Indiscutablement un grand film surtout si on considère l’époque à laquelle il fut tourné. Ce qui parait étrange, c’est l’ambiance post guerre mondiale pour une histoire se passant entre 1930 et 1937 date du décès de monsieur Verdoux écrit sur sa pierre tombale. Ce qui me gène ce sont les ruptures de ton permanentes entre la gentillesse de Charlot que l’on ressent parfois et le cynisme de l’assassin, qui plus est, de femmes sans défenses. Il y a cependant deux parties bien distinctes: la première assez sérieuse et un peu longue pour planter le décors et la deuxième franchement comique avec l’arrivée de madame Bonheur avec comme intermède la séquence de la jeune femme sortant de prison ,la plus belle du film à mon goût. La fin sera encore différente avec une conclusion philosophique simpliste. Diminuer la gravité d’un assassinat sous prétexte que les plus gravissimes demeurent impunis est une morale qui convient à tous les salauds. J’aime mieux Chaplin quand il parlait moins et montrait davantage.
Premier échec commercial de Chaplin dont la vie privée était alors malmenée, "Monsieur Verdoux" n'a pas connu le sort qu'il méritait. Peut-être le film était-il un peu trop en avance sur son temps ou peut-être que le public n'était pas préparé à voir leur célèbre Charlot quitter son personnage pour incarner un tueur en série, séducteurs de femmes fortunées et assassin à ses heures qui dépouille ses victimes de leur argent. Le film est noir et cynique (sûrement le plus sombre du cinéaste) mais Chaplin n'a pas perdu pour autant son humanisme : il fait de son personnage une victime de la crise économique qui tue pour subvenir aux besoins de sa famille, un petit garçon et une femme handicapée. Et son Monsieur Verdoux n'est pas non plus un mauvais bougre comme lorsqu'il décide d'épargner une jeune fille qu'il a accueilli et qui lui affirme avoir connu l'amour. Chaplin sait rendre son personnage sympathique sans pour autant tenter de l'excuser et il nous livre une excellente composition qui n'a pas à lui faire regretter l'époque du muet tant il s'en sort avec merveille dans le parlant. Certes, il garde son style (celui qui l'a fait connaître et qui fait qu'on l'aime) mais sait s'en dégager pour mieux servir son œuvre. C'est à ça qu'on reconnaît les grands cinéastes.
Cynique, visionnaire, sombre et drôle amer. Une machine bien huilée, précise qui penche pour la satire sociale. Un film sacrément culotté pour l'époque et qui est bien sûr splendidement interprété.
J’avoue que ce n’est pas mon film préféré et cependant après plus de 20 ans sans l’avoir vu, je dois reconnaître qu’il a un certain charme et un certain culot... pour l’époque. Monsieur Verdoux passerait pour être un personnage sympathique ! Un dandy de l’horreur. A part un crime suggéré d’une de ses femmes et un inspecteur de police - mais celui-ci est hors course dans la mesure où Monsieur Verdoux est un tueur de femmes et le scénario semble être axé sur ce point -, on ne voit aucun de ses crimes illustrés. Seulement des tentatives : une émouvante envers une femme sortie de prison et deux burlesques envers sa femme de Lyon, Annabella Bonheur (Martha Raye, pétillante). Le film est un slalom, un incessant va-et-vient entre ses conquêtes, sa femme « légitime » très vite aperçue, et ses placements en bourse. Monsieur Verdoux veut nous faire croire que la société, le monde du travail en particulier l’ayant rejeté, est responsable de ses crimes. Il va plus loin, il met en parallèle ses crimes dans la balance et ceux « légitimés » par la guerre et son industrie et par les autorités politiques ! C’est vraiment culotté et provocateur pour l’époque et je comprends que les Etats-Unis, ingrate nation qui a bafoué un génie qui a contribué à dorer Hollywood, n’aient pas apprécié. Pourquoi n’ai-je pas complètement adhéré à ce Chaplin ? Je ne peux m’empêcher de capter des mimiques de Charlot dans ce Verdoux. Je vois Charlot qui s’exprime par instants et Charlot ne peut être Monsieur Verdoux. Ce qui passait largement avec « Limelight » (normal c’était un adieu déchirant et définitif à Charlot) passe moins avec Monsieur Verdoux. La limite de ce Monsieur Verdoux vient du fait que Chaplin ait refusé d’être dirigé par Orson Wells à l’origine. Il est vrai, quand on repasse la vie de Sir Charles Chaplin, il est évident qu’il était impossible de diriger Chaplin « himself » ! Dommage, car un metteur en scène aurait gommé ses mimiques qui rappellent notre Charlot universel. Ce n’est pas un reproche, juste un constat... sans reproche ! En tout cas, Chaplin se révèle être un très bon comédien et un très bon directeur d’acteur (à voir en VO évidemment). Le véritable talent de Chaplin, sa véritable marque de fabrique, son génie, reste sa légèreté de ton dans les situations les plus tragiques. La simultanéité du rire et des larmes. Nous amuser dans l’émotion. Je retiendrai ce bribe de phrase d’Aragon au sujet des films de Charlot : « ... le frémissement du rire aussi bien que l’irrépressible montée des larmes... »
L'histoire se passe en France dans les années de la plus sévère crise économique que le monde ait connu, enfin je dis cela mais la crise des années 2000 est tout aussi importante et bien plus complexe.
C'est à cause de cette crise que Verdoux qui est un homme marié et a priori respectable se trouve au chômage et par conséquent il décide de gagner sa vie en épousant des femmes riches.
