La Désintégration
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traversay1

4 485 abonnés 5 358 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 février 2012
Autant qu'un film sur les mécanismes de manipulation qui mènent au terrorisme, La désintégration peut être considéré comme une (tentative de) démonstration de l'échec d'une politique nationale "d'intégration." Philippe Faucon a choisi la concision et le minimalisme, en tentant d'éviter, autant que faire se peut, d'enfoncer des portes ouvertes et un discours moralisateur. Il y a comme une inéluctabilité dans La désintégration, qui peut aussi s'apparenter à une neutralité de ton, qui lui donne des allures de papier de fond pour un magazine, plus que d'une oeuvre cinématographique à part entière. Si le scénario rend crédible le lavage des cerveaux de ses personnages et leur abandon progressif de toute latitude de penser par eux-mêmes, le réalisateur délaisse peu à peu leur environnement, hormis quelques scènes familiales qui sonnent très juste. Le passage de la fiction à un quasi documentaire, sec et sans contrepoint émotionnel, aboutit à un final glacial et comme privé de substance. Le film devrait nous remuer et remettre en question nos certitudes sur le fonctionnement de notre société, il y parvient par instants, mais pas dans la continuité, de par son parti-pris courageux, mais intenable, de ne faire aucune concession.
JCOSCAR
JCOSCAR

131 abonnés 1 100 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 février 2012
La désintégration est un drame sur l'enrôlement pour terrorisme islamique. Un film très réaliste par son scénario précis et le jeu des acteurs tous remarquable, c'est une vérité "dévoilée" qui fait froid dans le dos. Impressionnant !
Patrick Braganti
Patrick Braganti

101 abonnés 425 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 février 2012
Le réalisateur de La Trahison a donc choisi à dessein l’ellipse et l’épure pour montrer l’enchainement accéléré d’événements mineurs qui déterminent et scellent néanmoins le destin d’Ali, comme celui de ses deux amis Nasser et Hamza. C’est donc bien un mécanisme de désintégration que Philippe Faucon décrit : celui des blessures, des désillusions ressenties comme un empêchement et un frein qui génèrent aigreur, rancœur et frustration, le terreau idéal sur lequel un aîné trentenaire, charismatique et fin observateur, va bâtir son entreprise d’endoctrinement et de retrait du monde (famille, travail). Ramassé et concis, le film se révèle terriblement implacable tant il met en scène l’impossible retour en arrière et l’éventuel enrayage d’un engrenage parfaitement huilé. On aurait pu craindre sur un tel sujet un traitement manichéen ou caricatural, mais les personnages de l’Imam modéré prêchant justement contre l’escalade violente, et surtout ceux de la mère et du frère aîné d’Ali sont là pour rappeler la complexité de la situation, et aussi qu’il existe un Islam éclairé et pacificateur, hélas plus discret ou moins médiatisé que l’Islam des valeurs rétrogrades, récupérant les colères et les insatisfactions d’une jeunesse ostracisée pour les rallier à sa funeste cause.
La transformation d’Ali, qui s’opère doublement sur le plan mental et physique (le nouveau venu (Rashid Debbouze particulièrement convaincant), trouve à la fois ses origines dans les refus répétés qu’il essuie lors de sa recherche de stage et dans la perception imprécise du parcours de ses parents. Peut-être l’image du père malade et hospitalisé souligne-t-elle avec insistance cet état de faits, alors que le reste se démarque au contraire par l’absence de sensationnalisme et de messages délivrés. L’approche de Philippe Faucon ressort de la sociologie, en tout cas elle saisit par sa justesse et sa réussite à établir un état des lieux quasi exhaustif sans fioritures ni lourdeurs. Au contraire, on trouve même que la dérive d’Ali se produit trop rapidement, mais au final cela participe à la concision de l’ensemble.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 18 février 2012
La désintégration, c'est l'histoire de trois jeunes des cités de Lille qui ne se connaissaient pas au départ mais qui vont pourtant vivre la même expérience ensemble. Tous les trois déçus de la société française et notamment de la politique aux méthodes peu scrupuleuses de recrutement de certains patrons envers les candidatures aux profils typés maghrébins, ils vont se tourner vers l'un de leurs aînés qui, lui, sait les comprendre et sait comment les aider (à sa manière...).
Eviter les raccourcis au sujet de l'Islam était le principal défi de Philippe Faucon et il est assez réussi grâce entre autre au développement, succinct certes, mais efficace des personnages secondaires qui dépeigne un Islam modéré voir éclairé comparé à l'Islam aux valeurs rétrogrades (mais tellement plus efficace auprès des adolescents en manque de repères...) incarnées par le personnage de Djamel.
Le film est court (1h18) et Faucon a surement bien fait afin de ne pas tomber dans les clichés que l'on connaît tous à propos de la religion.
Pour que son film soit tout de même assez dense et qu'il puisse raconter la descente en enfer inconsciente des trois jeunes, le réalisateur a eut recours à beaucoup d'ellipse qu'il maîtrise, il faut le dire, à la perfection. Il nous fait avancer ainsi dans le temps et dans la peur sans que l'on s'en aperçoivent. Il fallait en effet "montrer comment l'accumulation des blessures, des déceptions liées au sentiment de mise à l'écart ou d'empêchement (réel ou fantasmé), va se transformer en aigreur, en intolérance, en violence".
Malgré une mise en scène qui manque de pêche et de musique à mon goût, Philippe Faucon livre ici un film coup de poing contre le repli religieux et la sectarisation. Un film dans lequel on peut voir un enjeu éducatif profond.

