"Mammuth" représente une déception dans l'univers des compères Gustave Kervern et Benoît Delépine. Si les premières minutes se rapprochent de l'humour à la "Louise-Michel", le reste ne prolonge pas l'intensité humoristique qui était omniprésente dans leur précédent long-métrage. Pourtant, le scénario, à mi-chemin entre satire sociale et immaginaire débridé, avait de quoi faire saliver. Serge a 60 ans. Depuis toujours, il travaille, jusqu'à ce que vienne l'heure de la retraite. Lui manquant des semestres que ses précédents employeurs ont oublié de déclarer, il enfourche sa vieille moto, une Munch Mammuth, afin d'aller les récupérer.
Premier bon point: un casting très réussi. Depardieu excelle dans le rôle d'un "jeune" retraité un peu boeuf et simplet, de même que Yolande Moreau, déjà vue dans "Louise Michel". A ça viennent s'ajouter des guests comme Anna Mouglalis, Bouli Lanners (qui rempile avec Kervern et Delépine aussi) sans oublier Isabelle Adjani dans le rôle le plus énigmatique du film: l'amour perdu. Cet amour perdu, malgré le fait de sa courte présence devant la caméra, est le fil directeur du pourquoi du comment. Source de pourquoi Serge s'est mis à travailler sans relâche, et qui quelque part constitue le clou dramatique du film.
Comme vaguement énoncé précédemment, la première partie est une petite d'humour, qui laissait présager les futures minutes comme le digne successeur de "Louise Michel". Qui aurait cru que Kervern et Delépine auraient manqué d'audace? Si le reste se suit sans trop d'ennui, il ne dépasse pas le statut de "sympathique", sans entrer dans des idées novatrices d'humour. Une sorte de platitude conquiert la deuxième partie du film qui perd son rythme et finalement son intensité, et à l'arrivée, on se sent égaré. On espérait mieux de "Mammuth", qu'il nous transporte à bord de sa moto vers un univers décalé et loufoque, poétique aussi. L'ensemble, cependant, n'a pas été exploité au maximum et ne rend pas justice à la prestation de ses acteurs et de la mise en scène qui reste très bonne.