Notez des films
Mon AlloCiné
    Le Vénérable W.
    note moyenne
    3,8
    476 notes dont 52 critiques
    répartition des 52 critiques par note
    3 critiques
    24 critiques
    17 critiques
    6 critiques
    0 critique
    2 critiques
    Votre avis sur Le Vénérable W. ?

    52 critiques spectateurs

    DarkAkuma02
    DarkAkuma02

    Suivre son activité 45 abonnés Lire ses 506 critiques

    3,5
    Publiée le 29 mai 2017
    Ce documentaire dresse le portrait de Wirathu, moine extrémiste engagé dans un combat à l'encontre de la population musulmane en Birmanie. J'ai trouvé ce film bien construit car il permet de dénoncer une situation méconnue. En parallèle de l'histoire de Wirathu, un état des lieux sur la situation migratoire en Birmanie est fait, permettant de constater avec ironie l'écart pouvant exister entre représentations et la réalité. Plusieurs intervenants aux fonctions diverses sont interviewées, permettant de montrer les rapports entre moines, population, forces armées et pouvoir politique. Plus généralement, cela explique que les conflits graves entre populations au sein d'un même Etat sont tristement d'actualité.
    Wade Walker
    Wade Walker

    Suivre son activité 3 abonnés Lire ses 47 critiques

    0,5
    Publiée le 11 juin 2017
    Ce film est partit pris et limite pro musulmans, les Bouddhistes qui sont pacifique doivent être non violent, mais ce n'est pas pour ça qu'i ne doivent rien faire quand les musulmans violent et tuent des Bouddhistes, c'est juste légitime. En plus dans le film on voit plus d'exactions commis par les musulmans que par les Bouddhistes, le pire c'est que le réalisateur fait aussi passer Aung San Suu Kyi pour une nazi. Quand on à vu "the lady" de Luc Beson, on ne peux que s'interroger sur les motivations du réalisateur.
    saxoman
    saxoman

    Suivre son activité 5 abonnés Lire ses 148 critiques

    2,0
    Publiée le 4 juillet 2017
    Je ne sais pas quoi penser de ce flm-documentaire qui a tendance à jeter l'opprobe sur toute la communauté bouddhiste donc birmane puisque la Birmanie est bouddhiste à plus de 90%. Certains lecteurs d'Allocine parlent même de "face cachée du bouddhisme"... Non, le vénérable Wirathu est juste un facho qui a su attiser la haine et entrainer les foules de croyants dans son sillage en utilisant la religion (mais on en connait plein d'autres dans ce cas !) et certaines rumeurs, vraies ou fausses. Car voilà, Barbet Schroeder montre et affirme beaucoup de choses mais n'explique rien. Ce qui m'aurait intéressé, c'est de comprendre comment on en est arrivé là, avec ou sans la complicité active de la caste, toujours influente, des militaires. Quand je suis allé en Birmanie il y a deux ans (en bon touriste lambda !), on parlait déjà de provocations de la part des musulmans Rohingyas comme l'abattage d'animaux dans des temples bouddhistes, alors que le Bouddhisme interdit de tuer les animaux. Est-ce vrai, est-ce faux ? J'aurais bien aimé en savoir plus là-dessus car le meilleur des tribuns ne manipulent pas les masses sans un fond de vérité. Et je ne comprends surtout pas ce que vient faire la marche des moines bouddhistes contre la Junte au pouvoir en 2007. Barbet Schroeder aurait-il une dent contre les robes safran...
    leobis
    leobis

    Suivre son activité 17 abonnés Lire ses 208 critiques

    3,5
    Publiée le 29 juin 2017
    Très bon film traité à la façon d'un documentaire. Les propos tenus tout au long du film par le Vénérable W nous permettent de mieux comprendre le fondement des rivalités et luttes religieuses entre boudhistes et musulmans, qui périodiquement ensanglantent la Birmanie
    Domnique T
    Domnique T

