C'est une blague. Je ne vois pas d'autres explications. On voudrait faire une parfaite caricature du bon vieux gros bousin, on ne s'y prendrait pas autrement. Et vas-y que je te prends un agent de la CIA dans le futur qui découvre une machination, mais qui se fait doubler puis arrêté à tort pour un crime qu'il n’a pas commis... Là déjà on a du lourd, surtout qu'il faut y ajouter tout le décorum "Transformers" avec les noms de chaque personnage et de chaque lieu qui apparaissent avec la police de caractère et les petits bruits électroniques d'usage, l'image aux contrastes saturés, les courses poursuites à la con où on ne comprend rien au bout de deux secondes tellement il y a de plans à la seconde, et puis surtout n'oublions pas les musiques pompières qui, à tout souligner, ne font ressortir plus rien. Mais le plus fort, c’est que ce "Lock Out" semble oublier toutes les deux minutes ce qu'il comptait faire, car il enchaîne les scènes et les genres sans aucune logique quelconque, nous faisant passer de l'interrogatoire à la poursuite musclée d'un coup d'un seul (ça encore ça va), puis à une poursuite en moto futuriste totalement grotesque et illisible (là on est à 5 minutes de film) puis au bunker du 56e président des Etats-Unis, pour ensuite aller... dans une prison spatiale où sa fille mène une mission humanitaire (vous suivez ?). De là, on se retrouve au beau milieu d'une mutinerie de prisonniers déclenchée par le dialogue le plus pourri du monde. Pour vous donner une idée, je vous la fais vite. Le tolar : « Eh le black, t'es gros. » Le black : « Tu me cherches ? » La blonde à gros seins : « Ne rentrez pas dans son jeu ! » Le tolar : « Ha ! Ha ! En te chauffant j'en ai profité pour te piquer ton flingue ! » (Nomination pour l'oscar du meilleur scénario en vue, non ?) Après ce dialogue mythique, "Lock Out" se lâche ensuite sur une nouvelle course-poursuite (vingt minutes de film), mais ce coup-ci dans l'espace, sur fond de baston de prisonnier et de batailles de vaisseaux spatiaux (?). Et ce n'est qu'au bout d'une demi-heure, que les auteurs (oui, parce qu'il a fallu être trois pour écrire ça) se sont dits qu'il serait peut-être temps de reconnecter cette histoire d'espace avec l'histoire de l'agent de la CIA que le film à laissé en plan pendant vingt bonnes minutes ! Non mais franchement ! Déjà : qu'est-ce qu'on fout dans l'espace ? Ensuite : q0uel rapport entre les dix premières minutes du film et ce passage spatial ? Peut-être l'a-t-on dit lors de l’un des multiples plans d’un dizième de seconde de film ou au milieu des cuivres hurlants et des percussions de 3 000 décibels, mais en tout cas, moi ça m'a échappé. A dire vrai, je pense que James Mather s'en fout royalement. Ce qui compte c’est que ça pète tout le temps, que ça bouge le plus possible, et si les gens n'y comprennent rien c'est pas grave parce qu'il n’y a rien à comprendre. Un instant j’ai cru y voir un remake de la campagne présidentielle : il faut enchaîner le plus vite possible, comme ça les gens n'ont pas eu le temps de réfléchir à proposition précédente que déjà en voila une nouvelle qui la chasse. Le tout c'est que ça bouge et que ça pète. Les gens n'y comprendront rien, mais puisqu'on se dit que ce se sont des ânes, sans réfléchir ils se diront qu'on leur a sûrement donné ce qu'ils avaient demandé et ils se diront contents. Ce qui compte, c’est qu'au final, l'oseille remplisse les poches du gros Luc, et c'est sûrement ce qui va se passer étant donné que ce nanar a été pensé comme un aimant à puceau en pleine puberté et à gros beaufs en recherche de sensations basiques. Le temps ne serait pas chose si précieuse, et les places ne seraient pas à dix euros, j'en rirai presque d'un tel navet. Seulement voilà, ce n'est pas le cas, et qu’on nous prenne à ce point pour des cons, c'est franchement affligeant.