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    Paterson
    note moyenne
    3,4
    2124 notes dont 215 critiques
    16% (34 critiques)
    29% (63 critiques)
    22% (48 critiques)
    15% (32 critiques)
    7% (16 critiques)
    10% (22 critiques)
    Votre avis sur Paterson ?

    215 critiques spectateurs

     Kurosawa
    Kurosawa

    Suivre son activité 222 abonnés Lire ses 356 critiques

    4,0
    Publiée le 12 février 2018
    On avait quitté Jim Jarmusch dans la nuit de Tanger avec des vampires désespérés et assoiffés, dans une ambiance de fin du monde; on le retrouve dans la ville de Paterson avec ses gens modestes, chacun étant artiste - poète - à sa façon. Après la mélancolie vient donc la douceur d'un présent simple où les jours se ressemblent logiquement tout en étant distingués par d'infimes variations, qui seraient plutôt de l'ordre de l'écriture que de la mise en scène. Autant cette dernière s'en tient à une rigueur extrême dans sa répétition de plans (le travelling sur Paterson quand il longe le bar, la plongée sur le couple au réveil, etc.), autant l'écriture se permet quelques écarts (la panne du bus entre autres) qui ne se soucie toutefois jamais de faire avancer l'intrigue pour l'unique raison que d'intrigue, il n'y en a pas. Le film ne fait que tracer sept jours ordinaires d'un couple qui s'aime et qui essaye d'exister à travers la création, que ce soit la poésie ou la peinture, et les rencontres que fait Paterson, qu'elles soient réglées ou imprévues. Aucun grand bouleversement scénaristique, juste un éloge tranquille de la poésie qui passe à la fois par les personnages et par la mise en scène (les fondus enchaînés qui mêlent le visage de son protagoniste aux éléments de la ville) dans un film d'un calme olympien propre au cinéaste. Dans "Only lovers left alive", la poésie était partagée par deux vampires condamnés à survivre dans un monde en ruine; dans "Paterson", elle circule partout, se partage et permet une communion totale, qui va bien au-delà de cette ville du New Jersey, comme en témoigne le dialogue entre Paterson et un touriste japonais, lui aussi admirateur de William Carlos Williams. En somme, Jarmusch signe un très beau film, apaisant et esthétiquement accompli.
    Soren.K
    Soren.K