    Suivre son activité 16 abonnés Lire ses 161 critiques

    4,0
    Publiée le 14 juin 2017
    Difficile de juger un film-documentaire. Les ressorts émotionnels ne sont pas les mêmes, mais quand il s’agit de la Birmanie, mes émotions sont à fleur de peau. Surtout après la daube navrante de Besson, on ne peut qu’espérer mieux ! Le propos de Barbet Schroeder, à travers la description de la trajectoire de « W » est de nous montrer les désastres causés par le communautarisme. C’est toute la grandeur de ce document qui ne se cantonne pas au problème un peu médiatisé des Rohingas. Schroeder nous décrit avec pertinence le fondement du discours de ce leader religieux haineux, arrogant, mythomane. Hélas, pour conforter l’ostracisme religieux, le film évite soigneusement d’évoquer l’hégémonie tribale des Bamars sur la nation. Problème identifié par le général Aung San (pourtant Bamar) qui devait faire signer aux accords de Panglong, une autonomie administrative pour les ethnies minoritaires (135 ethnies, environ une centaine de langues) dans les fondements de la nation naissante en 1947 ! C’est dire que le problème ne date pas d’hier ! Dommage que cette base historique ne soit pas évoquée. Car c’est sans doute elle qui conduit Aung San Su Kyi à une certaine compromission sur ce sujet ! Mais le documentaire ne peut pas tout expliquer en moins de 2 heures et se cantonne – c’est peut-être mieux – a la personnalité de W auprès de qui nos « Le P… » passent pour des sœurs de la miséricorde ! Reste que l’on aimerait aussi savoir quelle est l’audience exacte de W auprès des birmans bouddhistes. On en sort assommé par ce déferlement de haine véhiculé par un religieux. Cela conforte gravement mon avis négatif sur les manipulations des peuples par les religions.
    Jean H.
    Jean H.

    Suivre son activité Lire ses 15 critiques

    3,5
    Publiée le 6 juin 2017
    Un documentaire qui m'a fait découvrir un problème de racisme touchant la Birmanie dont les médias ne parlent jamais. ce film m'a également fait voir qu'au sein du bouddhisme il existait une façon de penser complètement inverse aux principes du Bouddha. un bonze peut impunément attiser les haines prêcher la violence en toute impunité.
    Serge E.
    Serge E.

    Suivre son activité 2 abonnés Lire ses 2 critiques

    2,5
    Publiée le 7 juin 2017
    Barbet ce film m'a inspiré cette citation de Montaigne: "La raison est un glaive double et dangereux ... on ne se détache jamais vraiment de ce que l'on condamne." Finalement cette citation pourrait aussi bien s'appliquer au bonze qu'à toi même. Fasciné depuis tes débuts par les extrêmes, que ce soit dans la drogue (More /Barfly), le sexe (maitresse), la mort (la vierge des tueurs) et le pouvoir (maître Vergès, Amin Dada). Finalement il ne te manquait plus que la religion. La boucle est bouclée comme on dit. J'aime ton travail et tes idées depuis tes débuts mais la voix off de Bulle est parfois un peu trop naïve ici. Bien évidemment, dans toute religion il y a des dérives. Et le bouddhisme chez la plupart des asiatiques est perçu comme une religion et Bouddha est cet être suprême, tel un Dieu, celui à qui on demande. Ce n'est finalement une "philosophie" que pour une élite. Et c'est bien dommage...
    lemulet
    lemulet

    Suivre son activité Lire ses 7 critiques

    2,0
    Publiée le 18 juin 2017
    Un documentaire intéressant car instructif, mais qui cependant n'arrive pas à éviter l'écueil de la bien-pensance victimaire.
    this is my movies
    this is my movies

    Suivre son activité 311 abonnés Lire ses 3 047 critiques

    4,5
    Publiée le 15 juin 2017
    Le film aurait pu tomber dans un pamphlet pratiquant l'indignation facile propre à éveiller les consciences des bobos germano-prantins. Il aurait pu, aisément. Sauf qu'il n'en est rien. Le film de Schroeder, qui a tenu à faire court en dépit d'un sujet complexe, ne tombe pas dans le piège de l'angélisme, avec les méchants moines contre les pauvres petits immigrés musulmans tout gentils. Il contextualise, raconte, fait s'entrechoquer les points de vue, montre l'insoutenable, démonte les mécanismes de la rhétorique de l'horreur et surtout, garde son propos universel. Si des spectateurs verront aisément dans ce documentaire une aide à la lutte contre l'islamophobie (ces gens se trompent de combat à mon sens), le film garde un propos universel car ce qui se passe là-bas s'est déjà passé en Europe, en Afrique, en Amérique, en Asie, avec divers leaders, à diverses époques, avec les mêmes méthodes. Ces choses-là se déroulent partout dans le monde, chaque religion/ethnie/civilisation maltraitant une autre, à différentes échelles, et le film nous ouvre les yeux sur le fait que l'Histoire est un éternel recommencement et que la Haine gagne toujours car elle se nourrit, in fine, de la haine qu'elle enclenche. Les racines du Mal sont profondes (on ne sait pas qui a écrit le petit livret servant de base à la propagande anti-Rohingyas), en Birmanie ou ailleurs, mais avec les mêmes schémas, les mêmes ressorts, les mêmes peurs, toujours. Le film sera sans doute dur à regarder pour certains, parfois à entendre, mais il reste un film important, très bien documenté, brillant dans son montage et sa narration. « Le vénérable W. » égratigne aussi un peu le mythe de la Lady Aung Sang Suu Kyi, devenue une politicienne coincée entre ses alliances, nécessaires, avec le junte militaire, et ses obligations de symbole de la Paix. Reste une question : que faire pour aider ses malheureux, menacés d'extinction pure et simple à cause d'un génocide violent et implacable ? Le film n'a pas de réponse, mais si on pouvait déjà s'aimer les uns, les autres, ça serait déjà un bon début pour vaincre cette foutue Haine qui mérite notre plus profond mépris. D'autres critiques sur thisismymovies.over-blog.com
    Laurent C.
    Laurent C.

