Derniers Avis : We Need to Talk About Kevin - Page 22
We Need to Talk About Kevin
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Un visiteur
4,0
Publiée le 14 novembre 2011
C’est un monstre. Un petit monstre d’abord, haut comme trois pommes, mais tyrannique et cruel. Puis un grand monstre, cynique, méprisant, et enfin dangereux. Ce n’est qu’un garçon, mais il a commis l’irréparable. Sa mère remonte le temps et nous avec pour essayer de comprendre.
Accueilli relativement fraichement au festival de Cannes, c’est un film d’horreur comme on en a rarement vu. Car sans beaucoup d’effets spéciaux ou de phénomènes paranormaux. L’horreur est à notre porte et nous guette à travers un événement généralement considéré comme plutôt heureux et épanouissant : la naissance d’un enfant. Sauf qu’ici, rien ne semble se passer comme prévu : de son berceau jusqu’à ses premiers pas, de ses premiers jeux jusqu’à son adolescence, le petit Kevin ne semble faire que ce qui peut contrarier sa mère au mieux, la faire souffrir au pire. Les médecins ne veulent pas s’inquiéter, le père de famille ne se formalise pas, mais la mère prend petit à petit conscience de la distance qui la sépare de son enfant…
Le film commence par la fin, et ne nous livre pas tout d’emblée, mais le spectateur comprend vite qu’un drame sera la base et le commencement d’une introspection dans le passé et dans l’histoire de cet enfant. Plutôt que réaliser une œuvre linéaire et de faire monter la pression petit à petit jusqu’à une chute violente, la réalisatrice Lynne Ramsay pose d’emblée le malaise, la violence, la haine et pose des questions en prenant bien soin de ne jamais y répondre. Pourquoi Kevin (incroyable Ezra Miller) est-il une boule de haine et de danger ? Pourquoi les efforts de sa mère (formidable Tilda Swinton) ne sont-ils jamais récompensés ? Qui est responsable des actes d’un enfant ? Jusqu'ou est-il allé ? La mise en scène assez radicale à base de répétitions de couleurs, de voyages auditifs et sensoriels mixés avec des scènes de familles détournées peut parfois déstabiliser, mais elle entretient le malaise général d’un film qui en devient un formidable objet de curiosité. Captivant de bout en bout, déstabilisant et éprouvant, le film nous prend aux tripes en s’intégrant pleinement dans un réalisme profond, et nous pousse à la manière d’un Haneke à nous demander ce que l’on cherche dans un tel spectacle.
La réalisatrice semble avoir choisi : elle ne donnera pas de réponse sur les origines du mal, mais le décrira du début à la fin avec une précision millimétrée et un talent certain, qui force le respect. Alors, si un heureux événement n’est pas prévu dans les prochains mois, laissez-vous tenter …
Très réussi visuellement; on se laisse complètement emporter; soulève de vrais questionnements, sans parler des acteurs tous très convaincants; à voir absolument!!!
De manière sensorielle, les 20 premières minutes du film sont rebutantes, irritantes, déstabilisantes et laissent augurer le pire. Passé ce cap douloureux, le développement du récit s’éclaircit, s’étoffe et nous fait plonger corps et âme au sein de cette famille américaine essayant tant bien que mal (et plutôt mal d’ailleurs) d’éduquer cet OVNI qu’est leur fils Kevin. Apathie du père, incompétence du corps médical, abstraction du milieu scolaire, Eva (impressionnante Tilda Swinton) semble bien seule et démunie face à ce démon sorti un jour de ses entrailles. Noël approche à grands pas : si votre rejeton réclame comme cadeau une panoplie de Robin des Bois, réfléchissez-y à deux fois avant d’accéder à ses désirs, on n’est jamais assez prudent.
L'histoire d'un gentil garçon qui aimait beaucoup sa mère, si si, d'une certaine manière... Pour la première fois de ma vie de cinéphile, je suis arrivé avec 20 minutes de retard, voyageur en panne sur la ligne de métro (on dit malade?), et copine déjà dans la salle, bref, coincé. Mais comme le film a la bonne (?) idée de faire dans le flashback incessant et non chronologique, je m'y suit retrouvé, enfin j'espère ! Le mythe dont raffole les médias avide d'espaces publicitaires que l'enfant roi est la plus belle chose au monde est rarement contredit dans la vraie vie, sauf avec les faits divers sur les djeunes racailles de plus en plus djeunes (même à 6 ans désormais, les p'tits gars tuent leurs copines d'un coup de pied à la cantine, qu'est ce que ce serait s'ils étaient méchants). Par contre, au cinéma, le slogan « au innocents les mains pleines » est un peu moins tabou. Il y a eu le merveilleux court métrage sur Bergman enfant voulant étrangler sa sœur hurlante sur les conseils amicaux de son frère aîné, il y a eu les petits rigolos à Colombine avec Gus Van Sant, il y aura désormais l'histoire de Kevin. Au moins lui n'a t'il jamais été gentil avec sa mère, pas de surprise pour elle. On peut critiquer le manque de recherche d'aide psychologique de la part de la mère, mais ce n'est pas si irréaliste de la part d'une artiste avec un poste à responsabilité qui pense qu'elle peut s'en sortir toute seule, tout le monde n'est pas forcément né pour être assisté. Il y a la difficile vraisemblance du couple, vous imaginez King Kong avec Audrey Hepburn anorexique, mais bon, on passe pour s'intéresser au sujet. Les étapes de Kevin ont un casting plutôt réussi, et les interrogations des étapes de la perversité ordinaire qui aboutissent à la folie dangereuse sont mises en place sans linéarité, et malgré le manque de suspense à cause des retours dans le futur, restent haletant. Si l'on accepte la mise en scène très auteur et les scènes parfois totalement déconnectées donc incohérentes pour le suivi logique. C'est bien sûr voulu, mais on peut objecter à la réalisatrice qu'elle n'est pas Van Sant et que le personnage de Kevin aurait même pu supporter une linéarité chronologique « à l'ancienne ». C'est vraiment très bien joué, c'est très esthétique, une ou deux scènes sont magnifiques, c'est dur, et le plus intéressant, c'est ce choix final de la mère. Qui laisse son lot de questionnements sur ce lien maudit qui poursuit, pour le meilleur ou pour le pire celles qui ont un jour accepté de prendre ce risque. Après, tout n'est que liberté individuelle et niveau intellectuel. Celui de cette femme est assurément trop haut et logique pour être acceptable au commun des mortels, surtout ceux qui sont morts d'ailleurs !
