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En 1916, Griffith est dans une situation des plus paradoxales : "king of the world" d'un Hollywood primitif suite au succés international de "Naissance d'une nation" réalisé un an plus tôt, et en même temps montré du doigt pour la conception racialiste de la société américaine dont il s'est fait l'apotre dans ce même film. avec "Intolerance", le cinéaste choisit de répondre aux critiques formulées contre lui. Son film se veut universel et intemporel, décrivant 3 heures durant, les ravages de l'intolérance à travers l'histoire de l'humanité. Et son ambition n'est pas dénuée de mégalomanie : Pharaonique reconstitution d'une Babylone antique, sollicitant des milliers de figurants (aucun en CGI, est il nécessaire de le préciser ?). Hormis le côté "pété de thunes" de l'entreprise, ce qui restera de "Intolérance", c'est cette science du montage alterné théorisé par ce même griffith qui ici confine au génie, le cinéaste choisissant de presenter quatre histoires se déroulant à différentes époques et entrelaçant ces différentes intrigues jusqu'au dénouement final... Une narration complètement folle à cette époque, une audace insensée lorsqu'on a, qui plus est, choisi d'y investir la totalité de sa fortune. La sanction sera sans appel : le film, mal compris et jugé confus, sera un échec commercial cuisant... Griffith a vu s'envoler tous ses biens, certes, mais il aura au moins réussi à sauver son âme...
Ajoutée le 17 déc. 2011 à 13h07 Signaler un abus
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