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Raw Moon Show
153 abonnés
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2,5
Publiée le 10 décembre 2013
TOO MUCH ! Là où Bug magnifiait l'univers carcéral, mental d'une pièce de théâtre pour accoucher d'une perfection de métrage avec ce qu'il fallait de souffle et de folie, Killer Joe vire rapidement au grand guignol, avec des références bien trop visibles à Lynch (la fille sur son lit le cow boy, le drive in, les dialogues abscons) et surtout une difficulté à trancher entre réalité d'une absolue bêtise d'aujourd'hui et fantasmagorie cauchemardesque d'un esprit torturé par les drogues... A trop miser sur une surenchère non stop, on finit par se lasser. Bien essayé, assez mal réussi.
On plonge ici au cœur de l’Amérique profonde, dans une famille d’affreux jojos, beaufs, bêtes et méchants, monstrueux sans trop s’en rendre compte. Pour dynamiter ce foyer peu glorieux : un tueur à gages très à cheval sur les principes et la politesse, dont les pulsions sexuelles et le romantisme s’accordent avec un sens de la justice et de la famille assez particulier. L’histoire se développe sur un mode trash et comique, entre thriller saignant et farce grand-guignolesque, dont le point culminant (et délirant) est la dernière séquence. Une dernière séquence qui, outre un règlement de comptes brutal, présente un douloureux rapprochement entre la pauvre Gina Gershon et un pilon de poulet frit. Ce mélange de mauvais goût et de goût très sûr pour l’absurde, tout en excès, nous fait osciller en permanence entre jubilation et malaise. Là est l’intérêt insolite du film pour ceux qui voudront bien se prêter à ce jeu de massacre déréalisé, qui croise follement et furieusement les archétypes de la série B, le thème de Baby Doll et quelque chose de tarantinesque. Côté casting, Matthew McConaughey tire son épingle du jeu dans un rôle calmement violent de psychopathe ; Emile Hirsch n’est pas mal du tout en hystérique pas finaud ; Juno Temple assure dans un registre naïf et sensuel ; Thomas Haden Church est génial en grand bêta dépassé ; et Gina Gershon fait un come-back remarqué.
Un film jubilatoire où la violence des scènes nous renvoie à la réalité sordide du quart monde américain. Des personnages joués à la perfection, inhumains, pervers et violents, mais pris dans une spirale d'événements qui se termineront mal, ça on peut s'en douter. Chris (Emile Hirsch) serait peut être le seul à retrouver pied dans ce film avec son amour pour sa soeur. En VO, des voix qui renforcent encore plus l'intensité dramatique des personnages.
à ne pas mettre devant tous les yeux toutefois (la scène du début donne le ton du film)
Un film plutôt pas mémorable qui oscille entre le thriller moyen et la comédie dramatique banale jusqu'à... la dernière scène ! Un huis-clos étouffant d'une vingtaine de minutes dont la folie totale ne laisse personne indifférent.
dans cette famille de dégénérés absolus, pas un n'est là pour sauver l'autre. Transgressif, sale, méchant et méchamment drôle, assumé jusqu'au bout, on reste à se demander jusqu'où iront cette équipe de bras cassés, et ils vont toujours plus loin que l'on ne peut imaginer. Le père Friedkin est sacrément culotté, autant que son film. Chapeau !
Ce film n'est vraiment pas banal. Il s'agit d'un polar très noir avec des dialogues surréalistes, une atmosphère lourde et certaines scènes de voyeurisme gênantes. Le tout se regarde avec dégoût mais néanmoins avec envie. Cette contradiction nous poursuit tout le long du film. Bref, pour moi, c'est très réussi !
Jusque là, William Friedkin est un cinéaste ne m'ayant jamais convaincu par ses classiques "L'exorciste" un peu chiant et "French Connection" long et dont la fin est en plein milieu d'une scène. "Killer Joe" sans être un chef d'oeuvre absolu est une réussite. Une oeuvre outrancière un véritable doigt d'honneur à la bien pensence, ne carressant jamais le spectateur dans le sens du poil, mais souhaitant le déranger et le secouer quitte à aller trop loin. Too much est sans doute le défaut du film. On suit dés les premières images une famille de tarés uniquement interessé par le gain, et dés les premières images, cela va loin. On se demande jusqu'ou ça ira à la fin et ça continue en empirant. Tout ce qui peut y avoir de pire en l'être humain est représenté quitte à être à la limite de la caricature est c'est sans doute ce qui lui fait défaut. Peut être qu'il lui aurait fallut mieux traiter en profondeur ses thèmes, peut être faire ressortir une certaine reflexion. Mais heureusement les acteurs semblent habités jusqu'au bout, allant très loin, et Friedkin a toujours le bon point de vue de mise en scène, ne jugeant jamais ses personnages et leur morale. On regrattera ce qui semble être une habitude chez lui à finir ses films au milieu du dénoument sans aucune raison valable, ce qui est très frustrant. Bien qu'étant un film noir, sombre, trash et nihiliste il est pourtant coloré et lumineux à voir.
