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L'Ornithologue
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "L'Ornithologue" et de son tournage !

Récompense prestigieuse

João Pedro Rodrigues a obtenu le prix du Meilleur réalisateur au prestigieux Festival de Locarno pour L'Ornithologue. Il s'agit de son cinquième long-métrage.

Déjà vu

Avant de se lancer dans le cinéma, João Pedro Rodrigues voulait lui-même devenir ornithologue, et avait débuté des études de biologie en ce sens. De son propre aveu, le réalisateur filme un personnage qui lui ressemble : "Ce Fernando, ce futur António donc, force est d’admettre qu’au fur et à mesure je l’ai teinté de ma propre histoire. S’il vit en moi, je me suis un peu fait vivre en lui également, juste retour des choses. C’est un personnage en mue (comme beaucoup des personnages de mes films précédents), dont l’identité se transforme, et peut-être cela prend-il un sens nouveau à l’approche de la cinquantaine, lorsque l’on pense aux vies que l’on n’a pas vécues", confie-t-il.

Duo d'artistes

João Pedro Rodrigues travaille très régulièrement avec João Rui Guerra da Mata, notamment sur de nombreux courts-métrages ainsi que pour des installations et œuvres plastiques pour les musées et les galeries.

Saint Fernando

L'histoire de L'Ornithologue est dérivée de celle de Saint Antoine de Padoue, né au Portugal sous le nom de Fernando Martins de Bulhões. Figure religieuse très importante dans le pays natal du réalisateur, il donne ainsi son prénom au personnage principal joué par Paul Hamy. Le cinéaste s'était déjà intéressé à Saint Antoine dans Matin de la Saint-Antoine, un court-métrage de 2012.

Jésus et sa secte

João Pedro Rodrigues a rencontré Xelo Cagiao pour un court-métrage, Le corps du roi : "J’ai tout de suite su qu’il interpréterait Jésus dans ce film-ci". Le personnage appartient à une étrange secte qui existe véritablement au nord du Portugal : "Pour la nuit de Noël, les jeunes hommes non mariés se rassemblent et foutent le bordel. Tout est permis, c’est comme un rite d’initiation", explique le réalisateur.

Liens avec la Chine

Les deux actrices chinoises de L'Ornithologue viennent des films chinois de João Pedro Rodrigues, qu'il a co-réalisés avec João Rui Guerra da Mata, qui a grandi à Macao. Ce n'est pas la première fois que la Chine s'invite dans la filmographie du cinéaste, après ses courts-métrages China, China ou La dernière fois que j’ai vu Macao.

Filmer les oiseaux

João Pedro Rodrigues commence son film avec une longue séquence uniquement sur les oiseaux. "Je voulais commencer le film un peu comme un documentaire de National Geographic", s'amuse le réalisateur. "C’est le point de départ du film pour le spectateur, mais aussi pour moi : il y avait, au tout début, le désir de filmer des oiseaux. (...) Au tournage, puis au montage, j’ai voulu rester fidèle à ce désir originel. Les oiseaux ne sont pas à la périphérie mais au coeur du film, et j’avais besoin de ce temps-là pour installer cette idée. Je ne cessais, lorsque je les filmais, de me demander : qu’est-ce qu’ils voient, eux ? Il y a une réciprocité, un double mouvement : c’est moi vers les oiseaux, et les oiseaux vers moi".

L'influence de Henry David Thoreau

João Pedro Rodrigues a écrit le scénario de L'Ornithologue en trois semaines, un record pour lui. Il y a toutefois eu une importante phase de réécriture. Pendant la préparation du film, après en avoir terminé avec la partie documentaire, le cinéaste avait été invité à séjourner à Harvard pendant neuf mois ; il y a découvert les écrits de l’écrivain et philosophe américain Henri David Thoreau. "La production du film était retardée par la crise au Portugal (tous les fonds du cinéma ont été gelés) et je suis parti", se remémore le cinéaste. "Thoreau a eu une grande influence sur moi. Je l’ai beaucoup lu, je suis allé où il a vécu, à Concord et dans sa cabane à Walden Pond. La description qu’il fait de la nature dans Walden ou la vie dans les bois me bouleverse. C’était, outre un grand écrivain, un immense naturaliste. Je me sens proche de lui. Pendant que j’y étais j’ai ré-écrit tout le scénario en fonction de ce que j’avais déjà tourné et de ce rapport plus proche à l’univers de Thoreau".

Phases de tournage

Le tournage de L'Ornithologue s'est déroulé en deux temps. "Il y a eu le premier tournage au printemps-été 2014, consacré uniquement aux oiseaux. Je suis allé dans le nord du Portugal, près de la frontière espagnole, dans une réserve très sauvage, protégée, où il faut un permis ne serait-ce que pour se promener. Là-bas, j’ai eu le sentiment qu’aucun humain n’avait mis les pieds depuis longtemps. J’ai énormément tourné, et pris le temps de sélectionner les rushs que je souhaitais garder. Ce travail a été fait pendant mon séjour à Harvard. Puis je les ai raccordés avec les images de Paul dans les gorges, tournées lors d’une deuxième session, pas exactement dans les mêmes lieux mais souvent juste à côté", explique João Pedro Rodrigues.

Similitude

Déjà, dans son premier film O Fantasma, João Pedro Rodrigues avait suivi un mystérieux personnage qui effectuait une transformation à la faveur d’un trajet solitaire. "Les deux films racontent l’histoire de quelqu’un qui perd son identité pour en trouver une autre. Mais ici, j’ai l’impression que la quête est plus transcendantale. Ca doit venir du fait que dans O Fantasma, le personnage est très jeune (il avait 18 ans), tandis qu’ici, il est plus proche de mon âge. La pulsion sexuelle est moins présente", constate le cinéaste.

Le choix de Paul Hamy

João Pedro Rodrigues ne voyait aucun acteur portugais pour le rôle-titre de L'Ornithologue. "Et comme je m’intéresse de près à la culture française et que le film est co-produit par des partenaires français, je suis allé chercher un acteur français", déclare-t-il simplement. "Dans mes recherches, Antoine Barraud, un des producteurs français, m’a parlé de Paul, que j’avais vu dans le film de Katell Quillévéré (Suzanne), qui a en plus la particularité d’être à moitié américain. Il a une façon de jouer très physique, plus américaine que française. Et des traits minéraux qui me plaisent, comme Randolph Scott dans les films de Budd Boetticher".

Double vision

Bien que cela n'était pas prévu au départ, João Pedro Rodrigues double la voix de Paul Hamy dans L'Ornithologue. "C’est aussi moi qui apparaît quand on passe du point de vue d’un oiseau. L’idée s’est imposée au montage. Pas parce que Paul jouait mal ou ne parlait pas assez bien portugais — il a appris la langue très sérieusement avant le tournage — mais parce qu’il m’importait d’apparaître de cette façon : d’abord par la voix, puis par une présence physique, de plus en plus accrue, jusqu’à la transformation finale", explique-t-il. "À vrai dire j’ai tourné deux versions de chaque scène où j’apparais : une avec moi, une avec Paul. J’avais cette envie mais je ne savais pas si je me supporterais moi-même. C’est dur de se regarder. Mais j’ai décidé qu’il était nécessaire de m’exposer ainsi".
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