Mike G.
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3.5 - Bien
" Frédéric est mort. "
Voilà par quoi commence le film. Une phrase qui met directement dans le bain et qui ne laisse aucune place à l'espoir. Le film assume d'emblée son statut de drame à l'asphyxie permanente, où les personnages ne peuvent qu'y sombrer ou en fuir. Il n'y a pas d'aérations, très peu de couleurs, uniquement des cadres qui ressemblent à des cages, où les quatre personnages sont enfermés, prisonniers de leurs relations et de leurs esprits, qu'ils se propagent les uns aux autres.
La grande force du long-métrage réside donc dans sa capacité à nous embarquer dans ce flot de sentiments négatifs. Un négativisme amoureux qui mêle à la fois paranoïa, passion et rejet, pour donner un ensemble d'une noirceur et d'une profondeur absolument sublime. Il y a beaucoup à tirer du jeu de ses acteurs, des dialogues qu'ils ont à proposer, et il est évident que l'on retient plus ces conversations enflammées, ces regards perdus, ces gestes maladroits, que le contexte spatial.
Ce contexte spatial n'a absolument AUCUNE importance. Le fond de l'image devient une toile blanche qui se remplit par coups de pinceaux frénétiques, représentant les sentiments. Des coups passionnés, des coups rageurs, jusqu'au dernier trait, magnifiquement esquissé et qui apporte à la fois mort et renouveau.
C'est un très joli tableau, qui se détache par ces personnages et ces dialogues d'un réalisme et d'une cohérence admirable. Il y a certes un malaise continu mais qui est inhérent au thème que souhaite aborder le scénariste et qui devient donc bénéfique. Et comment ne pas tomber amoureux de Céline Sallette, qui est vraiment la touche qui adoucit quelque peu la noirceur du papier.
Une ballade triste, mais une ballade quand même.
Ajoutée le 23 févr. 2012 à 16h19
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