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Kloden
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3,0
Publiée le 31 août 2016
Comme toujours chez Von Trier, le sublime tutoie le grossier dans Breaking The Waves, premier film de la trilogie dite "des Coeurs d'Or", dont Dancer In The Dark m'avait déjà refroidi par son emphase incontrôlée. Ici, le reproche principal que je ferais à Von Trier vient que son style austère, si à même de préserver un lien direct et profond avec les personnages, ménage pourtant trop de réalisme pour que les excès du scénario puissent s'accorder dans l'univers mis en place. Certains moments, donc, jurent assez horriblement avec la quasi-totalité d'un récit qui jonglait parfaitement entre la personnalité très marquée de personnages qu'il rendait uniques et leur crédibilité. De même, sa charge contre le puritanisme est aussi violente que bêtement péremptoire, et à l'époque, le cinéma du danois (encore très affilié à des maîtres comme Bergman, Dreyer ou Tarkovski) ne possédait pas la folie qui justifiait complètement la radicalité de son propos comme une nécessité pour éviter l'éclatement pur et simple de son créateur torturé. Von Trier est grossier, autant qu'il est sublime. C'est, à ce que j'ai vu de lui, la rançon du talent d'un cinéaste conscient de ce qu'il peut faire et désireux de pousser sa mainmise et sa force de frappe le plus loin possible, quitte à s'oublier par moments. Plus juste, Breaking The Waves m'aurait bien plus marqué.
Lars Von Trier a le sens du drame, c'est indéniable. Il a ce don dans la mise en scène, la direction d'acteurs et la narration pour nous plonger dans une histoire tout en distillant à la fois une part de malaise et de beauté. Ici, la caméra tremble, les musiques extra diégétiques n'arrivent que pour ponctuer les chapitres, le montage est rustique, on est proche du documentaire, dans la lignée du style Dogme 95, l'extrémisme en moins. Ce style, couplé à un évident second degré omniprésent me font tout particulièrement apprécier son oeuvre. Seulement, ce Breaking The Waves n'est pas exempt de défauts, il propose plusieurs moments forts grâce au jeu d'Emily Watson et Stellan Skarsgard mais tourne parfois en rond, notamment vers le milieu du film, où quelques longueurs sont se faites ressentir. J'en attendais également un peu plus du dénouement, et au vu de la durée conséquente du film et de la première heure, un traitement légèrement différent. On ne peut pas dire qu'on prend plaisir devant ce film, mais ce n'est pas non plus le seul but du cinéma, et en cela Lars Von Trier propose une expérience comme il en a le secret. Déroutant, choquant et perturbant. Son héroïne est dans la plus pure tradition de la tragédie grecque, et on ne peut malgré tout qu'admettre que ce Breaking The Waves, malgré ses défauts, reste une véritable oeuvre d'art.
Allez, j'aurais pu enlever une étoile à cause de ce « Dogme95 » complètement surréaliste, le « traitement » du son, de l'image et de la technique m'ayant parfois bien gonflé, m'empêchant de me plonger autant que je l'aurais souhaité dans ce récit profondément tragique. Mais bon, il faut néanmoins reconnaître ici à Lars Von Trier une belle sensibilité et différents personnages écrits avec talent, le tout sans angélisme ni misérabilisme. Tout paraît juste, crédible, parfois très cru, mais jamais gratuit, à l'image de son héroïne perdue dans une situation extrêmement douloureuse, l'influence dramatique de l'église fondamentaliste sur la vie au quotidien étant également très bien exploitée. Et si Stellan Skarsgard est impeccable, Emily Watson est inoubliable dans ce qui sera probablement le rôle de sa vie, de ceux qui marquent une carrière au fer rouge, dans le sens le plus noble du terme. Voilà, j'ai beau ne pas adhérer à ces préceptes dogmatiques que je trouve d'un autre âge, le cinéaste fait ici suffisamment preuve de nuances, subtilité et intelligence pour permettre une émotion saine et et naturelle, à l'image d'un dernier plan aussi tendre qu'inattendu : une belle découverte.
