Un film à mourir de rire. Benoit Poelvoorde et Albert Dupontel s'éclatent dans ce film où deux frères tentent de se retrouver malgré leurs changements de vie. Drôle, absurde, délirant, marrant. Un bon moment d'humour.
Après le désormais culte MAMMUTH, les deux grolandais repassent derrière la caméra pour nous livrer le premier western en zone commerciale. LE GRAND SOIR, c'est un peu IL ETAIT UNE FOIS LA REVOLUTION shooté sur le parking de Monsieur Meuble, un hymne à la liberté sans thunes qui ne manque pas d'envergure. LE GRAND SOIR donne de la visibilité à ces pays relégués à la périphérie des villes dans lesquels la plupart des habitants semblent vivre en bordure du monde. L'idée même de tourner entièrement leur film dans ces paysages rend LE GRAND SOIR unique et prompt à délivrer le message libertaire qu'il contient. Aidé par un sublime Benoît Poelvoorde et un grand Dupontel, les cinéastes réussissent un vrai film punk qui réveille parfois la fibre révolutionnaire qui sommeille en nous.
Tout comme l'idéologie punk, LE GRAND SOIR met en avant l'urgence, l'improvisation, la singularité, le désordre et l'émeute. LE GRAND SOIR, c'est la philosophie punk condensée en 1H38, une déclaration d'amour à la liberté maximale de l'individu et à la mise en place d'un cadre de vie comportant le moins de restrictions possibles. Benoît Poelvoorde est la figure emblématique de ce courant de pensée et son jeu d'acteur emmène cette philosophie vers un réalisme poétique rarement vu au ciné. Kervern et Délépine semblent inspirés par une époque dans laquelle cette machine à détruire qu'est le capitalisme laisse sur le carreaux des millions de gens.
Les cinéastes filment dans l'urgence ces laissés pour compte en leur offrant de grandes scènes cinématographiques qui se gravent immédiatement dans nos mémoires. Il faut voir Dupontel en train de mettre une branlée à un jeune arbre dans un terrain vague. Plein de rage après son licenciement, l'acteur tente de fracasser le végétal sous les coups et les prises de catch. A bout de souffle, Dupontel s'écroule sur le sol et l'arbre reprend sa forme initiale. Métaphore du capitalisme qui se plie un temps sous les coups mais qui ne cède pas, l'arbre se redresse fièrement et toise l'ouvrier exsangue qui est à ses pieds. LE GRAND SOIR regorge de ces analogies jusqu'au plan final qui nous rappelle les paroles d'une chanson du SUPREME NTM: "Mais qu'est ce qu'on attend pour foutre le feu?".
Un film de punks, fait par des punks pour les punks, très drôle malgré quelques petits défauts. Not est le denier représentant d'une noble lignée, les punks à chien. Jean-Pierre est un vendeur de literie. Ils sont frères, tout les oppose mais quand Jean-Pierre se fait injustement virer de son travail, ils vont se retrouver pour faire la révolution selon leurs règles... La réalisation est bien maîtrisée: un bon cadrage, des prises de vues parfois intelligentes mais pas assez variées, une mise en scène de grande qualité mais des mouvements trop saccadés. Le scénario est bon, il dresse le portait des marginaux et une critique de la société de consommation mais il y a des baisses de rythme et des scènes pas inutiles mais sans que le spectateur comprenne à la fin où elles voulaient en venir. Les personnages sont très bons, les acteurs vraiment crédibles (le duo Dupontel- Poelvoorde fonctionne) et les dialogues font souvent mouche. La photographie est assez spéciale: la lumière est bien coordonnée et les couleurs assez belles, mais le film semble être constamment en surexposition. Le montage n'est pas très bon puisque sans une grande variété de plans, on suit de long plans séquences qui lassent. Les costumes sont bons, les décors de Paul Chapelle sont très beaux et la musique composée presque exclusivement de morceaux punks et rock est un plaisir à découvrir ou à re-découvrir. Le Grand Soir n'est certes pas un grand film mais on passe un agréable moment.