Qu'est ce qu'il était génial Chaplin!
Orson welles aurait pu réaliser le film, mais je pense que ce film était vraiment pour Chaplin.
Ca aurait surement été un film très noir avec Welles.
Réussir à faire un film si dramatique en le rendant pourtant parfois si drôle, il n'y a que Chaplin pour faire ca.
Le scénario est excellent, pleins de rebondissement et pleins d'intrigues, d'ailleurs ca devient de plus en plus compliqué pour le personnage de Chaplin au fur et à mesure que le film avance.
Chaplin y dépeint la fin des valeurs familial, il nous parle de la crise des années 30, il nous parle de justice. De comment il peut être facile de manipuler les gens avec de belles paroles.
Chaplin livre donc une nouvelle critique de la société, une société individualiste à l'aube de la seconde guerre.
D'ailleurs Monsieur Verdoux est une victime de cette société puisqu'il se retrouve au chômage et dans l'incapacité de retrouver du travail.
Il arrive un rendre un anti-héro attachant et ca je crois que c'était une première au cinéma.
Un film noir, intelligent, mais aussi très drôle.
Chaplin est l'un des plus grands réalisateurs du cinéma et Monsieur verdoux est un très grand film.
Monsieur Verdoux est un film de Charles Chaplin sorti en 1947 et ne présentant pas pour la première fois le personnage de Charlot. Du coup, bien que différent de ses autres productions, cela reste tout de même un bon film, et c'est dans ce genre de situation que l'on reconnaît les bons acteurs / réalisateurs. Ayant un rôle de tueur, même si rien n'est jamais montré à l'écran, censure de l'époque oblige, Charles Chaplin parvient une fois de plus à faire ressortir quelque chose de profond de son personnage. Comme dans ses autres films, il est vaguement en compagnie d'une femme avec laquelle il passera des moments de grande complicité, et de ce côté-ci, pas de changement, cela reste les moments forts du film. Arrivant même à son paroxysme vers la fin avec un comique de situation des plus efficaces, Charles Chaplin fait décidément parti des meilleurs, tant de par ses mimiques inoubliables que par l'aura qu'il dégage.
Pas le meilleur des Chaplin mais le personnage principal est remarquablement interprété par Chaplin lui-même et mérite rien que pour ça le coup d'oeil. Le scénario est assez banal et l'ensemble assez peu intéressant.
Un film aussi étrange ne pouvait être réussi que par un génie: Nous décrire sur un ton aussi comique le quotidien d’un psychopathe en le rendant aussi sympathique n'avait encore jamais été fait au cinéma à cette époque, et d'ailleurs il semble que le public n'y était pas prêt, ce qui ne peut être que la seule explication à son échec commercial. Son personnage, où l'on reconnaît Landru, est en effet un monstre effrayant de cynisme agissant de sang froid mais le film nous le présentant comme un individu charmant n'ayant que la solution criminelle pour nourrir sa famille nous fait culpabiliser de nous y attacher. Un petit jeu psychologique réussi.
Un excellent Charles Chaplin ! Bien loin d'être son film le plus connu mais ca ne l'empêche pas d'être un grand film, d'après une idée géniale d'Orson Welles, le cinéaste habitué au burlesque réalise la une œuvre tres satyrique, presque cynique qui remet complètement en cause la valeur de la vie et la gravité du crime ! Un film audacieux et cruellement drôle, a la fois charmant et méchant, avec beaucoup d'humour noir et de l'émotion et qui se termine sur des propos tres intéressants du personnage central, et qui amènent a réfléchir ! La mise en scène est impeccable, certains plans sont vraiment géniaux, tout cela est mis en musique de manière tres sympathique, en contradiction avec l'histoire et le personnages, bien loin d'être sympathiques. "Monsieur Verdoux" est un film terriblement intelligent, a la fois moral et immoral, un paradoxe des plus intéressants et qui influencera beaucoup par la suite ! Une œuvre unique en son genre, le parfait contraire des premiers films de Chaplin, au lieu de présenter un personnage simplet et amusant, le réalisateur/acteur présente un personnage cruel, intelligent et même philosophe ! Et ce avec toujours la même virtuosité dans son jeu...
Film a priori mineur dans la célèbre carrière de Charlie Chaplin, Monsieur Verdoux est pourtant l'un de mes préférés. L'auteur de The Great Dictator nous livre ici un personnage manifestement et radicalement en contraste avec celui de the tramp - Hervé Bazin disait d'ailleurs au sujet de Monsieur Verdoux qu'il s'agissait du versant contraire de Charlot. Ici le burlesque pointe plus timidement le bout de son nez, préférant céder la place à la satire sociale. A partir de l'idée géniale d'Orson Welles, Charlie Chaplin développe une intrigue noire et corrosive, traitée avec une précision à couper au couteau... Précision qui témoigne de la mécanique du rire à laquelle excellait le fameux cinéaste - entre comique de situation et humour à répétitions, Chaplin avait définitivement réussi à renouveler l'héritage du muet au sein du cinéma parlant. Monsieur Verdoux est donc un classique incontournable, injustement méconnu par rapport à d'autres films de Charlie Chaplin, mais pourtant l'une de ses plus grandes réussites...
Charles Chaplin est un génie comme nous en avons rarement vu au cinéma. Comme dans "Le Dictateur", les répliques de fin révèlent le grand visionnaire qu'était Chaplin. A voir.