Ne découvrant ce film qu’en début d’année 2015, je ne peux m’empêcher de repenser au très beau « Philomena » de Stephen Frears face à ce pourtant bien plus radical « Breaking The Waves ». La parenté se situe au niveau de la thématique religieuse et de la construction des personnages. C’est simple : d’un côté il y a une communauté religieuse enfermée dans ses dogmes et isolée du reste du monde ; de l’autre, une figure féminine innocente, à qui arrive tous les malheurs, et qui pourtant reste digne jusqu’au bout, incarnant justement une forme de foi véritable. Ce double regard sur la foi m’a fort parlé dans les deux films. Je trouve que le cinéaste danois arrive à dépasser la simple opposition entre la religion « dogme » et la religion « foi intérieure » avec cette figure de Bess qui contient les deux en elle. Au final, ce n’est pas tant de savoir en quel Dieu croit Bess qui importe : selon moi, l’essentiel ici c’est la croyance en elle-même, cette croyance qui permet de se dépasser et de trouver en soi une force, voire une transcendance. Bess, Philomena, ces héroines qui aiment malgré toutes les emmerdes, tous les sacrifices, peuvent difficilement laisser indifférent. Cependant, j’avoue préférer la version légère et comique de Frears à la tragédie perverse de Von Trier. Je trouve surtout que ce dernier se perd dans des longueurs inutiles et des scènes de cruauté poussées un peu trop loin à mon goût (toute la partie sexuelle, pour aller droit au but). Mais reste néanmoins une expérience formelle intéressante : j’ai adoré les pauses lyriques entre les chapitres qui nous font épouser quelques instants l’état d’esprit de Bess, sublimes paysages sur fond de musique « profanes » d’autant plus puissantes que le reste du film en est dépourvu. Pour le reste, la caméra à l’épaule est efficace, sans révolutionner le genre ; j’ai aussi noté quelques beaux regards caméra d’Emily Watson (superbe, comme souvent chez Von Trier). Et puis bien sûr ce plan final est aussi beau qu’inattendu. C’est après Dogville mon film préféré du cinéaste danois.
Malgré une histoire pas vraiment attrayante, Lars Von Trier m'a une fois de plus bluffé! Je ne vais pas juger la technique, je ne suis pas assez calé pour me le permettre mais il y a quand même de superbes moments que personne ne pourra renier. Il a sa façon de faire et personnellement j'accroche bien. Une histoire humaine dans un contexte religieux très conservateur que je trouve toujours aussi révoltant et injuste. Injuste dans le fait de juger cette femme simple d'esprit qui ne pense qu'à améliorer la santé de son mari qui va de son côté profiter de sa naïveté pour assouvir ses fantasmes sexuelles. On suit donc cette pauvre Bess se faire manipuler par un mari déboussolé par son handicap... Mais jusqu'où ira Bess pour satisfaire son mari? Jusqu'où ce mari ira t'il? C'est surtout le côté religieux conservateur qui m'a intéressé ici. De voir comment l'Eglise peut détruire une vie juste parce que celle-ci ne suit pas le "chemin de Dieu" et a fauté... Un scénario original et captivant, une interprétation très juste, une très belle photo font de ce film une oeuvre à voir. Je conseille....
Un mélodrame façon "Dogme" de 2h30 signé Lars von Trier, on pouvait s'attendre à tout: le pire comme le meilleur. Finalement "Breaking the Waves" se situe entre ces deux extrêmes. La mise en scène spécifique de von Trier, avec des ruptures de plans brusques et des gros plans inattendus dynamisent l'action; de même que l'humour à froid entre deux séquences désespérées est pour le moins perturbant mais fait éviter tout misérabilisme plombant. On échappe ainsi à la dernière demi-heure indigeste de "Dancer in the Dark". Aucun cynisme mais une réelle empathie de LVT pour ses personnages principaux, formidablement interprétés par Emily Watson et Stellan Skarsgård. Et s'il est difficile de croire au sacrifice de Bess pour Jan, il faut avouer que l'assurance avec laquelle les comédiens et le cinéaste s'engagent dans cette histoire forcent l'admiration. Quelques longueurs pour un film incontestablement audacieux dont le dernier plan est d'une force poétique inouïe.
Un film puissant tourné dans des décors rudes (l'Ecosse) et qui nous parle de l'amour, de la foi, de la cruauté, de la perversité avec force et poésie. C'est bouleversant à regarder, ça le reste des semaines après quand l'écume de la mer et des émotions instantanées est retombée. Tous les acteurs sont excellents.
Magnifique Emily Watson dans ce naufrage cinématographique. C'est bien simple: pellicule Super 8.de qualité ouzbèke tenue par le vieil oncle René. Enfin l’ennui dégagé mérite 5 oreillers ou plutôt 5 cuvettes.
Une histoire d'amour (ou plutôt de ...) entre une schizophrène et un obsédé sexuel: voilà en substance le pitch de ce film. D'une lenteur abyssale, sans allant, sans émotion, j'ai presque envie d'écrire "sans talent" (d'ailleurs je le fais) et un propos extraordinairement tordu. Il est incompréhensible de voir là-dedans une histoire d'amour: le raisonnement de Von Trier sur le sujet est tout simplement consternant. On ne sait trop s'il faut rire ou s'en empêcher devant une telle accumulation de délires et de plans navrants.
