Le Miroir
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scorsesejunior54
scorsesejunior54

178 abonnés 694 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 8 juin 2008
L'ère Brejnev a favorisé un relatif relâchement de la censure en URSS. Jusque 1968 tout d'abord où les artistes pouvaient enfin à peu près s'exprimer... Ensuite et malgré le resserrement idéologique très net, conséquence du fameux Printemps de Prague, le réalisme socialiste allait quasiment être laissé aux oubliettes, d'où l'élargissement artistique qui s'ensuivit. C'est dans ce contexte assez particulier qu'Andreï Tarkovski réalisa "Le Miroir" (1974), oeuvre riche et complexe faisant s'entremêler souvenirs, aspirations, rêves, fantasmes et désirs de façon parfois autobiographique (mais la frontière entre fiction et réalité est trouble). Les époques se confrontent, les personnages jonglant d'une situation à une autre, caractéristiques des illusions et délires d'un cinéaste explorant les dédales de sa pensée, de son esprit. Point de clarté narrative, de transitions nettes : des images d'archives sont supplées par d'autres scènes en noir et blanc, puis la couleur revient sans que rien ne soit explicité. Ne connaissant Tarkovski que de réputation (c'est là le premier film que je visionne de cet auteur), j'avoue ne pas avoir toujours saisi toutes les subtilités de son récit. Bien sûr, les personnages me parlent et mes yeux n'ont cessé de scruter tous les détails de la mise en scène ; mais je regrette de ne certainement pas avoir été réceptif à toutes les thématiques du fond, n'ayant pas conscience des éléments récurrents de l'oeuvre du cinéaste. Aussi ai-je de temps à autres pris de la distance alors que plusieurs séquences m'ont isolément emballé. "Le Miroir" aura donc été pour moi une expérience intéressante et se sera dévoilé comme un puzzle prenant quoique pas toujours compréhensible, un assemblage d'idées forcément inégal bien que souvent passionnant. Au final, j'ai eu l'impression de revoir les "Fraises Sauvages" de Bergman remixé à la sauce Soviétique : plus austère, plus nombriliste et plus complexe. Une curiosité que j'approfondirai dans le futur.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 12 mars 2008
Le chef d'oeuvre de Tarkovski, meilleur que Solaris.Un film qui se ressent autant qu'il peut se comprendre. Laissez-vous emporter...
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 1 mars 2008
Le film fonctionne par effet "rétroactif" extremement fort, je veux dire par-la que plus on y repense, et plus le temps passe, et plus il prend de l'ampleur et du sens. Une sorte de Madeleine proustienne cinématographique, un hymne à la vie et aux souvenirs qui l'accompagnent.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 12 novembre 2007
Le Miroir peut à juste titre être considéré comme le film le plus personnel de son auteur, même si dans tous ses films on suppose qu'il a mis une grand part de lui-même. Le film raconte l'histoire d'un homme qui, au bord de la vie, se remémore des scènes de son enfance, des scènes de son couple. Le film fait preuve d'une telle poésie et d'une telle maestria qu'il évoque en nous de façon précise des sentiments que l'on peut ressentir sur notre passé, sur les relations que nous établissons avec nos proches.
miyel19
miyel19

16 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 avril 2008
Ce film est un hymne d'amour à la nature, à l'humanité, l'autoportrait d'un artiste sur le point de mourir, qui revit son enfance, l'histoire de son pays. Les images mêlent passé et présent, la nature est filmée comme dans aucun autre film : le vent qui souffle dans les arbres, qui fait tomber des objets au ralenti, une maison qui brûle dans la forêt, sous la pluie, tous les éléments s'animent pour participer à cette exploration de l'âme, symbolisant notre relation au monde et notre participation à un tout. Un film d'une grande poésie.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 26 octobre 2007
Un peu plus à chaque film, Tarkovski cherchait la voie d'un cinéma poétique qui s'adresse aux sens
plutôt qu'à l'intellect. Il n'y a pas chez lui de divorce entre le beau et le vrai, et les images dont la beauté émeut doivent aussi être l'expression authentique du réel dans ce qui le caractérise par
excellence, sa temporalité. Objet d'intuition et non d'analyse, la nature de l'être se dévoile comme
temps au point de rencontre de notre âme avec le monde. Ce dévoilement qui par le cinéma prend la
forme d'images et de sons, quoi qu'il soit d'une éternelle vérité, ne doit pas prendre une forme
abstraite: l'image est singulière, contextualisée. Si Le Miroir a pour objet l'existence, celle-ci ne
saurait se donner autrement que comme une existence, ici, celle d'un russe confronté au temps perdu, voyageant à travers les nappes de passé que lui ouvrent ses affects et sa mémoire. L'histoire
personnelle s'amplifie en histoire de la Russie et de l'Occident, de leur rapport à la beauté et à la
vérité; sont ainsi convoqués Leonard de Vinci, Bach, Pergolese, Rousseau, le christianisme... Avec
Le Miroir, Tarkovski largue les quelques amarres qui le liaient encore à la forme classique: l'irréversibilité du temps est abolie par la décomposition totale de la narration et un montage
interdisant toute tentative de synthèse par l'entendement. Une certaine idée du cinéma-total est par ailleurs à l'oeuvre, l'image cinématographique entrant en correspondance avec la musique, la poésie, les arts picturaux. Mais celui-ci ne se construit pas par intégration des matières artistiques -son, couleur, figure, mots, rythme-, par une mise en forme totalisante, propre au classicisme (Les Parapluies de Cherbourg pouvant ici servir de paradigme). Le Miroir fonctionne de manière plus flottante, par chevauchements et résonnance, fonctionnement dont la réussite est plus aléatoire mais conjure tout risque d'artificialisme et de dictat de la forme, l'artiste s'inclinant devant la vérité qu'il donne
stebbins

