Sur le papier, "Scream 3" était peut être le plus intéressant. Plongé dans l'univers des coulisses de "Stab" (film dans le film inspiré des événements des deux "Scream" précédents...pfiou compliqué), on aurait pu s'attendre à quelque chose d'étoffé, rempli de clins d’œil, jonché de références, mais au lieu de ça Wes Craven se confronte à ses vieux démons. Aussi les personnages perdent en crédibilité, ne semblent plus n'être que des pions, des marionnettes dont le cinéaste tire les ficelles. Quelques séquences valent néanmoins le détour, mais sont anecdotiques. Le metteur en scène choisit l'homogénéité. Ainsi, qu'il s'agisse des nouveaux arrivants ou des anciens, ils ne se démarquent absolument plus les uns des autres et donc, très vite, cela instaura un climat de confusion dont on se serait bien passé. En ce sens, il n'était donc pas compliqué d'insinuer pendant prés de deux heures que tout le monde pouvait être porteur du masque de Ghostface, mais n'est-ce pas une facilité narrative? Gros défaut de ce troisième épisode, le scénario s'emprisonne dans un registre unique et ne permet pas d'identifier clairement les enjeux. Moins d'humour, plus de sang mais moins d'angoisse, "Scream 3", sans être un échec, est le plus inférieur de la saga. Si bien que, contre toute attente, on a la sensation parfois que ça tourne en rond et que Craven ne sait pas trop où il va lui-même, jusqu'au dénouement qui manque le coche, à défaut d'être imprévisible, puisque le cinéaste n'a jamais pris le temps de se concentrer sur son trio de protagonistes, comme il l'avait si bien fait dans les deux autres.