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J'ai rencontré le Diable
note moyenne
4,3
3678 notes dont 607 critiques
29% (179 critiques)
44% (269 critiques)
15% (94 critiques)
6% (39 critiques)
3% (16 critiques)
2% (10 critiques)
Votre avis sur J'ai rencontré le Diable ?

607 critiques spectateurs

Meryn Fuckin' Trant
Meryn Fuckin' Trant

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4,5
Publiée le 19/02/2014
"Old Boy" était déjà la perle de 2003, et voilà que le cinéma Coréen revient à la charge et nous offre le choc de l'année 2011. Jamais dans un film je ne m'étais autant identifié aux personnages, et aussi vite. C'est simple, dès la scène de la première rencontre entre ces deux monstres (campés par les comédiens Coréens les plus talentueux du moment) j'étais investi à 200% dedans: à un point où lorsque Soo-hyun prend un peu trop l'avantage, on souhaite vraiment qu'il évite de le tuer parce que, exactement comme selon sa logique, Kyung-Chul n'a pas assez souffert. Et tout le film est comme ça, en particulier la fin. Peut-être que j'ai juste des problèmes mais c'est pas grave, ça marche très bien. Et c'est très fort parce que tout le film est basé là-dessus, sur la légitimité d'infliger à l'autre ce qu'on a subi et sur moi ça prend sans problème, on dirait. Certains y voient de la violence gratuite, question d'interprétation, pour moi le film prend justement tout son sens dans cette escalade de violence, dans l'inversion incessante des rôles de bourreau et de victime. Car l'ultra-violence du film n'est pas seulement physique, elle est aussi morale, en témoigne une fin parfaite, l'apothéose des thèmes traités pendant ces 135 minutes. Le réalisateur ayant le bon goût de prendre un recul salvateur dans sa façon de dépeindre ce monde rongé par la maladie de violence, en livrant un regard presque détaché au point de savoir en rire par moments. Définitivement qu'il s'agiise de celui-là, où de "The Chaser" à "Old Boy" en passant par "Lady Vengeance" et "Sympathy for Mr Vengeance", s'il y en a devant qui tout le monde ferme sa gueule quand il faut discuter de vengeance, ce sont les Coréens.
Kilian Dayer
Kilian Dayer