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    5,0
    Publiée le 24 mai 2017
    Sublime. Voici l'un des rares films où l'on pourrait croire qu'il ne se passe rien, alors qu'en fait il se passe l'essence d'une vie, un quotidien. Une répétition incessante de matière, comme un vide que l'on comblerait sans cesse : voilà ce qu'est la poésie. Une manière d'aborder notre vie, en lui conférant un sens nouveau, un émerveillement banal, épuré, tranquille. Et quelle beauté de cinéma. Des plans exceptionnels de simplicité, de profondeur, une bande son envoûtante d'à propos, des acteurs dont on dirait qu'ils découvrent eux-mêmes une manière de se représenter les choses, de ressentir, et une réalisation lente, errante, qui est un décor au temps qui passe, une scène d'infini. Voici la vie. Dans ses routines, sa simplicité, son utilité, sa délimitation temporelle et sensorielle. Il y a un couple, sans problèmes, unique et singulier comme tous, qui se lève le matin et se couche le soir, et entre temps occupe sa journée à préparer celle du lendemain, par le travail, le mouvement, la pensée... Chaque jour la même chose, à une différence près : celle de l'esprit. Paterson est poète. Il écrit. Il nous raconte ses journées, sous un angle toujours plus imprévu, inédit, alors que pourtant tout se ressemble. Mais une boîte d'allumette peut évoquer des choses, tout comme les événements monotones d'une ville, toujours nouveaux. La création est à portée de la main. Ainsi, tout se répète, le film entier est une duplication, à l'image de la présence nombreuse de jumeaux, à l'image de William Carlos Williams. Tout est duplicité, liberté ,enchaînement, lien. Et le film avance, comme si au montage on avait remis la même scène encore et encore. Pourtant, le film avance, inexorablement vers la fin, vers ce qu'il tend à être : Poésie. Qu'est-ce que l'existence ? Une répétition perpétuelle d'actions ayant pour but une survie matérielle, ou au contraire l'apparition soudaine, d'une fleur qui éclot, d'une pensée qui émerge, sensiblement, au milieu d'un cycle perdu : l'apparition d'une convergence, l'élévation d'une idée, d'une nouveauté, d'une action, d'un fait. Tel est le sens que Paterson nous propose. Au milieu de notre quotidien à l'apparence douteuse et ennuyante, que se passerait-il si l'on décidait de décaler notre journée d'une minute, de lui apporter un sens nouveau. Si l'on décidait de ne plus manger de simples céréales, de ne plus boire juste un café, de ne plus utiliser des "allumettes" mais de voir, goûter, sentir à la place des ces choses terriblement banales, une saveur particulière de la vie, admirer en elles l'écoulement du temps, la réalisation d'un moment sempiternel qui cache peut-être tant de choses, comme la définition de l'humanité ou de l'amour. Et si l'on décidait de regarder différemment le soleil lorsque l'on se lève, la lune lorsque l'on se couche, si l'on décidait d'insuffler à notre vie, une dimension d'inconnu, en plein coeur de cette répétition infernale ? Si l'on faisait de cette répétition, un art, une pièce, une histoire, dont chaque jour on formerait une particularité, si chaque jour s'écrivait d'une manière semblable, et pourtant unique, pour la simple et bonne raison que l'on pense, ou que l'on écrit, différemment, son histoire, dans notre tête et dans notre coeur ? Oui, respirons cet élan de sérénité, de calme, de placidité de l'instant, et voyons à travers Paterson ce que l'on ne peut voir en nous-mêmes, qui nous était peut-être fermé et qui nous ait maintenant certainement, ouvert pour toujours. Poésie, incomprise poésie, majestueuse poésie. Ce film est une éloge de la création poétique, une élégance de la manière de vivre, en harmonie avec la réalité qui nous entoure, dans la tranquillité et la tendresse des choses. Simple. Pur. Véritable. La source de la poésie est la première pensée que l'on porte sur chaque chose, que l'on accorde à nos mouvements, à notre vie, comme le goût du café ou de la bière qui reste présent toute la journée dans notre bouche, et que l'on oublie, mais qui reste là, pour nous rappeler que l'on a vécut aujourd'hui. Immense bravo à toute la réalisation et à Adam Driver pour ce moment d'honnêteté, poétique, vrai.
    Fiers R.
    Fiers R.

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    2,5
    Publiée le 22 décembre 2016
    Paterson. Nom du personnage principal comme de la ville où se situe l’action de ce film éponyme. Petite ville, petit couple, petite maison, petit boulot, petite vie faites de petits riens. La banalité du quotidien d’un quidam est admirablement bien rendue ici avec une certaine poésie qui fait partie intégrante de l’œuvre de Jim Jarmush. Pour ajouter à ce sentiment d’ausculter en toute tranquillité la trivialité de la vie de tout un chacun, « Paterson » est découpé en sept parties représentant les jours de la semaine mais surtout leur monotonie et la récurrence de leur composition pour les gens dit normaux. A ce niveau c’est réussi, mais encore faut-il réussir à transcender le sujet pour le rendre plaisant au spectateur. Sur ce second point, ça l’est beaucoup moins. Si ces instantanés de vie développent un certain charme au début du film, ils distillent, plus les minutes passant, un certain ennui poli rarement brisé par une séquence légèrement amusante (notamment celles avec le chien Marvin) ou contenant de bons mots. Ces quelques scènes qui retiennent l’attention ou font sourire ne suffisent pas à pallier à la monotonie générale de presque deux heures de long-métrage. Effectivement, cette platitude et ces répétitions rendent bien la simplicité, la banalité, les petites joies ou les petites peines inhérentes à la vie de n’importe quel citoyen de classe moyenne. La fatalité du quotidien en somme. Mais est-ce pour autant un sujet intéressant à filmer ? Pas sûr, ou alors il faut accrocher à ce rythme nonchalant et être envoûté par la petite mélodie qui s’échappe de ce nouvel opus de Jarmush. Son dernier film en date « Only lovers left alive », tout aussi lent et long, était néanmoins plus hypnotique. Le duo d’acteurs principaux, un duo qu’on a plaisir de voir associés (le prometteur Adam Driver et l’iranienne Golshifteh Farahani), tient pourtant le film à flots. Car « Paterson » se laisse tout de même agréablement regarder. C’est posé mais jamais poseur, finement observé mais jamais trop contemplatif ou prétentieux. On a parfois du mal à déchiffrer le ou les symbolisme(s) présents dans le long-métrage (si tant est qu’il y en ait) mais le metteur en scène n’a en revanche pas son pareil pour magnifier et prendre le pouls d’une petite ville anodine telle que celle filmée ici. C’est pétri d’un charme certain auquel on peut finit par succomber mais on peut aussi rester la majeure partie du temps sur le côté.
    Alain D.
    Alain D.