    Suivre son activité 177 abonnés Lire ses 1 049 critiques

    3,5
    Publiée le 11 juin 2017
    La première séquence, après avoir contemplé les paysages bucoliques de la Birmanie, montre un homme épais, dense, en habit de moine bouddhiste, qui compare les musulmans à des poisson-chats, envahissants et monstrueux. La messe est dite. Tout le récit raconte ce que personne ne peut imaginer de la religion bouddhiste : une machinerie destructrice et manipulatrice, loin des préceptes pacifiques et philosophiques que nous connaissons bien. "Le vénérable W." est un plus qu'un film sur le racisme. C'est un coup de poing salvateur sur le risque islamophobe qui pèse sur nos sociétés modernes. On découvre avec effroi l'impuissance de l'ONU et de la communauté internationale pour contrer un discours rampant et nauséeux qui asphyxie les consciences. Après ce film de B. Schroeder, qui s'essaye une nouvelle fois au documentaire après le récent "L'Avocat de la Terreur" aime les personnages complexes et polémiques, au risque d'ailleurs du simplisme manipulatoire. Son épouse, Bulle Ogier, accompagne avec sensualité et poésie, ce récit machiavélique, grâce à une voix presque enchanteresse. "Le Vénérable W." est un film froid et noir, qui donne envie de crier. En cela, c'est hélas une œuvre tristement nécessaire à l'heure des racismes en tout genre et des réductions idéologiques.
    Stéphane C
    Stéphane C

    Suivre son activité 38 abonnés Lire ses 387 critiques

    5,0
    Publiée le 16 juin 2017
    Barbet Schroeder conclue sa "trilogie du mal" par un documentaire accablant. Il met en exergue le paradoxe du monde bouddhiste birman - dont la philosophie se revendique en principe du pacifisme - mené par un homme habité par la haine et dont l'idéologie nationaliste, sans nuance, est exclusivement faite de propagande, de peur(s) et de contre-vérités, le tout cautionné par le pouvoir et le "silence assourdissant" de certains de ses dirigeants ... la remarquable démonstration faite quant au défaut (ou déni) de réflexion de ce genre d'individu doit interpeler sur le fait de l'absence totale d'interrogation relative aux liens de cause à effet suscités par ces violences, et ce quelles qu'en soient leurs origines ... ce film est un avertissement ... (je n'avais pas reconnu en voix off Nadine de "Venus Beauté" !)
    Jmartine
    Jmartine

