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Violence et passion est très certainement le film le plus étrange de Visconti. Respectant la règle de l'unité d'action, ce drame se déroule exclusivement dans un immeuble somptueux où un professeur vieillissant, incarné par Burt Lancaster, vit coupé du monde extérieur, dans son univers de livres et de tableaux, jusqu'au jour où il est troublé par l'apparition de la belle Silvana Mangano, qui s'installe insolemment dans son appartement du dessus avec sa fille, le fiancé de sa fille et son propre amant, Helmut Berger. Lancaster est le parfait personnage viscontien : passif et nostalgique, il observe, impuissant, le déclin de son monde et sa propre déchéance. Ses réminiscences proustiennes font apparaître fugitivement Claudia Cardinale et Dominique Sanda comme deux courants d'air gracieux. Mais chacun des personnages est saisissant. Les hôtes du professeur sont blessants d'impudence et de désinvolture, mais le professeur lui-même ne peut s'empêcher de rompre avec un idéal misanthrope et les prend en affection. Les décors mêlent le style chargé du baroque viscontien et celui contemporain tape-à-l'œil. L'effet en est saisissant d'homogénéité. Enfin, la musique de Mozart achève de donner à l'œuvre un équilibre de grâce et de beauté.
Ajoutée le 03 déc. 2011 à 18h30 Signaler un abus
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