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    L'Ombre de Staline
    note moyenne
    3,8
    1037 notes dont 112 critiques
    répartition des 112 critiques par note
    9 critiques
    42 critiques
    41 critiques
    14 critiques
    6 critiques
    0 critique
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    112 critiques spectateurs

    beliciste
    beliciste

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    2,0
    Publiée le 24 juin 2020
    L'histoire est très intéressante mais la réalisation est malheureusement très en deçà avec des séquences beaucoup trop longue et des scènes inutiles. Il y a des idées mais mal exploitées.
    Henrico
    Henrico

    Suivre son activité 56 abonnés Lire ses 815 critiques

    3,0
    Publiée le 29 juin 2020
    Le film est d’autant plus décevant que son thème était riche en espoir. L’espoir de voir un peu plus la vérité au cinéma sur la nature des crimes du communisme, leurs causes et leur ampleur. Car si on a déjà bien mis en évidence au cinéma toutes les horreurs du nazisme, trois choses du communisme restent encore peu traitées au cinéma. Premièrement, l’orchestration des famines, et de la misère d’une partie des populations par les dirigeants communistes, notamment Staline. Deuxièmement, le rôle clef qu’ont joué certains intellectuels collaborationnistes occidentaux, journalistes, écrivains, artistes, ou même politiciens. Ceux-ci, tout en sachant l’horreur, pour être allés sur place et l’avoir vue, véhiculaient tout de même en occident, sans vergogne, la propagande de ces régimes totalitaires. Troisièmement, l’aveuglement et l’acharnement des sympathisants communistes et socialistes occidentaux, à l’encontre des « lanceurs d’alerte », une fois que ces derniers témoignaient, par des conférences, des mémoires, des articles, ou des romans. L’espoir de bien voir tout cela est durement malmené par Agnieszka Holland, qui met en scène avec beaucoup de maladresse un sujet pourtant en or. Pour commencer, plusieurs de ses personnages ne sont pas contextualisés avec finesse. Ainsi, on ne mesure que très tardivement l’abjection de Duranty. En effet, sa fonction, sa stature, ne sont pas clairement et tout de suite présentées. Ensuite, l’influence du héros sur des personnages importants de l’époque est montrée de manière confuse, voire ambiguë. Orwell, nous est présenté dès le début du film, comme très marqué par les témoignages de Jones. Le film démarre d’ailleurs avec Orwell comme narrateur. Or, presque vers la fin, lors des entrevues qu’il a avec Gareth Jones, ses répliques laissent entendre qu’il doute encore de Jones. C’est l’inverse, qui aurait dû logiquement être montré. D'abord, il a douté, comme tout le monde, mais quelque chose l’a fait évoluer. Quoi ? Il s’agit bien sûr de la prise de conscience par Orwell que Jones disait vrai. Or cela, la réalisatrice Polonaise, ne nous montre pas cette évolution. Ensuite, on peut reprocher aussi à Holland sa gestion très brouillonne d’épisodes, pourtant capitaux de l’intrigue. De nombreuses scènes sont souvent mal amenées. C’est le cas du pèlerinage de Jones en Ukraine, et des macabres découvertes qu’il fait là bas. Sont brouillonnes aussi, les scènes de sa rencontre fructueuse avec Hearst, le magnat de la presse. Les multiples maladresses d’Agnieszka Holland rendent le film ennuyeux, mais à la limite, qu’importe ! Le sujet des horreurs du communisme est encore un domaine si peu exploré, que d’autres réalisateurs et réalisatrices ont encore toutes leur chance d’en réussir un sur le même sujet. Car, le pire dans cette histoire, est que les tribulations de Jones se sont 1000 fois reproduites. 10 ans après les mésaventures du célèbre journaliste Britannique, le non moins célèbre dignitaire soviétique, Kravchenko, passe à l’Ouest avec toute sa documentation sur Staline. Que se passe t’il ? Il subit l’opprobre de la quasi totalité des intellectuels de gauche Français, dont Sartre et Breton. Kravchenko finit d'ailleurs « suicidé », tout comme Jones. Dans les années 70, c’est au tour d'Alexandre Soljenitsyne. Le célèbre dissident Russe, reçoit certes beaucoup de soutien de par le monde, mais il subit aussi beaucoup l’opprobre d’une bonne partie des intellectuels de gauche, et notamment en France, de René Dumont ou Jean Daniel. Le traitement n'a pas été plus tendre avec les centaines d'artistes, ou intellectuels chinois, Vietnamiens, ou cubains. « Le Journal d’Anne Frank » fait depuis des décennies automatiquement l’objet d’études à l’école, au collège, ou au lycée. « Une journée d'Ivan Denissovitch » reste totalement absent de tous les programmes scolaires, voire même de l’écrasante majorité des CDI de France et de Navarre. L’Ombre De Staline plane toujours.
    cinono1
    cinono1