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4,5
Publiée le 03/05/2013
Les noms de Kim Jee-Woon, Chun Kook-Haun ou encore Oh San-Ha ne vous disent rien? Mes amis, il est temps de sortir de sa tanière occidentale en vue d’explorer un cinéma coréen en pleine expansion. L’homme est un animal, le pire des animaux. Le propos est ici soutenu par une barbarie d’une rare éloquence qui trouble autant qu’elle émerveille. Comment ne pas succomber aux charmes d’un acteur tel que Kook-Haun alors qu’il interprète ici le psychopathe le plus emblématique du septième art depuis Jack Nicholson dans Shining? Bref, vous aurez compris ma fascination pour j’ai rencontré le diable, film puisant sa force dans la douleur, le sang et la noirceur de l’âme humaine, alors que nulle morale poisseuse à l’américaine ni explication vaseuse à l’européenne ne viennent entacher une démonstration de violence d’une élégance très rare, un face-à-face le mal absolu et l’autre face du mal, le mal naissant de la souffrance, dans la vengeance et l’effroi vis-à-vis d’autrui. J’ai rencontré le diable est en effet une histoire de vengeance, sauvage, non arbitraire, ciblée sur un meurtrier d’un sadisme olympique qui verra ses plans pervers et destructeur mis à mal par le fiancé d’une femme qu’il venait de découper en morceaux, le viol nous ayant été épargné. Un film policier, s’il en est, qui verra l’homme viré à l’animal afin de traquer le diable. Le diable quant à lui, trouvera sur sa route, son démon à lui, chacun devant subir son lot d’atroces souffrances. Un face-à-face ébouriffant qui laisse le souffle coupé, dans l’atrocité de son propos, distant le minimum requis de la réalité pour ne pas être évasif et juste ce qu’il faut pour choquer son petit monde. L’ensemble prend des allures de Western, alors que le monde coréen dans lequel évoluent nos deux personnages semble rongé par un mal insidieux, du gite cannibale aux voleurs de taxi sanguinaires. Non content de voir ses personnages s’entretuer à petit feu, Kim Jee-Woon ajoute sur leur chemin tortueux quelques obstacles fâcheux qui permettraient presque de rire de la situation, un coup de génie. Il n’y a pas de barrières, pas de limites au débordement de la situation. La Police, en retrait, ne fait que constater, désuète, le jeu de mort qui se trame dans son dos, ramassant les cadavres et autres joyeusetés sur le passage des deux monstres, l’un né comme ça, l’autre forcé par le destin à le devenir. Le jeu est sadique, pervers, dans le sens où l’on ne se contente pas d’illustrer la violence de la vengeance, mais profitant de l’occasion pour démontrer la déshumanisation d’un homme qui croit sauver son âme en plongeant la tête la première dans les méandres du mal absolu. Si le basculement dans le film d’horreur gore sans fondements aurait été facile, la situation est sans cesse remise à niveau avec élégance, parfois avec humour, afin que le film, policier je le répète, reste un inclassable parmi un nombre faramineux de films du même genre. A vrai dire, jamais depuis le Seven de David Fincher, l’homme n’avait été aussi diabolique envers sa propre espèce, jouissif. Partant de là, difficile de tirer un trait d’union entre le travail coréen du réalisateur, coréen lui aussi, et son arrivée en fanfare sur le sol américain, tentant de ressusciter le brave Arnold dans le dernier rempart. Si son voyage aux USA n’est pas forcément une catastrophe qualitative, l’on se demande comment l’on peut régresser aussi puissamment, passant d’un chef d’œuvre à un film d’action insignifiant, même si le cinéaste se caractérise par une filmographie des plus variées qui soient. Bref, pour en rester à J’ai rencontré le Diable, il s’agit là tout simplement d’un film immense qui paraît presque criminel de rater, pour tout bon cinéphile j’entends. Une bombe asiatique aussi percutante que celles, occidentales, dont on commence à s’ennuyer éperdument depuis maintenant 15 ans. 18/20
Ewen Blake
Ewen Blake

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4,0
Publiée le 06/06/2012
Attention ! Prenez garde, vous avez dans les mains un grand film, mais un grand film dont la violence restreint son public aux plus endurcis. Animé par des thèmes puissants (la vengeance, la folie, la perversité, la mort, le meurtre, la douleur, l'honneur, le pardon), des personnages qui vont au bout d'eux-mêmes, une mise en scène épatante (que d'idées!), s'appuyant sur un scénario sans faille maitrisé du début à la fin et prenant place dans une culture et un système de valeurs bien éloigné des standards occidentaux, I saw the Devil fait partie de ces films qui marquent durablement. Sans susciter la peur, le film est classé à raison dans la catégorie horreur. Il est en effet difficile de supporter la barbarie, le gore et la cruauté des châtiments en plus renforcés par le réalisme des scènes et la mise en scène impitoyable. Egalement, et alors que sa prestation semble unanimement saluée, j'ai trouvé Lee Byung-Hun assez juste dans les scènes où sa peine est à son paroxysme. Son élégance, son charisme et sa détermination apportent tellement au film qu'on lui pardonne aisément. Une scène : You think you got me? Huh? Fuck you. I don't know what pain is. Fear? Don't know that either. There's nothing you can get from me. So you already lost.
landofshit0
landofshit0

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3,5
Publiée le 30/08/2011
D'une efficacité remarquable les scènes gores s'enchaines les unes derrières les autres,cependant le scenario reste plutôt mince.Mais l’habilité de la mise en scène et la photographie du réalisateur reste d'une maitrise peu visible actuellement.
beautifulfreak
beautifulfreak

