Derniers Avis : Les Neiges du Kilimandjaro - Page 12
Les Neiges du Kilimandjaro
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Un visiteur
4,5
Publiée le 26 décembre 2011
Un très beau moment de cinéma. Un bon scénario, des personnages tout en finesse, une excellente interprétation de l’ensemble des acteurs, les ambiguïtés et contradictions des personnages amènent à se poser bien des questions, cela sollicite habilement la réflexion des spectateurs. A ne pas manquer, ce film mérite son succès.
Le propos politique du film est extrêmement intéressant. D'une part il évoque le fossé immense entre la génération des baby boomers et celle des jeunes d'une vingtaine d'années. La première a tout eu sur le plan matériel et a également connu la gauche populaire véritable et un engagement politique profond. La seconde n'a connu que l'individualisme et la difficulté à trouver un emploi et s'insérer dans la vie sociale. D'autre part le film montre comment le discours pernicieux qui consiste à monter les plus pauvre, non pas contre les plus riches, mais contre les classes petitement moyennes, comment donc ce discours a été efficacement diffusé et comment il a remarquablement atteint son but. Tout cela aurait pu être passionnant, révoltant, aurait pu amener à une prise de conscience. Mais hélas tel un bon steak noyé sous une mare de sauce, le sirop de l'angélisme et des bons sentiments nappe tout le film, l'édulcore, le sucre. Faire comme si ces syndicalistes avaient toujours été exemplaires, comme si ces couples n'avaient jamais connu d'anicroche, comme si ces soixantenaires n'avaient jamais été égoïstes ou violents, tue le message qui aurait du être central. Dommage.
Un film « social » de plus, diront certains en cette année bien fournie sur la question. « Les Neiges du Kilimandjaro » est pourtant sans doute le plus beau d'entre eux, réalisé par un Robert Guédiguian plus humaniste et sensible que jamais. Cela pourrait pourtant être ridicule, digne d'un téléfilm médiocre, mais le réalisateur de « Marius et Jeannette » déploie un tel talent pour livrer des personnages attachants, les placer dans des situations fortes et les faire évoluer avec beaucoup de crédibilité que cela ne l'est jamais. Au contraire, on s'étonne presque de prendre autant d'intérêt à suivre ce « drame du quotidien », où les certitudes et les convictions sont bousculés par un événement que nos héros n'auraient pas imaginé un seul instant. Guédiguian se passe bien pour autant de juger qui que ce soit, préférant mettre en avant l'extrême pauvreté des banlieues et les conditions de vie désastreuses pour justifier les actes de certains, sans les excuser pour autant. On aurait d'ailleurs aimé encore plus de nuances concernant le personnage de Christophe, m'enfin, pour une fois que Grégoire Leprince-Ringuet livre une prestation potable, on ne va pas trop se plaindre... Etonnant en tout cas de voir une oeuvre traiter avec autant de justesse et d'intelligence de sujets aussi variés que notre société, le syndicalisme, l'espoir et l'humanisme : elle est surtout la confirmation que Robert Guédiguian est l'un de nos grands réalisateurs français actuels.
Bien sous nombre de rapports. Le scénario tient en haleine, l'histoire la route, les acteurs sont très crédibles, avec un Darroussin fidèle à lui-même. On trouve dans ce film beaucoup de matière à réfléchir, sachant qu'il n'était pas facile à la base d'aborder autant de sujets de société quelque peu difficiles, voire carrément dérangeants ; autant de sujets, pourtant, d'actualité. Bravo Monsieur Guédiguian.
un film tendre et émouvant, bien joué et bien réalisé. Cependant, la problématique des valeurs s'impose un peu trop en force au scénario... même si ce sont des valeurs auxquelles j'adhère !
Enorme, sublime surprise, le film français dans tout ce qu'il a de bon et beau. Cette remise en question de chacun des protagonistes, en auto-critique de soit, chacun à sa manière, tous à des rythmes différents, cependant tous vers une convergeance. L'HUMAIN dans ce qu'il peut avoir de beau, mis en image sans niaiserie.
Avec ces Neiges du Kilimandjaro, Robert Guédiguian renouvelle le cinéma populaire qu'il ne fait pas rimer avec populiste. En un véritable tour de prestidigitation,sur une histoire plutôt simple au départ et qu'on craint presque de voir sombrer dans le pathos du cinéma politique, il capture notre attention par la brutale scène du vol à main armée et ne nous lache plus jusqu'à la fin. Les scènes drôles ne sont pas poisseuses comme du Dany Boon et l'humour ne doit rien à l'école Canal , tout est dans la finesse et la subtilité. Les acteurs sont tous formidables, y-compris certains seconds rôles dans des scènes toutes pétillantes d'intelligence et parfois cruelles de vérité. Ce film est un véritable chef-d'oeuvre plein d'émotion.
Un peu dérangé par ce film certe plutot sympathique, mais qui souffre d'incohérences dans le scénario. La morale est bien là, en équilibre sur un fil et prette à basculer dans l'oubli dans ce film est gentil, sans plus.
J'attendais peu de ce film, résultat j'ai été transportée du début à la fin. Enfin... "transportée" est peut-être un bien grand mot car il ne se passe pratiquement "rien" les trois-quarts de l'intrigue, mais c'est également ce qui fait son charme. Le sujet est traité, donc, avec sobriété, et soulève des questions très pertinentes (spoiler: le réquisitoire du jeune homme emprisonné lorsque Darroussin vient le voir . Seul petit bémol: certaines interrogations auraient mérité d'être traitées en profondeur (par exemple, spoiler: le regard échangé par Raoul et Marie-Claire lors de leur conversation au bar, le retrait des enfants concernant l'adoption des petits "orphelins" ). La fin laisse un sentiment d'inachevé, même si spoiler: elle se conclut sur une note heureuse .
Tendre, un peu triste et plein d'espoir à la foi. C'est un film fort (comme les autres de lui que j'ai déjà vu) avec des acteurs émouvants et très crédibles. Ils en font un excellent moment dont on se souvient toujours avec un peu d'émotion.
Nous sommes ici en compagnie d'un cinéaste généreux, de comédiens généreux, d'un monde ouvrier généreux vivant toutefois écrasé par un capitalisme sauvage et inhumain. Autant dire que chez Guédiguian tout baigne quand du moins on se retrouve entre gens du même milieu, de la même "famille" sociale et même si les licenciements créent des bouleversements au sein des familles. Certes il y a bien des conflits entre les générations, d'un côté l'ancienne qui a pour devise "La lutte c'est classe", de l'autre la nouvelle qui prend l'argent là où il se trouve surtout chez un ancien collègue de travail auquel il sera facile par la suite de reprocher des compromissions avec le patronat. Le film est une sorte de parabole sur la sainteté version laïque. Tout y est: le sacrifice, le pardon, la générosité et la sainte Cène se déroule autour d'un barbecue où grillent les merguez. Naturellement tout cela se passe à Marseille, au pays de Marius et Jeannette, et avec les comédiens attitrés que nous aimons bien, Jean-Pierre Darroussin, Ariane Ascaride, Gérard Meylan. Un petit nouveau que nous apprécions depuis ses premiers films: Grégoire Leprince-Ringuet dont le visage angélique a de quoi faire pardonner les vilaines actions que son personnage a commises. Allez! vive la générosité! On en redemanderait bien par les temps qui courent...