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    L'Ombre de Staline
    note moyenne
    3,8
    1037 notes dont 112 critiques
    répartition des 112 critiques par note
    9 critiques
    42 critiques
    41 critiques
    14 critiques
    6 critiques
    0 critique
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    112 critiques spectateurs

    bobmorane63
    bobmorane63

    Suivre son activité 85 abonnés Lire ses 1 437 critiques

    3,0
    Publiée le 19 juillet 2020
    De la réalisatrice Agnieszka Holland, je l'avais repéré dans les années 90 ou elle avait mis en scène "Rimbaud Verlaine" avec Leonardo DiCaprio avant le phénomène "Titanic" puis elle a disparu de la circulation en matière cinéma mais c'est dans une mini série récente intitulé "The First" avec Sean Penn ou je la remarque en faisant du très bon travail. Puis, elle revient au cinéma avec "L'ombre de Staline" qui aurait pu ètre un super film mais la première demi heure m'a fait peur se croyant dans un film d'espionnage avec quelques plans qui laissent a désiré comme les scènes avec les prostitués. La suite est plus intéressante ou le personnage principal découvre lors d'un voyage en Russie un peuple qui souffre de la misère, la faim, des comportements de l'armée de Staline se comportant indignement avec les gens et le héros fuyant tout ça et voulant faire éclater la vérité. Un film dans la globalité pas mal (mais pouvant mieux faire) avec de très bons comédiens parlant Anglais ou Russes comme les interprètes principaux James Norton, Vanessa Kirby ou Peter Sarsgaard et un scénario instructif.
    Chris58640
    Chris58640