CBTR : http://comebackfrommovietoreality.blogspot.com/2012/02/critique-la-desintegration-philippe.html

Pierre E.

Titre original : La désintégration
Date de sortie en salle : 15 février 2012
Réalisé par : Philippe Faucon
Avec : Rachid Debbouze, Yassine Azzouz, Ymanol Perset...
Genre : Drame
Nationalité : Français

Synopsis :
Une cité dans l'agglomération lilloise, aujourd'hui. Ali, Nasser et Hamza, âgés d'une vingtaine d'années, font la connaissance de Djamel, dix ans de plus qu'eux. Au yeux d'Ali et ses amis, Djamel apparaît comme un aîné aux propos acérés et au charisme certain. Habile manipulateur, il endoctrine peu à peu les trois garçons, connaissant mieux que quiconque leurs déceptions, leurs failles et leurs révoltes face à une société dans laquelle ils sont nés, mais dont aucun des trois ne pense plus désormais faire partie.
stanley
stanley

83 abonnés 769 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 février 2012
Une attitude partagée de ma part à l'égard de ce film. Certes, tous les acteurs jouent à fond leur rôle (bien défini) très professionnellement et la mère arabe est absolument géniale. Certes, la mise en scène est bien épurée, sans chichis ni effets marquants avec un début très intéressant mais le film a vraiment un problème au niveau de son discours qui lasse vite par sa prévisibilté et finit même par être long malgré sa longueur (1h18). Heureusement que le montage est réussi. Certes, l'idée de prendre trois personnages aux motivations différentes (un français suicidaire, un rebeu exclu de lui-même style carai, un jeune diplômé victime selon lui de l'exclusion dûe à ses origines) est bonne mais le problème reste le même. Philippe Faucon, bien plus à l'aise dans Trahison, ne prend pas assez de recul au vu du discours des intégristes : les bons croyants et la mère, la société qui exclue, le manipulateur qui sème la haine. La désintégration est pour cette raison un peu inabouti, il manque d'ambiguité et puis au cinéma il est parfois bon d'être surpris. Agréable à suivre cependant.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 18 février 2012
Ce film est fort et intense. Bonne connaissance du sujet.Ce film m'a touché je connais hélas ces situations.J’ai été embarqué dans cette histoire comme le jeune personnage prit dans les filets du manipulateur. C’est raconté simplement et avec force et les acteurs sont touchants et sincères. Ce film est pétrifiant de vérité racontée modestement et avec une grande efficacité, il ne laisse pas indifférent.
Pourquoi n'est-il pas dans plus de salles c'est assez compliqué pour le voir?
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 18 février 2012
Voici un film extrêmement intéressant, passionnant dirais-je même. Trois jeunes qui, pour des raisons diverses, se sentent rejetés par une société qui ne veut pas d'eux, se font "laver le cerveau" par un habile manipulateur qui les transforme en kamikazes. Pour cela, il utilise les techniques classiques de l'embrigadement sectaire, en les radicalisant, en leur bourrant le crane de préceptes religieux aberrants et en les éloignant de leurs familles et de leurs amis. Sous couvert d'une pratique "authentique" de l'Islam, il va en faire des "djihadistes". On imagine que les attentats du 11 septembre ont peut-être été préparés de la même façon... L'intelligence de ce film est de nous montrer plusieurs aspects de la question. Nous sont présentés alternativement l'Islam "normal", une religion respectable, porteuse de valeurs humanistes sincères : partage, pardon, respect des autres, et l'Islam "radical" pouvant mener aux pires extrémités. En toile de fond, on voit bien que le racisme latent de notre société peut créer un terreau fertile pour ce genre de pratique. J'ai regretté que la projection de ce film n'ait pas été suivie d'un débat. Il m'aurait sans doute aidé à faire le tri de ce que j'ai ressenti en le visionnant.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 18 février 2012
Un film d'une incroyable efficacité, dommage qu'il est projeté dans peu de salle. Ce film peut être projeté dans les écoles car c'est un moyen de prévention et à tout nos candidats pour ne pas oublier la population des banlieue
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 17 février 2012
De bonnes intentions et de bonnes intuitions ne suffisent pas à faire un bon film. Mais la mère d'Ali (Zhara Alaoui) est formidable.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 17 février 2012
Film tendu, sans rien de superflu, mais au contraire un peu trop expéditif parfois. Le scénario, convaincant et réaliste, n'évite pas le schématisme par moment mais l'interprétation est excellente.
domido60
domido60

