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Eowyn Cwper
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3,5
Publiée le 19 mai 2021
Un Chaplin machiavélique et manipulateur ? Ça ne s'était jamais vu, et le public s'est senti trahi, tout comme l'artiste se sera senti trahi, à de multiples reprises au cours de sa carrière, par la technique et les mœurs. Qui eût cru que celui qui avait su amuser avec des sujets comme la guerre, la récession et le fascisme serait homme à créer son propre drame cynique où les tenants du caractère de l'Homme sont des plus mesquins ? La bassesse volontaire de sa création n'a d'égale que sa clairvoyance, dont il est hélas la victime : Chaplin a trop bien compris ses semblables et nul n'aime être percé à jour.
Trop verbeux et affecté (presque trop clownesque) pour convaincre tout à fait de la cohabitation d'un philosophe incompris et d'un génie criminel chez le gentilhomme Verdoux, le film filtre beaucoup d'émotions sages, oubliant qu'entre l'amour et le désespoir s'en trouvent de moins lyriques et de plus quotidiennes. Son discours de conclusion, adressé au spectateur en demi-teinte comme le speech génial dans Le Dictateur, en perd de sa superbe. La descente aux Enfers de Verdoux est bel et bien en avance sur son temps, mais trop entrecoupée d’un petit théâtre bizarrement adapté.
Peut-on cependant lui en vouloir d'avoir extrémisé, peut-être involontairement, ce que l'art de son temps était souvent tenu de ne pas laisser transparaître de son audience ? Monsieur Verdoux, plus qu’un film, est la juste revanche prise sur l’art par un génie qu’on a eu tort de croire comprendre.
"Monsieur Verdoux" marque la fin d'une époque dans la carrière de Chaplin avec l'abandon total du mythique clochard mais surtout avec un changement de ton radical. Si Chaplin a toujours abordé des sujets sérieux dans ses films, ici l'humour burlesque s'efface grandement pour adopter une forme noire et cynique, la recherche du rire n'étant présente que dans la deuxième partie avec des situations très drôles. "Monsieur Verdoux" a donc de quoi décevoir ceux qui veulent voir un Charlot, et clairement on ne s'amuse pas autant, mais ça n'en est pas moins une très belle œuvre qui n'a rien de mineure dans la filmographie de Chaplin.
Si Monsieur Verdoux constitue sans aucun doute l’une des œuvres les plus importantes de la carrière de Charles Chaplin, c’est moins parce que le cinéaste et acteur y prend le contre-pied des rôles qu’il a l’habitude de jouer que pour la conversion d’énergie qu’il opère ici, à savoir exploiter une matière comique dans le cadre d’une peinture cynique et mortifère des sociétés européennes à partir de la Grande Dépression jusqu’à la veille de la Seconde Guerre mondiale. C’est dire que la période historique investie, notamment marquée par la crise financière, dispose de bornes significatives, composées des deux conflits armés qui décimèrent des millions de personnes et ravagèrent tant de pays. Ce bornage historique sert à Chaplin d’accélérateur de particules : il place en son centre ledit Verdoux, ancien banquier congédié après des décennies de bons et loyaux services, contraint de faire le mal s’il veut subvenir aux besoins de sa famille. Mais le raccord au mal va plus loin, et la subsistance n’explique pas tout : il s’agit également de se mettre à l’unisson d’une perte généralisée de l’espoir et de la morale, tous deux gangrénés par un capitalisme hasardeux et inhumain, que l’on contacte par coups de téléphone interposés. Aussi Monsieur Verdoux ne déroge-t-il pas à la règle en ce qu’il élabore une parabole du système américain ainsi qu’une réflexion puissante sur la destruction d’autrui, tantôt condamnée par la loi lorsqu’elle est le fait d’individus désœuvrés, tantôt acceptée lorsqu’elle est le fait de pays. Le cinéaste démasque une hypocrisie nationale et judiciaire à peine deux ans après la fin des combats : on comprend aussitôt les raisons qui ont conduit le long métrage à l’échec commercial. Aujourd’hui visionné, il retrouve toute sa superbe et déploie une verve satirique aussi tranchante qu’une lame de rasoir : on ne sait jamais sur quel pied danser, on hésite entre le rire, l’effroi ou les larmes, comme l’issue de cette rencontre entre Verdoux et une jeune femme qu’il ramène chez lui, en louvoiements incessants. Un immense long métrage, à la fois jeu de massacre et tragédie, qui atteste l’engagement politique et esthétique d’un artiste conscient de l’impact qu’il peut avoir sur le monde.
Le Jury du onzième Festival de Berlin a décerné Riche et puissant, S'évade du Château d'âne songe plus qu'à châtiés impitoyablement ceux qui ont voulu sa perte. Paré du titre "Comte de Monte-Cristo" Edmond Dantès revient, méconnaissable sous son nouvel aspect, pour accomplir une implacable vengeance … 10 mois plus tard, en Lybie, dans Tobrouk occupé par les troupes de Rommel.