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    3,5
    Publiée le 29 juin 2020
    Un film intéressant qui puise dans l'histoire, mais qui n'atteint pas la dimension émotionnelle auquel il pouvait prétendre. Reconstitution, acteurs investis, rythme réussi, pourtant il manque quelque chose au film qui lui aurait fait appartenir à la cour des grands films. Ce quelque chose se cache peut-être du coté d'un scénario sans beaucoup de surprises, ou l'on voit arriver les évenements à l'avance. A coté de cette évocation historique, se trouve le thème, finalement central du film, le difficile chemin qu'il faut à la vérité pour jaillir, engoncée qu'elle est par les connivences, les arrangements et la duplicités ders hommes.
    lionelb30
    lionelb30

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    3,0
    Publiée le 27 juin 2020
    Biopic intéressant sur le plan historique. Quelques scènes marquantes , dommage que la réalisation soit très classique et que les acteurs n'apportent pas de plus valus au film.
    CinÉmotion
    CinÉmotion

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    4,0
    Publiée le 13 juillet 2020
    Agnieszka Holland signe ici un excellent film en mettant en lumière une période et un évènement méconnu du grand public, contrairement à l'Holocauste, il s'agit ici de l'Holodomor, soit traduction littérale "l'extermination par la faim", une famine orchestrée politiquement par Staline dans les campagnes ukrainienne de 1931 à 1933, afin de libérer de l'espace pour sa politique de grande industrialisation et aussi éliminer les opposants très nombreux dans les campagnes. Le film est vraiment efficace, avec une intrigue fouillée, recherchée, détaillée, qui se reflète également dans la mise en scène et l'incroyable soin apporté au cadre et à la lumière, avec une photographie somptueuse, qui s'adapte à chaque scène importantes et décisives. Toute la partie sur l'ukraine est magnifiquement filmée, froid, brutal, alternant caméra à l'épaule et plan fixe extrêmement travaillé. Tout le jeu de mise en scène avec les miroirs aussi, très présent tout au long du film, pour souligner les faux semblants de certains personnages et le double jeu qu'ils utilisent pour rester à la botte de Staline. Un film où les personnages sont développés de façon précise et rigoureuse, dans leur écriture mais aussi dans leur dialogue. Un film qui parait réaliste et conforme à la réalité, avec une certaine psychologie développée ici ou là, qui permet de donner encore plus d'épaisseur à l'ensemble, pas étonnant lorsqu'on sait que la réalisatrice a mis en scène quelques épisodes de la série House of Cards... Superbe film donc pour un évènement qui nécessite d'être connu, car oui, Staline, adoubé par des millions de russes à l'époque et encore aujourd'hui d'ailleurs, a tué près de 20 millions de ses concitoyens...
    Un Peu De Ju
    Un Peu De Ju

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    3,5
    Publiée le 23 juin 2020
    Retour au ciné dès le 1er jour après plus de 3 mois. Un film dans les années 30 qui suit un jeune journaliste sur la liberté et la manipulation de la presse à des fins politique dans une URSS corrompue, qui affame et appauvrit les campagnes. Très dur, des images poignantes sur la misère, les conditions de vie des paysans de l’URSS.
    Free Spirit
    Free Spirit

