Después de Lucía
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Robin M
Robin M

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4,0
Publiée le 26 octobre 2012
http://lecinemaduspectateur.wordpress.com/2012/10/25/despues-de-lucia/ | Le cinéma mexicain renaît actuellement en choisissant de ce focaliser sur le pouvoir dénonciateur du cinéma. Voyant dans ce dernier une catharsis qui permettrait de purifier le spectateur et de l’éloigner une fois sorti de la salle de l’escalade de violence rendue possible dans un pays démocratique mais peu stable. Ainsi, les réalisateurs mexicains mettent l’accent sur les problèmes internes du Mexique s’attaquant avec « Miss Bala » (de Gerardo Naranjo, présenté dans la sélection Un Certain Regard à Cannes en 2011) aux problèmes de la drogue qui, bien que gangrenant la figure de l’autorité, touchent surtout des citoyens lambda qui sont victimes d’une menace qu’ils ne peuvent combattre et qu’ils ne peuvent accepter.Mais l’escalade de la violence de Michel Franco, le réalisateur de « Después de Lucia », est une violence de l’intime qui peut alors prétendre à l’universel. Si la question de la drogue est latente mais présente, elle peut se voir comme un des facteurs qui créent les comportements anti-sociaux du film. Cependant à l’inverse du phénomène d’exclusion souvent annoncé, la drogue crée ici une communauté qui rejettent le non-consommateur. Ceci est extrapolé, certes, les comportements à l’encontre de Alejandra reposant sur une haine mais pouvant peut-être s’expliquer dans leur extrême brutalité par la drogue qui nécrose la population en entrant par sa jeunesse. « Despues de Lucia » reflète alors la locution latine « l’homme est un loup pour l’homme ». C’est la destruction d’un congénère qui est le but.

L’extrême dureté du film de Franco est, en complémentarité avec son sujet, due à la recherche de montrer la vie sans utiliser les fioritures du cinéma. Le but n’est pas de raconter une histoire, mais de raconter l’Histoire – la vie. « Después de Lucia » se plaçant comme l’illustration de la dureté de l’adolescence et de création de bouc-émissaire pour exulter les défauts de l’âge ingrat. Les bourreaux ne veulent finalement que transposer leur mal être sur des êtres, perçu comme ennemis, qui l’ont déjà dépasser et qui brillent par leur confiance en eux. C’est le cas de Alejandra. La puissance du film et le trouble qu’il dégage résident alors dans cette recherche de la réalité. De ne montrer que ce que montre la vie et de ne jamais chercher un pathétique ou des effets cinématographiques qui diraient alors au spectateur que les faits sont fictifs, et donc qu’il n’assiste pas réellement à cette mise à mort sociale. Le parti pris de Franco se légitime par la création d’une image-image, théorisé par Godard, amenant alors le cinéma à sa caractéristique de fenêtre ouverte sur le monde. Le réalisateur est maître du détails sur lequel il se focalise, mais il inscrit son regard dans une vision généraliste. Ainsi, modifier l’image ou lui ajouter des effets montreraient la vacuité de l’utilisation d’une image « belle en soi », qui amènerait le cinéma dans une logique de seule contemplation. Certes, toutes les scènes ne sont pas forcément utiles à l’intrigue, mais elles sont le symbole de la vie qui passent. Et surtout, la mise en place d’une routine qui permet à la victime Alejandra de cacher sa descente aux enfers. Ce n’est pas la vie qui changent, mais les entités sociales qui modifient leur regard sur elle, la voyant comme une rival à abattre La collectivité aillant toujours raison du singulier.

