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Olivier Assayas se lance dans l’adaptation d’un roman éponyme de Jacques Chardonne, écrivain controversé suite à ses engagements pro collaborationnistes pendant la seconde guerre mondiale. C’est une saga de plus de trois heures qui sur plus de quarante ans nous narre « les destinées sentimentales » au sein d’une grande famille provinciale dans le milieu de la fabrique de porcelaine et le négoce de cognac ( le père de Chardonne lui-même écrivain était issu d’une famille de négociants en cognac). Tout se concentre autour des hésitations de Jean Barnery qui ne sait pas trop bien quel sens donner à sa vie. Hésitations rendues possibles par son statut social et l’immense fortune de sa fa mille qui règne en maître depuis le XIXème siècle sur les manufactures de porcelaine de Limoges. Après avoir cru pouvoir épouser la vocation de pasteur dans une petite bourgade des Charentes, il reprendra la fabrique familiale après la mort du père fondateur (Georges Wilson). Les amours de Jean au caractère versatile et parfois dépressif sont le reflet de l’instabilité profonde qui l’habite. Avec cette adaptation qui fait figure de fresque, Assayas tente d’approcher le cinéma de Visconti qui aujourd’hui manque tant à un milieu qui a un peu perdu le sens du beau. Comme chez le maître italien la reconstitution historique est parfaite jusque dans ses moindres détails et Assayas parvient à nous immerger totalement dans une période où la société était bien plus corsetée qu’elle l’est au XXIème siècle . Sur les aspects visuels de son métrage et sur la direction des acteurs, Assayas est en maîtrise totale de son art pour ce qu'on peut considérer de sa part comme un exercice de style. Il est seulement dommage que le scénario ménage quelques longueurs que le metteur en scène ne parvient pas à compenser par le lyrisme dont faisait preuve Visconti qui soignait tout particulièrement ses bandes son en allant piocher dans les œuvres majeures de Wagner ou de Malher. Il ne faut toutefois pas bouder son plaisir car en France peu de metteur en scène sont capables de restituer de manière aussi crédible les ambiances d’époques révolues. Emmanuelle Béart et Charles Berling sont parfaits sur la longueur totale du film. Quant à Isabelle Huppert on regrette souvent qu’elle apparaisse si peu avec ce rôle qui se révèle mineur dans sa prolifique carrière.
Ajoutée le 25 mai 2012 à 00h09 Signaler un abus
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