Le Cirque
Note moyenne
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Ti Nou

625 abonnés 3 863 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 janvier 2022
Le vagabond de Chaplin va se retrouver entraîner dans un cirque qui exploitera sa maladresse pour faire rire le public et retrouver le succès. Ce n’est certes pas le film le plus profond du réalisateur, mais l’environnement forain lui permet de s’amuser et de signer un film délicieusement ludique.
Le D.
Le D.

247 abonnés 1 129 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 mars 2021
"Le cirque" est un film plutôt sympa avec une histoire intéressante. Des moments comiques et les personnages sont attachants. Par contre j'ai trouvé certains moments gênant et certaines scènes un peu long.
kibruk
kibruk

196 abonnés 2 767 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 mars 2021
"Le cirque" est le film de Chaplin qui précède ses trois monuments du cinéma que constituent "Les lumières de la ville", "Les temps modernes" et "Le dictateur" et je ne l'avais jamais vu. Sans atteindre le niveau de ces trois chefs-d’œuvre, il est tout aussi mémorable qu'un film comme "La ruée vers l'or" mais curieusement moins connu. Très drôle et bourré d'idées incroyables, sa vision ne pourrait être justifiée que par la fabuleuse scène du funambule. 
Agnes L.
Agnes L.

229 abonnés 2 013 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 février 2021
Drôle mais aussi un peu nostalgique. Toujours beaucoup d'inventivité et le plus amusant se passe pendant les répétitions et dans les coulisses, pas pendant le spectacle.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 853 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 janvier 2021
Chaplin réussit le tour de force de créer divers numéros burlesques au sein d'un cirque, soit une sorte de huis clos, en variant les ressorts comiques sans se départir de sa poésie singulière. Même si une certaine redondance ne peut être évitée et que les enjeux peuvent sembler ténus, ce moyen métrage se démarque par son histoire sentimentale qui confère une grande délicatesse à ce vagabond inoubliable. Une tendre comédie.
GéDéon
GéDéon

136 abonnés 713 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 2 janvier 2021
Pas forcément le plus connu des films de Charles Chaplin, mais il est véritablement rempli de tendresse et d’humour. Sorti en 1928, ce film muet parvient à séduire les grands et les petits grâce à l’enchaînement de gags irrésistibles. En effet, l’univers du cirque offre au célèbre Charlot l’inspiration nécessaire pour de multiples acrobaties et pitreries clownesques. L’histoire possède également une trame dramatique sensible. Bref, une œuvre de grande qualité.
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 331 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 septembre 2020
Le Cirque est très certainement le long métrage mettant en scène le personnage de Charlot le moins connu (L’Opinion publique et les 4 derniers films de Charles Chaplin ne mettant pas en scène le vagabond moustachu). Pourtant, ce film au tournage extrêmement compliqué (un incendie ravagea le décor et les accessoires, les roulottes ont volées et surtout le film fut victime du divorce très houleux entre Chaplin et Lita Grey) et qui avait été invisible pendant 40 ans est un pur chef-d’œuvre de comédie. En effet, contrairement à la majorité des films du maître où le mélodrame et l’aspect social possèdent une place importante, Le Cirque cherche constamment à faire rire et y arrive grandement. C’est peut-être ainsi le long-métrage de Chaplin qui se rapproche le plus de ses premiers courts. Il y développe à merveille tout l’art comique, le sens de la chorégraphie et le talent visuel qu’il travaille depuis quasiment 15 ans spoiler: (les scènes de la salle des glaces, de l’imitation de l’automate et du numéro de funambulisme avec les singes sont de purs bijoux !)
et restent toujours aussi efficaces plus de 90 ans plus tard. Si, comme à son habitude, Chaplin privilégie l’art de la pantomime sur les effets de mise en scène, il s'en permet cependant quelques-uns quand ceux-ci servent son réci spoiler: t (le dédoublement de Charlot pour illustrer son rêve de botter les fesses du funambule qui charme Merna)
. Enfin, le film ayant été tourné au temps du muet, il faut rappeler que le cinéaste signera pour sa ressortie de 1969 une excellente bande originale qui servira d’accompagnement musical au long-métrage dès lors et qui contient le titre Swing little girl qui ouvre le film. S’il y a bien un cinéaste qui peut permettre à un jeune public de découvrir le cinéma muet sans le rebuter, c’est bien Charles Chaplin et Le Cirque, malgré son manque de notoriété par rapport à des œuvres comme Le Kid ou La Ruée vers l’or, est un des chefs-d’œuvre qui peuvent réussir à rendre hilare un public pouvant aller des très jeunes enfants aux personnes les plus âgées et pouvant venir de n’importe quelle partie du monde. Un film universel !
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

