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Un visiteur
5,0
Publiée le 25 février 2014
C'est l'un des rares films que j'ai regardés plusieurs fois. Si émouvant , bouleversant ...et révoltant . Réquisitoire contre la guerre certes mais aussi contre les dérives de la médecine. A mes yeux , ce film est et sera hélas toujours d'actualité. Pus qu'un film , c'est une leçon .
L'adjectif qui caractériserait le mieux le film de Trumbo est: poignant. Ce cas emblématique illustre les drames des conflits humains, et pourtant des plus déshumanisant dans cette guerre de 14. La plongée dans l'esprit d'un jeune homme enfermé dans son corps vous tient, vous fait réfléchir sur votre condition. Ce procédé consistant à montrer un cas extrême pour mieux faire valoir sa cause est grandement critiquable, et la réalisation pêche parfois un peu, mais cette œuvre reste à voir...et à méditer
Roman ayant pour cadre la Première Guerre mondiale, publié au tout début de la Seconde, "Johnny got his gun" devint par la suite le porte-drapeau idéal des mouvements pacifistes anti-guerre du Vietnam lors de son adaptation cinématographique sortie sur les écran en 1971. Fruit de son propre auteur, Dalton Trumbo, celle-ci met en scène l'histoire d'un homme défiguré, réduit à l'état de tronc, après un obus de trop reçu dans les tranchées. Cloué sur un lit d'hôpital, ce dernier n'a d'expression que sa voix intérieure envahissant le spectateur durant la majeure partie du film. Trumbo détaille avec une précision d'orfèvre la lente prise de conscience qu'effectue son personnage concernant son infirmité. Celle-ci n'est d'ailleurs jamais explicitée directement ; le cinéaste s'attache à ne montrer que les parties intactes, cachant constamment du regard les zones atrophiées. Cette sorte de pudeur cinématographique, au demeurant touchante, renforce sa profondeur psychologique difficilement supportable. Savamment, le cinéaste joue sur les couleurs ; noir et blanc pour les scènes d’hôpital, couleurs pour les scènes d'avant-guerre, celles-ci finissant même par atteindre une vision irréelle, fantasmée, plongeant Johnny dans un profond désarroi. Sa puissance émotionnelle sans pareille n'a au fond d'égal que son intemporalité, sa capacité comme son protagoniste à résister à tous les conflits.
Une claque cinématographique. Mais de ces claques qui vous laissent pantois et qui font réfléchir. Souvent le cas quand il s'agit de dénoncer subtilement les horreurs de la guerre (« Les sentiers de la gloire », « Full Metal Jacket », « Apocalypse Now », « Croix de fer », « Platoon », « La ligne rouge », « Le vieux fusil »...). « Johnny got his gun », de Dalton Trumbo, n'est pas un film de guerre classique. Le réalisateur nous entraîne dans la tête de Johnny, un jeune soldat américain touché par un obus, dans les tranchées, et prisonnier de son corps affreusement mutilé. Plus aucun sens, plus de visage, plus de membres, plus de moyens de communication, rien que son esprit et ses souvenirs. Et Johnny se souvient : de son enfance, des relations avec son père, de sa première fois avec sa fiancée, du patriotisme exacerbé qui l'a poussé à s'engager, de Dieu... qui l'a abandonné (Jesus est joué par Donald Sutherland). Et Johnny souffre. Ce film est d'une force à la fois glaçante et magnifique, sur la guerre mais également sur la question du prolongement de la vie et de l'acharnement thérapeutique. A l'heure du débat sur l'euthanasie, une loi devrait être votée contraignant tous les réfractaires à visionner « Johnny got his gun », un film d'utilité publique.
Il y a deux films qui ont posé les jalons de ma cinéphilie. Le premier est "L'ours" de Jean-Jacques Annaud qui est la première œuvre qui m'ait fait pleurer alors que j'avais six ans et le second est "Johnny s'en va-t-en guerre" de Dalton Trumbo que ma prof de français nous avait montré alors que j'étais au lycée. "L'ours" a été la première fois que j'éprouvais une émotion aussi forte devant un écran mais sans savoir pourquoi "Johnny got his gun" m'a fait comprendre pourquoi et comment de telles émotions sont possibles devant un support aussi anodin en apparence. Ce film m'avait mis très en colère, pensant qu'il était mauvais et c'est là que j'ai compris que ce n'était pas le film qui me déplaisait mais que c'était l'histoire racontée qui me dérangeait, me bouleversait. C'est aussi à cet instant que j'ai réalisé que le cinéma n'était pas que du spectacle mais qu'il pouvait se montrer engagé et qu'il pouvait toucher chacun jusqu'au plus profond de sa personne. Et rien que pour ça, je donne cinq étoiles à cette œuvre intelligente, délicate et au casting mirifique.
On ne peut qu’être touché par le propos, le recours à l'euthanasie, l'absurdité de la guerre ... mais la forme m'a ennuyé et je n'y est pas été sensible. J'aurais du lire le bouquin. La voix de Timothy Bottoms est insupportable qui plus est ! J'ai tenu une heure ensuite j'ai stoppé, j'ai pas compris vraiment pourquoi ...
Hormis le discours antimilitariste et la critique de nos démocraties qui n'hésitent pas à faire la guerre, Trumbo a réalisé sans doute le film le plus bouleversant sur l'acharnement thérapeutique et sur l'euthanasie. Son thème et son questionnement est encore d'actualité plus de quarante ans après. En dehors de cette modernité remarquable, Trumbo ne nous offre pas une réalisation de grande qualité, son film semble même bien plus vieux que 1970, ce qui n'est qu'un défaut moindre au regard de la force qu'il parvient à véhiculer. Nota : Il faut le regarder en VO, la VF du DVD est absolument catastrophique.
