Comédie culte des années 90, qui m’avait échappé, Pédale douce n’est pas un bien grand film.
En vérité ça ressemble plutôt à une comédie estivale, faite pour remplir une soirée un peu arrosée, mais pour le reste, elle n’était pas faite pour rester dans les annales, et aujourd’hui, je reste sur ma faim en le visionnant.
Le problème c’est comme souvent l’intérêt réel du propos. Le métrage propose quelques situations amusantes, un peu grivoises parfois, mais il n’y a pas d’intrigue ou très peu. Du coup, passé le premier quart d’heure, et en dépit des quelques passages drôles qui peuvent réveiller le spectateur, il n’y a pas grand-chose en mesure de happer son attention. Je me suis relativement ennuyé devant une intrigue vaudevillesque attendue, des quiproquos faciles, et une narration peu fluide, lourdaude même parfois. Pour ma part, c’est là le gros défaut de ce film, qui parvient cependant à éviter un peu les lieux communs sur les homos. Pour le coup c’est plutôt une surprise compte tenu du reste.
Le casting est plutôt bon, avec des acteurs solides dans leurs rôles mais parfois trop peu utilisés. Je pense à Jacques Gamblin par exemple, tandis que Michèle Laroque aurait pu être davantage mise en valeur, d’autant qu’elle semble bien à l’aise dans ce métrage et dans ce registre. Reste un Timsit sympathique et juste, face à un Richard Berry peut-être plus subtil et plus en variété niveau jeu, et, entre eux, une Fanny Ardant tout à fait indiqué pour son rôle, et qui impose sa flamboyance, avec un jeu parfois un peu rèche.
Ce bon casting ne s’accompagne pas d’une réalisation démente, mais le film parvient, par son lot d’éclairages flashys, sa bande son punchie qui aligne les titres connus, et une certaine vivacité de mise en scène à rester assez plaisant à regarder. Malgré tout, ça reste un métrage là aussi plus proche de la comédie estivale qu’autre chose. Sur un sujet qui pourra rappeler Almodovar, le réalisateur n’a pas l’aisance de ce dernier pour transcender son film par une esthétique aussi brillante et personnelle.
En conclusion, Pédale douce est une comédie pas déplaisante, mais qui repose surtout sur ses numéros d’acteurs et sa bande son vive qui parvient à surligner efficacement quelques situations amusantes. Le résultat reste faible, particulièrement à cause d’un scénario laborieux, souvent creux, et ses redondances. 2.5