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3,5
Publiée le 06/07/2011
Dans le cinéma sud-coréen, la vengeance est souvent le moteur de l'action (la référence ultime étant Old boy). Dans "J'ai rencontré le diable", c'est un plat qui se mange froid et se déguste lentement, malgré un arrière-goût putride. Le titre porte bien son nom, le film étant de nature doublement diabolique: dans la sauvagerie démente du tueur sans remords (Choi Min-sik, vraiment "sick"), et dans la vengeance TOTALE élaborée par l'agent secret ivre de douleur après l'assassinat de sa fiancée enceinte. Mais cette vengeance (qui finit par se retourner contre le "héros") n'apaise pas la douleur, et les larmes ne lavent pas le sang versé, bien au contraire. Le scénario est basique, mais le traitement est de choc ! L'interdiction aux mois de 16 ans est justifiée, car la violence y est particulièrement outrancière (parfois jusqu'au grotesque), n'offrant aucune échappatoire et nulle rédemption. Le montage du film, d'une durée de 2 heures 20, aurait gagné à être plus resserré (certains plans s'étirent un peu trop) mais les rebondissements sont nombreux, la réalisation est puissante et inventive. Les inconditionnels de glauqueries coréennes y trouveront largement leur compte.
traversay1
traversay1

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3,0
Publiée le 06/07/2011
Il doit bien y avoir une limite au-delà de laquelle aucun cinéaste, sain d'esprit, ne s'aventure. Manifestement les réalisateurs coréens l'ignorent et poussent toujours plus loin, explorant les bas-fonds de l'âme humaine jusqu'à plus soif. Et tant pis pour les esprits "choquables". J'ai rencontré le diable est un film sadique pour sadiques, un monument d'horreur gore où l'on torture les corps avec délectation, comme si la frontière entre le bien et le mal était depuis longtemps dépassé. Abominable ? Absolument, avec le sentiment que le spectateur voyeur participe pleinement à cette expérience extrême. Kim Jee-woon a un talent incroyable pour que l'écoeurement ne l'emporte pas sur le plaisir coupable qu'il y a à suivre cette histoire de vengeance où le justicier devient encore plus vicieux que le monstre qu'il poursuit. Second degré, réflexion sur la violence tapie en chacun de nous, tous les prétextes sont bons pour ne pas capituler devant ce spectacle fascinant par son absence de ligne jaune. N'empêche qu'il fait se poser des questions des limites, toujours elles, que chacun a le droit de se fixer ou pas, quand il se trouve confronté à une telle surenchère dans ce qui est montrable ou pas. Oh, et puis après tout, que chacun se débrouille avec ça, non ?
Truman.
Truman.

