Un professeur érudit, reclus dans la solitude et l'étude, se résigne à louer l'appartement au-dessus du sien à une famille extravagante et sans -gène.
Aussi dérangeante, tapageuse, que soit cette promiscuité, c'est la vie qui entre dans l'univers fermé du vieil homme. Une vie de violence et de passion que, précisément n'est plus depuis longtemps celle du professeur.
Le film de Visconti oppose l'existence des hôtes du professeur, tourmentée, déchirée mais tangible, à celle quasi virtuelle que mène le personnage de Burt Lancaster, plongé dans les livres. Plus loin, le film montre les transformations que ce voisinage opère sur celui-ci. Visconti amène son personnage à redécouvrir l'humain sous son aspect prosaïque, ou trivial, et une humanité qu'il ne voudrait voir qu'à travers le prisme du génie et du Beau.
Sans doute le thème est intéressant mais, dans le décor unique de la demeure du professeur, son développement est un peu long, d'autant que je n'ai guère été sensible aux turpitudes de l'aristocratique Bianca, de ses enfants, de son amant aux airs d'éphèbe. Lancaster est néanmoins excellent dans ce rôle d'intellectuel chez qui l'hostilité et l'agacement font place à la curiosité ; et peut-être entrevoit-il, au crépuscule de sa vie, l'erreur où il s'est maintenu en ne confrontant pas aux passions violentes de la vie, pas moins riches, selon Visconti, que tous les trésors de l'art.