Sa critique :
Waw ! Quel film ! Témoin de l'époque ou le le polar français était à son apogée, servi par des grands réalisateurs ( Tavernier, Miller, Corneau... ) et interprétés par les plus grands acteurs ( Serrault, Blier, Ventura, Montand, Leotard, Depardieu, Deneuve, Rampling...) n'hésitant pas à a s'impliquer complètement dans ses projets ambitieux (Buffet froid, La balance, Coup de torchon ou Mortelle Randonnée).
Alain Corneau disait qu'il s'arrêterait de tourner des polars quand il en réussirait un, on comprend ainsi, qu'après Le choix des armes, il ait abandonné le genre (a notre plus grand regret). Ce film m'a happé, il est bluffant et nous met dans une situation de tension, d'insécurité permanente, mais il réussit en même temps a nous faire prendre du plaisir, devant la stylisation extrême qui rend parfaitement le coté glauque et poisseux des décors. Le film bénéficie de scènes incroyables, Depardieu tuant un flic puis mettant une main devant sa bouche, choqué par ce qu'il vient de faire, ou la scène de la station service, inoubliable... C'est un vrai hommage que rend Corneau a Becker, Huston, Melville et Dassin, traitant pour la première fois de la mythologie du polar : la radiographie sociale (c'est le premier a montrer du doigt, bien avant La Haine, les banlieues sordides ou s'entassent des populations meurtries et désespérées, ou rien ne change. Dieu qu'il filme bien ces blocs de bétons ) et le fatum bien sur, qui devait disparaitre un peu après avec l'arrivée de la drogue dans la criminalité, désastre qui causa la fin de la charge tragique. Plus de code de l'honneur, de règles, tout ça est est vite apparu comme dépassé... D'où le coté nostalgique du film, qui parait classique dans la forme mais qui se révèle tout le contraire quand on creuse un peu. Depardieu tient son plus grand rôle au cinéma, instinctif, brute au cœur tendre et moins survolté que Deweare dans Série Noire, c'est l'apogée de tous les rôles de loubard qu'il a pu interprété. Grandiose.