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5,0
Publiée le 11/09/2013
Kim Jee-woon considéré comme le "Tarantino" Coréen ( je ne comprend même pas cette expression mais bon c'est écrit sur mon Blu-Ray donc je la reprend ), n’hésite pas ici avec son "Diable" a donner un coup de hachoir dans les dents du cinéma Asiatique, dans les dents du cinéma tout court car I Saw The Devil a vite fait son petit nid et sa réputation dans le monde entier . Le plus violent des films Coréens ? Le plus sanglant ? Le plus rude ? Le plus éprouvant ? Peut être pas car on peut bien s'attendre a des surprises d'ici quelques années avec les prochaines productions Coréennes mais ici on en prend clairement plein la tronche . Mais c'est bien le film le plus crade, sanglant violent et percutant du réalisateur . Alors oui même si je mets la note maximal et que je le considère a l'heure ou j'écris cette critique comme l'un des trois meilleurs films Coréen "J'ai rencontré le diable" a bien des petits défauts et il serait stupide de ne pas les voir tellement il sont flagrant . Il est un poil trop long, 2h30 que l'on sent bien passer par moment et surtout au niveau de la fin car le rythme est entrecoupé de scène vraiment moelle, ce qui empiète sur le rythme effréné que l'on peu avoir par moment . C'est comme si on était dans des montagnes russes et que d'un coup on passait a un petit manège a poneys . Mais quand le rythme est là on le voit bien défiler a deux cents a l'heure, c'est énergique, dynamique, sanglant, puissant et violent . Un rythme effréné qui nous secoue et ne nous lâche pas . Le film a une réputation de film excessivement violent et cette réputation n'est pas là pour rien car oui c'est violent et sanglant et ça ne fait pas dans la gentillesse en nous envoyant des doses d'hémoglobine a foison . On retrouve avec plaisir la caméra sans faille et minutieuse de Kim Jee-woon qui nous offre des plans magnifique, des cadrages astucieux qui parfois n'était pas facile dans un espace restreint ( la scène du taxi ) . Rajoutons a cela une photographie aussi sobre que crade lors de certaine séquences . Coté réalisation on est clairement devant quelques chose de supérieur au productions Hollywoodienne . Coté interprétations que du bon avec Lee Byung-Hun mais la vraie force du film c'est clairement le tueur en série interprété par le grand Choi Min-sik . Il montre a merveille qu'il sait être un sadique serial killer sans pitié et froid ( même s'il avait déjà montré dans Lady Vengeance ce même type de performance ici c'est encore mieux ). On le déteste mais l'adore tellement il joue bien . Ensuite que propose ce film au niveau scénario ? Une histoire de vengeance tout simplement, un thème vu et re-revu encore et encore depuis la nuit des temps dans le cinéma Asiatique, rien que dans le cinéma Coréen on a la trilogie vengeance de Park Chan-wook ou encore du même réalisateur A Bittersweet Life, bref tout ça pour dire que la vengeance est un thème abordé des milliers de fois là bas . Mais pourtant c'est véritablement le film qui décrit le mieux la définition du mot vengeance, ici le film se concentre sur ce thème avec une application monstrueuse et machiavélique qui porte sa (très) légère touche d'originalité . Mais ce n'est pas tout car le film se clos dans un final remplit d'émotion, une séquence bouleversante et magistral . J'ai rencontré le diable ( un titre qui lui va a merveille et qui sonne encore mieux en anglais ) n'est donc pas un énième film de vengeance lambda, c'est LA définition du mot vengeance, munie d'une réalisation soignée, d'interprétations grandiose et des scènes puissante a couper le souffle .
Catherine V.
Catherine V.

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2,0
Publiée le 16/12/2015
Etant donné, d'une part, l'ensemble des notes plutôt positives et, d'autre part, le fait que certaines critiques mentionnaient "une histoire de vengeance avec une belle inventivité du scénario", j'ai voulu par curiosité m'en faire ma propre idée. S'il m'est permis d'avoir quelques connaissances en matière de cinéma asiatique, il s'agissait essentiellement de films de réalisateurs japonais comme Akira Kurosawa, Nagisa Ōshima, Shōhei Imamura ou hongkongais comme Wong Kar-wai ou chinois comme Zhang Yimou, John Woo et Chen Kaige. En matière de cinéma coréen, il n'en était pas de même. Je le savais très violent par provocation, d'ailleurs politique mais ça serait un autre débat, et en matière de films je n'avais vu que "The Chaser" de Hong-jin. Comme le scénario est inspiré du tueur en série sud-coréen Yoo Young-chul (arrêté en 2004) je me doutais à 90 % où j'allais. J'avais trouvé l'ensemble bien réalisé tant au niveau de la photographie que de l'interprétation, avec un rythme soutenu de la première à la dernière image. Et voilà, vraisemblablement pourquoi avec "J'ai rencontré le diable" je fus déçue.... En effet, nous n'avons plus du tout droit à la même chose qu'avec "The Chaser". Nous en sommes même plutôt très loin.... S'il faut qualifier un scénario d'inventif parce qu'il déverse une imitation d'hémoglobine non pas à la louche mais au tuyau d'arrosage (Tarantino et d'autres savent le faire aussi) ou parce qu'il montre une scène imitant du mieux possible le scatologique (où il ne manquerait que l'odeur pour provoquer des hauts-le-coeur) Ferreri et Pasolini savent faire aussi mais moins gratuitement au niveau scénaristique tout de même... Pour certains, il semble apparaître comme "original" de faire souffrir à petits feux un bourreau qui y trouve quelque part finalement son compte étant donné sa pathologie plus ou moins sadomasochiste... là encore, rien de bien nouveau... on a droit à ce qu'on appelle aujourd'hui à du "torture porn" bourré en prime d'incohérences au niveau du scénario (déjà bien maigre à la base)..... j'avoue que ça m'a laissée dubitative à un point rare..... j'espérais une réflexion sinon hautement philosophique, du moins "intéressante" sur la vengeance qui sortirait des sentiers battus. Ce n'est vraiment pas du tout ce à quoi j'ai eu droit...
lhomme-grenouille
lhomme-grenouille