253 abonnés 2 692 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 juillet 2020
Le Cirque est un excellent film de Charlie Chaplin ; clairement un de ceux qui m'ont le plus plu du cinéaste alors qu'il est injustement nettement moins connu que Le Dictateur, Les Lumières de la Ville, Les Temps Modernes, Le Kid ou La Ruée vers l'Or.
Les mésaventures de Charlot sont toujours aussi drôles que rocambolesques (ici, le personnage de Charlot est obligé de travailler dans un cirque pour fuir la police qui le croit coupable de pickpocket) et Charlie Chaplin est extrêmement attachant ici en génie de l'humour malgré lui, à la merci de personnages abusant habilement de son potentiel comique (peut-être une métaphore de sa carrière professionnel). Sa comparse à l'écran (Merny Kennedy) est très bien mais c'est logiquement le personnage de Charlot qui captive l'écran à chacune de ses apparitions.
Il n'y a pas de temps mort, le film est très bien rythmé. Les gags sont tous très percutant.
Le film est assez irréprochable. Je l'ai vraiment beaucoup apprécié et je le recommande vivement.
Roub E.

1 308 abonnés 5 375 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 juillet 2020
Le vagabond et le cirque la rencontre sonne comme une évidence avec le passé de Charles Chaplin en artiste de music hall. Ce n’est pas le plus connu des Charlot est pourtant c’est un de ses très grand film. Un de ceux dont la magie opère toujours 100 ans après. Aux manettes de quasiment tous les aspects du films : réalisateur, acteur, scénariste, producteur, même la musique, il livre un film ou transparaît son côté poétique, humaniste et son goût du burlesque avec aussi en plus un hommage aux gens du spectacle. Le film contient plusieurs passage merveilleux comme la course poursuite avec le policier dans le palais des glaces (une pure merveille de mise en scène), la scène du lion ou celle sur la corde raide. Si le propre d’un chef d’œuvre est d être intemporel alors le cirque en est un à coup sûr.
Musomuse
Musomuse

12 abonnés 237 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 juin 2020
Le cirque de Charlie Chaplin. Ce n'est pas extraordinaire il est vrai. Mais souvenons nous pourquoi Chaplin. Un réalisateur / acteur / metteur en scène ayant inventé une part conséquente du cinéma que l'on connait en ayant était le pionnier du médium en son temps. Donc c'est fou mais pas aujourd'hui. Il s'agit d'un film qui aujourd'hui est bien moins intéressant qu'à son époque rappelons nous cela. Rien n'est à jeté pour autant. La trame, la mise en scène reste de qualité. Je n'ai pas vraiment de chose à dire sur ce film. C'est une pièce de musée, importante mais uniquement par son histoire. Le pouvoir de l'amitié. Et tout ça en muet. Ouais c'est cool, mais The Artist de Hazanavicus aussi est muet et a eu un oscar. Donc est ce que c'est un génie? Non! C'est pas être un génie de faire un film muet qui dit des choses. Par contre fondé quelque chose ça c'est une preuve de génie. Tout le monde peut faire des choses sous la contrainte. Mais quand tu ne connais ni les contraintes ni les possibilité. C'est une autre paire de manche. Uniquement pour ça je dit Chaplin est important. Le reste me semble assez simple. C'est une histoire parmi tant d'autre, qui a l'avantage d'être la première. Franchement il y a des films bien plus beaux. Des auteurs bien plus talentueux. Mais lui. C'était le premier. Alors on retient celui qu'on a vue en premier. Alors merci Chaplin pour Le Cirque. Car grâce à toi j'ai pue vivre dans un monde où Les enfants du Paradis existe.
Nicolas S.
Nicolas S.

