Les Chiens de paille
Note moyenne
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232 critiques spectateurs

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Danny Wilde
Danny Wilde

133 abonnés 502 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 mai 2015
Après avoir réalisé des westerns et s'être montré un apôtre de la violence à l'écran, Sam Peckinpah débarque dans l'Angleterre profonde et tourne ce film au sujet très contemporain, où il pose une question : sommes-nous oui ou non des violents de nature ? Le western étant par essence un univers violent, il est instructif de constater comment intégrer la violence dans un village rural anglais où théoriquement, il n'y a place que pour la tranquillité. Dès le début, on ressent une certaine tension tandis que le décor est planté et que les personnages sont présentés de façon évidente ; ce début est un peu long à démarrer, mais il est sans doute nécessaire pour bien marquer le contraste avec ce qui va suivre. Ce qui est intéressant, c'est la montée progressive du drame qui va éclater, les événements se précipitent, la sauvagerie se déchaîne, le film bascule alors dans une sorte de folie hallucinatoire, la mise en scène est portée à un paroxysme rarement atteint à l'écran en 1971. Peckinpah démontre avec acuité et en même temps une évidente délectation la montée de la violence chez un individu ordinaire et au départ pacifique, incarné par Dustin Hoffman qui trouvait là un de ses premiers grands rôles dramatiques.
weihnachtsmann

1 618 abonnés 5 732 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 avril 2015
Un film assez fort sur la violence d'un groupe d'hommes venus "lyncher" comme au temps du western un autre homme innocent avec Dustin Hoffmann au milieu, défenseur de l'opprimé face à la masse brutale. Un film construit comme un énorme crescendo: tout se passe à la fin et la tension monte sans arrêt. Assez puissant.
Raw Moon Show
Raw Moon Show

153 abonnés 853 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 mars 2015
Pas vu depuis ma jeunesse… Souvenir pas facile, douloureux… Mais j'avais aimé. Je me rappelle d'une discussion récente avec un détracteur qui fustige la misogynie de Peckinpah (selon lui la femme est décrite comme trop ambiguë au regard de son ami d'enfance revenu la courtiser) et le caractère extrémiste du film (une morale lorgnant du côté de ceux qui préfère donner eux-mêmes la justice)… Je dois le revoir mais j'ai toujours pensé au contraire que le pros du film était à l'exact opposé de cette appréciation. Le film raconte plutôt comment la bête féroce (l'envie, la haine et la violence,…) est tapie en chacun de nous, qu'on soit inculte, sauvageon, rétif à la vie en communauté ou "bien sous tous rapports" avec des années d'études derrière soi. Ici, de la ville, on est rapidement ramené à l'âge de pierre, à la loi du talion, aux règles régissant le monde annal lorsqu'il s'agit de survie bestiale et de défense de territoire !
Xavi_de_Paris

