La Folie Almayer
Note moyenne
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Cadreum
Cadreum

60 abonnés 784 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 octobre 2025
Qui est le film ?
Réalisé en 2011, c’est le dernier grand récit de fiction avant qu’elle ne s’oriente plus résolument vers l’essai et l’autoportrait. Le film adapte le premier roman de Joseph Conrad, mais Akerman déplace le texte : elle l’installe dans les années 1950, au Cambodge, au moment où les certitudes coloniales s’effritent. En surface, l’histoire est celle d’Almayer, marchand européen déchu, installé en Asie et obsédé par le rêve de fortune, et de sa fille métisse, Nina, que tout oppose à lui.

Que cherche-t-il à dire ?
La « folie » d’Almayer n’est pas d’abord la dérive d’un individu mais le symptôme d’un système : le colonialisme, ses promesses de richesse, sa prétendue supériorité morale, et son échec retentissant. Ce que le film cherche à montrer, c’est comment un projet économique et politique se traduit en pathologie, comment une idéologie se consume dans un corps, une maison, une relation père-fille.

Par quels moyens ?
Almayer ne sombre pas dans la folie par accident. Son obsession de la mine d’or, ses rêves de fortune, se heurtent au réel : aucune prospérité, seulement la décrépitude. La folie incarne ici l’effondrement d’une narration collective.

Comme dans ses films précédents, Akerman travaille la lenteur : longs plans de la rivière, de la jungle, des intérieurs étouffés. Cette dilatation du temps fait éprouver au spectateur l’usure, l’attente interminable, la ruine progressive. L’esthétique rejoint le sujet.

Le film joue des langues multiples, du français à l’anglais en passant par les idiomes locaux. Ce multilinguisme n’ouvre pas à la compréhension mais à l’écart. Les dialogues se heurtent, les traductions échouent.

Nina est le point de fuite du film : fille métisse, tiraillée entre appartenance et refus, elle incarne à la fois le rêve d’Almayer (héritière de sa fortune imaginaire) et son échec (elle refuse son autorité). Akerman la filme comme sujet autonome, non comme simple reflet du père. Elle concentre la question postcoloniale : comment inventer une place quand aucune appartenance ne suffit.

Où me situer ?
Loin de tout exotisme, Akerman déplie un récit d’échec avec une patience obstinée. Je suis toujours saisi par l’usage du temps, par cette façon de rendre sensible l’effritement à travers des plans qui ne lâchent pas leur proie. Pourtant, cette même exigence formelle m'a aussi découragé.

Quelle lecture en tirer ?
La Folie Almayer ne raconte pas seulement la chute d’un homme. Il montre, par l’usure même de sa forme, comment un monde s’écroule : un monde de promesses coloniales, de virilité européenne, de rêves de possession.
Agnes L.
Agnes L.

229 abonnés 2 013 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 21 février 2025
Je ne connaissais pas le cinéma de Chantal Ackerman et cette œuvre m'a un peu déroutée. La réalisatrice filme la jungle envahissante, chaude, humide, sans doute pour créer une atmosphère lancinante de torpeur. Elle y arrive, seulement, c'est tellement lent que le film semble interminable. Il y a bien une histoire, celle contenue dans le livre de Joseph Conrad dont le film est librement adapté, mais tellement diluée que l'on a du mal à entrer dans l'histoire et adhérer à son projet cinématographique. Dans plusieurs dialogues, les personnages ne bougent pas comme pour se focaliser uniquement sur ce qu'ils disent. Nina l'exprime à un moment donné face à son père en lui reprochant, « que des paroles, pas de gestes ! ». Cela rend les scènes un peu artificielles y compris la fin avec son long plan fixe.
ferdinand75

