Gonnard
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1.5 - Mauvais
La Fronde est un peu à l'historien ce que le livret de montage de la tente est au campeur. Un passage obligatoire mais chiantissime, compliqué, et pour lequel on ne progresse jamais, même après moult tentatives. De là à comparer Monsieur Joël Cornette à ce vil Franck Dubosc, il y a un fossé que je ne franchirai pourtant pas. Si l'objectif de Roger Planchon était de rendre intelligible l'imbroglio de la Fronde, c'est très moyennement réussi. Dès le début on se noie sous un déluge de personnages, on ne comprend plus qui est allié avec qui, qui couche avec qui, ... bref c'est un coup à devenir alcoolique. Heureusement, les transitions écrites émaillent le film et permettent de temps à autre de raccrocher le wagon historique. Sachant que "Louis enfant roi" dure quand même la bagatelle de 2h40, le pauvre spectateur trouve forcément le temps bien long. D'autant plus qu'il manque un élément essentiel à ce genre de production cinématographique, à savoir l'esthétique. Qualité de l'image médiocre, bande-son folklorique, cadrage peu ambitieux... on dirait plus un téléfilm qu'un film. Le choix de donner au frère du roi le soin de faire des commentaires bigaresque auprès du spectateur s'avère lui-aussi bien étrange. Imaginez le futur "Monsieur", gay comme un pinson, qui s'adresse toutes les demi-heures à la caméra pour nous gratifier de quelque jeu d'esprit. Je ne suis pas fan du tout. Concluons la litanie des reproches par la question des voix-off divines. En effet, tel Jeanne d'Arc, Louis XIV entend à plusieurs reprises Dieu lui prodiguant quelques conseils. C'est quoi ces conneries ? Pourquoi cette intrusion du fantastique ? C'est l'interprétation trop littérale de l'expression "lieutenant de Dieu sur Terre", seulement il ne faudrait pas à la manière des huguenots tout prendre au pied de la lettre. Alors oui, vous pourrez me répondre qu'il reste tout de même le plaisir de voir un film portant sur la Fronde, que dans l'ensemble les acteurs jouent admirablement leur rôle ou encore que la rigueur historique est au rendez-vous, mais il n'en reste pas moins que le sentiment qui l'emporte chez moi est celui de la déception.
Ajoutée le 08 févr. 2011 à 00h08
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