130 abonnés 1 591 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 juin 2020
"Le Cirque" est un Chaplin moins connu que "La ruée vers l'Or" ou "Le Dictateur" mais il mérite que l'on s'y arrête. Il a en effet la particularité d'être mélancolique, malgré des scènes comiques efficaces.

On y retrouve le personnage iconique de Charlot avec sa dégaine bien identifiable, à nouveau embarqué dans une histoire qui le dépasse, et qui, à force de maladresses et de situations cocasses, parviendra à faire rire le spectateur.

Dans "Le Cirque", on a aussi quelques effets spéciaux et un montage étonnamment modernes pour un film de 1928.

Cela dit, l'histoire n'est pas très prenante. Elle reste classique et les personnages semblent assez banals, dominés par un trait de caractère (la colère, le romantisme ou le charme, par exemple), ce qui rend difficile tout attachement.

Finalement, on traverse le film sans vraiment être marqué par l'histoire ou les personnages. Ce qui explique pourquoi, sans être mauvais, "Le Cirque" est un long-métrage un peu moins connu de Chaplin mais qui mérite, malgré tout, le coup d'oeil, ne serait-ce que pour son ambiance.
Chervyn G.
Chervyn G.

2 abonnés 13 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 avril 2020
Hilarant au début, romantique au milieu pour finir sur une note émotionnelle ce charlot témoigne d'une maîtrise de genres variés de son talentueux et génialissime créateur... Charlie Chaplin nous livre une performance incroyable servie par une narration dynamique et surprenante ! Toujours plus original dans les gags on y rigole encore près de 100ans après ça sortie dans les salles !!!
MaCultureGeek

1 162 abonnés 1 224 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 avril 2020
Charlot est à mon sens bien moins comique que tragique : il y a, dans ses moments de comédie les plus absurdes et inventifs, cette détresse silencieuse exprimée en chanson par le sublime Smile des Temps Modernes. Le Cirque tourne entièrement autour de cette expression du désespoir sentimental de cet être sans attache ni pied-à-terre (du moins, ne l'a-t-il pas encore déniché), au point de composer l'une des performances les plus touchantes du cinéma comique, toutes époques confondues.

Parce qu'on y rit autant avec que de Chaplin : bien conscient d'être un pitre avant d'être un artiste, il réduit, dans la première partie du long-métrage, son personnage à la plus simple expression du divertissement populaire qui soit; Charlot, drôle à ses dépens, est destiné à la solitude de celui qui rend la vie des autres plus acceptable. Habité de cette mission d'utilité publique, il n'osera pas s'opposer à ceux à qui profitent de sa maladresse, bien moins par lâcheté que par gentillesse absolue.

D'une pureté qui suscite autant l'admiration que ce qu'elle frôle la naïveté, il avance avec son pas de pingouin et rend plus beau, plus attachant tout ce qu'il touche : du patron tyrannique et violent à son bras droit primaire et bourru, il les transformera en doux agneaux par l'intérêt qu'ils dénichent en lui. Il n'était en même temps pas bien difficile de comprendre que Charlot, la poule aux oeufs d'or ayant atterri miraculeusement dans un cirque portant bien son appellation, rapportera gros à ceux qui le dirigent. Forcés d'être sympathiques, de le chouchouter, ces derniers perpétuent l'idée selon laquelle Charlot ne peut-être aimé, dans ce volet, que lorsqu'il va dans l'intérêt des autres.