723 abonnés 4 465 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 31 décembre 2024
Encore une fois Ackerman nous hypnotise par la lenteur de son cinéma, totalement soporifique. Cette fois, elle s’aventure hors du plan fixe avec beaucoup de travellings, c’est une grosse évolution, mais ces travellings sont surtout interminables et inintéressants : 10mn d’un travelling sur des palétuviers, puis 15mn sur la rivière qui s’écoule, puis des plans de nuit sans action dans la forêt tropicale . Sur les deux heures de film, il y a 3 à 4 scènes dialoguées, mais souvent inaudible. Le scénario est abscons, une jeune fille métisse emmenée dans un pensionnat, puis on la retrouve adolescente revenue au bord de cette rivière sauvage, dans cette maison semi- abandonnée. On ne comprend rien, elle tombe amoureuse d’un autochtone, mais on ne sait pas pourquoi, ni comment. Le film est « librement » inspiré d’une œuvre de l’écrivain culte, Joseph Conrad auteur, entre autre, du « Cœur des ténèbres » , qui inspira le chef d’œuvre absolu de F. F. Coppola « Apocalypse now ». Mais malheureusement les mêmes causes n’engendreront pas les mêmes effets. Le résultat : un Non-film ? film expérimental ? documentaire? même pas . Dans un style parfois un peu similaire le contemporain Albert Serra nous régale avec ses films, parce son ultra -esthétisme repose sur des scénarios, sur une idée, sur une vision ,qui sert de trame, mais ici c’est le vide abyssal. On retiendra cependant deux belles scènes, esthétiquement réussies : l’arrivée d'un bateau pirogue au loin, dans la nuit noire , tout illuminé de guirlandes, sorte de Zoom avant , en plan fixe de 15 mn , assez réussi , et une petite scène atypique de la jeune femme accroupie, en train d’uriner paisiblement sous un porche , assez rare au cinéma, presque mignonnet . Mais tout cela est trop juste pour faire un film.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 422 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 octobre 2024
La sortie en salles du second volet de la filmographie de la cinéaste belge Chantal Akerman, permet de voir ou de revoir ce qui sera son dernier titre de fiction " la folie Almayer" (2011).

Tiré du premier roman de Joseph Conrad ( " au cœur des ténèbres" inspirera Apocalypse now de FF Coppola et " lord Jim" Richard Brooks) le scénario se porte sur un occidental (Almayer) qui s'est installé au fin fond de la Malaisie. Il a une fille qui cherche à s'emanciper de son père et de sa culture.

La fin tragique de la cinéaste éclaire peut-être son choix d'adapter ce livre. Le personnage d'Almayer voit sa fille lui échapper et ce qui le retenait à la vie bascule.

On pourra y trouver des passerelles interprétatives avec la vie de la cinéaste qui a décidé de nous quitter en 2015.

Au plan formel on est proche du slow cinéma ( long plan séquence, peu de dialogue) et du cinéma de Claire Denis et de celui d' Albert Serra.
Ykarpathakis157

6 194 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 7 juillet 2021
Je suis très déçu par ce film bien qu'il suive de très près le roman de Conrad dans un nouveau cadre moderne il trébuche continuellement sur le fait qu'il est trop conscient d'opter pour le plan artistique chaque fois que cela est possible. Par exemple tous les personnages principaux voyagent en bateau en se tenant debout à la proue qu'il s'agisse d'un cargo ou d'un petit canoë de village. Cependant le récit est peu développé tous comme les personnages principaux. Conrad a écrit une histoire passionnante qui explore une autre situation humaine hors de l'eau. À la place nous avons un film d'art pur et dur qui aurait pu donner beaucoup plus au spectateur et moi j'espérais un traitement plus cohérent d'un assez bon livre...
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 11 mai 2021
Méticuleux mais châtié, La Folie Almayer rentre comme par accident dans la lignée des grands drames post-coloniaux. Sa contemplation d'un monde laissé à l'abandon par ses anciens dirigeants n'est en effet pas que paysagère chez Akerman, mais aussi spirituelle. Les tourments d'un homme laissé seul auront tôt fait de s'associer à de plus grandes désillusions, et les cordons coupés seront familiaux, identitaires et politiques.

La frustration et le sentiment immense d'abandon de ce père impuissant et torturé par sa destinée nous frappent en même temps qu'il les projette sur sa fille. Nous trimbalant par moments à travers des scènes désarticulées (qui auraient bénéficié d'une dynamique supplémentaire car les longueurs ont du mal à s'exprimer), le film parle d'une maladie disparue, un mal du pays inimaginable doublé de l'incapacité à s'affronter soi-même en terre inconnue.