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    3,0
    Publiée le 11 juin 2018
    Une belle comédie romantique écrite et réalisée par Jim Jarmusch. Son scénario nous conte une histoire, non pas dramatique, mais triste. L'image est belle et le ton intimiste empli de sensibilité. Malheureusement, le rythme est désespérément lent et l'histoire on ne peut plus banale. Procédé scénaristique cher à Jim Jarmusch, en fait, il n'y a pas d'histoire mais une suite de rencontres. Heureusement, la présence de Marvin le Bouledogue Anglais, égaye quelque peu les nombreuses scènes à répétition. A l'affiche, on pourra savourer la présence de Barry Shabaka Henle dans le rôle de Doc le barman. Si Adam Driver assume bien le personnage principal, Golshifteh Farahani est charmante dans son rôle d'artiste rêveuse. Le pitch : Paterson est chauffeur de bus à Paterson, petite ville du New Jersey. Durant ses pauses, il écrit des poèmes, seuls moments d'évasion dans sa va vie peu passionnante et bien réglée. Du lundi au vendredi : réveil à 6H10, quelques mots à son patron dépressif, puis journée bus. Après le travail, quelques mots à sa femme, puis il sort le chien et va boire une bière au bar du quartier.
    Laetitia C.
    Laetitia C.

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    3,5
    Publiée le 25 janvier 2017
    Film très poétique qui embarque facilement le spectateur dans une exploration des petits bonheurs du quotidien. Belle performance des 3 acteurs, oui le chien est un élement essentiel du film! En revanche un peu long à mon goût...
    Alice L
    Alice L

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    5,0
    Publiée le 23 décembre 2016
    Le grand retour de Jarmusch!! Paterson est un film pleins de grâce et de poésie, Adam Driver et Golshifteh Farahani sont à la fois bouleversants, drôles et légers. C'est un film qui sublime le quotidien et donne envie de vivre, un chef d'oeuvre !!!
    Laurie B.
    Laurie B.

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    0,5
    Publiée le 28 décembre 2016
    Alors la, je ne comprend vraiment pas la critique... Sous couvert de cinéma d'auteur, on crée un objet cinématographique insignifiant et ennuyeux au possible. Ce film ne dit rien, n'analyse rien, il sonne creux. J'ai regardé ma montre toutes les dix minutes pendant 2heures, je me suis forcée à rester espérant un rebondissement qui ne vint jamais. On me dira que je ne pas su percevoir la sensibilité du film, seuls les pseudos intellectuels disposant d'une culture cinématographique avancée le pouvant... Force est à contester alors que ces "intellectuels cultivés" n'ont pas grand chose à dire et aiment passer deux heures à se regarder le nombril, bercés par une ambiance poétique qui sonne plus faux que jamais. Le cinéma élitiste dans toute sa splendeur.
    traversay1
    traversay1