Breaking The Waves est un film à part et spécial. Première plongée pour moi dans l'univers du réalisateur Danois avec ce métrage que je n'ai pas apprécié totalement mais qui bénéficie tout de même d'une grande qualité. Déjà je pense qu'il faut savoir que dans chacun des films de ce M. Lars Von Trier il y est question de sexe et cela peut parfois dérouter même si dans celui-ci ce n'est pas déroutant ni dérangeant car c’est utile à l’histoire. Il nous sert une certaine lenteur qui pour ma part n'est pas maîtrisé totalement et où les 2h35 ne sont pas suffisamment bien exploitées pour que l'on ne ressente pas des longueurs. Avec pourtant une histoire saisissante et prenante doté d'un style avec cette réalisation caméra à l'épaule parfaitement maîtrisé avec des plans extérieurs superbes. Les acteurs sont exceptionnels où l'on obtient de grands rôles de leur part. Le manque de musique aurait clairement apporté un réel plus car elle n'est présente (certes d'une superbe façon qui m'a beaucoup plu) que dans les présentations des chapitres du film de façon original et très plaisante avec de bons morceaux. Je pense qu'il faut le voir tout de même une fois dans sa vie surtout pour l'histoire triste très bien contée mais qui me laisse un avis en demi-teinte. Ma note : 7/10 !
L'oeuvre de Lars Von Trier la plus saluée par la critique. Et pourtant, sans doute son moins bon film à mon goût. La faute à beaucoup trop de longueurs alors que cette histoire aurait pu être, au bas mot, raccourcie de moitié, rien que ça!
Dommage car les interprètes sont convaincants et l'image fort belle. Mais l'ennui qui se dégage de cette oeuvre finit malheureusement par gâcher le tout. Une franche déception.
C'est très sombre sans être pour autant larmoyant, très froid comme le sera plus tard Melancholia. Ici la musique n'accompagne pas l'action, elle est indépendante et audible seulement pour accompagner certains tableaux séparant les chapitres de l'histoire. Le résultat est très beau malgré une escalade trop dure dans les limites du montrable (à mon goût).
Caméra à l'épaule, Lars Von Trier nous délivre un mélodrame très sombre avec "Breaking the Waves". Les décors embrassant ce village puritain écossais, comme décolorés, sont inquiétants de noirceur, et cette photo étonnante fascine même durant les plans qui découpent le film en chapitres, accompagnés de morceaux rock/psyché des 60's/70's. Envoutant. Le film en lui-même est très dur, âpre, avec des scènes d'une violence physique comme psychologique à ne pas mettre devant tous les yeux... Emily Watson (Bess) est bouleversante dans son rôle de sainte-femme hystérique et Stellan Skarlgard (Jan) interprétant son mari lui rend bien la pareille. Bess vivra une descente aux enfers malheureusement trop longue dans son développement, le coeur du film devenant parfois ennuyeux. Aussi, le plan final, surnaturel, m'a vraiment déçu... M'enfin "Breaking the Waves" n'en demeure pas moins un drame très intense, choquant, poignant, nous questionnant sur la foi d'une femme dont le plus grand talent est, d'après elle, "de savoir croire", mais pour qui Dieu (s'il existe lol) ne fera pas de cadeaux... Divinement sadique (le fond n'est pas sans rappeler les "Infortunes de la Vertu" de Sade).
Breaking The Waves marque le premier volet de la Golden Heart trilogy du réalisateur danois ; suivront Les Idiots (1998) et Dancer In The Dark (2000). Il s'agit d'une romance, mais aussi d'un drame dans lequel la religion et l'amour se confrontent. D'ailleurs, le film soulève un certain nombre de questions concernant les règles religieuses, au sujet de la tolérance, de la liberté et de la foi. Il interroge également sur le sens de l'amour et sur ses limites, si tant est qu'il y en ait. D'un point de vue général, Breaking The Waves est loin d'être une romance cul-cul comme on serait susceptible de l'imaginer. C'est un film coup de poing, d'une rare intensité (assez proche de Dancer In The Dark). Bess, le personnage principal interprété par la fantastique Emily Watson, est un peu dans les nuages, idéaliste et passionnée. On pense d'abord qu'elle est un peu timbrée puis, on s'aperçoit que c'est le monde qui l'entoure qui est fou. En fin de compte, elle vit la vie pleinement, en y mettant tout son coeur, au point de menacer sa propre existence. Stellan Skarsgard réalise également une belle performance dans le rôle de Jan, le mari de Bess. La mise en scène, très épurée, est quasiment de style documentaire car Lars Von Trier semble rechercher l'authenticité avant tout. Le résultat est que l'on pénètre très facilement au sein de l'histoire. Un film à forte puissance émotionnelle donc.
Quel superbe film. Une émotion intense, un combat solitaire, une croyance dans l'amour. Cette femme qui donne tout c'est extraordinaire. Certes un traitement cinématographique assez spécial mais qui convient bien au tempérament écorché de l'héroïne.