→ https://septiemeartetdemi.com/
JR Les Iffs
JR Les Iffs

101 abonnés 1 151 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 8 décembre 2018
Film très moyen. Après un assez bon début, le film s'enlise dans les répétitions, les longueurs, des lenteurs, jusqu'à plus soif. C'est assez bien filmé, mais c'est toujours la même chose, aucune originalité, aucune créativité cinématographique.
Ennui presque total, les acteurs n'articulent pas, heureusement il y a quelques sous-titres. Bref, un film très décevant.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 28 mars 2018
C'est Conrad revisité par Duras et en ce sens c'est plutôt une réussite, et c'est un lecteur de Conrad qui le dit et, il n'en reste peut-être plus beaucoup !
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 20 février 2016
Si quelques bribes d'histoire et de sensations nous restent en mémoire, cette adaptation du premier roman de Joseph Conrad est assez désespérant tant l'ennui qui s'y dégage est profond. Presque chaque minute nous fait regretter de ne pas avoir consacré les deux (interminables) heures que dure ce film à autre chose. spoiler: Un final en plan fixe de 10 minutes sur la tête de Stanislas Merhar triste
. Difficile de trouver un quelconque intérêt à ce long-métrage qui n'en finit plus.
PMarino
PMarino

2 abonnés 108 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 31 mars 2015
trop lent, artistique, malgré les beaux paysages du Cambodge. On s'ennuie ferme.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 23 mai 2014
Chantal Akerman, dernier film en date, La folie Almayer. En partant d'un roman sur les quelques ruines du colonialisme qui habite l'Asie du Sud-Est, la réalisatrice part dans le cinéma, dans un langage cinématographique qui n'appartient plus qu'à elle et qui se rapproche d'ailleurs beaucoup d'une écriture littéraire. Les espaces sont découpés un à un, et dans chacun d'eux c'est une pause sans limite, ou un long glissement. Oui, certes, glissement, contamination, folie... Finalement le film pourrait se répéter et virer au petit pensum. Pourtant Akerman parvient à renouveler chaque instant son dialogue, ses personnages sont magnifiques, depuis leur posture un peu figée, ils finissent par êtres bien trop réalistes, réalistes car emprunts de cette fatigue et de cette lassitude terrible qui les prends à la gorge et dans tout le corps. Le film finit par être lui-même crampé, au point d'osciller entre des séquences pensantes et presque vaines dans une quelle-qu’autre narration/film, et des scènes d'une grande simplicité qui visent l'efficacité absolue, quitte à réveiller ceux qui dormaient. Il suffit de voir des plans comme l'arrivée d'Abdoula, des plans de pirogue avant tout, qui sortent de nulle part, sans que l'on ne les ait vraiment attendu ou imagine, que la voix-off s'y mêle, et que le film redevienne encore autre chose. La fin du film qui déraille progressivement vers un autre ailleurs, vers la perdition et la tristesse est non seulement d'une grande beauté (l'esthétique du film n'a rien à envier à tous les autres films de jungle qui se veulent étouffant - ici, on respire vraiment mal!) et d'une grande sensibilité finalement. Chantal parvient à créer de l’émotion dans un film apparemment froid et distant, pour faire se rapprocher les comédiens de nous, par eux-mêmes, dans un mouvement qui leur est propre.
Oui, c'est sans doute ce simple fait qui entraîne un film aussi particulier et personnel : il ne ressemble à pas grand chose d'autre. On voudrait le rapprocher d'un énième film sur la lenteur/l'ennui/la folie... et pourtant il nous surprend et se fait un chemin à part dans le cinéma tout court, à coups d'une rythmique bien spéciale, entre plans séquences inattendus et cut agressifs.
Le dernier plan est, dans l'idée même (il faut voir le mouvement bien particulier qu'il cache, ce n'est pas un simple traveling!) est magnifique. Il clôt un ovni français qui est resté un peu dans l'ombre, soit, mais cinématographiquement, il n'y a rien d'égal depuis longtemps : arriver à faire autant réfléchir la matière de l'image sans barber un spectateur, et lui livrer une histoire, ce n'est pas qu'une simple gageur de film arty!
anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 28 juin 2013
Comme c’est lent... (Depuis qu’il voyage en Europe à travers ses réalisations, Woody Allen nous filme les capitales comme de beaux guides touristiques. On ne peut pas lui en vouloir ; Woody Allen n’a pas vocation de filmer les bas quartiers, les banlieues tristes)... Que de plans et de regards figés... (Je n’ai pas trouvé utile d’écrire sur « Avengers ». Si le film est dans l’ensemble correct, maîtrisé, ces supers heros réunis ne m’ont fait ni chaud ni froid. Déjà, je ne suis pas fan de ces Marvel pris séparément)... J’ai pourtant apprécié des films qui prenaient leur temps. (Le générique de « Comme un chef » met en appétit, voilà une bonne entrée)... Je n’ai rien contre la lenteur si elle s’inscrit dans le récit, c’est le cas dans « La folie Almayer » Mais allez savoir, j’ai décroché dès les premières minutes et me suis laissé vaquer à d’autres préoccupations personnelles qui gèrent ma vie au quotidien, des choses banales, sans importances... Et de temps en temps, je me recentrais sur « La folie Almayer »... et... Ma folie à moi c’est d’avoir pensé à d’autres films dont je n’ai pas fait sciemment la critique, comme « Avengers », «To Rome with Love » ou le volet quatre de « L’Age de glace »... « La folie Almayer » : une véritable purge et qui à ma grande honte est plus indigeste que « Comme un chef ». Après tout, il n'y a pas de honte à ne pas aimer ce film, ce qui est honteux c'est de le mettre en balance avec "Comme un chef", c'est un peu comparer des carottes avec des clous ! Bref, "La folie Almayer", c’est du cinéma, je n’en doute pas, mais ce n’est pas mon cinéma. A partir du moment où je n’ai ressenti aucune captation à défaut d’émotion, il me paraît légitime d’avoir l’esprit vagabond. Et comme j’aime le cinéma, je vais jusqu’au bout du chemin, je n’abandonne pas. J’envie les allocinautes qui ont le courage d’arrêter en cours de film. Et si c’était ça aussi « La folie Amayer » : en oublier le film pour penser à d’autres films. Une étoile quand même pour m’excuser de ne pas avoir fait l’effort de me concentrer. Mais à qui la faute ?
Raw Moon Show
Raw Moon Show

