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Un visiteur
5,0
Publiée le 6 août 2011
Eveil au cinéma d'art. Quand le cinéma devient peinture, le mot chef d'oeuvre plus que jamais semble approprié; oniriste et religieux, profondément ennuyeux peut être, mais d'un ennui riche, qui nous oblige à voir ce que le film évoque, encapsule. Tout simplement sublime.
Avant le révolu, il y a un monde onirique, introspectif, spectral, baroque, avec du merveilleux enfantin et de l’humour surréaliste, et aussi de l’érotisme, où un père démiurge est conservé dans un état indéterminé entre la vie et la mort. Il a été construit littérairement par Bruno Schulz, il est visualisé par W. J. Has. L’écrivain se référait à son roman familial et à un monde menacé, le cinéaste évoque lui un monde physiquement anéanti, dans les deux cas c’est celui du judaïsme polonais. L’adaptation du roman « Le manuscrit trouvé à Saragosse » démontrait déjà le génie de Has pour créer un monde cinématographique baroque et à la lisière du fantastique. Il est radicalisé dans « La clepsydre ». On ne peut guère que comparer aux visions d’un Fellini, mais combien l’univers du polonais est plus grave, radicalement détaché, poignant. « La clepsydre » est un chef d’œuvre unique.
Un mélange absurde psychédélique qui évoque les univers complexes et torturés de David Lynch et Terry Giliam... peut être un peu excessif et long. J'aime ce genre de cinéma, mais pourtant, j'ai arrêté le dvd à la moitié du film. J'aurais peut être du chercher à ressentir, à me laisser "assommer" et emporter, plutôt que de trop réfléchir en quête d'explications logiques...
Non, désolé, ce film a beau être considéré comme un chef d’œuvre absolu, il n’a su susciter en moi qu’un profond ennui et une irrépressible envie de dormir… Non que le film soit dénué de tout contenu. Cette succession d’historiettes en provenance de différents écrits de Schulz est même plutôt dense en termes de métaphores, historiques ou religieuses, très ancrées dans l’histoire juive de la Pologne. Le film peut peut-être même se voir comme une vaste représentation symbolique du génocide juif, débutant par le voyage dans un des trains de la mort d’un jeune rêveur. Mais ça ne passe pas. Trop d’onirisme tue l’onirisme ! On se retrouve à regarder une succession décousue de scènes qui ne vont jamais au bout de ce qu’elles voudraient dire et ce foisonnement de séquences oniriques fini par nous fatiguer et nous plonger dans le même état de léthargie permanent que les patients de ce sanatorium. En cela le film est réussi, dans sa capacité à nous faire ressentir la même chose que ceux qu'on voit à l’écran… Puisque tout est rêve, tout peut arriver, le personnage peut se retrouver n’importe où, à n’importe quel moment et faire n’importe quoi, si bien qu’on perd rapidement l’intérêt à suivre ses diverses péripéties fantasmatiques gavées, comme des oies, de symboles. Et l’abus de foie gras fini par écœurer. Et je suis pourtant très loin d’être réfractaire à l’abstraction! On pourrait alors se raccrocher à la beauté des images et au travail de la mise en scène pour rester éveillés, mais même là, la déception fut grande. Certes, Has sait bien bouger sa caméra, mais les couleurs pâles et le flou de son film, en respect aux conventions du rêve les plus ringardes, nous donne plutôt l’impression que le film est malencontreusement passé à la machine à laver… Au final, on ne sait plus vraiment si le film est flou ou si c’est notre vue qui commence à déclarer forfait, le sommeil nous gagnant. La Clepsydre fut plus pour moi un véritable défi lancé à ma capacité à garder les yeux ouverts.
Lorsque La Clepsydre de Wojciech Has est sorti au cinéma, je suis allé le voir avec des amis dans une salle d'arts et essais du Quartier Latin : au début de la séance il y avait une vingtaine de spectateurs, nous étions 5 étudiants et fûmes les derniers à quitter la salle après 1 heure Sans commentaire Il existe des cinéastes qui ont peu de succès, pour beaucoup ce n'est pas justifié, pour Has peut-être que si
On essaye de comprendre au début et on se perd vite au fil du chemin, peut-être un manque de compréhension, dans un monde fantastique où le personnage principal change dunivers comme de chemise de façon invraisemblable et loufoque.On commence à sennuyer après avoir essayé de comprendre ce que le réalisateur veut vraiment raconter à travers cet univers de rêves,de situations inimaginables et incompréhensibles.Peut-être un de ces artistes complètement délurés.
Il est rare d'être confronté au génie, surtout au cinéma. Il est des évidences qui sont pourtant immédiates : Has fait partie des plus grands cinéastes du siècle et pourtant l'oubli semble le frapper comme une malédiction. La vision jubilatoire et mystique de cette Clepsydre est là pour confirmer tout le bien que l'on pense de ce cinéaste visionnaire. La richesse tant thématique que visuelle de ce film pourra en décourager plus d'un, mais pour tous les amateurs de perles rares, c'est un objet à contempler avec dévotion. Les amateurs d'ambiances étranges et gothiques ; ceux qui jubilent à la vue de paysages désolés et de natures mortes (avec cimetière brumeux et spectres errants); ceux qui aiment les paraboles religieuses et les scènes transcendantes à la Tarkovski doivent impérativement voir ce bijou d'intelligence et de beauté plastique. Attention, chef-d'oeuvre !
Grandiose et monumentale. Pas de mots assez forts pour parler de LA CLEPSYDRE, oeuvre géniale et visionnaire.Le film est une véritable accumulation de scènes anthologiques qui nous confronte au sublime. Le film s'impose avant comme une référence dans le macabre intelligent. Les amateurs de fantastique apprécieront. Fans de Tarkovski, Bela Tarr, Boutonnatet autres amateurs de curiosités, ruez-vous sur ce spectacle inouï, d'autant qu'il est rare.