    Suivre son activité 534 abonnés Lire ses 1 390 critiques

    4,5
    Publiée le 22 décembre 2016
    Le dénommé Paterson habite dans la ville de Paterson dans le New Jersey et son livre de poèmes préféré a pour titre Paterson. Comme le film de Jim Jarmusch, bien entendu, qui grappille les petits bonheurs des journées que d'aucuns trouveraient insipides : des rencontres, une conversation dans un bar, des coïncidences troublantes, des mots pour un poème, le regard de son chien. Bref, des petits riens qui sont pour beaucoup dans la fantaisie et le joli sens de l'absurde que cultivent cet orfèvre de Jarmusch. Le très lunaire Adam Driver et la délicieuse Golshifteh Farahani nous guident, l'un au volant de son bus dans les rues de Paterson, l'autre à la maison, dans un univers drolatique mais cohérent, où la répétition d'une certaine routine ne s'avère jamais fastidieuse, loin de là. Car il suffit de peu de choses pour changer la perspective et découvrir de nouveaux détails. La mise en scène de Jarmusch est d'ailleurs formidable sans pour autant être voyante, restant modeste mais oh combien imaginative, filmant souvent les mêmes actions mais jamais de la même façon. Il se dégage de l'ensemble une sérénité et une douceur fantastiques au point que l'on aimerait que le film dure 5 heures, tellement on est bien dans cette petite ville de Paterson avec Adam, Golshifteh, leur bouledogue, les piliers de bar et tous ces inconnus croisés au hasard des situations.
    gargouy
    gargouy

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    0,5
    Publiée le 23 décembre 2016
    Je ne suis pas rentré dedans. Regardez la bande-annonce et vous aurez économisé 2h de votre vie et 10€. Alors certes, il y a de superbes plans-séquences et une mise en scène sûrement brillante, mais il y avait tellement mieux à faire côté scénario. Et puis franchement, de la poésie ? Même en VO ça sonne creux, des vers libres à foison, à peine dignes d'un collégien. Alors quoi, le poète a une âme d'enfant ? Mais qu'avons-nous fait pour mériter pendant ces 2 longues heures le regard pseudo-contemplatif d'Adam Driver, aussi vide que celui d'un poisson au rayon marée... La Palme de l'ennui.
    cosette2010
    cosette2010

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    0,5
    Publiée le 30 décembre 2016
    Mais quel ennui mortel ! il ne se passe rien ! Je suis furieuse d'avoir été ainsi trompée par la critique. Jim Jarmusch n'est pas une garantie de qualité. Paterson à une vie totalement sans intérêt, conduit un bus, écrit de pseudo poèmes, vit avec une niaise exasperante qui se prend pour une artiste, sans aucun sens des réalités et il faut s'émerveiller ? Je ne comprends pas ces critiques dithyrambiques... Comment perdre son temps. Je ne suis pas du tout touchée, et pourtant je connais Adam Driver pour l'avoir vu dans Girls. Sans parler des gros plans incessants sur le chien sûrement plus expressif que ses maîtres.... Juste nul.
    Hugo.Mattias
    Hugo.Mattias

    Suivre son activité 41 abonnés Lire ses 15 critiques

    2,0
    Publiée le 19 août 2019
    Une petite chronique gentillette qui offre une vision superficielle de la poésie, mais aussi (et c’est ce qui m’a le plus gêné) de tout ce qui peut la nourrir, et qui est ici réduit à une galerie de personnages vaguement pittoresques et à une routine quotidienne, paresseusement sublimée par une mise en scène qui tient elle aussi de la routine. Tout ça pour dire que la poésie est partout? En tout cas elle n’est pas dans ce film selon moi.
    philetsarah
    philetsarah

    Suivre son activité 1 abonné Lire ses 30 critiques

    4,0
    Publiée le 19 février 2017
    Un film doux, poétique, léger, drôle empli de finesse, un couple tendre respectueux, amoureux... Des scènes originales, un rythme lent et "savoureux".
    Flaw 70
    Flaw 70

