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"Mains Armées" marque le retour de Pierre Jolivet au polar. Il n’avait rien réalisé dans le genre depuis "Strictement Personnel", son tout premier film, il y a 27 ans. Quelques 13 longs métrages plus tard, c’est donc un cinéaste très expérimenté qui s’empare à nouveau des codes du film noir, signant un film ambitieux, complexe, qui mêle en fait deux intrigues : une intrigue policière et une intrigue familiale. La mise en scène est élégante, inspirée, le casting impeccable. Roschdy Zem et Leïla Bekhti sont magnifiques, aussi crédibles dans l’engagement physique que dans l’émotion. Marc Lavoine affiche une puissance de jeu, une présence venimeuse qu’on ne lui connaissait pas. (Il faut que Marc Esposito aille d’urgence voir ce film, il verra que son acteur fétiche a autre chose à offrir que son don de sympathie). Les seconds rôles sont parfaits, Maryline Canto en mère border-line, Nicolas Marié en patron patelin, et toute la bande des mulets évidemment, tous remarquables. "Mains Armée" n’est cependant pas le grand film noir qu’on voyait s’avancer. Quelques défauts viennent gâter la fête : Un usage lourdingue, quasi promotionnel de la musique (signée du fils Jolivet), des dialogues très inégaux (moments de bravoures confiés évidemment aux acteurs principaux, mais miettes chichiteuses laissées aux mulets, comme griffonnées en urgence le matin du tournage pour faire vivre les arrières plans), et des situations déjà vues (en fait des tics de scénariste, comme une signature de Simon Michael, le co-auteur). Mais surtout, surtout, aucune des deux intrigues n’est tout à fait convaincante. L’intrigue familiale notamment : J'ai cru à fond aux personnages, pas vraiment à leur histoire. C’est dommage.
Ajoutée le 18 juil. 2012 à 09h11
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