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El Presidente
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "El Presidente" et de son tournage !

Naissance du projet

Le réalisateur Santiago Mitre revient sur l'origine du projet El Presidente : "Mes deux précédents films avaient déjà trait à la politique : El Estudiante était un récit d’apprentissage politique, et Paulina évoquait l’engagement politique d’une jeune femme dont la vie était bouleversée par un événement tragique. J’ai souhaité aller encore plus loin avec El Presidente et faire le portrait d’une figure politique majeure, d’un homme dont la politique est le métier. J’avais envie de confronter sa vie publique et sa vie privée, de montrer l’homme derrière le politicien. Par ailleurs, mon père a longtemps travaillé pour le Mercosur, de fait il a beaucoup fréquenté ces sommets internationaux qui réunissent les puissants de ce monde. D’où l’idée d’inscrire le récit dans un tel sommet quelque part en Amérique latine. En revanche, je ne voulais pas faire un thriller politique. Nous avons choisi, avec Mariano Llinás mon coscénariste, d’amener le récit vers plus d’étrangeté, d’installer un climat proche du fantastique tout en étant ancré dans le réel."

Inquiétante étrangeté

Santiago Mitre revient sur ses inspirations dans l'élaboration d'El Presidente :

"D’une certaine manière, le politique a toujours quelque chose d’inquiétant, d’énigmatique. Il m’a paru intéressant de travailler le politique à partir d’une entrée différente. Généralement, quand on parle des politiques, on fait plutôt des thrillers ; ici, j’avais envie d’aborder le politique à travers des éléments fantastiques. Il faut savoir que je me sens héritier de la tradition de la littérature fantastique qui est extrêmement forte en Argentine. Le fantastique me paraissait donc être une très bonne manière d’apporter de l’étrangeté et de l’inquiétude dans ce milieu du pouvoir. Mes inspirations ont été autant Polanski que Kubrick ou Julio Cortazar."

Réalisme fantastique

Si El Presidente est très réaliste dans son intrigue principale, "il faut dire que le film est à 100% de la fiction, que ce soit les faits ou les personnages", confie Santiago Mitre. Evidemment, le réalisateur a fait des recherches, particulièrement sur tout ce qui pouvait concerner les détails organisationnels des sommets. Du reste, le propre père du cinéaste travaille depuis de nombreuses années pour des organisations internationales, ce qui fait qu’il y a eu beaucoup de conversations à table où il a pu entendre parler de tout ce monde-là.

Ricardo Darin sinon rien

Santiago Mitre n'aurait jamais fait El Presidente si Ricardo Darin n'avait pas accepté le rôle. : "Je lui ai proposé le rôle dès que j’ai su que je voulais faire un film dont le héros serait le président de l’Argentine. J’étais à Paris en plein mixage de Paulina quand nous en avons discuté pour la première fois. Ricardo Darín m’a alors donné son accord et j’ai commencé à écrire le scénario. Pour moi, il est le seul comédien argentin qui ait la stature et l’énergie pour interpréter un tel personnage. Il est très charismatique. Par ailleurs, je trouvais passionnante l’idée de jouer avec son côté iconique car il incarne aux yeux des Argentins le président idéal. Il a joué de nombreux rôles de méchants au cours de sa carrière et pourtant le public le voit toujours comme le gentil de l’histoire. C’est un comédien très populaire et très aimé. Du coup, cela ajoute à l’ambiguïté du personnage de Blanco."

Christian Slater politicien

Santiago Mitre s'est offert les services de Christian Slater pour camper un homme politique qui passe un marché avec Hernan Blanco, le président incarné par Ricardo Darin. Le cinéaste évoque ce choix : "Je dois remercier Ricardo Darin. Dans la première version du scénario, la scène entre lui et le président argentin se passait entièrement espagnol. Ricardo m’a dit « Non, il faut que ce soit en anglais, c’est important qu’au moment que l’américain arrive, une nouvelle langue s’impose. » À ce moment-là justement je regardais Mr Robot et j’ai été frappé par Slater et sa façon de jouer les scènes avec de très longs dialogues. Il était capable de jouer avec une certaine ironie, ce qui m’a beaucoup intéressé.

Concernant le processus, c’était très classique, on a contacté son agent, on a envoyé le scénario, il l’a lu, il a été intéressé et il a accepté. Nous tournions sa scène au moment de la campagne électorale américaine, il était un fervent supporter d’Hillary Clinton, il est assez féru de politique. C’est une des raisons qui a motivé sa décision de jouer dans le film je pense et il est parvenu à incarner à merveille cette sorte de diable loquace."

Décors

Santiago Mitre révèle quelques secrets de fabrication concernant les décors d'El Presidente, notamment l'hôtel dans lequel se déroule le sommet politique :

"Cet hôtel n’existe pas vraiment : c’est un mélange de plusieurs lieux. Seuls les extérieurs ont été tournés dans un seul et même site à 3600 mètres d’altitude au Chili. Les intérieurs ont été réalisés dans plusieurs hôtels au Chili et en Argentine. L’idée était effectivement de créer un endroit dont l’atmosphère puisse tirer le film vers l’étrange : un lieu perdu dans les hauteurs de la lointaine banlieue de Santiago du Chili quelque part dans la Cordillère des Andes. De même, les routes qui mènent à l’hôtel devaient être tout en courbes et virages à l’image des personnages. Cette sinuosité participe à donner au film des allures de construction mentale."

L'équipe du film a également eu accès à la Casa Rosada, résidence officielle de la présidence argentine et siège du gouvernement à Buenos Aires.

La place de la caméra

Santiago Mitre a travaillé avec le chef-opérateur Javier Julia à l'élaboration des images d'El Presidente :

"Nous avions une idée directrice pour tout le film tant sur le fond que sur la forme : partir d’un style documentaire pour aller progressivement vers une fiction où la réalité se tord. En termes de lumière, nous devions partir de quelque chose de très doux pour aller vers plus de contrastes au fur et à mesure de l’histoire. Les 30 premières minutes sont essentiellement filmées caméra à l’épaule, cela participe au côté documentaire comme une immersion dans le quotidien présidentiel. Les mouvements de caméra sont ensuite plus amples, les travellings nous amènent vers les personnages. L’éclairage zénithal vient alors accentuer le décalage qui s’opère avec le réel."

Musique minimaliste

Santiago Mitre évoque son travail avec le compositeur Alberto Iglesias : "Avec Alberto, nous avons travaillé une musique minimaliste au début qui devient quasi opératique à la fin. Pour moi, elle devait marquer et suivre l’évolution du film et de son personnage principal. Alberto avait en tête une musique proche de l’opéra-bouffe pour la dernière scène. Il m’a proposé une valse dont les accords laissent poindre l’ironie sous-jacente au film."
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