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inspecteur morvandieu
93 abonnés
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1,5
Publiée le 27 juin 2026
Je comprends mieux pourquoi je ne connaissais pas ce film de Mocky : ses inconvenances, audacieuses pour l'époque -la première scène dans la cabine du camion...- et la propension à déshabiller les actrices ont dû effaroucher la censure et priver le film d'un passage à la télé. Une autre raison est que le film n'est pas bon. Mocky joue un brocanteur et, en effet, sa maison est un univers fait de bric et de broc, anti-bourgeois au possible. Précisément, le personnage est anticonformiste, anar peut-être ; il incarne la liberté, de moeurs notamment, n'aime pas les huissiers, les agents de polices, ses voisins épieurs, les snobs. Ça passe, pour le réalisateur, par diverses provocations et incongruités de son style (mais pas drôles). Caral reçoit la visite de son fils, dont la petite amie, Odile, est fort jolie et n'est pas insensible au charme du père. D'ailleurs, Mocky prend un plaisir immodeste à se montrer séducteur de femmes. Et puis la conception de la vie de Caral en fait un type plus jeune que son fils. De foutraque et "mockyenne", la réalisation devient insensiblement apathique. Et le sujet prend un tour sentimentalo-moral où j'avoue ne pas bien comprendre l'évolution du personnage -la maladresse Mocky doit y avoir sa part. Disparaitre ou rentrer dans la norme? C'est peut-être la conclusion désenchantée de ce film mi-figue, mi-raisin.
Un film produit, coécrit et mis en scène par Jean-Pierre Mocky. Il joue également le rôle principal de ce drame : un brocanteur borderline mi voyou mi charmeur. Encore un film à l'ambiance dépravée de ce réalisateur subversif. Après une très longue introduction, un scénario se dessine. Sans atteindre des sommets, l'intrigue se précise en nous réservant quelques surprises. Le thème : Mathias héberge son fils de 26 ans dans sa maison de location ; ayant des problèmes d'argent, il est menacé d'expulsion s'il ne trouve pas quinze mille Francs avant 3 jours.
Comme nul autre Mocky sait passer en un clin d’œil de l'élégance à l'effronterie, se moque des conventions mais tient quand même à une certaine forme de respect. Thomas est un pur auquel la vie ne laisse pas grande chance de s'exprimer... Le film est certes daté, dans ses costumes et ses décors (riches d'ailleurs), mais il nous touche encore aujourd'hui à travers le personnage de Thomas-Mocky, de la délurée Jenny Arasse et de la très belle et lumineuse Marianne Eggerrickx. Seul le personnage du fils, lisse et froid (il ressemble au mec élégant d'Histoire d'O !) enlève de sa force au propos.
Ce film date, oh combien! L'époque post soixante-huitarde, plutôt comme une fin de parcours que comme l'espoir d'un ailleurs. De jolies filles nues et des personnages étalant leur vulgarité ne suffisent pas à faire une oeuvre. C'est presque toujours ennuyeux, avec quelques séquences émouvantes de cà de là, comme si l'auteur tenait à rappeler qu'il en est un... La provocation, utile et dévastatrice à l'époque, ne fait plus mouche hélas, car beaucoup de temps a passé.
Jean Pierre Mocky, dans son premier film "hard", éclaire les rapports difficiles entre un père "jeune" (d'un point de vue physique et comportemental) et son fils plus "mature". Et, il va très fort : érotisme brûlant (virant même à la pornographie), vulgarité et immoralité affichée de ses personnages secondaires (des bourgeois "respectables"), ambiance profondément malsaine... Du Mocky pur et dur et ce, malgré un scénario bancal qui, parfois, patine carrément ! Bref, une oeuvre "mineure" dans la filmographie abondante du réalisateur, mais qui se laisse regarder avec plaisir.