"Johnny Got His Gun" fait partie de ces films qui nous retourne complètement par son intensité, sa dureté et par l'émotion dégagé. Certes, le message antimilitariste est loin d'être nouveau dans le cinéma mais il est traité ici d'une manière originale et intelligente. Ce long métrage n'est pas qu'un chef d'oeuvre cinématographique, c'est une véritable expèrience.
Peut-on dire qu'il a vieilli ? Le propos tenu par le film et revisité plusieurs fois par la suite (Le scaphandre et le papillon, Million dollar baby etc.) a pu quelque peu progresser en terme de qualité. Il n'en reste pas moins bon, voire même très bon, si ce n'est que l'alternance entre d'une part le présent (à l'hôpital) et d'autre part les souvenirs passés, a pu perdre en intérêt. On est très vite inculqué de l'idée et de la problématique du film. On comprend très vite qu'un jeune homme à la vie heureuse s'en va-t-en guerre et, blessé, se retrouve en quelque sorte enfermé dans son corps. Intervient dès lors ce qui est le plus intéressant : que va t-il devenir ? Comment va t-il tenir le coup ? Combien de temps ? Arrivera t-on a la solution que l'on ne peut qu'envisager : l'euthanasie ? Si on reste particulièrement attentif au périple immobile du personnage, le retour à certains de ses souvenirs ou rêve, sans être absolument inutiles, perdent au bout d'un moment leur utilité, et particulièrement à la fin. "On a compris" a-t-on envie de dire. Là dessus, on peut ressentir quelques longueurs. Au delà de tout ceci, c'est un bon film, du moins très intéressant. Sa conclusion laisse perplexe.
Oui chef d'oeuvre de part son message. Aujourd'hui d'actualité à l'heure où l'on redéfinit sans cesse l'éthique. On pense sans cesse au thème de l'euthanasie, pour ou contre? Peut-on vivre lorsque l'on n'est aveugle, sourd, dans l'incapacité de parler, sans bras, sans jambes. Juste un tête pour penser dans son fond intérieur, personne pour nous comprendre, pour nous écouter, pour nous aimer...
Des grandes questions que pose ce film.
Attention aux âmes sensibles car même si l'on ne voit pas l'état physique du personnage, il est difficile de supporter son calvaire intérieur, il confond ses rêves, ses souvenirs, la réalité.
Un fim à voir 1 fois car il ne sortira pas de vos têtes et préparez les mouchoirs !
Premier et dernier film de Dalton Trumbo, scénariste qui a eu l'honneur d'être une des principales victimes de la "Chasse aux sorcières", lancée par le sénateur cinglé Joseph McCarthy, et qui était très loin d'être un manchot du script des chefs d’œuvre comme "Vacances romaines" ou "Spartacus" étant là pour le prouver. Adapté de son roman très antimilitariste, "Johnny s'en va-t-en guerre" est déjà une œuvre qui doit être vu rien que pour ça. Le film manque de finesse dans le trait et abuse un peu trop de l'allégorie mais son sujet éprouvant et émouvant rend aussi le tout incontournable, autant (voir même plus !!!) pour son opposition à l'acharnement thérapeutique, bête et inhumain, thème ô combien d'actualité, que pour son portrait peu reluisant de la guerre et de l'armée.
Un chef d'oeuvre émotionnel absolu ! Rarement un film m'aura autant bouleversé que celui-ci, délire dépressif et désespérant nous plaçant du côté d'un invalide bouillonnant de l'intérieur mais inapte à exprimer ses émotions. Nous sommes au temps de la première guerre mondiale, avec son lot de ravages, de ruines et de gueules cassées : Dalton Trumbo ( célèbre scénariste maudit par le maccarthysme ) signe sa seule et unique réalisation avec Johnny Got His Gun, guérilla introspective d'une âme en quête de sensations nouvelles, perdues et/ou retrouvées. Le film, extraordinairement humble dans son apparence, dynamite la narration cinématographique à renforts de flash-back, voix-off et diversités des supports et des textures visuelles. Jouant énormément sur l'identification au personnage principal ( au demeurant sympathique et ingénu ) Johnny Got His Gun touche profondément aux affects essentiels du commun des mortels tout en usant de moyens techniques dérisoires quant à l'époque ( le film, datant de 1971, semble beaucoup plus ancien dans son esthétique et sa tonalité ). Alternance de souvenirs et de fantasmes colorés et de longues plages Noir et Blanc de torture psychologique filmées au plus près du héros Johnny Got His Gun est l'un des films les plus tristes et les plus désemparants qui soient : un incontournable !
"Johnny s'en va-t-en guerre" est un sacrée coup de génie ! Original, émouvant, troublant, le brillant concept de "Johnny s'en va-t-en guerre" ne pourra nous laisser indifférent. On ne mettra pas longtemps à ressentir la douleur de ce personnage, désormais confronté au monde sous une nouvelle et triste vision, remplie de solitude, de désespoir et d'inertie. On suit ce héros de guerre, dont la seule attraction sera dorénavant de comprendre sa nouvelle condition, puis de tuer le temps à l'aide de pensées et imaginations. Un récit captivant et intelligent, une expérience unique et inoubliable, un chef d’œuvre du 7ème art !