Un regard sur les femmes et l'attitude d'hommes. Un film, une œuvre bouleversante. Des vies contés avec violence parsemés de douceurs, de rires mais plus que tout par l'ESPOIR!!! A voir
Après Mustang sur la situation des des femmes en Turquie, La saison des femmes sur leur situation en Inde n'a rien à envier à la qualité de Mustang. Révolte et espoir sont au manu de ce film mené et interprété remarquablement..
Un chef d'oeuvre du cinéma indien. Rien de moins. Avec beaucoup de symboles cachés, chaque personnage incarnant des aspects mythiques. On voit combien ce peuple est encore relié au paganisme. Les acteurs jouent merveilleusement bien, tout en naturel. Le conflit modernité / tradition en choquera plus d'un, ceux qui pensent que leur petit coin d'Europe est le centre du monde. Ce film reprend aussi une tradition de Bollywood avec des chansons intercalés entre les scènes.
J’étais allée voir ce film en salle lors de sa sortie en 2016 — dans un cinéma indépendant car très mal distribué malheureusement — et je le revois en fin d’année 2019 avec un regard presque neuf. Je n’avais rien oublié des couleurs, des plans, de l’ambiance, mais l’histoire, le fil de l’intrigue m’avait échappé. Un plaisir donc de le redécouvrir. En 2016 il m’avait chamboulé, en 2019 il réveille ces sentiments. Bien que beaucoup plus prenant et vif sur grand écran, l’émotion reste présente au cœur du film vu en petit format. L’histoire d’abord, classique pour un film indien de genre : il dénonce la maltraitance subie par les femmes dans une société aux lois archaïques. Les femmes sont vendues au plus offrant pour servir de poule pondeuse et de vide couilles à des hommes qui ne sont pas plus ravis qu’elles de les épouser. Et chaque génération répète le schéma cycliquement. La saison des Femmes nous poste à la fin d’un cycle et au début d’un nouveau, là est toute sa force. Rani, qui visiblement souffre des règles qu’elles doit respecter, achète une femme, Janaki, à son fils unique, faisant subir à la jeune mariée le même sort désolant qu’a pu être le sien. On pourrait penser que Rani est rendue aveugle par le patriarcat de son village, ce qui pardonnerait sa façon d’agir auprès de la jeune femme de son fils, mais il n’en est rien puisque sa meilleure amie, Lajjo, nous est présentée sous les traits de la « femme fertile » du village. Dans ce monde, ne pas pouvoir procréer est une tare immense, grande inutilité de la femme si elle n’est pas bonne à enfanter. Rani, en connaissance de causes, perpétue les traditions, enfermant Janaki avec elle pour le bien de son fils, allant même jusqu’à vouloir renier son amitié de longue date avec la quatrième protagoniste de cette histoire, une danseuse prostituée, Bijli, qui semble avoir réussi à se libérer de ce carcan grâce à son pouvoir de séduction et d’asservissement de l’homme. Bref, quatre destins funestes qui dépeignent et démontrent le quotidien abjecte de la Femme indienne, mais aussi de la Femme dans un beaucoup trop grand nombre de pays. Le scénario est lourd et les scènes de violences pesantes mais sans jamais tomber dans le malaise infernal. Le tout étant contrebalancé par de nombreux moments de joie, d’humanité et d’entraide. La mise en scène vogue sur deux rivages. D’un côté les scènes d’intérieur au cadre serré qui nous enferme dans ce quotidien étouffant et difficile, de l’autre ces plans larges d’extérieur qui nous balancent des bouffés d’air frais. La couleur chaude de l’image accentue les deux parts, on étouffe avec ce grain orangé, mais on s’y sent comme dans un cocon, refuge sensuel, lorsque les femmes se retrouvent pour se serrer les coudes. Cette alternance entre les scènes difficiles et celles plus joyeuses, nous permet de respirer avant de manquer d’oxygène mais aussi de cesser de sourire une fois que l’on pense que la liberté est acquise. Rien n’est perdu mais rien n’est gagné. Rien d’idyllique et pourtant la couleur pétante des tenues traditionnelles nous permet d’apercevoir une possible échappatoire. Le film laisse entrevoir une issue dans laquelle les hommes sont complètement effacés du schéma, idée renforcée par les quelques moments de profonde intimité que ces amies partagent ou rêvent de partager. Pourtant il y a quelques rôles masculins qui, heureusement, nous prouvent que l’homme peut aussi être acteur du sauvetage de ces femmes. Ce ne sont pas les hommes qui font de ces sociétés un enfer, ce sont les lois du patriarcat sans cesse durcies et jamais revues. Certains hommes cependant se rendent compte du sort qu’ils infligent aux femmes, mais aussi à eux même, et tentent tant bien que mal de changer les choses. Si la fin du film tente à prouver que les femmes sont seules maîtresses de leur survie, il n’est pas dit que les hommes sont à jeter. Pas de manichéisme, rendant donc ce récit plus que réel. Il n’y aura pas de libération de la Femme si les hommes n’y prennent pas part.
