La Bella Gente, les gens biens
Note moyenne
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68 critiques spectateurs

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gemini-hell
gemini-hell

31 abonnés 395 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 mai 2011
Un couple de quinquagénaires plutôt aisés recueille une jeune prostituée. Leur proche entourage, fils, belle-fille et voisins sont les témoins de cette situation surprenante dont les bonnes intentions de départ, au fil du récit, vont tourner vinaigre et révéler ainsi les véritables personnalités de ces soi-disant bienfaiteurs. Altruisme mal placé, égocentrisme latent, une certaine dose de vulgarité dans le comportement de ceux-ci, le vernis de ces gens bien montrera ses limites. Remarquablement écrit et interprété, ce film nous permet également de savourer la splendide campagne italienne. Dans le rôle de la prostituée, Victoria Larchenko apporte grâce et ravissement (ah, ses yeux verts …).
Patrick Braganti
Patrick Braganti

101 abonnés 425 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 avril 2011
La coexistence de deux univers diamétralement opposés est-elle possible ? À quelles réelles (et enfouies) motivations l’énergique Susanna obéit-elle dans sa démarche en apparence altruiste ? Moins cynique que son amie Paola, Susanna n’en est-elle pas moins hypocrite, acquérant une espèce de bonne conscience à jouer la générosité et la grandeur d’âme ? Autant de questions auxquelles s’attaque Ivano de Matteo, dont les réponses sont déjà connues. C’est donc l’évolution de la situation voulue et créée de toutes pièces par Susanna qui intéresse le cinéaste, scrutant l’apparition des fissures prévisibles de l’édifice, des premières failles attestant que le vernis superficiel s’écaille et ne résiste guère longtemps au rappel des convenances et des règles que l’entourage – autrement dit le fameux habitus si cher à Bourdieu - s’empresse de battre.
Plus les apparences sont trompeuses, plus la désillusion est lourde. Pour la pauvre Nadja, agneau innocent jeté malgré elle au milieu d’une meute de loups déguisés en braves toutous censés la protéger, la chute n’en sera que plus brutale, même si son personnage opaque, auquel le réalisateur s’intéresse au final assez peu, ne révèle rien de son éventuelle incrédulité ou de sa naïveté désarmante. En cela, elle n’est pas si éloignée de Mary, l’amie insupportable et paumée de Tom et Gerri (Another Year de Mike Leigh fin 2010) servant de caution à leur compassion bon teint. Dans les deux cas, il est à noter que la menace de l’équilibre de la cellule familiale (et notamment l’interaction du fils) initie le brusque tournant, l’indulgence sentimentale faisant place à l’irritation et la gêne.
La Bella Gente, les gens bien souffre d’un démarrage un peu lent. Le malaise et la cruauté, mettant à jour les rancœurs et les petites mesquineries, tardent à s’installer, alors que le film s’appesantit un peu trop sur les signes de la vie dolente et privilégiée des Italiens. Mais lorsque la bifurcation, différée mais prévisible, surgit, les ravages ne se font plus attendre : répudiation et bannissement afin que tout rentre dans l’ordre sans que la parenthèse paraisse laisser la moindre trace. Hormis celle d’un rouge à lèvres que Nadja, abandonnée lâchement sur un quai de gare, s’applique rageusement, geste marquant le retour à la case départ.
Parce qu’il prend place dans un décor de rêve, La Bella Gente, les gens bien, drame feutré, en revêt une dimension plus cruelle et plus incisive, où la nature humaine se montre dans toute sa complexité, tissu de contradictions qui font se côtoyer le pire et le meilleur. Et c’est bien la tension croissante, dont on redoute les manifestations, qui permet de la prendre d’autant mieux en compte.
Claire undefined.
Claire undefined.

4 abonnés 47 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 avril 2011
Ce film est un coup de poing élégant qu’on voit venir, dont on croit évaluer l’impact, mais qu’en réalité on sous-estime et qui nous laisse silencieux et très mal à l’aise.

Ici pas de lumières ternes ou froides comme dans Slovenian Girl, mais des teintes chaudes, des visages lumineux, des rires et sourires, de beaux panoramas d’Ombrie. Autant de paysages trompeurs qui font que peut-être les désillusions ont un goût encore plus amer.

