Lorsqu'on maitrise à la perfection un sujet, on ne peut pas se planter. Todd Phillips a depuis longtemps trouvé sa voie dans la comédie trash, décomplexée, où les dialogues sont au centre de tout. Comme la plupart de ses créations, Date limite s'ancre pieds et mains liés dans l'esprit no limit US, bien lourd et graveleux. Une traversée des États Unis loufoque et mouvementée, mais néanmoins embellie par de magnifiques plans photographiques des grands espaces, allant du Grand Canyon, en passant par le Mississippi, le Texas et un poste frontière mexicain. La célèbre saga Very Bad Trip avait déjà soulevée cet engouement pour le road movie moderne, se déclinant en un parcours semé d'embuches, et mettant en avant des personnages plus barrés les uns que les autres, que tout oppose la plupart du temps. Mais pour que la mayonnaise ne prenne, il en fallait un plus frappé que la moyenne, une catastrophe ambulante, un emblème de la tête à claque, le loser né. Et qui de mieux que Zack Galifianakis pouvait interpréter ce rôle?! L'acteur endosse une fois encore ce personnage qui lui colle à la peau comme une évidence; balourd, déluré, insouciant, crétin au possible, collant, impertinent mais tellement drôle et attachant. Son duo antagoniste avec Robert Downey Jr est un vrai régal d'interprétation, touchant dans la bêtise. Les deux acteurs se livrent à une vraie performance comique, toute en contrastes et haute en couleur. Une pause récréative entre deux superproductions qui se ressent. Un action-movie explosif, assaisonné de masturbation canine et de délits à grande échelle. Bref, on ne s'ennuie pas, au grand plaisir des zygomatiques. Une folie douce grandement contagieuse. 4/5