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1,0
Publiée le 11/07/2011
Voir affiché dans les cinémas un nouveau Kim Jee-Woon, c'est pour moi au moins un plaisir de garanti : celui des yeux. Et une fois de plus, avec cet "I saw the devil", le prodige plasticien issu du pays du matin calme tient ses promesses au niveau esthétique : par tous les dieux du cinéma, que c'est beau ! Que ce mec fait des compositions de plans absolument magnifiques ! Du coup, la déception n'en est que plus grande lorsque je me suis rendu compte, les minutes passant, que ce film allait très vite se limiter à un thriller évidé à l'extrême au niveau intrigue pour se contenter au final d'accumuler des scènes sanguinolentes de violences gratuites. Que l'ami Kim décide de nous emmener dans une profonde décente aux enfers et qu'il décide d'y aller crûment, pourquoi pas... Mais si c'est juste pour se vautrer dans une complaisance malsaine à faire couler le sang, violer des femmes et frapper des têtes, moi je décroche totalement. Or, le problème de ce "I saw the devil", pour moi, c'est ça : le film n'a finalement rien à dire, et il se contente d'exposer une longue série de scènes morbides sans véritable logique dramatique. D'ailleurs, et c'est encore un problème, la seule dynamique qu'il y ait dans ce film, c'est celle de l'accentuation de la violence, de la gratuité et aussi – je trouve – celle du ridicule. Ah ça ! Kim Jee-Woon est un sacré plasticien et je l'adore pour ça mais, décidement, je le trouve vraiment piètre dramaturge, et cela ne semble pas aller en s'arrangeant. Quel malheur...
Florian Malnoe
Florian Malnoe

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4,5
Publiée le 26/07/2015
Un diamant noir imparfait qui bénéficie d'une mise en scène sans concession (bien que complaisante envers les amateurs de sensations fortes) ni rupture de ton viscéralement éprouvante car très explicite et d'une réalisation chiadée, porté par deux comédiens magistraux à la prestance indéniable. Une vraie réflexion et remise en question sur la loi du talion et ses limites qui est présentée ici comme une alternative à double tranchant (spoiler: voir même vaine si l'on excepte cette sentence finale qui est bénéfique à grande échelle), et comme un engrenage malsain encore plus destructeur dont on ne ressort que très rarement indemne d'un point de vu intimiste. Une véritable mise en abîme d'une monstruosité à nul autre pareil à travers la psychée d'un serial-killer qui ringardiserait presque Hannibal Lecter. Mais aussi une mise en exergue de la perversité amenée par la notion de justice personnelle qui gomme les frontières du bien et du mal de part son caractère non manichéen. LE point fort, cette subtilité subversive, de ce film est d'ailleurs là comme l'a si bien dit la critique : "brouiller les règles morales du polar traditionnel" en inversant petit à petit les rôles ; la victime devenant bourreau, et le bourreau devenant proie. Mémorable ! On mettra un bémol pour les quelques longueurs présentes qui ternissent un peu le rythme de l'ensemble dans le dernier tiers et qui essouffle un poil ce "jeu" du chat et de la souris (qui aurait du être écourté un peu avant selon moi) ainsi que pour les quelques grossières incohérences dans la tournure des évènement effectivement. Sinon on frôle le chef-d'oeuvre de très près. Tout simplement un must incontournable !
françois m.
françois m.