Trop pur pour se douter de leur opportunisme, il feint d'être volontairement l'attraction du spectacle au moment de l'apprendre : c'est parce qu'il est lui qu'il est drôle, parce qu'il existe sans artifice ni travail établi au préalable. Cette sincérité là, qu'on pourrait aisément taxer de spontanéité rayonnante, définit la vie de son personnage et celle de son interprète, appuyant, il fallait s'y attendre, la dimension cathartique du protagoniste Charlot.

Chaplin, à l'orée du cinéma parlant, prépare ses adieux à son personnage fétiche par l'aveu de son incapacité à se résigner aux attentes stéréotypées de producteurs incarnés par les deux malfaiteurs en chef du cirque : en lui demandant de reproduire sa maladresse involontaire, ils dénaturent son art parce qu'ils suppriment l'essence spontanée de son humour. Et c'est parce qu'il tente de refaire l'infaisable - imiter à l'identique le génie de l'imprévu - qu'il ne plait plus à personne. Défait de sa personnalité sincère, de sa maladresse réjouissante, Charlot ne peut plus exister parce qu'il n'est simplement plus Charlot.

Chaplin prend ici en compte toute la mesure désespérée son personnage : il n'existe, comme on l'évoquait plus haut, que parce qu'il va dans l'intérêt des autres, quitte à perdre son statut d'homme pour n'être plus qu'un divertissement dont il faut profiter tant qu'il n'a pas encore lassé le public. Ce questionnement, attestant de la dimension pathétique de Charlot, témoigne des inquiétudes d'un réalisateur/acteur/scénariste en proie aux évolutions technologiques et culturelles de son époque : aussi vrai que le public rejette les frasques de Charlot lorsqu'il tente de reproduire une recette qui marcha en des temps plus insouciants, à quel moment connaîtra-t-il, lui aussi, les demandes forcées des producteurs, souvent signes de la fin d'une époque et d'une carrière?

Devra-t-il, aussi, se résigner à les accepter pour rester dans la course, ou serait-il possible qu'il s'y conduise seul, sans se rendre compte de sa perte d'inspiration progressive le conduisant irrémédiablement, et inconsciemment, vers un pastiche du grand artiste qu'il faut autrefois? Rassurons-nous, s'il a pu se poser ces questions légitimes (qui attestent d'ailleurs de sa clairvoyance et de sa maturité), il n'aura jamais suivi, pour une fois, son personnage dans la déchéance artistique, trop indépendant et sincère pour suivre ses traces.

Une indépendance qui lui cause, pour revenir au Cirque, finalement plus de tracas qu'autre chose : de la bonté irréfléchie qu'il affiche en début de bobine, naît une évolution progressive de sa maturité par le seul contact du monde du cirque et de ses dirigeants. On le sent, à mesure qu'il gagne en expérience dans le métier, changer volontairement le cours de son propre avenir : lui qui y débarqua en un quiproquo, et devint célèbre l'instant d'après, ne pouvait par nature pas en retirer de bénéfice personnel.

L'amour, l'argent, le beurre et le couteau : autant tout donner le temps d'une rencontre, offrir à ceux qui sont dans le besoin. Cette générosité pure, honorable, se changeant progressivement en désir amoureux, sera remplacée, au malheur d'une jolie rencontre, par un sens des responsabilités nouveaux : se sachant incapable d'offrir l'avenir que celle qu'il aime mérite, il se résignera à faire l'ultime sacrifice, laisser sa perspective de bonheur amoureux aux bras d'un autre, un homme riche et beau, qui donnera à l'artiste le confort et la sécurité de biens dont elle rêvait.