    Suivre son activité 226 abonnés Lire ses 98 critiques

    5,0
    Publiée le 28 décembre 2016
    Jim Jarmush est un cinéaste du calme et de l'introspection. Peut importe l'ampleur de ses sujets ou le genre de ses films, il préférera toujours l'onirisme d'un contexte que l'urgence de l'action. Ce qui le fascine, c'est le quotidien, celui qui régit la vie mais aussi celui qui est dicté par la mort et surtout l'amour. Ces contraintes qui façonnent un individu, modèlent une âme et construisent une vie. Avec Paterson, il arrive à l'apothéose de cette logique et offre une continuation logique à son Only Lovers Left Alive, qui voyait un couple d'immortel surmonter les contraintes de leurs quotidiens qui se voyait bouleversé à mis parcours. Ici, il cherchera à s'intéresser à l'éphémère. Ici le couple est prisonnier du temps qui passe (souvent montré à travers le défilement des jours mais aussi par les plans sur la montre du personnage principal) alors que dans son précédent film, les personnages étaient victimes d'un temps qui n'a plus d'emprise sur eux. Paterson a en ça quelque chose de plus concret, plus proche de son spectateur. Le quotidien subit par ses personnages est le nôtre. Il est autant une contrainte qu'il est une forme de sécurité, le couple trouvant une forme de stabilité à travers lui, le danger viendra seulement quand leur structure du jour le jour commencera à être menacé et à évoluer. Car sans repères, qui l'on est ? Qu'est ce qui nous définit ? Pour Paterson, le personnage principal, ses repères viennent de ses influences que ce soit les gens qu'il côtoie, des lieux qu'il fréquente ou des poèmes qu'il lit. Il devient un personnage méta, rien que par le prénom qu'il porte car Paterson est aussi le nom de la ville dans laquelle il vit mais c'est aussi le nom d'un poème de William Carlos Williams, le poète favori du personnage. L'homme, la ville et l'oeuvre vont finir par se confondre et se répondre sans cesse pour apparaître comme une seule et même entité, un phénomène du quotidien. Les trois sont ancrée dans le passé, l'oeuvre est un vieux poème, la ville est en pleine perdition et vit à travers sa gloire d'antan tandis que le personnage refuse d'aller de l'avant. Il ne veut pas se plier au technologie en refusant d'avoir un téléphone portable et le récit s'enclenche à la suite d'un rêve raconté par sa femme. Première scène du film où elle lui parle de son rêve où elle et lui avaient des jumeaux. Paterson croisera beaucoup de jumeaux durant la semaine où on le suit, interrogeant sa peur d'être père mais aussi sa peur de transmettre. Sa créativité est intériorisé, ses poèmes sont avant tout pour lui. Un moyen d'affronter son quotidien et de communiquer par lui-même et pour lui-même car en dehors de ça, Paterson est un homme de peu de mots. Contrairement à sa femme, beaucoup plus extravertie et qui fait de son art un moyen de partage parfois proche de la lubie. Sa manière de repeindre toujours les choses, de constamment créer de nouvelles choses ou encore de multiplier les rêves comme vendre des cupcakes ou devenir chanteuse de country. Rêves dont elle se donne les moyens de les accomplir. D'où la peur de Paterson quand elle lui parle de son rêve d'avoir des enfants. Les deux personnages sont l'opposé de l'autre, Paterson est quelqu'un au goût simple, qui ne veut pas faire de vagues alors que Laura est plus soucieuse de ce qui l'entoure et veut pleinement laisser s'exprimer sa créativité. Ils sont différents mais complémentaires ce qui en fait un couple qui fonctionne si bien. Un couple simple, loin des grandes déclarations et qui vit à travers le quotidien et il est admirablement servi par la lumineuse Golshifteh Farahani, toujours très juste, et le formidable Adam Driver. L'acteur dégage un charisme de dingue et une sensibilité impressionnante pour faire véhiculer tout les maux de son personnage. Habitué aux rôles de grands énervés, il trouve un rôle plus à sa mesure ici, Jarmush à compris son acteur et lui offre son plus beau rôle. Car Paterson est un personnage qui est défini avec beaucoup de subtilité et il y a une osmose parfaite entre la mise en scène, l'interprétation et l'écriture pour aboutir à cela. Le principal frein qui régit la vie de Paterson est son syndrome post-traumatique. Il suffira que d'un plan sur une photo, la structure presque militaire du quotidien du personnage et la performance