Après avoir revu The Kid en Juillet l'idée d'entreprendre une rétrospective de Charlie Chaplin me fut être opportune en ces temps parfois un peu tendu ... J'avais jusqu'ici programmer un ou deux films par mois avant de tout planter en période de fête, depuis The Great Dictator en novembre pour être exact. Pour être complètement franc je m'y suis remis un peu à reculons, plusieurs raisons explique le fait de mes réticences. Son sujet en tout premier lieu, l'assassinat d'une dizaine de femmes traité sous le " prisme " de la " comédie " m'a je dois dire laisser quelques doutes ... La découverte du film m'a conduit vers une tout autre route.
Autant clarifier ce point tout de suite, si certaines situations sont cocasses et remémore les affres et les bêtises de Charlot à aucun moment le geste de mort n'est employé à des fins détournés. La scène de la barque et du repas tranche un peu avec mes affirmations mais ne servent selon moi bien plus de tournants que de fins en soi. D'ailleurs c'est Verdoux qui y laisse des plumes. Le cynisme est à plusieurs reprises mentionnés tout autant que la démesure dans le désir d'argent du protagoniste. La figure du " Héros " propre de Chaplin à foutu le camp pour laisser place à " l'Anti-Héros ", dans ces failles, ses largesses et dans l'horreur qui est la sienne. A taille humaine. Charlie Chaplin en homme intelligeant ne positionne pas son personnage en une longue plainte d'excuses en tout genres mais pointe du doigt les bourreaux qui s'échappent car mieux " organiser ". Comme pour ses autres films c'est bien la portée politique qui se réveille chez l'Homme qui poursuit et révèle les causes du mal profond de la société. Il n'y a fond rédemption que dans la vérité.
Sur bien des points ce film sortit sept ans après The Great Dictator et deux ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale offre à la fois des paradoxe mais se complète également sur le besoin de se tendre la main ... La dissociation des notions de bien et de mal entre cette fois en un seul même personnage. Sa personnalité faussement enjoué dans le mensonge se révèle bien plus névrosé au contact de ceux qu'il aime certes mais il y'a des liens à la fois si étroit entre ses conditions que plus d'une fois le sentiment de malaise me gagne. Très souvent chez Chaplin Espoir et Désespoir se tutoie, y compris dans le rire qui agit tel une catharsis de la tristesse enfoui chez tout un chacun. Monsieur Verdoux est dans cette lignée, mais il est aussi bien plus difficile à encaisser. Le Dernier Jour d'un Condamné de Victor Hugo m'ai tout de suite venu à l'esprit après ce final déchirant ... Oui, ce long-métrage questionne, perturbe, fait mal mais comment ne pas ressentir cette peine ?
Tout le monde fait le job, admirablement même. Je n'ai la, tout de suite, pas très envie d'aller sur le sujet, une prochaine fois peut-être ... Je souhaite finir cette critique comme je l'avais commencer et répondre au moi d'il y'a deux heures, arrête de perdre ton temps et fille voir les deux autres films au programme ! Monsieur Verdoux à lui seul peu répondre à tant de question, en conduire à d'autres et témoigne de la magie de cet Art, alors pourquoi se défiler ?
Quelle claque ! Il fallait vraiment tout le talent de Charlie Chaplin pour arriver à provoquer de l'empathie pour un tueur en série ! D'ailleurs on ne voit jamais les crimes, le film préférant insister sur ses ratages et ses gaffes verbales ou gestuelles, et à ce propos la scène spoiler: du bateau est un peu moment de bonheur, la scène spoiler: du mariage qui tourne au burlesque ("j'ai perdu mon sandwich") en est une autre. Et puis il y a ces scènes très fortes et intelligentes avec la très belle Marilyn Nash magnifiquement photographie, Chaplin dirige bien ses acteurs, mais c'est surtout avec les femmes qu'il atteint la perfection, que ce soit l'extravagante et farfelue Martha Raye, la belle mature Isolbel Elsom ou encore la jolie fleuriste et son sourire désarmant. Alors évidemment il y a le message (je n'aime pas les films à messages) qui à l'intérêt de pointer du doigt les fauteurs et les profiteurs de guerre, mais fallait-il l'énoncer de cette façon. Non, Charlie, on ne justifie rien par le pire sinon c'est le bordel !. Cette réserve étant dite, Monsieur Verdoux reste un très grand film sans aucun temps mort et dont on se délecte de sa vision
Monsieur Verdoux est un film curieux, élégant et pittoresque : un homme, pour subvenir aux besoins de sa femme et de son fils, décide de se lancer dans le monde sauvage des affaires, c'est-à-dire de la bourse, après avoir été limogé de son premier emploi. Son stratagème est simple : il séduit, puis se marie avec des femmes riches, âgées qu'il assassine dès qu'elles mettent l'argent à sa portée. La performance de Charlie Chaplin est remarquable et le ton badin du film est agréable. Toutefois, les péripéties sont prévisibles et ne surprennent guère. On peut se laisser aller au rire pour quelques jeux de scène, mais ces derniers deviennent vite répétitifs. Quelques scènes rehaussent le film, comme la rencontre avec une ancienne bagnarde qui deviendra une nouvelle riche et qui est l'occasion d'une péroraison sur la bonté humaine... alors qu'il s'apprêtait à essayer un poison mortel sur elle. Le film manque, peut-être, d'un peu de profondeur et on regrettera un humour encore trop axé sur une gestuelle farcesque.