J'en ai vu des mauvais films,mais celui-là mériterait une belle place.Quel dommage,un bon casting(il y a même le groupe Les Wampas) ,mais un film raté.J'ai bien compris le propos qui est une critique de la société de consommation,mais la mise en scène est raté,scénario quasi inexistant,on attend,on ne sait pas trop ce qu'on attend mais on attend quelque chose qui n'arrive pas vu qu'il ne se passe rien .Film creux,ennuyeux,même niveau qu'une salle d'attente.On en vient à se demander si les réalisateurs savent ce qu'ils font(quand je vois ce qu'ils ont fait avant,je suis encore plus déçu).Un court-métrage aurait mieux fonctionné mais là c'est une aberration sans nom.
Là oui... Il y a tout ce qu'il faut où il faut. Magnifique décors. C'est une très belle et originale de manière de s'approprier nos affreuses entrées de ville, et nos modes de consommation. L'interprétation est parfaitement juste, y compris Brigitte Fontaine et Areski. Un sans faute pour un pari pourtant audacieux.
Comme toujours, les films de Delépine et Kervern sont déroutants, dérangeants, déjantés. Celui-là n'échappe pas à la règle. J'avais adoré Louise Michel, détesté Mammuth : j'ai aimé Le Grand Soir, long à démarrer et qui nous emmène à son rythme vers la révolte loufoque de ses personnages. Un bon moment de cinéma, original, dissonant et, malgré tout quelque part, juste.
Franchement ennuyeux. On rit très peu, et les longueurs se font trop ressentir. Le sujet en lui même est plutôt bien traité, la critique de la consommation, du pouvoir des centres commerciaux, le film cible très bien son intérêt. Le duo Dupontel/Poolvoerde fonctionne bien, mais pas suffisamment pour que l'on s'y accroche. Je me suis ennuyé, et je l'ai vu une fois et cela me suffit.
Poelvoorde, Dupontel, Délépine et Kervern. Déjanté, trash, punk (le suicide punk...) mais aussi clairvoyant de notre société. Du bon ciné français indépendant. Même si ca sent la pub a fond...
L esprit groland avec un zest de dupontel, poelvoorde , bouli lanners, Brigitte fontaine...film de résistance contre notre société totalitaire et impitoyable avec les "gens pas aux normes" ... Film rigolard et foutraque, un beau duo- duel d acteurs ( avec une scène de démarrage grandiloquace de monologues entre les 2 frères). Et derrière toutes ces conneries en tout genre , un vrai discours de changement... Vivement le grand soir! 4,5 sur 5, car pas non plus un chef d œuvre, pratiquement par définition: pas de volonté telle, pas de maîtrise sur l ensemble, incartades et dérapages de bon aloi! C est pas finland!!!
Le film est pavé de bonnes intentions, entre la critique de notre société égoïste, solitaire et inhumaine et une vision de la crise à travers 2 frères que tout oppose (l'un est punk, l'autre est un employé banal). Hélas, si les messages sur la surconsommation, le fait qu'on soit tous trop pressés et que le travail est une course harassante à l'objectif sont plutôt bons, avec quelques dialogues et répliques bien sentis, le scénario ne va pas au bout de son sujet, se terminant au moment où il est le plus intéressant. J'aurais vraiment préféré que l'événement final arrive plus vite pour que le film puisse ensuite exploiter à fond son univers. Du côté des gags, il y a du bon et du moins bon, mais le grand problème vient de la réalisation. En effet, "Le Grand Soir" s'apparente à une succession de sketchs inégaux que les 2 compères Delépine et Kervern mettent en scène avec une caméra quasiment perpétuellement fixe, ce qui a pour effet de tuer le rythme et d'ennuyer. Au niveau des acteurs, Poelvoorde et Dupontel sont dans un registre connu, même si je les ai vus en meilleure forme, alors que Brigitte Fontaine est une catastrophe. La très bonne énergie des Wampas réveille parfois le spectateur sans que cela soit suffisant. En manquant d'ambition dans la mise en scène et en n'allant pas au fond des choses, les créateurs du film ont gâché leur objectif premier fort louable.
