brunodinah
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3 - Pas mal
Un très bon polar d'époque matiné d'une réalisation remarquable d'Alain Corneau, maître ès polars des années 1970-80 ("Police python 357" et "Série noire" notamment). Un charme remarquable quoiqu'un peu désuet 30 ans après.
Le scénario (un taulard -Gérard Depardieu- s'évade et demande de l'aide à un ancien truand -Yves Montand-. S'ensuit une course folle entre ces deux protagonistes suite à un quiproquo.), très bien écrit (par Corneau lui-même), sert magnifiquement la mise en scène.
Cette dernière, qui dévisage les paysages offerts sur une photographie délicate et méticuleuse de Pierre-William Glenn (déjà présent sur "Etat de siège" de Costa-Gavras, "Le juge et l'assassin" avec Noiret, et "Série noire" notamment), se fait la part belle, et Alain Corneau, avec son talent tout particulier, alterne plans calmes, longs travellings, gros plans alliant émotion et suspense, donnant ainsi les codes qui font le bon polar à la française.
S'ensuit un face à face magique et inoubliable : Montand/Depardieu (acteur déjà talentueux à 33 ans !). Yves est rangé, sage et posé ; Gérard, lui, dans un rôle de chien enragé, irradie l'écran de par une présence tout à fat remarquable.
A leurs côtés, une Catherine Deneuve (déjà vue dans les Bunuel, les Demy, "Le dernier métro"...) toute sensible et charmante s'installe, tout comme Michel Galabru (la série "Les gendarmes") qui, en premier second, donne une très bonne interprétation. Les jokers ne sont pas des moindres : Anconina, Lanvin, Blanche ("Les compères", toujours avec Depardieu) et Dauphin ("Netchaïev est de retour" de Deray).
La musique, qui accompagne le tout, se rajoute à l'atmosphère. Toujours sur la même rythmique, elle parachève cette oeuvre. Philippe Sarde (compositeur sur "L'ours", "L'ami retrouvé" de Schatzberg, "Flic ou voyou", ...) en fait non pas un surplus mais une juste dose qui, entre jazzy and so blues, apporte, sur le ton de l'émotion, son choix de donner l'impression de polar.
"Le choix des armes" est tout simplement un classique à la française parfois trop lent (ce certain charme a vieilli) et parfois très bon (merci pour la direction d'acteurs, Alain).
Pour les amateurs de polar seulement.
PS : cette semaine est dédiée à Montand qui nous a quitté il y a maintenant 20 ans. Il tient ici un petit rôle (pas imposant comme dans "L'aveu", "La folie des grandeurs" ou même l'inmanquable "Le salaire de la peur"), je trouve.
Ajoutée le 10 nov. à 01h20
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