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    3,0
    Publiée le 24 juin 2020
    Film historique bien construit et de bonne facture... Le scénario est original. On suit avec délectation la quête du journaliste. On regrettera cependant le caractère un peu linéaire du film... Assez peu de rebondissements finalement... Reste une belle musique d'intrigues et un hommage soigné à la Pologne meurtrie par la Grande Russie stalinienne.
    Makimax74
    Makimax74

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    4,0
    Publiée le 30 juin 2020
    a la limite du polar ou thriller..une enquête historique et ma réhabilitation d'un journaliste qui a inspiré G.Orwell .la description de l'Ukraine des années 30. ,en contraste avec Londres et Moscou en utilisant différents lumière et code couleur , marque bien l'horreur sans besoin de rentrer dans multiples détails.
    Christ77
    Christ77

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    3,5
    Publiée le 25 juin 2020
    Film poignant, déroutant avec parfois quelques images insoutenables à voir. Ce film relate une bien triste réalité cachée bien longtemps. Quelques longueurs. Mais ce film devient vite haletant et donne envie de savoir la fin. Allez voir ce film. Le choix de la colorimétrie est un parti pris mais terriblement parlant. À voir!!
    Yves G.
    Yves G.

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    2,5
    Publiée le 23 juin 2020
    Au début des années trente, un jeune Gallois, Gareth Jones (James Norton dont il se dit qu'il pourrait succéder à Daniel Craig dans le rôle de l'agent 007) se rend en Union soviétique. Il y découvre l'effroyable famine organisé par le Kremlin en Ukraine et veut la révéler au monde entier. Le jeudi 12 mars 2020, je devais aller voir "L'Ombre de Staline" en avant-première à 20h. Mais, pris par le travail, je ratais la séance. Je m'en suis vite consolé en me disant que je verrais le film à sa sortie le mercredi suivant. On sait tous que le film ne sortit pas le mercredi suivant… J'avais décidé que "L'Ombre de Staline" serait le premier film que j'irais voir à la réouverture des salles avec le désir - comme le disaient les partisans de Louis XVIII à la Restauration - de "renouer la chaîne des temps". "L'Ombre de Staline" (dont le titre, partout sauf en France, est "Mr. Jones") est inspiré de faits réels. Gareth Jones a bien existé qui travailla un temps au cabinet du Premier ministre britannique Lloyd George, qui interviewa Hitler et qui enquêta en URSS sur les modes de financement des plans quinquennaux. Comme Hergé avec "Tintin au pays des Soviets" écrits en 1929, comme Gide avec "Retour de l'URSS" publié en 1936, Gareth Jones découvre avec violence la réalité du "miracle soviétique" : Staline affame son peuple pour obtenir les devises pour financer les objectifs des plans quinquennaux. On sait aujourd'hui que l'Holodomor, un mot ukrainien signifiant littéralement "extermination par la faim", fit entre 1931 et 1933 quelque quatre millions de victimes en Ukraine. Au mitan du film, dans une parenthèse sinistre, presque muette, la caméra suit Gareth Jones qui découvre horrifié l'ampleur du sinistre : les paysans émaciés par la faim, les cadavres abandonnés au bord des routes, les enfants mangeant de la chair humaine… Le film d'Agnieszka Holland, une vieille routière du cinéma, est d'un classicisme revendiqué. Les scènes qui se déroulent en URSS sont plongées dans une lumière désespérément grise censée en souligner la tristesse. Aux côtés de James Norton, on reconnaît Vanessa Kirby (qui jouait la princesse Margaret dans les deux premières saisons de "The Crown") et Peter Sarsgaard abonné aux rôles de salaud. "L'Ombre de Staline" n'en est pas moins d'une actualité brûlante à une époque où les relectures partisanes de l'histoire, en Occident et en Russie, donnent lieu à des guerres de mémoire. En témoigne la récente polémique provoquée par Vladimir Poutine sur les causes de la Seconde Guerre mondiale.
    Michel C.
    Michel C.