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4,5
Publiée le 08/09/2014
"J'ai rencontré le diable" ou "I saw the Devil" est un film effrayant sur l'horreur de la bestialité humaine. Le film est d'une rare violence, en effet la violence est montré de manière cru physiquement et psychologiquement. Comme dans une belle quantité de films asiatiques, "I saw the Devil" traite du thème de la vengeance, mais le plus loin possible. Le film est porté par deux acteurs coréens très connus qui sont Lee Byung-hun et Choi Min-sik. Ce dernier est absolument génial en tueur psychopathe pervers. Il a donné tout ce qu'il avait pour le film, il m'a même effrayé à certains moments. Il faut dire que c'est lui qui est à l'origine du film. "I saw the Devil" commence une histoire de vengeance simple: un tueur psychopathe tue la femme du héros d'une manière sauvage. Après cela, le héros va tout faire pour retrouver le tueur et se venger. Et quand il trouve le tueur, c'est là que que le film devient absolument génial et effrayant. Il ne cherchera pas à le tuer tout de suite, il va se mettre à jouer avec lui. Etant donné qu'il travaille pour une agence secrète, il pourra se servir d'un gadget assez jouissif. Au début on prendra part à ce jeu. On sera même surpris de sentir une jouissance de voir le tueur se faire frapper à de nombreuses reprises. Une adrénaline va monter, on sera d'accord avec le héros sur sa décision de faire souffrir ce monstre. Mais au fur et à mesure que le film progresse on commencera à se dire que finalement le héros devrait peut être s'arrêter. Qu'il l'achève enfin. C'est là qu'on comprend que le héros, un jeune homme à la conduite tout à fait normale, devient petit à petit un monstre. Le jeu devient de plus en plus violent et pervers. Cela devient un affrontement entre ces deux "diables". Oui car au début on n'aura pas de doutes de qui est le diable mais passé la première moitié du film, le doute plane. Finalement,spoiler: le tueur finit par être tué. Qui a gagné ? la réponse est simple, le tueur. Il n'a jamais vraiment souffert , pour lui c'était un jeu jouissif auquel il a prit goût, au bout d'un moment. Tout est de la faute du héros, comme le montre la dernière scène du film où il est en pleurs. Toutes les personnes tués par le tueur dans la deuxième partie du film seraient vivantes si le héros avait tué Choi Min-sik tout de suite. Le héros a absolument tout perdu, sa vengeance a été dévastatrice. Là le film met cette question indirectement en avant, la vengeance est-elle la bonne solution ? Peut être pas finalement. Mais c'est inévitable, c'est un comportement tout à fait humain. Le film est extrêmement violent et sanglant. Le film joue avec nous, au début on jouit de plaisir, à la fin on aimerait que cela s'arrête. Malgré sa durée, le film passe assez vite. La première moitié du film a une atmosphère froide et pesante (en même temps c'est en hiver) avec des cadres très bien filmés. Cela permet de monter un tension jusqu'à la deuxième partie du film, qui est bien plus rapide et rythmée. Le film frôle le chef d'oeuvre avec son exploration dans les comportements les plus bestiaux de l'être humain. Âmes sensibles s'abstenir. Je suis quand même surpris comment Kim Jee woon est passé d'un tel film au "Dernier rempart" qui est certes fun et bien réalisé, reste très loin de "I saw the Devil". Si Kim continu ainsi, il brisera sa carrière tellement bien entamé avec "2 soeurs", "A bettersweet life", "Le bon, la brute et le cinglé" et "I saw the Devil". Bref foncez voir ce film.
Christoblog
Christoblog