Ce film est un remake de "Chute libre" en remplaçant la violence par l'humour déjanté des réalisateurs. Dupontel est comme un poisson dans l'eau dans ce rôle et Poolvorde le complète à merveille. Ce duo fonctionne très bien. Au-delà de la folie de ce film, la morale est puissante et respectable. malheureusement, le film se déroule sans le moindre but, et au final, le film termine en queue de poisson.
Après "Aaltra" (2003) et "Louise-Michel" (2008), troisième rencontre avec Benoît Delépine pour "Le Grand soir" (2012). Ce film nous présente la famille Bonzini : le père et la mère sont interprétés par Areski Belkacem et Brigitte Fontaine pour sa première apparition au cinéma. Les fils sont gratinés avec un duo de caricatures plus que typés : Jean-Pierre joué par Albert Dupontel et Benoît, alias NOT, campé par Benoît Poelvoorde. Les deux frères sont en apparence très différents : Jean-Pierre est un père de famille dans les normes et son frère Benoît vit dans la rue avec son chien, un berger punk (pour faire pitié). Le jeu des acteurs est fabuleux avec un duo Poelvoorde/ Dupontel incroyable. A noter également la présence toujours efficace de Bouli Lanners dans le rôle du vigile, et les sympathiques participations de Yolande Moreau et de Gérard Depardieu. Les dialogues sont savoureux ; les échanges sont parfois spirituels, généralement naturels mais toujours amusants. Le scénario est sans détour, il nous conte une histoire attachante, parfois hilarante et infiniment émouvante. Une BOF attractive et beaucoup de scènes cocasses : spoiler: Benoît jouant avec les caméras de surveillance, l'incendie dans la grande surface... les gros plans sur le tète de NOT sont savoureux.
Avec " Le Grand soir " (Prix Spécial du Jury au Festival de Cannes) Benoît Delépine et Gustave Kervern nous délivrent une bonne satire de notre société, emplie d'humour noir et de liberté.
Excellent film porté par Poelvoorde et Dupontel survoltés. Tout au long de ce périple punk, le spectateur est confronté aux petits détails qui rend sa vie "aux normes" : après une triste visite au centre commercial, à éviter le regard du mendiant du coin, chacun rentre dans sa maison qui est en fait plutôt celle de la banque, dans l'attente d'un Grand Soir qui n'arrivera jamais. Delépine et Kervern livre là un très beau film brut de décoffrage, où l'absurde cotoie le triste et l'hilarant. Quelques caméos d'acteurs de la sphère Groland viennent pimenter le tout.
Malgré un sujet dramatique et démoralisateur face à notre monde moderne encensé comme l'empire de l'individualisme, Le grand soir vous fera passer un moment agréable, synonyme de rires garantis. Non adepte du comique de situation : passez votre chemin.spoiler: La scène ou Albert Dupontel se bat contre un arbuste est tellement poilante! Je ne m'en lasse pas. Il est clair que l'humour n'est pas tout en finesse mais il reste contrôlé et ne tombe jamais dans la lourdeur. Benoît Poelvoorde et Albert Dupontel : on aime ou on aime pas, mais il faut avouer qu'ils sont très bons et on sent le plaisir fou qu'ils ont eu à jouer des rôles aussi décalés. Plaisir partagé : un duo marquant. Malgré une proximité physique avec le spectateur (l'intrigue se situe dans une zone commerciale de province tout ce qui a de plus banale), la marginalisation des protagonistes apporte un réel fossé. Peut-être creusé un peut trop facilement, à vous de voir. La vaine cause de ces deux frères paumés qui essayent d'exister à leur manière, dans une société ou ils ne sont pas les bienvenus.