L'auteur de "Garage Olimpo" traite ici d'un sujet inédit et assez passionnant dans sa manière très personnelle de mettre en scène. En évacuant toute recherche d'émotion et créant une distance assez insolite en renversant les clichés (ainsi les indiens Guarani sont au premier plan, et les êtres 'civilisés' à l'arrière), Marco Bechis réussit un film sur la terre des hommes, l'appartenance à une culture et la défense des libertés de groupe. Cette micro-société en formation, ancrée solidement dans un passé nostalgique qui décide du présent au nom des ancêtres, reflète de manière subtile, et à différente échelle puisque le film offre une vision assez élargie de la problématique, les oppositions de groupes (les familles en forêt, contre la vie urbaine rongée par le capitalisme et le désir toujours grandissant de dominer plus), et la construction - ou transmission - d'un mode de vie à part. "Birdwatchers" reste essentiellement concentré sur la tribu indienne qu'il dépeint entre le silence et quelques effets de styles sans grands interêts, et sur les décors naturels, le paysage urbain ne constituant souvent qu'une masse sonore où les voitures et leur radio défilent devant la caméra dans une enfilade surnaturelle de sons rapides, rassemblant l'urbanisme à une forme d'épouvante. Et d'un côté, le film aborde une histoire d'amour entre un jeune indien et la fille d'un blanc bien décidé à récupérer ce qu'il considère comme ses terres. Cette sous-histoire trop prévisible, invitant à des questionnements à l'intérieur même des problématiques évoquées par le sujet seul, n'a au final que peu d'interêt et ouvre les portes à un manichéisme un peu primaire, d'autant qu'il manque une grande dose de sensualité dans la mise en scène de ses séquences amoureuses et mystérieuses entre deux êtres que tout oppose, pour véritablement convaincre et attirer dans le trouble et l'ambiguïté d'une relation perverse. Le film tombe aussi par moments dans le piège du voyage moralisateur (le jeune ind