Charlot, seul comme toujours, termine sa route en suivant les pas de ses débuts d'artiste burlesque : là où il contemplait plus tôt le cirque, univers d'opportunités pour les affamés, par une petite brèche dans son chapiteau, il le suit s'en aller lentement, surement, du haut de sa mallette, soutenu par sa canne, fidèle amie qui ne le quittera jamais, pas même lorsqu'il trouvera le bonheur, le temps d'un sourire, en marchant, le long d'une route, bras dessus bras dessous d'une si jolie femme en des temps plus modernes.
Jack G
Jack G

12 abonnés 175 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 avril 2020
En 1928, après deux rudes années de tournage, Charlie Chaplin termine son quatrième long-métrage et confirme son rang de légende dans le cinéma muet et burlesque.
Le 11 janvier 1926, moins d’un an après la sortie de son dernier film, La ruée vers l’or, Chaplin se lance dans son nouveau projet : le Cirque. Il cherche ainsi à passer plus de temps en studio pour éviter de voir sa nouvelle épouse, Lita Grey, qu’il a été contraint d’épouser en secondes noces en novembre 1924 pour éviter un procès pour viol sur mineure (elle avait 16 ans et lui 35 lorsqu’il ont eu leur première relation). Aux côtés de Chaplin dans cette nouvelle production, l’actrice Merna Kennedy obtient son premier rôle au cinéma, recommandée au cinéaste par sa propre compagne. Avait-elle déjà son plan malveillant en tête ?
En novembre 1926, dix mois après le début du tournage, Lita Grey quitte le foyer avec leurs enfants et intente une procédure de divorce dans l’espoir d’obtenir de l’argent. Elle accuse Chaplin d’adultère avec Merna Kennedy, âgée de 18 ans à ce moment-là, et n’hésite pas à faire publier des écrits calomnieux dans le New York Times, où elle ajoute des accusations de violence et de « désirs sexuels pervers ». Souhaitant voir ainsi l’interruption du tournage, Lita Grey obtient le soutien de la Ligue pour la vertu, un groupe de pression crée en 1933 par les représentants de l’Eglise catholique aux Etats-Unis. Son but est de purifier les productions cinématographiques qui semblent exercer une mauvaise influence sur la population, et les enfants en particulier. Rapidement, cette affaire devient un scandale national qui brise Chaplin et le plonge dans une profonde dépression. Acculé, victime de lettres d’insultes et de menaces de mort, il est contraint d’interrompre le tournage le 5 décembre. Chaplin s’ensuit chez son avocat new-yorkais avec les bobines, qui représentent déjà la plus grande partie du film.
En août 1927, après plus de huit mois d’interruption de tournage, les avocats de Chaplin, pressés de mettre un terme à l’affaire, obtiennent un accord et payent 600 000 $ à Lita Grey, la plus grosse somme versée lors d’un procès américain jusqu’alors. La presse oublie Chaplin et sa popularité lui permet de s’en sortir, pour finalement reprendre le tournage à l’automne. Mais celui-ci n’est pas encore terminé pour autant…
Avant même le début du tournage, en janvier 1926, ce nouveau long-métrage est contraint d’affronter ses premiers déboires. Perfectionniste, Charlie Chaplin organise lui-même les décors et fait construire un grand chapiteau pour les besoins du film, avec des roulottes, des cages à fauves et d’autres installations. Mais quelques jours avant le début du tournage, une tempête s’abat sur la Californie et détruit le chapiteau. Le tournage est retardé pour plusieurs semaines.
