases prononcées qui ne font pas très naturels. Sur la forme, la réalisation du cinéaste danois s'avère particulièrement qualitative. Sa mise en scène immersive est extrêmement léchée et nous gratifie de cadres impeccables. On sent le souci du détail et le travail fourni. Les courses-poursuites sont également très bien filmées. De plus, la photographie est des plus soignées à la faveur des jeux de lumière et d'un bel étalonnage, faisant que l'esthétique, principalement nocturne, mais aussi parfois diurne, est juste parfaite. À ce visuel exemplaire vient en plus se greffer une excellente bande originale, dont les compositions alternent entre nappes sonores en fond afin de renforcer l'atmosphère oppressante, et titres électro puissants, avec une mention spéciale pour le morceau Nightcall du compositeur français Kavinsky qui restera gravé en mémoire tant il s'accorde à merveille avec les images. Reste une fin pas entièrement satisfaisante venant ainsi mettre un terme à Drive qui, en conclusion, est une œuvre méritant d'être admirée malgré ses carences scénaristiques.