Friedkin continue, avec ce film, de soigner son image d'anticonformiste du cinéma américain. Ce film violent, dérangeant et incorrect peut choquer ou faire rire selon la nature de ses spectateurs. Personnellement, cette farce ,car s'en est une selon moi, offre des moments jubilatoires et d'autres plus maladroits. Mais dans l'ensemble "Killer Joe" est un long métrage singulier et plutôt réussi.
Rarement un film m'aura autant donné envie de détester tous ses personnages! Du père simplet obsédé par le fric avec sa nouvelle femme à sa fille insensible en passant par Joe, le tueur à gage impitoyable, il n'y en a pas un pour rattraper l'autre! Le film doit sa réussite à ses acteurs bien choisis, sa mise en scène simple mais efficace et sa photographie bien trouvée. C'est violent, vulgaire avec des dialogues crus : à ce niveau là le film remplit sans peine son contrat! Friedkin prend un malin plaisir à enfoncer le clou dans un final en apothéose déjà culte. Avec ce thriller choc, il prouve aisément que depuis l'exorciste il n'a pas fini de nous épater!
Ce film est complètement barré. çà part dans tous les sens: violence, quasi-pédophilie mêlée à de l'esclavage sexuel, des règlement de comptes, de l'arnaque, du sexe... une scène ubuesque lors du repas entre tous les protagonistes où Mc Conaughey joue un solo de violence et de torture, on souhaite que çà passe vite mais non, le réalisateur fait durer et durer cette scène jusqu'au bout, on est choqué et c'est tellement rare dans les films de nos jours que çà en gênera quelques uns. Malgré tout çà, on sort des sentiers battu mais il manque des ajustements (notamment une bonne bande son) pour que cet ovni touche tout le monde et soit un film génial. Ce n'est pas le tout de choquer pour choquer, il faut un peu plus de matière pour épauler cette folie.
Ne fait pas du Tarantino qui veut et pourtant ! Le réalisateur de l'exorciste s'est lâché sur ce coup, en sortant tout bonnement le meilleur film de l'année 2012 à mes yeux. Dantesque et assumé, d'une violence et d'une ambiance malsaine à souhait, le film se veut également drôle et d'un érotisme torride en partie grâce à la charmante Juno Temple ! C'est à ce jour le meilleur rôle de Matthew McConaughey dans un film, qui joue monstrueusement bien le coup avec talent et justesse, un véritable coup de cœur ! Une chose est sur, ce film en quasi huis-clos ne laissera personne indifférent. Alors qui veut du pilon ?
Même si les histoires traitées par William Friedkin diffèrent de par leur environnement, on y retrouve une certaine similitude dans l'ensemble par une ambiance toujours oppressante et petit à petit dérangeante. Et tout cela se traduit brillamment par une mise en scène au raz du sol, collée aux personnages. Mis à part quelques plans larges, Friedkin reste au plus proche des intervenants de son histoire réussissant presque a créer une histoire en huit-clos alors que ce n'est pas forcement le cas. Ici, après le fantastique Bug qui voyait Ashley Judd glisser petit à petit vers la paranoïa aux côtés d'un Michaël Shannon envouté, c'est cette fois ci Émile Hirsch qui donne la réplique à Matthew Mc Conaughey absolument hypnotique et fascinant. Il est d'ailleurs comme l'indique le titre du film la pierre centrale de ce thriller policier poisseux et malsain dans ce qui n'a rien du rêve américain. Certaines scènes nous immerge complètement jusqu'à un final oppressant qui peut surprendre mais qui montre le talent de Friedkin. Alors qu'on croyait véritablement avoir devant nous un être sans émotions en la personne de Killer Joe, c'est au terme de ce final avilissant et dérangeant qui montre à quel point le personnage peut être ignoble que l'on découvre que non, il n'est pas que froid, insensible et calculateur. Alors même si l'histoire n'a rien de renversante, c'est véritablement la manière dont le réalisateur de l'exorciste nous raconte son histoire qui prime. Pour les mêmes raisons qui ont vu certains ne pas aimer le film, Killer Joe est pour moi une réussite.