Le trouble malsain, qui grandit tout au long du film, est forcément et volontairement accentué par cette recherche du réel qui pousse le spectateur à se questionner sur la véracité de ce qu’il voit: assiste-t-il au fait comme dans un documentaire ou voit-il juste une fiction. Mais Franco cantonne le spectateur dans ses retranchements, amplifiant son pire défaut: l’impuissance. Cette passivité est dérangeante car elle place le spectateur au même niveau que les bourreaux: cautionnant la maltraitance puisque ne pouvant intervenir. Le spectateur n’a comme solution que d’assister à l’horreur. « Después de Lucia » flotte au dessus du spectateur pour mieux le bouleverser, tant au moment du film qu’après. Michel Franco n’est pas un réalisateur hors-pair, puisque son seul effet de style a lieu dans un prologue vain et inutile, mais il parvient à contrebalancer cette faiblesse par un scénario vu comme un assemblage de scènes percutantes. Il cherche l’escalade de la violence, mais à une échelle temporelle lente, perturbant le spectateur dans la durée. Détruisant dans un premier temps le physique (les cheveux, les vêtements), puis le mental, souffrance ultime et perpétuelle. Il amène comme seul échappatoire l’exil, et donc une mort sociale qui devrait amenée une renaissance ailleurs. Mais, c’est là que rentre en compte l’effondrement moral qui devient alors une barrière à la reprise d’une vie sans traumatisme. Nous quittons Alejandra isolée, Michel Franco lui laissant une échappatoire mince d’une vie sans bourreaux, mais d’une vie où elle ne vivra plus.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 18 octobre 2012
C'est dommage la fin ne m'a pas plu.
Plus de détails : http://restocine.canalblog.com/archives/2012/10/17/25360461.html
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 17 octobre 2012
Film terrible sur le deuil qui tape dur et fait mal, et même trop mal. Et cette injustice terrible dans laquelle trempe le film est nourrit par bon nombre d'incohérences et de réactions illogiques. C'est touchant certes sauf qu'au bout d'un moment on ne comprend pas le comment du pourquoi.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 16 octobre 2012
Un film énigmatique sur la violence, celle de l’adolescence, celle du deuil, celle du monde extérieur et celle de nos propres pulsions. Le film est porté par la justesse et la finesse d’interprétation de la jeune actrice Tessa Ia, formidable. Ma critique : http://tedsifflera3fois.com/2012/10/16/despues-de-lucia-critique/
gemini-hell
gemini-hell

31 abonnés 395 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 octobre 2012
« Después de Lucia » ne laisse pas indifférent mais ne passionne pas complètement non plus. L’ambiguïté à la fois du père (sanguin, violent, semblant être de manière permanente sur le qui-vive) et de sa fille (introvertie et harponnée par ses camarades de classe avec un fatalisme déconcertant) trouve très certainement son origine dans le deuil que vivent ces deux personnages mais les liens scénaristiques qui s’articulent autour de ce postulat ont un peu de mal à prendre corps et à maintenir notre attention constante. Résultat : le parti pris de mise en scène opté par Michel Franco (à la manière de « Haneke ») finit par se mordre la queue en raison d’une structure dramatique par trop figée. Cela dit, la séquence finale à elle-seule, d’une violence et d’un radicalisme inouïs, nous réconcilie avec le film.
Evelyne75
Evelyne75

18 abonnés 42 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 15 octobre 2012
Je suis sortie de ce cinéma avant la fin de la projection de ce film ; d'autres avant moi avaient déserté la salle de ciné. Rien absolument rien de probant d'efficient pour retenir l'intelligence du spectateur. Je ne connais pas la fin de ce film qui est d'un ennui deséspérant. Pourquoi les critiques sont si élogieuses pour porter aux nues une telle histoire sans scénario précis tout en non dit ? Le père est rebutant la fille idiote alors si dans les cinq dernières minutes elle devient intelligente trop tard j'étais pas présente pour le constater et puis ces mensonges perpétuelles antre le père et la fille c'est peut être aussi à la fin du film que c'est révelé ! Perte de temps et d'euros
ninilechat
ninilechat

84 abonnés 564 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 15 octobre 2012
Un homme, géant barbu et bonasse (Hernan Mendoza, quelque chose comme un Bruce Toussaint qu'on aurait soufflé dedans), Roberto, va chercher chez le garagiste une voiture qu'on devine avoir été gravement accidentée. Il part avec, et puis, tout à coup, à un feu rouge, il coupe le contact, jette les clés sur le tableau de bord et s'en va. Cette scène introductive, dans sa simplicité et sa linéarité, vous met tout de suite dans le film.