Que dire de ce film, une petite déception. J'en attendais tellement après toutes ces bonnes critiques (de la presse comme de certains spectateurs), peut-être trop... Sur le papier pourtant l'histoire était convaincante et promettait un film dur: la lente transformation d'un enfant en monstre. Ce point a été respecté et la très bonne performance d'Ezra Miller y est pour beaucoup. Cependant le film n'a selon moi pas été bien traité. Beaucoup trop de symbolismes (je n'aurai gardé que la scène d'Halloween, envoutante), le temps semble long du aux trop nombreux flash-backs qui empiètent sur le sujet principal. Le suspense est trop vite tué à mon sens. Enfin, je n'ai pas trouvé Tilda Swinton très convaincante dans le sens ou elle joue très froidement et on ne parvient donc que difficilement à avoir de l'empathie pour elle. Tout semble désigner son personnage victime de son enfant alors que la connexion n'a pu se faire entre les deux. La fin n'a donc pas du tout été une claque pour moi, puisque je pense qu'elle reconnaissait sa part de faute dans l'histoire (même si bien sûr Kevin est le principal responsable). Avait-il déjà ça en lui à la naissance...? De bonnes questions sont posées donc, et pourtant à la sortie du cinéma je pensais déjà à autre chose. La mayonnaise n'a malheureusement pas pris...
Un portrait de femme magnifiquement réalisé. Les incessants flashback ne nous égarent jamais mais réussissent au contraire à alimenter l'ambiance oppressante et angoissante. Un film qui inquiète encore plusieurs heures après l'avoir vu...
Tilda Swinton est décidément nulle avec les enfants. Après s'y être pris de la pire des manières qui soit avec une innocente et adorable tête blonde dans "Julia", elle nous montre à nouveau son incompétence dans ce domaine en fabriquant un véritable monstre en culottes courtes qui va lui donner ici bien du fil à retordre. Comme ce film d'ailleurs envers le spectateur, en instaurant une ambiance moite et malsaine. C'est bien fait, je dis pas, et l'horreur grandit peu à peu de manière assez bien amenée. Mais c'est le genre d'histoire à ne pas voir quand on est déprimé. "We need to talk about Kevin" nous fait vivre ainsi des émotions mitigées et sa dureté est tout de même un peu rebutante au final. Faites des gosses...
D'une médiocrité incroyable. Film épuisant de lourdeur qui s'attache à démontrer à quel point le méchant bébé qui pleure devient un méchant ado qui tue...logique !! C'est grossier, vulgaire et malsain...I don't want to talk more about it...
Magnifique film. Extrêmement dur, m'a remué encore un moment après la sortie de la salle. Les acteurs sont hallucinant, notamment l'interprète de Kevin. Son regard glacial est difficile à oublier la scène finale est sublime Un des meilleurs films que j'ai vu
Film très intéressant sur le plan psychologique. Une question en suspens au final: cet enfant est-il né "monstre" ou est-ce dû à l'éducation qu'il a reçue? Quelle est la responsabilité des parents?... Les acteurs jouent juste. Quelques longueurs.
Malgré une interprétation remarquable de Tilda Swinton et un sujet fort, le film est ennuyeux, notamment à cause de flash-backs compliqués et d'un scénario un peu léger. Dommage.
La fausse bonne idée du mois ! Celle de suivre le parcours d'une mère qui essaye de se reconstruire après l’emprisonnement de son fils de 16 ans pour meurtre. Pourquoi bonne ? Parce qu’il y avait là matière à construire un personnage complexe brouillé avec la réalité et qui finit par perdre pieds, et a essayer de comprendre comment et pourquoi dans notre société de telles choses arrivent… Pourquoi fausse ? Parce que le film décrit le personnage comme un psychopathe de naissance ! Et que font des parents dont le gamin psychotique et déscolarisé de 7 ans continue de porter des couches en refusant de communiquer avec sa mère ? Rien !! Ils ne font rien ! « ça lui passera »… WTF !!! Des lors impossible de trouver quoi que ce soit de crédible. D’autant que sur la forme le film décoit aussi, surjouant le coté indé d’inspiration européenne avec un montage exagérément déconstruit qui en devient prétentieux.
J'ai rarement vu un film aussi violent, aussi dur. On est impuissant devant l'escalade incessante de la violence, on ne peut qu'être spectateur de cette destruction annoncée. Entre curiosité et appréhension, notre coeur balance car oui ce film est brutal ... Mais d'une manière si calme et posée que l'on reste hypnothisé, même une fois les lumières rallumées.