364 abonnés 2 856 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 janvier 2015
Un film à l'atmosphère très particulière, dérangeante diraient certains. "Les chiens de paille" doit une grande part de sa réussite à une mise en scène épurée mais efficace. La montée en tension est très progressive, mais atteint un paroxysme hallucinant. Dustin Hoffman est impeccable dans le rôle d'un mec normal poussé à bout par d'inquiétants villageois.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 24 décembre 2014
Le film est à l’image de son réalisateur, bordélique oui, destructeur oui, mais complètement maîtrisé et avec un réel propos. Un couple d’américains arrive dans un village isolé de la Cornouailles. Ils ont fui l’Amérique pour une raison obscure. De plus, la femme veut retrouver son village natal. Lui est mathématicien, cartésien, travailleur et très humain. Tout le contraire d’elle qui est frivole, provocatrice, paradoxale et souvent irritante. Ils vont se frotter très tôt à la violence de ce village isolé où les étranges villageois semblent n’en faire qu’à leur tête (on ne dirait pas un western ?), armé de fusils de chasse effrayants. Jusqu’à un final d’une puissance et d’une violence inouïe pour un film de ’71. C’est une des caractéristiques du cinéma de Peckinpah : la violence, des scènes finales dantesques. Et, baigné dans cette violence, David, le personnage de Dustin Hoffman, va lui aussi avoir recourir à cette violence qu’il condamnait jadis. Comme quoi, l’homme reste demeure un être violent livré à des instincts qui le dépasse. C’est la légitimité de la violence que Peckinpah excelle. Mais une violence répugnante et sale, on est loin de la violence ultra esthétisé d’un film de Sergio Leone ou d’un giallo. Le film est un crescendo ultra maîtrisée, sur la violence, la folie, le sexe aussi, qui est toujours au centre de ces frustrations.
Un film clairement dérangeant (un petit peu dans la lignée d’un Délivrance de Boorman), sale, mais puissant et qui ne s’oublie pas : c’est bien les caractéristiques d’un film réussi.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 13 décembre 2014
La force intrinsèque de ce film tient à la tension qu'il parvient à maintenir tout au long de l'intrigue, bien que par moment il ne se passe que peu de choses. Le final est d'autant plus haletant, et la prestation de Dustin Hoffman, angélique mais révélant au fil du drame un homme aux convictions inaltérables, est impressionnante. Les films qui s'inscriront dans sa lignée, Funny Games, Eden Lake, et plus anciennement Délivrance, garderont son défaut, quasiment indépassable, qui est de provoquer un dégoût chez le spectateur, impuissant face au vice d'une part de l'humanité.
Pauline G.
Pauline G.

45 abonnés 561 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 octobre 2014
Peckinpah commence par prendre de gros risques, le temps de poser ses marques et de présenter ses personnages : Dustin Hoffman en homme faiblard aux contours incertains, marié à une belle femme/enfant gentille mais un peu bête, qui s'installent tous deux dans un coin perdu d'Angleterre parmi une bande de dégénérés alcooliques et obsédés sexuels. Tous ces personnages sont repoussants à leur façon et il est bien difficile non seulement de s'attacher à eux mais aussi de voir où tout cela nous mène. Heureusement, la qualité de jeu de Dustin Hoffman maintient l'attention, couplée qu'elle est à son comportement pour le moins surprenant, voire agaçant tant il s'éloigne du bon sens tel que nous l'admettons généralement. Qui se laisserait marcher sur les pieds comme lui ? Ce mec est bizarre, mais il semble savoir, lui, où il va, et on commence à prendre goût à le suivre rien que pour essayer de le décrypter. Puis l'action s'emballe, la tension s'installe et il prend enfin un peu de plomb dans l'aile. Peut être cette affirmation identitaire peut elle paraître radicale, mais à y regarder de plus près elle est cohérente avec le propos du film : l'instinct animal de l'Homme sommeille en chacun de nous, que nous soyons proches de la nature (comme les riverains de ce petit village) ou un scientifique urbain comme Dustin Hoffman et il suffit d'un élément déclencheur pour le réveiller. Quoi qu'on en pense, Peckinpah a eu le mérite de défendre son idée, de l'illustrer de manière brute et de donner à réfléchir.
S M.
S M.

40 abonnés 557 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 octobre 2014
Sorti la même année que le génial "Orange mécanique" de Stanley Kubrick, "Les chiens de paille" est un film tout aussi radical, brutal et excellent. Typé "Rape & revenge", il nous conte l'histoire d'un couple qui vient d'emménager dans une nouvelle maison et qui va être la proie d'hommes vils. La femme, violentée et même violée cruellement par l'un d'eux, va être vengée par son mari, joué ici par un très bon et surprenant Dustin Hoffman. Un film culte signé Sam Peckinpah, à ne pas mettre entre toutes les mains.
JimBo Lebowski

447 abonnés 1 080 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 septembre 2014
N'en ayant appris l'existence que très récemment et entendu le plus grand bien, je me suis lancé dans le visionnage de ce film, "Les Chiens de Paille" est un thriller réalisé par Sam Peckinpah, il fait d'ailleurs parti, de manière emblématique, de la trilogie de l'ultra-violence du cinéma américain des années 70 avec "Délivrance" et "Orange Mécanique".