Attention, chef d'oeuvre. Le film de Michel Franco traite un sujet absolument insupportable -on en sort, très très mal- avec une pudeur et une absence d'effets qui en font un objet unique.

On est ensuite quelques semaines après, dans une autre ville. Roberto a déménagé, trouvé un autre travail (de cuisinier). Avec lui, il y a sa fille, Alejandra (Tessa Ia), encore un visage de bébé sur un corps de femme. Roberto va mal, certains jours il ne supporte plus son travail, il se couche tout habillé, parfois il boit.... Alejandra va très bien, même si un contrôle scolaire révèle qu'elle a fumé. Dans ce nouveau lycée, situé dans un quartier carrément bourgeois, elle se fait tout de suite de nouvelles amies. Mais à personne, elle ne dit que sa mère est morte: elle est restée dans l'autre ville, c'est tout. Elle sort avec la bande, à une fête elle boit trop. Elle couche avec le charmant José (Gonzalo Vega Sisto), qui les filme avec leur portable, ce dont elle est consciente. Le lendemain, la vidéo est sur tous les portables du lycée. C'est une pute. Et le chemin de croix d'Alejandra commence, les harcellements des garçons, les méchancetés des filles menées par la leader de la bande, Camilla (Tamara Yazbek Bernal) qui trouve José à son goût et entend bien se le garder. Devant la passivité d'Alejandra, son manque de défense (mais elle est totalement isolée: son père va mal, elle n'a personne d'autre), le harcellement ne fait que croître, culminant dans une scène abominable où, pour son anniversaire, la bande lui fait manger un gâteau fourré aux excréments. Enfin, comme en montagne un pic succède toujours à un premier pic, il culminera encore au cours d'un voyage scolaire (pourquoi n'a t-elle pas cherché à y échapper?) où les ados, laissés complètement à eux mêmes, sans la moindre surveillance (parents, soyez avertis: n'envoyez JAMAIS vos ados en colo au Mexique!!!!), picolent, font subir à Alejandra le pire -c'est la tournante chez les petits bourgeois.

La fin du film sera d'une cruauté indescriptible.

Alors, devant l'inertie d'Alejandra, on commence à se demander ce qu'il y a derrière cette face lisse d'ado ayant si bien survécu à la mort brutale de sa mère. Elle était dans la voiture au moment de l'accident; un représentant de la compagnie d'assurance suggère que sa mère lui apprenait à conduire, ce que Roberto réfute avec indignation. Mais que s'est il passé, au juste? Est ce qu'elle n'accepte pas cette souffrance comme une expiation, comme pour se punir de quelque chose qui s'est passé, que nous ne connaîtrons pas? C'est une piste que Franco entrouvre, nous laissant libres de la suivre -ou pas. Car rien n'est appuyé, il y a une sorte d'équilibre rare entre la violence, insoutenable, de certaines images, et la retenue avec laquelle l'histoire est menée. C'est magnifique. Attention, chef d'oeuvre!

A part cela, c'est un film dont la projection au lycée devrait être obligatoire..... à partir de la classe de seconde. Des histoires comme cela, en moins dramatiques peut être (et encore, on ne sait pas quels ravages elles font), à la suite de photos pathétiques passées sur Facebook, on en entend parler quotidiennement. Si ce film pouvait donner à réfléchir à quelques foldinguettes....
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 14 octobre 2012
Qu'attendez-vous d'un film ? Qu'il vous touche, même si c'est pour vous faire du mal ? Alors allez voir celui-ci. Il manque de sens à mon goût, et pour ce qui est de la technique, on dirait souvent du caméscope.
REM_75
REM_75

1 abonné 29 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 octobre 2012
Une mise en scène sobre et percutante. La cruauté y est traitée sans excès mais sans concession. Un film majeur.
130580
130580

4 abonnés 77 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 octobre 2012
Terrifiant.....
le suspens est tout au long du film est latent ....La détermination du pere a faire justice !!!! Et l effondrement ? la résignation de l ado déroutante......
Myene
Myene