153 abonnés 853 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 août 2013
Enfin ! preuve est faite qu'il ne suffit pas de coller du Wagner sur des images pour les sublimer. Boorman et Von Trier ont su le faire, Chantal Akerman beaucoup moins... Ensuite, je n'apprends rien à personne en disant que la meilleure façon de souligner un glissement progressif vers la folie c'est encore de la détacher d'un cadre à faire exister (la forêt, le fleuve, d'autres personnages, le rythme de la narration...). C'est ce contraste qui met en valeur l'échappée folle. Or ici, tout est enchevêtré. Chaque plan s'étale en langueur autour de cette seule idée. Tout transpire la folie Altmayer, les interminables plans, les dialogues récités de façon désincarnée, les visages vidés de sens, les postures molles... De belles images bien traumatiques ne suffisent pas à faire un grand film. Conrad doit bien se marrer de là où il est !
norman06

425 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 mars 2012
Une superbe photo et la belle mèche blonde de Stanislas Merhar sont les deux qualités de cette adaptation littéraire ampoulée, qui hésite entre la thématique du cinéma colonial des années 30 et la torpeur durassienne. Les plans fixes sur des acteurs cantonnés à la pause tiennent lieu de projet artistique, loin de l'originalité de "Jeanne Dielman", unique réussite de cet ex-égérie de l'avant-garde.
Archibald T.
Archibald T.

20 abonnés 209 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 28 février 2012
Il manque une âme à ce film.
Un court métrage aurait suffit.
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