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1,0
Publiée le 18/06/2011
J'ai rarement vu un film qui m'a autant énervé que J'ai rencontré le diable, et pour la première fois de ma vie, j'ai failli quitter la salle avant la fin. Le film de serial killer est un genre à part qui réserve sa part de bons films (Seven, Zodiac, ou chez les coréens : Memories of murder ou The chaser) et sa part de nanards. Le dernier film de Kim Je-Won appartient malheureusement à cette dernière catégorie. Je vous résume le scénario, complètement barré : un agent secret dont la petite amie est découpée par un serial killer retrouve ce dernier, et décide de le faire souffrir. Pour cela il le laisse en liberté (?), lui fait bouffer une petite capsule qui permet de le suivre par GPS (et d'entendre ce qu'il dit !?!), et le torture à chaque fois qu'il s'apprête à commettre un nouveau crime, tout en n'évitant pas que ce dernier fasse quelques autres victimes au passage (!). Tout cela fonctionne très bien jusqu'à ce que le serial killer découvre l'astuce et provoque ... une diarrhée, pour récupérer la capsule. Vous voyez le niveau ! Tout est invraisemblable dans ce pitch idiot, et en plus les personnages sont sans aucune consistance, les scènes de torture sont montrées avec une complaisance malsaine et les femmes sont menées à l'abattoir comme des brebis idiotes. Le tout est arrosé d'une morale à deux balles du genre "Il ne faut pas se comporter en monstre vis à vis d'un monstre". Bref, 2h20 de sectionnage de talon d'Achille en gros plan, de membres humains rangés dans une chambre froide, de scène de cannibalisme et de têtes coupées qui roulent jusqu'au parents de la victime : c'est trop pour moi. Les premiers films de Kim Je-Won (A bittersweet life, Le bon, la brute et le cinglé) m'avaient laissé perplexe, celui-ci me convainc que de tous les jeunes réalisateurs coréens il est le moins intéressant. D'autres critiques sur Christoblog : http://chris666.blogs.allocine.fr/
bhillereau
bhillereau

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4,5
Publiée le 19/05/2016
Une belle démonstration de la force cinématographique coréenne. J'ai rencontré le Diable est un thriller prenant, à la violence viscérale et filmée avec une réelle virtuosité! Choi Min Sik est tout bonnement sidérant dans son rôle de psychopathe, lui-même harcelé par un mec encore plus taré. Un peu plus de 2 heures d'une traque sans merci, sans longueurs ni repos! A voir absolument!
Santu2b
Santu2b

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4,0
Publiée le 14/03/2015
Depuis quelques années, le cinéma sud-Coréen nous gratifie de quelques notables merveilles en matière de thriller. La preuve nuls en est une nouvelle fois donnée avec "J'ai rencontré le Diable", réalisé en 2011 par Kim Jee-Woon. Dépassant de loin les conventions habituelles du genre, celui-ci orchestre un implacable polar, dont l'efficacité n'a d'égal que sa perversité sous-jacente. Un jeu du chat et de la souris machiavélique, dans lequel le vengeur fait de l'assassin une marionnette au risque de se faire prendre lui-même au piège. Jee-Woon dévoile une nouvelle fois ses dons de plasticien hors pair, les scènes gores servant un scénario redoutable, aux rebondissements parfois grandioses. L'un des plus beaux polars réalisés sur la vengeance et sa stérilité depuis "Mystic River".
Léo Mesguich
Léo Mesguich

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4,5
Publiée le 07/02/2015
Des cris, du sang, beaucoup de sang, de la sueur, de la vengeance, de la folie surtout. J'ai rencontré le diable, c'est d'abord tout ça. Mais , "J'ai rencontré le diable"... Quel "diable" ? Est-ce le tueur psychopathe, dénué de compassion, de peur et même de douleur ? Ou alors n'est-ce pas le petit ami offensé, un Bruce Lee moderne, prêt à tout pour venger celle qu'il aimait, et qui va devenir plus violent, plus fou, que son ennemi ? Le film est une longue et éprouvante interrogation sur ce grand thème du cinéma, en particulier du cinéma coréen, la vengeance. Bien qu'elle paraisse d'abord légitime, elle en devient bientôt folle, hors de contrôle et profondément repoussante. Je ne veux pas révéler trop d'éléments sur ce thriller ultra-violent qui est aussi une expérience à vivre. La réalisation est d'une propreté et d'une intelligence notable, la musique est très réussie et évidemment les deux acteurs sont tous deux hypnotisants. Je pense en particulier à Choi-Min Sink (Old Boy) qui peint un serial-killer comme on en a rarement vu... Bref, J'ai rencontré le diable, c'est un film dur, ultra-violent et qui marque indéniablement. Le cinéma coréen nous a donc conquis une fois de plus.
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