Il raconte l'histoire de David (Dustin Hoffman), un jeune mathématicien américain, qui décide d'emménager avec sa femme Amy dans la campagne anglaise, il engage des ouvriers du village pour réparer le toit de sa ferme. Seulement ces derniers vont se montrer moqueurs envers sa faiblesse caractérielle pour en devenir de plus en plus menaçants, un jour ils prétextent une chasse au canard pour s'éclipser et rendre visite à sa compagne dans sa propre maison, avec des intentions peu catholiques ...
Peckinpah maîtrise totalement son sujet, de l'écriture du scénario (il en est en parti l'auteur, en premier lieu c'est une adaptation du roman de Gordon Williams "The Siege of Trencher's Farm") à la réalisation (pas mal d'originalité dans montage d'ailleurs) en passant par la mise en scène (les acteurs sont parfaits), Dustin Hoffman signe une interprétation prodigieuse, c'est véritablement un acteur d'exception au jeu tout en nuances, on croit totalement à son personnage d'intello un peu coincé, introverti et peureux, son évolution dans la dernière séquence est bluffante. Sa nana, jouée par la très charmante Susan George, a de quoi rendre dingue, elle semble profiter de sa gentillesse naturelle en lui faisant tourner la tête par sa malice candide, ils forment un petit couple de "monsieur et madame tout le monde", c'est ce qui va s'avérer efficace pour l'introduction de la tension, car il est au final très attachant.
Le danger malsain que représente cette bande de pèquenots rend limite mal à l'aise au début puis se révélera de plus en plus conséquent, pour arriver à des menaces physiques, la scène de viol est assez marquante et provoquera chez Amy des sentiments étrangement partagés. À partir de ce moment là, la tension va monter et ne plus s'arrêter jusqu'aux derniers plans, cet assaut de la maison de David par les villageois, désireux de se venger de ce type dérangé et accusé du meurtre d'une jeune fille qu'il protège, est carrément scotchant, l'immersion est rendue insoutenable, on ressent profondément l'angoisse du couple.
La présence de la violence est puissamment dosée par Peckinpah, il la met réellement au service du récit et de l'ambiance, rien n'est exagéré malgré l'apparence de certaines scènes chocs et sanglantes, le long métrage se permet même de se conclure sur une note cyniquement ironique.

"Les Chiens de Paille" est un film époustouflant et diaboliquement maîtrisé, un thriller qui tient en haleine comme rarement et qui mériterait certainement une bien meilleure reconnaissance publique, un vrai grand moment de cinéma.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 12 septembre 2014
Une montée inexorable dans la violence, de plus en plus gratuite. Le gentil prend des airs de sadique et se sert de la situation pour exorciser ses pulsions les plus sombres. Un film puissant, prenant, et incroyablement bon.
vinetodelveccio
vinetodelveccio

89 abonnés 802 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 septembre 2014
Un film assez terrifiant, toujours sur le fl du rasoir où la pression finit par faire exploser un scénario sauvage et glaçant. Sam Peckinpah choisit d'inscrire son film dans une bourgade anglaise à l'histoire lourde et à la consanguinité certainement répandue. On se retrouve donc dans un endroit furieusement bizarre, où les regards en coin sont la norme et où on se dit que, même pour le grand air, on irait jamais se paumer. Les habitants du village sont des caricatures terrifiantes dont on sait qu'il ne peut rien émaner de bien bon. En regard, les personnages de Dustin Hoffman et Susan George sont agaçants et prétentieusement citadins et on se dit que la rencontre des deux va faire des étincelles. Bref, le film est en permanence dans une tension assez incroyable et on se dit que fatalement le tout va dégénérer, et ça ne rate pas. La violence se déchaîne donc, les regards deviennent plus fous, les esprits dérapent et le film nous entraîne dans un torrent de violence dérangeant. Bref un film sensoriel où on a les tripes en émoi et l'esprit aux aguets, ce qui n'est pas déplaisant.
Estonius