Ce film parle de la collision entre deux mondes. Le monde confortable et préservé de Susanna et Alfredo, intellectuels romains d’âge mur et d’esprit jeune avec celui de Nadja, jeune et ravissante prostituée ukrainienne. Susanna entreprend d’héberger cette dernière pour la sortir de sa situation, associant à cette entreprise avec plus ou moins de transparence sa famille et ses proches, qui ne voient pas nécessairement la chose d’un bon œil.

Qui n’a jamais caressé l’idée, le souhait de venir en aide à des personnes en difficulté croisées au quotidien ?

La réalité dépasse souvent de beaucoup les projections mentales, aussi agréables et satisfaisantes soient-elles. Une fois la machine en route, si des grains de sable au fond prévisibles viennent s’introduire dans des mécanismes bien huilés, que faire ?

Les minutes passent, le film se déroule, et les regards changent (ils sont d’ailleurs bien filmés). Les corps se crispent, l’expression et les propos se durcissent. Face à eux, une fleur s’ouvre, une fleur qui a eu très soif et qui n’a pas l’intention de se laisser dépérir. Cette eau qui s’offre à ses yeux, elle en prendra le plus possible. Une fleur qui en luttant pour sa survie heurte l’ordre établi.

Ce qu’il se passe ensuite ? Les convenances volent en éclats.

Subtilement, les « gens bien » se révèlent, les beaux vernis se fissurent, les portes et les cœurs se referment.

Ce film est dérangeant parce qu’il renvoie à la part de noirceur et d’égoïsme qui dort en chacun de nous. Il se passe en Italie, mais il pourrait se passer ici.

Monica Guerritore et Victoria Larchenko portent véritablement ce film, aussi belles et dures l’une que l’autre. A noter la présence d’Elio Germano, qui perce avec talent dans un certain cinéma italien qui je l’espère aura de beaux lendemains (Mon frère est fils unique, La nostra vita).

La dernière scène, poignante et douloureuse de lenteur, ne laisse d’espoir que dans l’élan vital immense de la jeunesse.

D'autres critiques sur mon blog: http://clairedanslessallesobscures.blogs.allocine.fr/
velocio

1 540 abonnés 3 503 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 mars 2011
Comédien et réalisateur, Ivano de Matteo nous présente ici son 2ème long métrage, dans lequel il s'attaque à un sujet assez fort : les contradictions que, (presque) tous autant que nous sommes, nous pouvons rencontrer entre notre compassion face à la misère des autres, qu'elle soit économique ou morale, et notre confort (petit) bourgeois. Ici, "je" fais tout pour extirper une jeune prostituée ukrainienne des griffes d'un proxénète brutal mais "je" n'admets pas qu'une liaison s'établisse entre cette jeune fille et "mon" fils. On a donc dit "sujet fort" mais quid du traitement ? Disons qu'il manque un peu de subtilité, que certains personnages (la plupart ?) sont un peu trop manichéens et que le déroulement de l'action est un brin trop prévisible. Cela étant, "La Bella Gente", tourné dans la belle région d'Orvietto, peut mériter qu'on lui fasse une visite amicale. A noter qu'on y retrouve Elio Germano qu'on va revoir très prochainement dans "la nostra vita", film qui lui a valu le prix d'interprétation masculine à Cannes 2010, ex aequo avec Javier Bardem.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 7 mars 2011
Excellent film qui montre, tout en délicatesse,
la limite les bons sentiments d'une classe sociale aisées.
1ou2mo
1ou2mo

11 abonnés 476 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 mars 2011
Une BA particulière faite un peu par déformation professionnelle. Un couple de bourgeois nantis recueille à l'instigation de l'épouse (le mari est réticent) une ado forcée à se prostituer. Un sujet original et délicat mais bien traité; même si le scénario est sans surprise.
JCOSCAR
JCOSCAR

131 abonnés 1 100 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 27 février 2011
La bella gente, Les gens bien est film sur les bobos et une certaine compassion passagère et sur la complexité et irrationnel de la nature humain. Le sujet est intéressant mais manque de rythme...
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 27 février 2011
Excellant scénario joué par des acteurs épatants. Des petites facilités au niveau de 2 ou 3 plans un peu facile mais à voir "les gens biens" ??????.........
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 27 février 2011
"La bella gente" est un film intelligent et bien plus sombre que peut le faire penser le décor de rêve et le temps ensoleillé, qui vire d'ailleurs à l'orage dans la dernière scène. Rien de surprenant pourtant : on sait très bien que derrière la volonté d'aider les autres se cache toujours un petit peu d'orgueil, et que si cela finit par contrecarrer ses propres intérêts, on abandonne rapidement ses bonnes intentions. Faire un film là-dessus, ça aurait pu faire quelque chose de cynique, mais le film d'Ivano de Matteo aborde le sujet de façon très délicate, qui, bien que le thème ne soit pas vraiment le même, peut faire penser au dernier film de Mike Leigh, "Another Year". La prestation de Monica Guerritore, en femme ouverte et généreuse finissant par renier ses convictions pour défendre ses propres intérêts, est magistrale.
tixou0