Un mois après sa reprise, un souci technique rend une pellicule inexploitable, effaçant ainsi plusieurs jours de travail. Charlie Chaplin ne se laisse pas décourager et recommence les prises, quitte à les multiplier, à fatiguer son équipe et dépasser le budget initial de production. Il faut dire que l’acteur-réalisateur n’hésite pas à prendre des risques pour boucler le tournage, quitte à subir plusieurs morsures par les singes qui grimpent sur lui au cours de la scène de la corde et qui l’obligent à être hospitalisé pendant six semaines. Mais le pinacle de cette audace, parfois très dangereuse, s’incarne dans la scène du lion en cage. Chaplin n’hésite pas à y entrer sans la moindre sécurité et frôle l’accident. Heureusement, il s’en sort avec quelques griffures et un air livide qui a au moins l’avantage de rendre la séquence encore plus crédible.
En octobre 1927, lorsque le tournage reprend après le scandale de Lita Grey, le décor brûle dans un incendie. Néanmoins, suffisamment de prises ont été effectuées à l’intérieur du chapiteau et permettent de ne pas avoir besoin de le reconstruire.
Le tournage est presque terminé, mais encore une fois, doit affronter de nouveaux aléas. L’épilogue doit être tourné avec les caravanes des artistes pour décor. Mais une nuit, les roulottes sont volées par des étudiants, qui prévoient de les faire brûler. Fort heureusement, Chaplin intervient juste à temps et parvient à les récupérer intactes. A la fin de l’année 1927, le tournage est enfin bouclé. Traumatisé par cette expérience douloureuse et mouvementée, Chaplin ne veut plus entendre parler de ce film et n’en fait même pas mention dans la rédaction de ses mémoires, en 1964 (« Histoire d’une vie »). De fait, le Cirque est oublié dans la filmographie du cinéaste, avant d’être mis en lumière à partir de la fin des années 1960 et de l’enregistrement de nouveaux sons pour la ressortie du film sur les écrans, effectué selon la volonté de Chaplin lui-même. Le film est aussitôt encensé par la critique.
Tel le fil sur lequel l’apprenti funambule évolue tant bien que mal, Charlie Chaplin joue sur l’équilibre subtil entre la comédie burlesque des slapstick et le drame social sur fond de misère et de faim, une critique désormais inhérente à l’œuvre du cinéaste. Face à la pauvreté, la faim et les violences policières, ce vagabond au grand cœur apporte une touche d’humanité, de rire et d’émotion qui fait tout le succès du film et rend hommage aux victimes de son ancienne condition miséreuse.
Pour la deuxième fois après La ruée vers l’or, le drame est également amoureux, avec un personnage principal impliqué dans un triangle amoureux qui lui brise le cœur pour un temps. Toutefois, malgré ses sentiments, le vagabond le plus célèbre du cinéma reste un héros jusqu’au bout, dans un dénouement mêlant tristesse pour lui et espoir pour la jeune écuyère dont il fut épris.
Quel autre décor plus approprié qu’un cirque peut voir dérouler l’inépuisable panel de gags et de ressorts comiques dominés par l’un des plus grands génies du burlesque ? Ainsi, sous ce vaste chapiteau, l’humour des clowns fait pâle figure face aux sketchs improvisés mais à la chorégraphie maitrisée avec perfection par Chaplin.
A sa sortie, en janvier 1928, Le Cirque rencontre un accueil positif malgré l’aigreur de Chaplin au sujet de cette expérience cinématographique. Le scandale provoqué par Lita Grey n’aura pas eu raison du film, consacré l’année suivante. En mai 1929, lors de la première cérémonie des Academy Awards (les actuels Oscars), Chaplin reçoit un trophée d’honneur pour « sa polyvalence et son génie à jouer, écrire, mettre en scène et produire Le Cirque ». Une récompense dont le mérite ne peut être contesté par aucune personne raisonnable.
ChauvelCinema
ChauvelCinema

22 abonnés 595 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 mars 2020
Film méconnu de Chaplin, et pour cause, il l'a lui-même mis au rebut durant des années, et pourtant c'est encore un bijou de plus dans sa collection. Le cinéaste exploite toutes les attractions du cirque pour trouver des gags, en y incluant également une romance au milieu de tout cela. On rit de bout en bout sur un rythme effréné. Superbe !
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