Image sublime de bout en bout et une grande légèreté dans le déroulement d'une histoire de plus en plus dramatique au fur et à mesure que le film avance pour en aboutir à une magnifique image de libération de la femme, sans prendre la tête, ni faire intello, ni bobo en mal de bonne conscience, c'est important.
Bouleversant, violent, mais si fort et si beau, ce film se passe de nos jours dans un village du Gujarat, au nord de l'Inde où la télévision n'est pas encore arrivée. Tourné par une réalisatrice indienne, il semble, par la précision de ce qu'il décrit, un témoignage de la vie des femmes dans ces villages et plus généralement du sort des femmes dans la société indienne rurale. Ce film nous présente 4 personnages de femmes entre 15 et 32 ans, entourées d'une société dominée par les hommes, où les femmes se transmettent leur servitude, comme leur collier, d'une génération à l'autre. Seule la présence d'un couple indien moderne, instruit, bienveillant nous montre que cela pourrait être différent si l'éducation passait par là. On pense à "Mustang", les jeunes filles étant mariées (vendues contre dote) sans leur consentement à 15 ans. On pense aussi à "Much loved" qui nous montrait un univers de prostituées marocaines. Le titre original "Parched" signifie desséché(e) en anglais et en effet tout semble desséché, sans espoir de liberté, sauf un oasis de paix, derrière une colline près d'une grotte et d'un lac, où la sensualité indienne s'exprime dans le sexe, comme dans la musique, la danse et la fête.
La réalisatrice indienne, Leena Yadav, met en lumière des femmes drôles et fortes qui cachent les secrets et les blessures d’une société ultra codifiée et machiste. "La saison des femmes" alterne les moments de grâce et de coups de poing en abordant adroitement de nombreux thèmes récurrents dans la société indienne. Malgré la violence des hommes, ces femmes merveilleuses réussissent par percées à faire de ce film un feel-good movie par leur vitalité, leur courage et leur ténacité.
Ce film est un véritable coup de cœur d’un optimisme et d’une énergie formidables.
Trés beau ... autant visuellement que du point de vue du message. Je déteste les bollywood et suis toujours interpellée par le gouffre entre la représentation des femmes au cinéma, et la réalité de la condition féminine en Inde ... ce film est très réussi, révoltant et émouvant.
J'ai adoré !!! Une magnifique histoire de femmes et d'actualité, qui prouve bien le manque d'intelligence et l'archaïsme des hommes indiens qui engendrent les violences faites aux femmes indiennes et font reculer la condition féminine en Inde. Les 4 excellentes actrices ont été primées au Festival de Toronto. <3 <3 <3
La saison des femmes, le film se passe dans un village d'une région désertique au nord de L'Inde. C'est un film qui nous montre une violence inouïe faite aux femmes. Certes, c'est une fiction mais tirée de faits réels. Une organisation patriarcale, les anciens, tous des hommes, sensés être des sages, régissent l'ordre dans ce village et notamment la domination des hommes. Le film est constitué d'une succession de témoignages, au gré des événements. Il s'agit d'informer, les consciences en Inde et si d'aventure il est sensuré, le diffuser ailleurs. Espérons de nombreuses actions en faveur du respect de la dignité des femmes, bafouée en permanence dès lors qu'elles ont 14 ans et deviennent des esclaves et des objets sexuels des hommes. Cependant les femmes arrivent à rire d'elles-mêmes et parfois à justifier la violence qui leur est faite. Les femmes trop vieilles pour intéresser les hommes sont envoyées aux champs dans ce désert pour biner et sans doute tenter d'obtenir des légumes. J'ai été particulièrement choqué par la violence et la dureté de ce fim, d'autant plus que Gandhi nous a laissé un témoignage de non violence de l'hindouisme. Ce film nous dit: cessez de penser que le monde respecte partout, La convention internationale des droits de l'homme. Combien de spectateurs faudra-t-il pour changer cet enfer imposé aux femmes ?