4 737 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 septembre 2014
Quelle claque ! Le film montre la nature humaine dans ce qu'elle de plus bas. On va écouter le pasteur mais on viole et on lynche. Et que faire quand on se dit "non violent" : ou on se fait avoir ou alors on devient violent à son tour en mettant son intelligence au service de la violence. (au passage Peckinpah semble assimiler la non-violence à de la lâcheté pure et simple, on va dire que c'est un point de vue…) La scène du viol est embarrassante et a fait beaucoup causé, Peckinpah étant même obligé d'affirmer le contraire de ce qui se passe à l'écran. En fait le fantasme du viol existe bel et bien (n'en déplaise aux féministes) Et c'est bien ce qui se passe avec le premier personnage, Amy commence par se défendre (sinon ce n'est pas du viol) puis devient consentante. Ce qu'elle n'admettra pas c'est quand elle découvre qu'il y a en a un deuxième qui attende son tour avec la complicité passive du premier. Du coup c'est toute la scène qui devient traumatisante (voir les flash-back). On remarquera d'ailleurs que Hoffman ne sera jamais mis au courant. On notera aussi l'anticléricalisme du film, avec ce pasteur qui ne sert à rien, puisqu'on va le voir par obédience en ignorant son discours (la scène où on le voit exécuter des tours minables est assez réjouissante). Sinon, je n'ai pas vu de lenteur dans ce film, mais une intéressante présentation des protagonistes et puis quand ça éclate, ça n'arrête plus et on reste scotché sur notre fauteuil jusqu'à la fin. Dustin Hoffman est impérial, mais le rôle de la craquante actrice anglaise Susan Georges (à la carrière trop discrète) est lui aussi tout à fait remarquable. Chef d'oeuvre !
Sid Nitrik
Sid Nitrik

74 abonnés 416 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 6 juillet 2014
Pour son sixième film, Sam Peckinpah décide de sortir des sentiers battus... comprenez réaliser autre chose qu'un western. Mais si le genre change, la violence, marque de fabrique du réalisateur, est ici poussée à son paroxysme. « Les chiens de paille » a ainsi acquis au fil des années un statut bien mérité de film transgressif culte. Interdit en Angleterre (lieu où se passe l'action) à sa sortie, ce mélange entre vigilant et rape and revenge distille très progressivement une ambiance délétère avant de se conclure par un feu d'artifice de violence froide. Dustin Hoffman livre une excellente prestation en maigrelet un peu couard sur les bords et qui va lentement mais sûrement péter une durite. Et c'est ce qui est vraiment intéressant, le dualisme de ce personnage, pacifiste convaincu qui va être poussé à bout par une bande de rednecks locaux. La mise en scène de Peckinpah nous immerge dans cette lente montée de rage au cœur de l'arrière-pays anglais. Dans la veine de « Délivrance » de Boorman ou bien « Orange mécanique » de Kubrick, une pierre fondamentale apportée à l'ultra-violence cinématographique. Un exercice de style maîtrisé, à regarder, cela va de soit, avec suffisamment de recul.
Acidus

872 abonnés 3 939 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 mai 2014
Comme à son habitude, Sam Peckinpah signe ici une oeuvre coup-de-poing, sans concession et crue. Le cinéaste colle à la réalité et n'épargne pas au spectateur des scènes de viol (la censure s'en chargera à sa place) et de violence. Cette violence, on la sent venir dès le début mais celle-ci gonfle progressivement tout au long du film pour éclater à la fin. Pour réussir à accoucher de ce petit bijou cinématographique, le réalisateur est aidé de l'excellent Dustin Hoffman, tout en nuances. "Straw Dogs" fait partie de ces films dont on ne ressort assurément pas indemne.
Mathias Le Quiliec
Mathias Le Quiliec

80 abonnés 378 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 mai 2014
Quel ennuie. La mise en scène n'est pas crade d'entrée et Dustin Hoffman est plutôt bon. Mais globalement à part la scène du viol (la seule surprise du film, si on peut parler ainsi malheureusement). L'actrice traine ses nibards partout mais surtout devant le groupe de gars suspect composé notamment d'un ex à elle, faut pas pousser le bouchon trop loin mémé. Motivé à l'idée de voir La Horde sauvage du même réalisateur, me voilà bien refroidi ...
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