15 abonnés 206 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 février 2012
Comment transformer un gentil, jeune étudiant en moudjahidin, machine de haine et de mort! La démonstration de Philippe Faucon est terrifiante de simplicité et d'efficacité! le scénario et le jeu des acteurs dépouillés de toutes fioritures nous renvoient à une douloureuse actualité . À voir absolument si vous avez une salle qui le projette
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 25 août 2012
Dommage. Le film est en lui-même un acte fort qui se pose sur un terrain complétemtn miné, le ton est juste, bref on se se croirait dans un bouquin de sociologue genre Dounia BOuzar (« La République ou la burqua »). Sauf qu’aussitôt passée la justesse du ton, on ne comprend pas trop ce que vise Philippe Faucon en montrant la transformation accélérée de trois jeunes beurs entraînés dans le djihad d’un de ces prédicateurs qui sévissent dans les banlieues. Faire une plongée hyper réelle dans un phénomène qui existe au su et au vu de tous depuis une bonne quinzaine d’années ? Why not . Mais peut être alors que ça aurait valu le coup de creuser un peu plus, par exemple en évitant d'en faire des tonnes sur le racisme. Ce n’est pas le racisme qui fait le terreau des prédicateurs (là-dessus, les blacks 'n beurs sont rodés depuis l’âge de deux-trois ans et ils ont eu tout le temps de relativiser), c’est que, quand on appartient au sous prolétariat de ces cités à l’atmosphère enchanteresse, qu’on a appris à sourire plus ou moins aux éducateurs de rue envoyés par la municipalité, et qu’on comprend que sa culture n’est qu’un bricolage entre foulard et télé, alors, oui, l’islam et l’intégrisme apparaissent pour des ados comme d’excellents moyens de se recomposer une identité et de nous dire merde à tous, parents inclus. C’est le marxisme des années 70, à part que le marxisme unifiait les ados des cités et des quartiers chics. Quoi qu’il en soit bravo pour avoir voulu injecter ça en pleine campagne électorale. Là, P. Faucon a raison, il faut absolument sortir de ce merdier .
Christoblog

920 abonnés 1 800 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 février 2012
Film à moitié réussi, ou à moitié raté si l'on veut, La désintégration pourra se lire de bien des façons suivant ses convictions.



Rappelons brièvement le prétexte : un jeune homme élevé dans une famille maghrébine pauvre, mais plutôt assez bien intégrée, ne trouve pas de stage pour finaliser son Bac Pro, et (du coup) devient terroriste.



Oui, je sais, dis comme ça, l'intrigue peut paraître un peu sommaire, mais pourtant c'est bien la trajectoire que propose le film. Pourquoi ce jeune bascule-t-il brutalement dans une sorte de folie qui l'amène à se braquer contre sa propre famille, puis vers l'humanité entière : Philippe Faucon n'arrive jamais à nous le faire réellement sentir.



Le film est donc comme une bille d'acier tombant vers le sol, sec comme une flèche qui vole, sans artifice, mais de fait sans véritable substance dramatique non plus, sorte d'exercice rhétorique semi-documentaire. Si la démonstration peut souvent paraître poussive et illustrées par de grossiers clichés (le gentil imam, le prof mesuré, les flics bien polis), elle est un peu sauvée par l'interprétation hors pair du meneur islamiste et surtout de la maman d'Ali, seule figure vraiment émouvante dans le film.



Lorsqu'il prend au réalisateur de transformer sa critique sociale, assez intéressante dans la première partie, en sorte de thriller dostoievkien, le fil de l'émotion se brise définitivement et le spectateur assiste à l'inéluctable en se désintéressant de ce qu'il voit.



Une fois encore dans le cinéma français, le film déçoit par son scénario insuffisamment développé.
Beaucoup d'autres critiques sur Christoblog : http://www.christoblog.net/
Julien D

1 338 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 16 février 2012
Ce sujet difficile ne pouvait être le thème que d’un drame humain très dur et source de polémiques en ces temps où les élections présidentielles poussent le pouvoir vers un certain radicalisme. Ce film de Philippe Faucon m’a déçu du fait du manque de travail fait autour de ses personnages. Bien qu’ils soient très interprétés, ils ne sont que des individus creux alors que le scénario ressemble moins à la dénonciation sociopolitique qu’elle prétend être qu’à la reconstitution froide d’un fait divers.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 16 février 2012
"La Désintégration" n'est pas un film parfait mais il a au moins le mérite de présenter l'approche d'un sujet très actuel et très sensible (l'intégrisme musulman) de la façon la plus intelligente et la moins caricaturale qu'on ait pu voir jusqu'à présent. Le film expose les faits tels qu'ils sont, sans se montrer ni polémique ni angélique, et c'est tout à l'honneur de Philippe Faucon. Mais "La Désintégration" pêche dans ses excès d'ellipse, et le glissement d'Ali vers l'intégrisme apparaît beaucoup trop rapide et soudain, et c'est là que le film perd de sa force. Mais parce qu'il dit quelque chose de non seulement intéressant, mais même capital sur la France d'aujourd'hui, "La Désintégration" est un film à voir, surtout en cette année électorale où on peut s'attendre à ce que les différents candidats ne fassent pas preuve d'autant de réflexion.
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