Hirokazu nous livre encore un film pesant, lourd de ressentis et de non-dits typiques des japonais. Triste et plutôt malheureuse, cette histoire de famille brisée par un enfant mort trop tôt est une véritable leçon de vie. Un très beau film à voir en VO absolument tant la qualité des doublages français est lamentable!
C'est toujours pareil avec ces films asiatiques : le rythme est si lent que selon la forme du jour, le visionnage peut s'apparenter à un long combat pour ne pas piquer du nez. Mais comme souvent, ces films recèlent aussi des moments d'une vérité absolue, dans les dialogues, les comportements, les sentiments. C'est le cas de ce "Still walking", qui montre des retrouvailles de famille dans la maison des parents. On se compare les uns les autres, on ressasse quelques rancœurs, on lâche quelques piques, mais on se dit aussi quelques mots d'amour, on trouve une oreille attentive à ses problèmes, et on savoure la bonne cuisine de maman qui ramène à l'époque insouciante de l'enfance dans la maison qui nous a vu grandir. C'est plein de beaux petits moments donc, mais tout de même, il faut être fort pour tenir jusqu'au bout !
On retrouve dans "still walking" l'ambiance douce, intimiste, et nostalgique d'un manga de Taniguchi. C'est l'histoire d'une réunion familiale à l'occasion de l'anniversaire de la mort d'un fils, mais aussi celle d'un nouveau rendez vous manqué parce que les non dits, l'ancienneté des frustrations, la dureté de l'absence pèsent trop sur une affection partagée mais qui ne s'extériorise pas. Un excellent film.
j'ai coupé en cours de film tant celui ci est long et ennuyeux! Les retrouvailles d'une famille, un fils chômeur revient à la maison avec sa nouvelle compagne divorcée, des relations avec son père médecin tendu..bon c'est vrai que je l'ai vu en V.O mais au bout de 35 mn ça va! rien ne se passe ,c’est du lavage de linges sales en famille soporifique.
Quand la simplicité apparente tend vers le sublime. Difficile de parler d'un film tant il vous a touché. Still walking est juste un chef d'œuvre. A la fois il ne passe rien et tout ce passe. C'est insignifiant et profond, léger et grave, désespérant et plein d'espoir, aussi limpide que sombre. C'est juste la vie. Un vrai coup de cœur. Rien à dire juste le voir et le revoir.
Un beau film. Le sujet est assez traditionnel : une famille se réunit à l'occasion de l'anniversaire de la mort du fils aîné, qui s'est noyé en sauvant un enfant. Le fils cadet est plus ou moins un raté, il est évidemment brimé et mal dans sa peau. Il s'est marié avec une veuve qui a déjà un enfant. Il y a aussi une soeur, insouciante et pleine de vie, mariée à une sorte de benêt et qui a deux enfants turbulents. Les parents vivent dans le souvenir de leur aîné mort, à l'évidence leur préféré. Le père est une sorte de Pialat médecin, bougon et taciturne, la mère est encore alerte mais d'une cruauté étale. Finalement, une sorte de La vie des morts au Japon. Le film est agréable à regarder, quoiqu'un peu long, et très subtil. Les acteurs et actrices sont beaux, bons et chacun développe sa personnalité tout au long du film. Les thèmes traités sont multiples et la mise en scène est délicate, réfléchie et sereine. La photographie est belle. Certains moments sont magiques (la visite surréaliste de l'enfant sauvé par le frère noyé, le papillon).
L'ombre portée par le mort n'empêche pas le film d'être plein de vie. Un succès critique mérité. D'autres critiques sur Christoblog : http://chris666.blogs.allocine.fr/
24 heures dans une famille nippone réuni comme tous les ans pour commémorer la mort tragique du fils aîné 17 ans plus tôt. La maison des parents, emplie des traditions nippones, n’a pas bougé depuis ce décès. La mère prépare toujours un festin pour ses enfants et petits enfants qui se sont tous irrémédiablement distancés. L’histoire simple de ces 24 heures contenues dans un film de 2 heures évoque la nostalgie, les secrets, les rancoeurs, la disparition des traditions, les différendes générationnelles inélustables, la culpabilité… Tout çà avec beaucoup de subtilité, de tendresse pour chacun et de poèsie. Cette journée passe entre tensions, indifférences, désaccords, mais aussi humour et amour entre les protagonistes. Le thème de l’éloignement entre parents et enfants et entre enfants, chacun sur un chemin de vie choisi mais pas toujours assumé, est traité avec tendresse et toujours sans pathos. Un grand film… ne pas avoir peur des lenteurs qui font aussi le charme du propos…
Une oeuvre impressionnante de finesse signée Kore-Eda Hirokazu. Sur une mise en scène d'une extrème fluidité et une musique discrète vont remonter à la surface mais toujours de manière contenue, ressentiments et non-dits. Car rien ne s'arrangera au cours de cette réunion d'une famille pour la commémoration de la mort du fils ainé, simplement de l'amour non exprimé, de l'incompréhension associés à des moments plus souriants. comme si la gravité flottait à tout instant sur des moments en apparence léger. Le film est aussi une reflexion sur le poids des traditions dans le Japon contemporain. Peu à peu, la dramaturgie ira crescendo... une merveille par son coté printanier, la subtilité et la finesse de son trait.
Un drame familial très poignant,par Kore-Eda Hirokazu,nouveau maître du cinéma sensible japonais,digne héritier de Naruse et d'Ozu."Still Walking"déroule une journée de réunion familiale pour célébrer les 15 ans de la mort accidentelle du fils aîné.Une famille,dont les liens, les secrets,les ressentiments,les culpabilités...sont tout en non-dits.Kore-Eda,par la grâce d'une divine mise en scène épurée,capture chaque petit détail indiquant l'état émotionnel de ses personnages,tous chagrinés mais toujours dignes.La photographie est absolument magnifique,alors que la composition de longs plans fixes travaillés,met en valeur l'intimité de cette famille.Le film représente aussi un cri d'amour envers le Japon bucolique,et ses traditions qui ont tendance à se perdre.La culture orientale nous touche,que ce soit la nourriture,les rapports entre les différentes générations,le respect de la nature.Solaire,comme cette journée ensoleillée.Tragique,avec la présence tangible du défunt dans les esprits.Universel,car cette famille,empêtrée dans ses incompréhensions,oublie de se dire "je t'aime",bien qu'elle le pense fortement.Doux-amer,d'une sobriété soulignant avec force les moindres traits de chacun,"Still Walking" retourne le coeur.