564 abonnés 1 747 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 septembre 2007
Beauté d'un champ en proie aux bourrasques...Lévitation sublime et inoubliable...Ralentis bouleversants...Dire que Le Miroir est un film magnifique tient de l'euphémisme. Mais dire qu'il est accessible à tous les spectateurs tient du mensonge. Pour ma part, j'ai adoré la première heure de cette oeuvre inclassable dans laquelle Tarkovski parvient à marier le son à l'image avec une noblesse sans égale. J'avoue avoir décroché par moments durant la dernière demi-heure, malgré cette brillante esthétique et cette beauté ineffable qui fait la force du cinéma du réalisateur soviétique. La musique, de tout premier choix ( Bach, Purcell, etc...) parachève cette oeuvre sublime qu'est Le Miroir ( j'ai pleuré au moment où des aventuriers partent en mongolfière, scène tournée à la manière d'images d'archives...comme si les souvenirs du cinéaste laissaient une empreinte dans l'Histoire ). Admiré par le regretté Ingmar Bergman, Andreï Tarkovski signa en 1974 un film unique, parfois ennuyant ( mais cet ennui provient certainement du premier visionnage et de l'ignorance qui en découle ) mais souvent beau, sublime, authentique. Raconter de façon narrative le film de Tarkovski serait stupide puisque vain : les images se succèdent, denses et intenses. C'est tout, mais c'est déjà beaucoup.
Carne
Carne

107 abonnés 1 116 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 octobre 2006
Une claque magistrale réalisée par un artiste inclassable. D’une narration à la complexité édifiante, Andrei Tarkovski en tire une oeuvre d’une beauté inouïe où un homme qui ne cherchait que le bonheur revoit sa vie en confondant ses souvenirs.
A travers des plans sophistiqués, une musique stridente et un scénario superbement écrit, Tarkovski prouvait alors, au même rang que Kubrick, que le cinéma est un véritable art où plusieurs relectures de ses films sont nécessaires pour en comprendre la portée, la symbolique, la métaphysique,...
Vivement que je découvre les autres chefs d’œuvre de ce metteur en scène dantesque pour ne pas mourir idiot !
max6m
max6m

78 abonnés 180 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 octobre 2006
Comme toujours avec Tarkovski, mais plus particulièrement encore avec Le Miroir, ce film n'est pas un film au sens commun que l'on donne à ce mot. Ce film est une oeuvre d'art utilisant le support cinématographique. C'est un film à ressentir, non à comprendre. On se souvient tous d'images de notre enfance, des moments particulièrement forts qui ont marqués notre vie.. mais comment pourrait-on adapter çà au cinéma? Inutile ici de chercher une trame scénaristique ou une quelconque narration, Tarkovski nous envoie des morceaux de vies, des souvenirs, au gré de leur apparition naturellement décousue dans sa tête. Résultat: l'un des plus beaux films de l'histoire du cinéma et certainement le meilleur film autobiographique jamais réalisé. Le tout accompagné d'un travail de recherche, d'imagination, et d'innovations sur les techniques mêmes de cinéma proprement hallucinant. Charnel, complexe, intelligent, visuellement sublime et profondément humaniste, Le Miroir est un film, pardon une oeuvre, indispensable.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
L'amour, la souffrance, la beauté, la vie, l'enfance, la mort, la nature, sous leurs plus belles formes. Si cela fait autant mal, c'est que Tarkovski a peut-être réussi à suggérer l'humanité avec une parfaite justesse. Son Miroir est en nous, nous sommes percés au grand jour.
Anaxagore
Anaxagore

150 abonnés 135 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 septembre 2006
Le miroir est sans doute, avec Le sacrifice, le plus grand chef-d'oeuvre de Tarkovski et, selon mon goût, peut-être l'un des cinq plus beaux films de l'histoire du cinéma: l'un de ceux que j'emporterais sur mon île déserte. Il nous montre un homme sur le point de mourir, en réalité le réalisateur russe lui-même, occupé à se remémorer son existence. Il en résulte un film autobiographique d'une audace et d'une modernité d'écriture que bien peu oseraient encore aujourd'hui, tant l'impératif de rentabilité commerciale est devenu totalitaire. Le miroir rompt en effet avec toute forme conventionnelle de narration et est construit à la manière d'une mosaïque. Une multitude de petites scènes renvoient les unes aux autres pour constituer un entrelacs des plus complexes. Il s'ensuit une oeuvre à plusieurs niveaux d'interprétation et qui brasse une multiplicité de thèmes: cela va des souvenirs autobiographiques les plus intimes de Tarkovski à la vocation spirituelle de la Russie en passant par l'évocation de la terreur stalinienne, de la seconde guerre mondiale ou encore de la guerre d'Espagne. Les images, profondément oniriques et qui alternent le noir et blanc et la couleur, sont d'une splendeur rare et viennent se graver à tout jamais dans la mémoire. Voyez la scène étonnante de lévitation au-dessus du lit ou les diverses scènes mettant en valeur le symbolisme, constant chez Tarkovski, des quatre éléments. La bande son est elle aussi très soignée, tant pour les bruits que pour les paroles ou pour la musique. Elle fait se succéder de superbes poèmes du père de Tarkovski, les bruits du vent, de l'eau ou du feu et des extraits d'oeuvres de Bach et de Purcell notamment. Le miroir est un film difficile, exigeant pour le spectateur en ce qu'il demande constamment son investissement personnel, mais il est d'une splendeur inouïe et récompense très largement celui qui fait l'effort de l'accueillir.
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