20 abonnés 373 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 octobre 2012
Tres eprouvant à la limite du supportable, mais à recommander ! Ce qui est tres penible à supporter en tant que spectateur c"est la passivité d' Alexandra (que la fin démentira) La bétise potentiellement ultra méchante du groupe était déja observable quand elle a fait leur connaissance; ce qui est bien souligné c"est l'incurie des adultes aveuglés dans une fausse protection de leurs enfants dont l"absence d"éducation fait des petits monstres en jachére en recherche de limites qui ne leur ont pas été données par leurs parents .Le film rend compte des comportements collectifs des jeunes qui devraient plus interroger notre lacheté ordinaire souvent habillée de qualificatifs trompeurs comme " tolérants " voire "cool".
Fabien D
Fabien D

216 abonnés 1 272 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 octobre 2012
Michel Franco est visiblement un émule d'Haneke, ce Despuès de Lucia d'une froideur clinique et documentaire ne pourra que faire débat. Film sur le calvaire d'une adolescente humiliée et violée par ses camarades de classe, Despuès de Lucia prend souvent au tripes flirtant parfois même avec l'insoutenable. La force du réalisateur est cependant d'en montrer le moins possible. Son incroyable maîtrise du hors-champ permet d'installer un malaise durable. Le film est brillant, bien joué (Tessa Ia est une vraie révélation) mais parfois trop brutal. La manière dont Franco filme cette gradation dans la violence est remarquable tout comme la conclusion brutale mais nécessaire du film. Intéressant, abouti mais un poil trop radical dans ses parti-pris thématiques comme esthétiques, ce film qui traite sans complaisance d'un suet fort mérite néanmoins d'être découvert.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 13 octobre 2012
L'ennui s'installe assez rapidement dans ce film peu crédible et filmé avec une succession de plans fixes. On notera aussi les dialogues de lycéens particulièrement niais qu'on doit subir de nombreuses fois. A oublier et vite...
Claire undefined.
Claire undefined.

4 abonnés 47 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 13 octobre 2012
« Despues de Lucia » (Après Lucia) est un beau titre, et les titres qui m’attirent me conduisent parfois sur des chemins sur lesquels je n’aurais pas nécessairement souhaité aller si j’avais su où ils me menaient.



Lucia, c’est la mère, et on comprend qu’elle est décédée dans un accident de voiture. Son mari et sa fille déménagent à Mexico suite à cet événement tragique, et c’est en quelque sorte à ce moment que le film débute. Nouveau travail pour le père, nouvelle école pour la fille, Alejandra. Les ennuis ne tardent pas pour cette dernière, qui va devenir le bouc émissaire de ses camarades (thème du bullying).



L’histoire est donc lourde dès le départ, dès la première scène je dirais même, et cette ambiance ne va non seulement pas aller en s’améliorant, mais elle va devenir d’une noirceur et d’une violence oppressantes à l’égard d’Alejandra. Ces dernières ne vont pas nous lâcher jusqu’au générique de fin.



Comme me l’a très justement signalé une dame assise à ma droite (ayant vécu au Mexique) après le film, le film montre une minorité blanche représentant 2% des habitants du Mexique et, comme le premier film du réalisateur, appartenant plus ou moins à la (haute) bourgeoisie. Cependant, les faits narrés auraient pu se dérouler n’importe où, et dans n’importe quel milieu.



J’ai mis un certain temps (un tiers du film peut-être) à m’habituer à ces plans larges, fixes, à ces couleurs qui me faisaient penser à un documentaire et ne me mettaient pas spécialement à l’aise, mais je ne peux pas dire que la manière de filmer m’ait déplu.

Le reste de ma critique sur: http://clairedanslessallesobscures.over-blog.com/article-despues-de-lucia-110884464.html (et bien d'autres sur http://clairedanslessallesobscures.over-blog.com/, commentaires bienvenus!)
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 12 octobre 2012
Film noir et dérangeant mais d'une grande qualité ; le rôle de la protagoniste y est bouleversant.
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