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    3,0
    Publiée le 28 juin 2020
    Magnifique sujet s'il en est => l' Holodomor... propose un flm difficile, froid à tous points de vue. Se replonger dans cette époque terrible pour des millions d'humains, ne porte pas à se réjouir... et la réalisation est tristounette. On se demande comment ce héros de journaliste Gareth Jones superbement interprété par James Norton, a réussi à braver tous les pièges jusqu'à porter sur la scène, cette vérité cachée jusque là. Quelle campagne "de Russie".... il accomplit, la misère rencontrée est superbement rendue. Dommage que la rencontre avec Adda n'ait pas été développée, car l'ensemble reste assez lent et noir bien entendu..... Il a sorti son scoop, certes, cependant été rattrapé par l'espionnage, puisque tué à 30 ans !!**
    Romain
    Romain

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    3,0
    Publiée le 1 juillet 2020
    Un film dur, très dur mais qui raconte pourtant la réalité. La ferme des animaux racontée en parallèle apporte une agréable tonalité narratrice au film. Âmes sensibles s'abstenir !
    Caine78
    Caine78

    Suivre son activité 2464 abonnés Lire ses 6 878 critiques

    3,0
    Publiée le 16 juillet 2020
    Attiré dès le départ par ce projet retardé de plusieurs mois par le confinement, « L'Ombre de Staline » est à la fois ce que j'attendais et « craignais » de voir sur grand écran. Attente car le sujet est fort et passionnant : évoquer sous un angle relativement original le drame absolu que fut l'Holomodor et le silence assourdissant de la communauté européenne, souvent complaisante pour des raisons éminemment politiques, n'est évidemment pas anodin et pour un quasi-novice sur le sujet comme moi, l'expérience n'a pu être qu'enrichissante, surtout à travers le regard de Gareth Jones, ce héros presque à l'ancienne, pétri de grands idéaux et d'une droiture admirable : un vrai, beau personnage. Bien qu'un peu long, le récit se tient convenablement, représentant plutôt bien les forces en présence et les enjeux de l'époque ou le regard alors porté sur l'URSS, non sans quelques scènes très fortes (je pense, évidemment, à la découverte de la grande famine et de cette « fuite en avant » de Gareth pour échapper à la mort, minutes quasi-muettes semblant presque appartenir à une autre œuvre). Enfin, superbe idée que celle d'avoir intégré au récit spoiler: George Orwell et sa remarquable « Ferme des animaux » , donnant un peu plus de résonance à une histoire qui ne manquait déjà pas d'intérêt. « Crainte » parce qu'en définitive, les quelques éléments précédemment évoqués exceptés, j'ai vraiment vu le film que je m'attendais à voir. Logique, me direz-vous : ce n'est pas faux. Mais cela dure quand même plus de deux heures et de temps à autre, je les sentais un peu. Pas ennuyeuses, mais pas vraiment emballantes non plus. Agnieszka Holland a beau faire preuve d'une réelle application, son classicisme, voire léger académisme pèse un peu, la faute également à une interprétation solide mais sans ferveur. En définitive, si j'ai apprécié l'aspect sans compromis, cette volonté d'énoncer les faits et de rendre hommage à cet homme remarquable parti bien trop tôt, pas sûr que je retiendrais spoiler: (à une scène près et présence de l'auteur de « 1984 » exceptés, donc, ce qui n'est déjà pas si mal) grand-chose de « L'Ombre de Staline » (excellent titre, au passage, bien meilleur que l'original, une fois n'est pas coutume), très honorable film historique, à défaut de marquer autant les esprits qu'on ne l'aurait souhaité.
    lhomme-grenouille
    lhomme-grenouille

