Acceptes-tu d'être Pape? -Oui,mais non...
Le sujet est lancé, et avec lui, un Michel Piccoli clopinant mais toujours autant attendrissant, dirigé par un Nanni Moretti qui se veut un Freud au Vatican. Voilà pour l'essentiel. Comment? Du détail? Certes. On connait la passion pour le Vatican chez les réalisateurs et les acteurs, en témoignent les "polars-vaticans" tirés des livres-pour ne pas utiliser à mauvais escient le mot oeuvre- de Dan Brown ou encore l'excellent Amen avec Matthieu Kassovitz réalisé par Costa-Gravas. Mais là n'est pas le sujet puisque pour une fois, il est question de traiter le Saint-Siège avec humour...et intelligence!Si, si, c'est possible! Entendons-nous. Lors du conclave, Michel Piccoli se voit élu Pape...pris de panique, il s'enfuit dans Rome à la recherche de réponses qu'il ne saurait trouver seul au milieu des cardinaux. C'est alors qu'intervient Nanni Moretti, le réalisateur, chargé tout d'abord de psychanaliser le nouveau pape puis d'organiser les premières olympiades vaticanes. Si on est forcé d'admettre que les scènes montrant les cardinaux jouer au volley-ball sont divertissantes, elles le sont cinq minutes. On se lasse vite de ces jeux très chrétiens pour la simple raison que Michel Piccoli porte à lui seul le film. Son errance romaine, ses rencontres, ses doutes à la fois de nouveau chef des chrétiens et de simple chrétien sont touchants, vrais. L'humilité avec laquelle le vieil acteur incarne son rôle ne peut laisser indifférent, il nous renvoie à notre propre conviction religieuse et notre propre condition humaine. Ses doutes sont les nôtres, ses questions aussi. Comme lui, le spectateur veut une réponse...qui ne viendra qu'à la toute fin du film par une phrase, si simple en apparence mais fabuleuse: "Certains sont faits pour mener le troupeau, d'autre pour suivre le berger".
En somme, Habemus Papam? Oui, mais non... A voir? Oui, pour Michel Piccoli, un grand rôle.