Dommage que Chaplin fasse parfois son Charlot cabotin alors que cet élan dessert sa vision de ce nouveau Landru auquel il confère une psychologie et une morale complexes, nous rendant même complices de ses méfaits grâce aux audacieux regards caméra et à son plaidoyer socialo-politique éminemment polémique. Quelques redites entraînent de légères longueurs malgré une mise en scène toujours maîtrisée et un humour noir délectable. Une ardente critique de mœurs.
Réalisé par Charles Chaplin en 1947, “Monsieur Verdoux” n’est pas sa comédie la plus connue. Il s’agit de son premier film où son personnage n’apparaît pas en tant que Charlot. C’est aussi, la première fois que le scénario n’est pas de lui, mais du grand Orson Welles. “Monsieur Verdoux”, chômeur distingué était jadis un employé de banque. Désormais, il s’invente des personnages pour se marier avec des femmes mûres et les faire disparaître pour en toucher l’héritage. Entre burlesque, tragédie, satire et intrigue policière, le long-métrage librement inspiré des crimes de Landru, est un audacieux mélange. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
(reprise) Les traits habituels du cinéaste Charles Chaplin se retrouvent dans cette cruelle satire : une jeune protégée pour le versant sentimental, et une harpie hystérique impossible à tuer pour le burlesque. Et dans l'inoubliable séquence finale, Verdoux retrouve in extremis la démarche de Charlot.
C. Chaplin abandonnait donc définitivement son personnage du Tramp avec ce film qui reprend à son compte le personnage de Franju, célèbre tueurs de femmes et Barbe-Bleue moderne. Au niveau mise en scène, Chaplin s'est parfaitement accommodé des différentes contraintes du parlant, n'abandonnant ni sa capacité à faire rire ni quelques fulgurances de mise en scène. Il signe ainsi un vrai polar noir, à l'humour parfois acide, assumant même quelques scènes burlesques (la scène sur la barque) et on passe un bon moment grâce à une science du rythme intacte. Au niveau de son jeu, l'acteur confirme son talent fou également, élargissant grandement sa palette. Belle photo, montage soigné, scénario ciselé, un film captivant, mais déroutant dans son final, Chaplin allant sur le terrain de la subversion, et réglant quelques comptes personnels avec l'Amérique puritaine. Ses justifications pourront paraître difficiles à avaler pour certains, elles ont le mérite de lancer un débat. Mais pour moi, ça reste très limite d'un point de vue philosophique. Très bon film toutefois. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
Charllie Chaplin savait aussi bouleverser dans ce rôle à contre emploi dans un rôle de tueur en série. Cette sorte de cynisme teinté d'humour et de passion, malgré certaines longueurs, rend le film très intéressant, à défaut d'être captivant.
Verdoux c’est d’abord un homme aux multiples vies, aux multiples femmes, tellement charmeur, distingué et à l’humour élégant. Un portrait tout à fait brossé pour Chaplin qui s’amuse à jouer plusieurs personnages avec un aplomb et qui traite les autres de « malhonnêtes »!!!!! Chaplin fait de ce fait divers sordide une comédie assez maligne et souvent drôle sans oublier de beaux moments comme la rencontre avec la jeune femme égarée.
Monsieur Verdoux s'inspire d'un assassin réel mais les faits et l'époque ne sont pas retranscrit comme la réalité . Le réalisateur n'est nul autre que Charlie Chaplin qui fait un film sans le personnage de Charlot (ce n'est pas le premier pour Chaplin mais le premier pour moi) et sans beaucoup d'humour (il y en a un peu) . On retrouve la trace de Chaplin par moments et il prouve qu'il est un immense acteur capable de tout joué car c'est un rôle plus sombre et dramatique que d'habitude . La période du film permet à Chaplin de critiquer la société de l'époque . Le seul point négatif du film c'est ça longueur mais Chaplin n'a pas écrit le scénario et c'est dommage .
Un Chaplin que j'avais jamais vu. Un des derniers de sa carrière... Histoire sympa, y a du rythme c'est un humour noir très anglais. Chaplin crève l'écran comme d'hab. Reste que le jeu d'autres acteurs est très mauvais... Bref un petit Chaplin mais un film plaisant quand même.