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    2,0
    Publiée le 9 juillet 2020
    Des porcs qui s’entassent. Une cahute délabrée au milieu d’un champ prospère. Et enfin un écrivain amorçant son essai, nous expliquant ô combien l’histoire qu’il va nous narrer à ce petit quelque-chose de choquant et d’inimaginable. Voilà comment commence cette « Ombre de Staline ». Quelques premières images plutôt élégantes à défaut d’être inventives certes, mais surtout une écriture très explicite et un brin sensationnaliste qui m’a tout de suite fait grimacer. Quand dès les premiers mots une œuvre trahit son intention de ne laisser aucune place à l’interprétation et au sous-entendu, moi j’ai tendance à considérer que ça n’augure rien de bon. Et malheureusement dès la scène suivante la confirmation explose pleine face. D’un côté le personnage du jeune et brillant Gareth Jones expliquant à son gouvernement qu’Hitler est un danger pour l’Europe et qu’une nouvelle guerre se prépare. De l’autre un rire unanime et méprisant accompagné de quelques « mais non qu’est-ce que vous racontez… Hitler faire la guerre ? Quelle absurdité ! Nous sommes si sûrs de nous ! Ho ! Ho ! » A partir de là ce film vient de dévoiler tout son jeu sur la table. Voilà à quelle sauce on va être mangé. Un gentil qui a raison face à des méchants qui ont tort. Pas de détails. Pas d’ambivalence. « L’ombre de Staline » ne sera que l’ombre d’une approche réflexive et subtile sur la période. « L’ombre de Staline » ne questionnera pas. « L’ombre de Staline » ne mettra rien en balance. « L’ombre de Staline » n’appellera pas à penser. Alors entendons-nous bien, la réflexion n’est pas pour moi une obligation au cinéma, même dans les reconstitutions historiques. Par exemple je suis particulièrement friand du « Patient anglais » ou bien d’ « Australia » alors qu’aucun de ces deux films n’a la prétention de nous faire comprendre quoi que ce soit sur la période abordée. Seulement voilà, c’est là tout ce qui sépare cette « Ombre de Staline » de ces deux exemples sus-cités : la prétention. …Car ce film entend bien nous faire la leçon. Il est construit comme la révélation d’un pot aux roses ; d’une vérité que personne n’a voulu voir. « L’Ombre de Staline » a une morale. Il défend une cause. Il distribue les bons et les mauvais points parmi les acteurs – bien réels – de la politique et du journalisme d’hier. Et pourtant, malgré la prétention de la démarche, ce film fait le choix d’une approche presque infantilisante. Je trouve par exemple assez saisissant que toute la première partie entende essentiellement se reposer sur un effet de mystère qui a trait à l’URSS stalinienne. A Londres on s’interroge sur les moyens dont dispose Staline pour investir autant en pleine crise. A Moscou on comprend que tout se joue en Ukraine mais que le secret y est remarquablement gardé. En somme on se retrouve toute une heure à faire monter la sauce sur ce grand mystère que toute personne qui a un vague souvenir de ses cours de 3e aura vite percé. Et pour le coup j’avoue que ça me sidère un peu qu’un scénario puisse faire à ce point le pari de l’inculture de son public, surtout quand la prétention historique et mémorielle du film est aussi évidente. D’ailleurs, au-delà même de l’inculture, il y aurait presque un pari sur la bêtise. Car au fond le vrai problème de ce film ce n’est pas qu’on ne pense pas mais surtout qu’on ne veuille pas penser. Toute l’intrigue n’est en définitive construite que sur des effets d’esbroufe. Et là où la première partie entendait se bâtir sur un suspense totalement inopportun, la seconde se replie quand-à-elle sur de l’émotion bien convenue. Il s’agit simplement d’illustrer, d’indigner et de condamner, mais jamais d’expliquer, d’explorer ou – mieux encore – de rendre sensible. Car c’est aussi lors de cette seconde partie que cette « Ombre de Staline » révèle également toutes ses limites de forme. Et là encore la forme infantilise tant elle évite de vraiment traiter avec sens son sujet. Parce que parti a bien été pris de montrer