meurtri de Driver lors d'une confrontation en fin de film pour comprendre cela. Le film ne cherche pas à en faire trop, ce qui le rend d'autant plus fort et tangible. Comme lorsqu'il parle de la poésie, nourrit des vers libres de Ron Padgett, et de l'art en général. Au fil de ses rencontres, souvent amusantes par ailleurs le film sachant se montrer très drôle et toujours très symboliques, le personnage se rend compte qu'il n'y a rien de particulier à sa poésie. Il est doué mais d'autres sont aussi doué que lui et il ne s'impose jamais comme un génie dans son domaine. Mais à travers ça, le film offre une bonne leçon. Le poète n'est pas un métier ni affaire de talent mais c'est une question de passion. L'artiste n'est pas défini par son art mais par son cœur, son envie de créer malgré l'échec et que le talent est subjectif, il est beau à travers notre vécu, notre quotidien. Par ce concept simple, Jim Jarmusch vient de résumer toute l'essence de son cinéma et fait de ce Paterson son oeuvre la plus intime mais aussi la plus profonde. Beaucoup pourraient y voir un film mineur car au final il ne s'y passe pas grand chose alors que tout ce qui fait le cinéaste est dedans. Il atteint ici l'apothéose de son style et offre une oeuvre quasi-parfaite, on déplorera peut être une scène un peu trop grossière en fin de film, celle qui pourrait faire office de "moment de tension". En dehors de ça, Jim Jarmusch offre une mise en scène harmonieuse qui sublime le quotidien de ses personnages, les scènes se ressemblent mais aucune n'est pareille et il arrive avec ingéniosité à transmettre la passion à travers une routine très mécanique. Il transcende son sujet et parvient à construire son film comme un poème, l'onirisme emballe le tout avec une musique enivrante et magnifiquement utilisée. Les jours sont des proses, et les répliques les vers qui les composent. Surtout que Jarmusch à un sens du timing incroyable, ses scènes ne sont ni trop longues, ni trop courtes. Elles s'achèvent et commencent toujours au bon moment se qui rend justice à l'impact qu'elles transmettent. En ça, la conclusion est brillante offrant un sentiment de plénitude agréable tout en nous laissant rêveur sur ce que l'on vient de voir. Paterson s'impose très clairement comme un grand petit film. Jim Jarmusch transmet toute sa passion dans son film et parle directement aux spectateurs sur son art mais aussi sur l'art de chacun. Il ne prend jamais de haut et trouve beaucoup de justesse dans cette oeuvre où il y met toute son âme. Une belle déclaration d'amour à l'art en général mais aussi à la vie, qui malgré les contraintes et les redondances reste un halo de douceur et de passion. Servit par un couple attachant et joué par de grands acteurs, Paterson est un film admirablement écrit et mis en scène qui fait indéniablement chaud au cœur sans jamais tombé dans la naïveté tout en trouvant une subtilité et une justesse assez rare sur son sujet qui est en plus assez dense. Formidable réussite et une des meilleures œuvres de l'année.
    elbandito
    elbandito

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    1,0
    Publiée le 23 décembre 2017
    La vie de Paterson n’est pas bien palpitante. Il est heureux en amour, sa compagne Laura lui est totalement dévouée, il conduit un bus à Paterson, écrit des poèmes dans un petit carnet secret, il contemple son environnement avec bienveillance et aime son prochain. Jim Jarmusch arrive à retranscrire parfaitement cette monotonie de la vie, simple et sans prétention, d’un couple d’américain moyens, heureux. En revanche, on se demande l’intérêt d’en faire un long métrage aussi exaspérant. Sauf si l’intérêt du réalisateur est justement de dire que l’amour est partout, dans les petites choses anodines du quotidien, que l’essence même de ce quotidien s’imprègne dans tout notre être jour après jour. Et c’est souvent de ces tout petits riens que naissent les plus grands poèmes. La vie de Paterson est en soi un poème, miracle de simplicité. Il n’empêche que le film de Jim Jarmusch est insoutenable.
    MightyBart
    MightyBart

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    0,5
    Publiée le 10 janvier 2017
    terriblement ennuyeux, au bout d'une heure et demi on n'a pas plus avancé que dans les 5 premieres minutes du film.... malgré de belles images ce film reste plat.
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