    Suivre son activité 86 abonnés Lire ses 484 critiques

    4,0
    Publiée le 14 juin 2017
    On considère généralement que le Bouddhisme est une religion fondée sur la tolérance, la non violence et la méditation….à cent lieux de la doctrine professée par Ashin Wirathu, auquel le documentaire de Barbet Schroeder, Le Vénérable W est consacré…ce moine bouddhiste birman, au visage poupin, né en 1968 dans la région de Mandalay était à la tête d’un mouvement 969, puis à la dissolution de ce mouvement, est devenu membre influent de l’association Ma Ba Tha. Ces mouvements se sont attaqués aux Rohingyas, minorité musulmane venue du Bangladesh et de confession sunnite, soit de manière violente en de véritables pogroms, soit en prônant le boycott des commerces musulmans, ou l’interdiction des mariages interreligieux.….présenté par le Time en 2013 comme le « visage de la terreur bouddhiste », il professe que les musulmans sont comme les poissons chats, ils se reproduisent rapidement, sont très violents et se mangent entre eux…son discours s’apparente à la théorie du Grand Remplacement développée par Renaud Camus , polémiste d’extrême droite, et partagée par les identitaires, selon laquelle, à la faveur de l'immigration et des différentiels de fécondité, « des immigrés ou des Français administratifs issus de l’immigration », ou des peuples venus de l’Afrique et notamment du Maghreb, tendent à devenir majoritaires sur des portions en expansion constante du territoire métropolitain , et que ce processus doit conduire à une substitution de population au terme de laquelle la France cessera d'être une nation essentiellement européenne…Barbet Schroeder a apprivoisé Wirathu en lui présentant que Marine Le Pen partageait beaucoup de ses idées, et que si elle arrivait au pouvoir, elle mettrait probablement certaines de celles-ci en œuvre…le documentaire est composé de fragments d’interviews de Wirathu, d’extraits de réseaux sociaux, d’images d’archives sur les émeutes entre bouddhistes et musulmans, les images sont ponctuées de paroles de paix et de tolérance extraites du Metta Sutta, Sutta de la Bonté Bienveillante, lues par Bulle Ogier, compagne de Barbet Schroeder…les images sont parfois insoutenables, ratonnades, rohingyas brûlés vifs devant des moines haineux , et des forces de l’ordre qui n’interviennent pas…les militaires au pouvoir et les moines extrémistes passant des alliances de circonstance…quant à l’emblématique Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix 1991, qui partage le pouvoir avec les militaires depuis 2016, elle fait l’objet de critiques à travers le monde pour sa passivité et son déni des exactions de l’armée birmane qui participe elle aussi au nettoyage ethnique des rohingyas….Barbet Schroeder a du sortir in extremis de Birmanie, et a du terminer son film depuis la Thaïlande… avec le Vénérable W, Barbet Schroeder clôt sa Trilogie du mal, commencée en 1974 avec Général Amin Dada, prolongée en 2007 par L’avocat de la terreur…en présentant un témoignage glaçant et implacable de l’intolérance…et une situation qui perdure dans une quasi indifférence…
    soulman
    soulman

    Suivre son activité 25 abonnés Lire ses 685 critiques

    3,5
    Publiée le 21 juin 2017
    Saisissant documentaire signé par un cinéaste à part, "Le vénérable W" souffre nonobstant d'un commentaire trop évident (pourtant dit par l'astrale Bulle Ogier). Le montage suffit pourtant à cerner l'extrémiste moine, dont les propos haineux n'ont d'égaux que la prétention de ses laïus. Là où Schroeder excelle, c'est dans sa façon de filmer et d'écouter, sans porter de jugement. C'est pourquoi on eût apprécié que de voix off, point il n'y eut.
    LeMagduCiné
    LeMagduCiné

    Suivre son activité 50 abonnés Lire ses 626 critiques

    4,5
    Publiée le 13 juin 2017
    Ce n’est pas la première fois que le réalisateur suisse Barbet Schroeder décide d’explorer les multiples visages que peut prendre la haine. Le Vénérable W vient après le portrait ubuesque du Général Idi Amin Dada : autoportrait en 1974 et celui, troublant, de Jacques Vergès, l’Avocat de la terreur en 2007.
    Ninideslaux
    Ninideslaux

