Un très beau film de JM Barr et P. Arnold : touchant , émouvant et juste. Film ambitieux qui veut décrire la vie sexuelle des français a un instant T. Et pour cela il nous fait le portrait d’une famille complète, plutôt Bobo, très contemporaine. Il va nous décrire la vie sexuelle de chaque membre de la famille ; du grand père, veuf, célibataire, en passant par le couple principal et leurs trois enfants dont un ado de 16 ans , encore puceau. On sait que Barr aime le sexe c’est un hédoniste, un jouisseur, il sait magnifiquement filmer l’acte, comme peu de cinéaste savent le faire ( c’est un peu notre Larry Clarke, en moins nihiliste) . Il y a beaucoup de joie dans le film, car à tous les niveaux le sexe se vit bien. Le grand père a des relations régulières et tarifées avec une jolie JF métis. La fille aînée adore le sexe,( sacré performance de Leila Denio) et le pratique avec acharnement dans tous les lieux possibles . Le fils aîné est assez libertin et aime les plans à trois. Quand au junior, il tombe finalement amoureux d’une copine de lycée qui le dessalera, et lui apprendra tout. Barr et Arnold filment l’acte sexuel avec lenteur, avec espace, comme dans la réalité, de manière très sensuelle. Les plans ne sont jamais totalement explicites, car le cadrage est fait au millimètre pour ne pas montré les sexes, mais juste l’acte. Et les acteurs jouent le jeu et se donnent à fond, poussant la simulation à son maximum, sans tomber dans le porno. C’est même assez pudique d’une certaine manière. Il faut bien sûr aimer la sensualité pour apprécier le film, car un bon tiers du film est constitué de la description des actes. Les dialogues sont très bons aussi, et décortiquent bien l’évolution des mœurs contemporaines, avec beaucoup d’humour. Les acteurs s’en tirent très bien, car ce n’est pas facile La scène de la première fois, du dépucelage de Romain, est superbe, toute en lenteur, imprécise pour les deux gens, il découvre successivement toutes les parties du corps féminin ,avec inquiétude et angoisse, , scène géante pour les acteurs , comme pour le spectateur, mais qui rappellera certainement à chacun d’entre nous sa première fois. Probablement la plus belle scène de dépucelage de l’histoire du cinéma. A noter la performance de l’actrice principale Valérie Maes, excellente qui joue toute en finesse, en subtilité, y compris dans ses propres scènes sexy, pleine d’humour et de sensualité, qui est le pilier central de la famille, et qui fera s’accomplir cette « évolution » sexuelle à chaque membre de la famille en imposant un language de vérité entre tous. C’est cette même Valérie Maes que l’on retrouvera dans un petit rôle dans le récent « Smell of us » de Larry Clarke. Si Barr n’existait pas il faudrait l’inventer, car ce langage de vérité, qui ose aborde les sujets sexuels, en toute liberté et avec style , est trop rare au cinéma