l’Holodomor. Et longuement en plus. Seulement voilà pour nous en offrir quoi ? Des démonstrations régulières pour bien marteler le fait que les gens ont faim. Une gradation régulière dans l’horreur et l’inimaginable… Mais sans jamais l’incarner. Il n’a pas de sang dans l’Holodomor de « l’Ombre de Staline ». Pas vraiment de texture non plus. Les corps ne sont pas marqués. La violence presque invisible. Voir l’Ukraine dans ce film c’est nous rendre irrémédiablement orphelin de « Requiem pour un Massacre » d’Elem Klimov ; le souvenir du second rendant encore plus patent les limites du premier. L’ Holodomor à travers la caméra d’Agnieszka Holland a des faux airs de parc d’attractions. A croire qu’aussi bien dans le fond que dans la forme, on ne soit pour ce film jamais rien de plus et rien de moins que des enfants. Et franchement c’est dommage… C’est dommage parce que, bien que dénuée de toute audace, la réalisation parvient souvent à poser des décors et des atmosphères. C’est dommage parce que cette virée en plein arrière-pays soviétique aurait pu être l’opportunité d’une vraie plongée en enfer dans un monde riche de sens et de sensation. C’est dommage enfin parce que s’il avait fait le choix de l’expérience plutôt que de l’académisme, ce film aurait pu être une vraie proposition de cinéma. C’est même d’ailleurs pour toutes ces possibilités qu’il offre et qu’il laisse parfois entrevoir que je n’arrive pas totalement à la rejeter, cette « Ombre de Staline ». spoiler: (Cette seule scène où on voit Gareth être encerclé de gamins cannibales m’a d’ailleurs suffi pour considérer mon déplacement comme n’étant pas totalement inutile.) Malgré tout, le résultat reste là. Et d’une certaine manière c’est la conclusion de ce film qui rappelle à quel point le poids de ces choix calamiteux pèse dans la balance. Car face à une dénonciation finale aussi grossière, passablement erronée et surtout aussi grotesque, il est difficile d’arriver à sauver l’ensemble. Réduire les enjeux diplomatiques de « l’avant-guerre » à de banales préoccupations commerciales, c’est franchement contestable. Conclure sur un échange Jones / Orwell aux accents terriblement conservateurs où tout espoir d’utopie ou de réforme est rendu caduc, ça aussi c’est particulièrement contestable pour ne pas dire intellectuellement malhonnête. Et puis fermer le film en montrant bien à quel point le monde brime les gentils et récompense les méchants – le tout en se présentant comme le digne continuateur de la « Ferme des animaux » d’Orwell – là encore c’est quand même aller très loin dans le burinage moralisateur. Mais bon, que voulez-vous… L’air du temps est à ça en ce moment. L’académisme d’ailleurs a toujours été aussi à ça. A remplacer la réflexion par l’émotion. A troquer la compréhension par la morale. A réduire la politique à l’indignation. Alors peut-être qu’à Moscou les oies fidèles se sentiront rassasiées, mais pour d’autres comme moi, ce cinéma là, ça a quand-même un arrière-goût de disette…
    velocio
    velocio

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    1,5
    Publiée le 6 juillet 2020
    Des amis qui étaient allés voir ce film lui avaient trouvé de l'intérêt malgré une réalisation qu'ils qualifiaient de trop classique, voire académique. Un avis que je ne partage pas du tout, au point, même, d'avoir regretté assez souvent qu'il ne soit pas davantage classique, voire académique. Personnellement, je qualifierais plutôt ce film de ratage presque complet (Il y a, par moment, des scènes réussies) et je pose la question : comment peut-on arriver à faire un film aussi ennuyeux sur un sujet aussi fort. Pourquoi opter pour une réalisation aussi léni(ne)fiante ? (J'ai honte de ce jeu de mot, mais, après tout ... !). On a de gros regrets quand on pense à ce que Sergei Loznitsa aurait fait d'un tel sujet !!! Pour terminer, un tout petit détail : on est en 1933, en URSS, et on voit passer une Citroën traction avant, un véhicule dont la construction a commencé en 1934 !
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