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Humphrey Bogart, Edward G. Robinson, Burt Lancaster, Cary Grant, Ingrid Bergman, Veronica Lake, Bette Davis et Lana Turner, tous dans un seul film? Oui, c'est possible, et en plus avec un bon nombre d'autres stars du cinéma hollywoodien des années 1940/50. Le metteur en scène Carl Reiner et son coauteur et acteur principal Steve Martin ont fait un film qui se trouve être à la fois d'un comique extravagant et un hommage affectueux aux classiques du film noir. L'histoire est pleine d'allusions au cinéma classique hollywoodien, comme par exemple Private Eye, le détective privé – un vrai dur – que l'on connaît des diverses adaptations cinématographiques de Raymond Chandler, et qui commente l'action complexe en voix off. Il y a aussi son nom, Rigby Reardon, un mélange des noms de personnages des « Tueurs » et « L'Ile au complot ». Et puis l'explication délurée de Rachel Ward sur la façon de téléphoner, qui fait allusion au fameux « You know how to whistle, don't you... » de Lauren Bacall dans « Le port de l'angoisse ». Ce sont les extraits de dix-huit films hollywoodiens célèbres qui font des « Cadavres ne portent pas de costardé un jeu de devinettes enchanteur et plein de clin d'oeil. L'histoire étrange autour de Rigby Reardon constitue le lien qui relie ces extraits les uns aux autres, un lien pour le moins indirect: le scénario de Reiner, Martin et George Gipe qoit faire parfois des détours assez extravagants pour créer l'articulation entre l'extrait et l'action présente. Le tête-à-tête entre Steve Martin et Ingrid Bergman, tiré des « Enchaînés » d'Hitchcock, est relativement facile – avec un dialogue détourné comme il se doit et filmé avec des plans fixes. Il paraît plus difficile d'inclure Ray Milland lorsqu'il sort un billet du couvercle d'un sucrier dans « Le Poison » de Wilder pour le donner à Martin. C'est enfin le petit bijou d'ingéniosité de la scène dans laquelle Martin déguisé en femme va voir James Cagney, qui est emprisonné, dans « L'Enfer est à lui » de Walsh. Mais les trésors d'idées du scénario ne seraient rien sans la virtuosité avec laquelle les nouvelles images sont créées de façon à s'harmoniser avec les anciennes. Le cameraman Michael Chapman conçoit des prises de vues fantastiques en noir et blanc, dont l'éclairage et le contraste se mêlent presque parfaitement aux images historiques, et c'est avec une grande ingéniosité que le monteur Bud Molin réunit les deux éléments. De plus, Carl Reiner réussit à travailler avec deux célébrités d'Hollywood qui étaient déjà en activité à l'époque du film noir: le compositeur Miklos Rozsa et la costumière Edith Head. Miklos Rosza compose une bande sonore fortement accentuée, à l'ancienne mode. Quant à la légende vivante aux huit oscars, Edith Head, elle crée une magnifique garde-robe dans le style des années 1940.
Ajoutée le 14 févr. 2012 à 21h22 Signaler un abus
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