    Suivre son activité 20 abonnés Lire ses 99 critiques

    3,5
    Publiée le 21 juin 2017
    Barbet-Schroeder adore les "monstres", mais plutôt que d'employer ce terme trop fourre tout, mieux vaut dire qu'il s'intéresse à ces individus qu'un ensemble de détachement et de cruauté coupe de l'humanité. Verges n'était sans doute pas un monstre (par contre, Idi Amin Dada en était un beau!) mais nous n'avions pas l'impression que cet homme opaque était complètement humain.... Plus opaque encore, le vénérable Wirathu, souriant comme un bon moine bouddhique, mais soyons net: le film qui lui est consacré est infiniment moins réussi que les précédents auxquels nous faisions allusion. Il est confus, encombré de vidéos anciennes et illisibles, il se mélange les pieds dans le tapis de la politique birmane, il se prend les pieds dans le tricot des ethnies birmanes et...... ne sait pas quoi faire d'Aung San Suu Kyi. Il faut dire que plus personne ne sait quoi faire de la Dame de Rangoon depuis qu'elle a échangé son statut de sainte et martyre pour celui de..... collabo!           Et surtout, alors que Barbet-Schroeder nous avait habitués à regarder ses monstres d'un œil froid, distant, comme un entomologiste d'immondes araignées épinglées dans une boite, on dirait ici qu'il prend parti, et déplace les perspectives. Moyennant quoi, à la fin nous ne sommes pas plus avancés.....           Ce qui est certain, c'est que la bigoterie rend méchant, pour dire les choses en termes choisis. Or, on a toujours l'impression que le bouddhisme, avec ses gentilles moniales qui disent Om! Om! Om! échappe complètement aux excès des religions monothéistes (et d'ailleurs, est ce vraiment une religion dans le sens qu'on attribue généralement à ce concept: quelque chose autour d'un dieu ?) ; on a l’impression qu'être bouddhiste et fanatique, ça ne va pas ensemble. Ben si. Ça peut aller.... Wirathu en est un exemple. Et il a nombre de disciples, moines fanatisés et populations qui écoutent ses prêches avec extase.           Prêtre brillant à la parole facile, il est emprisonné deux ans pour s'être opposé à sa hiérarchie qui pactisait avec la dictature militaire, ce qui le rendrait plutôt sympathique. Mais voilà, il déteste les musulmans. Ce serait amusant -si ce n'était effrayant!- de voir que ses arguments recoupent ceux de « notre » antisémitisme européen d'avant-guerre: "ils ont de l'argent, ils font fortune, c'est parce qu'ils vous volent"           Tout part du viol et de l'assassinat d'une adolescente bouddhiste par trois jeunes musulmans. Premiers affrontements, Wirathu attise le feu. Sporadiquement, des émeutes opposent les deux communautés, chaque fois, le mouvement 696 de Wirathu est derrière, avec ses bidons d'essence.... Et à chaque fois, des morts de chaque côté par dizaines ou par centaines, chaque communauté accusant l'autre d'avoir commencé....           Ils s'en prennent majoritairement à la minorité Rohingyas de l'Arakan, à l'ouest du pays. Ils ont pourtant l'air bien pacifiques, ces misérables paysans Rohingyas! On tente de les chasser au Bangladesh, qui n'en veut pas : il a assez de miséreux chez lui. Et les pays musulmans voisins ? Ils n’en veulent pas non plus. Sont ils bengalis, en fait? Leur origine n’est pas claire, mais en fait, ces malheureux sont rejetés à la fois par fanatisme et par racisme. Il reste aux infortunés .à pourrir dans un camp de réfugies....... La façon dont Wirathu parle des Rohingyas, les décrivant comme des espèces d'animaux, est terrifiante.           Alors, on dit aussi qu'il y aurait du pétrole en Arakan, d'où la nécessité de nettoyage ethnique pour le gouvernement -ce qui n'est plus du ressort de Wirathu. On voit bien que Barbet Schroeder n'a pas bossé son sujet à fond. Il y a aussi une volonté dans le film de faire apparaître les moines comme une minorité à la fois très importante en nombre (et je pense bien en effet qu'ils sont surreprésentés en Birmanie par rapport aux autres pays du SE asiatique..... d'autant plus qu'ils n'ont pas subi les purges communistes) et très privilégiée: on nous les montre se prélassant dans des lieux somptueux, si élégants dans leur drapés corail, prune ou safran, n'est ce pas un poil tendancieux? je m'interroge.... Ce sont toutes ces petites choses qui entachent le film.           Une chose est certaine, c'est qu'il y a une instrumentation de la religion au service du nationalisme et du racisme. Les foules fanatisées répètent en boucle, protégeons notre race, protégeons notre religion. Tandis que la petite voix bouddhiste, merveilleusement dite par Bulle Ogier, susurre, doucement, que non, le vrai bouddhisme ce n'est pas cela du tout. Ce que disent aussi certains intervenants, religieux plus modérés.           Mais en même temps, lorsque Wirathu dénonce un islam expansionniste "nous ne deviendrons pas l'Indonésie, nous ne deviendrons pas la Malaisie" faut il refuser de l'entendre? La question est là. Si le petit moine haineux est devenu un héraut (maintenant son association serait dissoute) il n'est pas inutile de chercher à comprendre pourquoi..... N’est ce pas, justement, parce que le bouddhisme est une idéologie sous laquelle il fait plutôt bon vivre que les foules ont une réaction aussi violente ?  Parce qu'elles ne veulent pas mener la vie des Malaisiens? Wirathu le monstre n'a t-il pas su exploiter une inquiétude qui n'était pas illégitime? Donc, je le redis: ce n'est pas une œuvre de journaliste, ce n'est pas une oeuvre de géopoliticien, juste un portrait effrayant, d'un homme que le fanatisme et la certitude qui l'accompagne rend effrayant, portrait à la manière d'un Soutine ou d'un Lucian Freud....
    Les meilleurs films de tous les temps
    • Les meilleurs films de tous les temps selon les spectateurs
    • Les meilleurs films de tous les temps selon la presse
    Back to Top