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    A propos d'Elly
    Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "A propos d'Elly" et de son tournage !

    Un prix pour Elly

    Le film a remporté l'Ours d'argent à la 59ème berlinale.

    Retrouvailles

    Asghar Farhadi travaille pour la troisième fois avec la jeune actrice Taraneh Alidousti dans A propos d'Elly. Il l'avait déjà dirigée sur Beautiful city et La Fête du feu. Paradoxalement, c'est elle qui apparaît le moins dans le film, puisqu'elle interprète le personnage d'Elly, qui disparaît au début de l'intrigue.

    Genèse

    Asghar Farhadi explique comment l'idée de départ du film a pris forme pour devenir un long métrage: "Le point de départ pour A propos d'Elly, c'est l'image d'un homme seul, au crépuscule, les vêtements mouillés, qui attend au bord de la mer que l'on sorte le cadavre d'une femme. Cette image était comme un bouton à partir duquel j'ai cherché la chemise et le costume adéquats. Au fur et à mesure de l'écriture, des thématiques ont surgi : le mensonge, le jugement et la relativité de la morale." La diversité des personnages permet d'adresser plusieurs messages aux spectateurs. "L'un des autres messages, plus universel, du film est de montrer que la culture n'exclue pas les préjugés : les personnages du film ont beau avoir étudié le Droit, ils sont les premiers à juger autrui sur des a priori. La société iranienne est faite de tous ces petits groupes qui n'arrêtent pas de coller des étiquettes."

    Elly vu par Asghar Farhadi

    Le personnage qui donne son nom au titre du film est entouré de mystère. Même pour le réalisateur : " Elly reste pour moi une énigme. J'en suis heureux en tant que réalisateur même si, en tant que spectateur, je suis aussi frustré (rires). Dès l'amorce du scénario, je voulais que le personnage autour duquel gravite le suspense soit une femme. Tout simplement parce qu'à mon sens la part d'ombre, de mystère, des femmes est plus intense que celle des hommes." Durant le tournage, les acteurs demandaient sans cesse au réalisateur de quel prénom Elly était le diminutif. Si Asghar Farhadi n'a jamais répondu, c'est parce que lui même n'en savait rien ! Un moyen comme un autre de préserver le secret qui entoure le personnage de la jeune femme, y compris auprès des acteurs. Le réalisateur a même interdit le plateau à Taraneh Alidousti, l'actrice qui interprête Elly, afin que chacun ressente réellement son absence, et s'identifie au manque vécu par son personnage.

    La femme iranienne

    Le film met à mal un certain nombre de clichés sur la femme iranienne. Le personnage principal est d'ailleurs une femme. "A l'étranger, on se fait encore trop souvent l'idée d'Iraniennes passant leur temps à cuisiner et à s'occuper des enfants. La réalité est toute autre, évidemment : elles sont instigatrices de beaucoup de choses, elles ont un rôle social très important à jouer et elles l'assument. Leur oppression dans l'histoire de l'Iran les a tellement fatiguées qu'elles revendiquent aujourd'hui leurs droits et leur place." précise le réalisateur.

    Leçon de mise en scène: l'art des mots croisés

    Le réalisateur explique les partis pris de sa mise en scène : "Que le spectateur ne sente pas la présence de la caméra : il ne fallait pas que la mise en scène fasse écran entre lui et les personnages. Ensuite, je ne voulais pas m'ériger en juge, ce qui impliquait une caméra très mobile qui ne néglige aucun personnage et les filme tous à égalité. Dans la narration comme dans la mise en scène, je me suis efforcé de ne jamais devancer le spectateur. Dans ce film, la caméra n'a pas d'indépendance : ses mouvements sont dictés par ceux des personnages." Plusieurs buts selon Asghar Farhadi, le premier étant de donner une autonomie au spectateur, pour qu'il se fasse lui même son idée sur le film. Surtout, ne pas lui imposer ses théories, ne pas être trop didactique. "C'est essentiel dans ma démarche. J'ai toujours poursuivi cet objectif et je crois, avec ce film-là, m'en être davantage approché. Le cinéma est arrivé à un âge suffisamment avancé pour ne plus accepter qu'un metteur en scène impose ses idées, ses théories ou son idéologie. On arrivait à ce paradoxe qu'un réalisateur pouvait dicter à l'écran sa conception de la liberté alors que le spectateur se trouvait déjà, vis-à-vis d'un film, dans un rapport de soumission. Ce dernier doit avoir la possibilité d'apporter sa propre interprétation et de participer davantage à ce qu'il voit. J'espère que l'on arrivera un jour à ce qu'il y ait le même nombre d'avis sur un film que de spectateurs. J'aime l'idée qu'un film ressemble à des mots croisés dont on demande au public de remplir les cases.
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