783 abonnés 2 045 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 décembre 2014
Alfredo et Susanna sont de magnifiques "bobos" romains quinquagénaires qui ont pour habitude de se ressourcer dans leur maison de campagne du Latium, près de Viterbe (pour la piscine, c'est chez les voisins milanais, elle aristocrate et lui important homme d'affaires, qui vont en vacances avec leur domestique philippin). Susanna que son activité de psychologue dans une association de la capitale fait côtoyer des femmes abusées en tout genre n'écoute cet été - là que sa conscience pour ramener des travaux pratiques dans sa thébaïde, histoire de pimenter un peu sa villégiature : elle recueille une très jeune prostituée ukrainienne, Tanya, après l'avoir surprise avec horreur corrigée par son souteneur sur le bord de la route où elle attend ses pratiques. D'abord rétive, la jeune femme se prend vite à croire qu'elle a trouvé une famille, et même l'amour, quand Giulio rejoint ses parents. Mais c'est précisément là que les choses vont se gâter : le fils de la maison s'amuse d'elle et la mère aux idées larges soudain la remercie, craignant sans doute que le père ne veuille bientôt goûter lui aussi de ce joli fruit défendu. Le réalisateur abandonne Tanya sur le quai de gare où Alfredo l'a laissée, lestée d'une vague recommandation pour un foyer et de quelques billets de 100 euros. Fin ouverte donc sur un avenir incertain : retour au trottoir (la jeune femme se refait avec soin une bouche rouge sang, exact pendant de la scène où, arrivant chez ses bienfaiteurs, les lourdes couleurs de son maquillage de 'travail" se dissolvaient dans un bain purificateur), ou....? Cette variation estivale pour bobos ("La Bella Gente") et pute est menée avec la précision et la cruauté d'un entomologiste, affairé à l'étude des effets ravageurs de l'immersion de l'une dans l'univers des autres. L'étude de moeurs est réjouissante et on la déguste avec d'autant plus de plaisir que la partition est fort bien défendue, en particulier par Monica Guerritore, parfaite en grande bourgeoise dévorée de compassion et de grands idéaux, mais rattrapée par la jalousie petite-bourgeoise, et la mesquinerie ordinaire.
jfharo
jfharo

68 abonnés 1 232 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 février 2011
Une histoire bien amère ,mais joliment interprétée .
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 24 février 2011
soutenir un engagement moral : voilà qui est bien plus difficile qu'un partage matériel! Ce film est une merveilleuse vitrine des personnes qui font du social pour régler leurs problèmes ou angoisses.. Les acteurs sont filmés avec talent et leur jeu est sincère. on peut faire un très beau film avec des gens pas si bien que ça!
Thierry M
Thierry M

191 abonnés 2 435 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 février 2011
film alternent le bon et le moins bon. un peu facile , on voit tout les coups venir.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 22 février 2011
Film qui se focalise sur un certain milieu social et qui dépeint celui-ci avec une grande intelligence. Le tout est très bien joué. En revanche, tout est assez prévisible, mais le réalisateur prend le temps de développer les personnages et les situations. Les dialogues sont très bien écrits mais cela reste ( et c'est un des bémols) un film à thèse qui parle d'une petite bourgeoisie bien hypocrite. Cela reste un bon film dans l'ensemble.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 21 février 2011
Aider l'autre, n'est ce pas avant tout s'aider soi-même en s'offrant une occasion de se faire bonne conscience ? Ainsi, lorsqu'il faut en arriver aux sacrifices et à l'engagement, est-on capable de poursuivre notre conviction, de surpasser notre lâcheté ? .. Jean Genet : "C'est facile d'être bonne et souriante et douce. Quand on est belle et riche ! Mais être bonne quand on est une bonne" .. Ou lorsque la peur de perdre son confort bourgeois nous rend humainement vil et méprisable ..
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