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    4,0
    Publiée le 5 juillet 2020
    Le film de la cinéaste Agnieszka Holland est la bonne surprise du moment. Alors c’est sur, ce n’est pas forcément un film très facile d’accès, le sujet traité est horriblement lourd et (peut-être) encore polémique, certains passages sont difficilement soutenables, le film est parfois un peu austère, voire même un peu nébuleux mais quand même, c’est une belle leçon d’histoire et de journalisme qu’elle propose. Long de deux heures, son film est en trois parties, la partie du milieu, le fameux voyage en Ukraine étant de loin le plus court et le plus fort. Holland s’essaie à quelques effets un peu audacieux, elle utilise le son notamment de façon intéressante, à plusieurs reprises des scènes muettes s’étirent, seulement rythmée par un bruit de fond mécanique (une pendule, un bruit de mastication, le bruit de rails d’un train). En faisant durer ces scènes un tout petit peu au-delà du nécessaire, elle distille une ambiance, celle du silence, du secret, du non-dit qui sont omniprésents en Union Soviétique. Sa musique est intéressante aussi, bien utilisée (même si parfois elle est un peu forte), elle utilise le flou, joue un peu avec sa caméra, tente des passages à l’épaule comme reporter de guerre, tout cela est pertinent et tombe souvent juste. « L’Ombre de Staline » peut paraitre un peu long sur la fin, surtout que je ne m’attendais pas à ce que la partie « après l’Ukraine » soit si développée. Mais si le passage ukrainien est le plus fort, toute la dernière partie est la plus instructive, historiquement parlant. En bref, dans sa forme le film d’Agnieszka Holland est réussi. Il doit aussi beaucoup son casting et à James Norton, qui compose un Gareth Jones très sobre, sérieux et dont les failles ne sont jamais occultées ou cachées. Vanessa Kirby et surtout Peter Sarsgaard incarnent de seconds rôles qu’on aurait peut-être aimés plus ou mieux développés, celui de Walter Duranty notamment. Ce correspondant du NY Times à Moscou, dont on ne saura jamais très bien quel but il poursuit, quelle conception étrange du journalise est la sienne, on manque de clef pour bien le cerner, et il restera un peu énigmatique jusqu’à la fin. Le scénario de « L’Ombre de Staline » est à la fois une ode au journalisme d’investigation et un éclairage sur le secret de mieux gardé (et très longtemps occulté, nié) de l’URSS : l’Holodomor. Gareth Jones est un journaliste au statut un peu étrange, il travaillait pour le Foreign Office Britannique, ce qui est un mélange des genres tout à fait bizarre et pour tout dire, assez malsain. Ce double statut de journaliste et diplomate lui permet de mette un pied à Moscou sans qu’on lui permette de loger ailleurs que dans un Hôtel désigné, sans qu’on lui permette de quitter la ville, et avec des agents le suivant partout de façon ostentatoire, histoire qu’il sache très bien où il ne doit pas mettre les pieds. Et pourtant, il réussi à arriver jusqu’en Ukraine, à fausser compagnie aux autorités pour aller voir lui-même ce qui se trame dans le grenier à blé de Staline. Revenu difficilement de son périple, il se heurte aux autorités de l’URSS, ce qui est logique, spoiler: mais aussi à la cécité du monde occidental, et ça c’est historiquement intéressant et très bien vu . Quoi qu’on en dise, les occidentaux sentent déjà qu’ils vont avoir besoin de l’URSS dans la décennie qui commence, et même s’ils sous-estiment gravement le danger nazi, ils ne veulent pas se rajouter un ennemi en la personne de Staline, pas à ce moment là de l’Histoire. Et puis il y a les sympathisants communistes de l’Ouest, qui ne peuvent pas (et qui ne veulent pas) admettre que leur idéologie est mort-née, que leur modèle est sans espoir. En réalité, ce que le film de Holland nous apprend, c’est qu’il ne sert rien d’avoir raison trop tôt : Gareth Jones à juste 40 ans d’avance sur ce que le Monde est prêt à entendre. La Vérité, puisque ce mot est prononcé plusieurs fois tel un mantra par Jones, est aussi une question de timing, certaines sont audibles un jour, inaudibles le lendemain et inversement. C’est une réflexion intéressante à faire, pour tous les journalistes et les apprentis journalistes du XXIème siècle. Le film d’Agnieszka Holland met des images sur l’Holodomor, ce qui a rarement, je crois, été fait au cinéma. Qu’est ce que c’est ? C’est plusieurs millions de morts de faim dans une région fertile, au cœur de l’Europe, en plein XXème siècle. Tout le blé ukrainien était envoyé hors d’Ukraine, c’est cela l’Or de Staline. C’est quoi mourir de faim ? Le film n’a pas besoin de s’appesantir trop longtemps pour bien le faire comprendre, c’est manger de l’écorce quand il n’y a plus d’épluchures ou d’animaux, c’est manger de la terre, c’est balancer vivants dans les fosses communes les enfants qu’on ne pourra nourrir, et même parfois faire bien pire que cela. Comment cette vérité là aurait-elle pu être entendue en 1933, au sein d’un pays qui se voulait un puit d’espérance ? Gareth Jones a vu (il a même subit la faim), mais ce qu’il avait vu, personne ne voulait le voir, l’entendre, le savoir ou même juste se le figurer. « L’Ombre de Staline » n’est sans doute pas le block buster de l’été, et parfois il peut paraitre un peu nébuleux, un peu incomplet, un peu frustrant sur tel ou tel personnage, mais pris dans son ensemble, c’est un film fort, très fort, et qui mérite franchement le déplacement.
    orlandolove
    orlandolove

    Suivre son activité 56 abonnés Lire ses 1 599 critiques

    2,0
    Publiée le 10 juillet 2020
    Le sujet était potentiellement passionnant et le rappel des faits nécessaires. Malheureusement, ni la mise en scène (trop maniérée voire brouillonne) ni le scénario (qui hésite entre plusieurs thématiques) ne se montrent vraiment à la hauteur des enjeux. Le personnage principal peine à exister, peut-être car James Norton est un peu lisse ? Reste un protagoniste fascinant, l'ambigu journaliste Walter Duranty, interprété avec subtilité et talent par Peter Sarsgaard.
    tupper
    tupper

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    3,5
    Publiée le 28 juin 2020
    Un zoom sur une période et des faits rarement traités. Didactique, les enjeux politiques et humanitaires sont clairs et personnes à l’est comme à l’ouest n’est épargné. Esthétique, la photo est remarquable. Le film ne souffre finalement que d’une partie centrale (le périple en Ukraine) un peu creuse qui casse la dynamique.
    VILLE.G
    VILLE.G

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    4,0
    Publiée le 2 juillet 2020
    Passionnant, prenant et très intéressant. Très bien mené sous forme d'un thriller rythmé, filmé avec une belle élégance classique et très bien joué, ce film m'a vraiment surpris Ignorant tout de l'existence de Gareth JONES et de son histoire, j'ai été passionné de bout en bout, me demandant même si ce n'était pas un personnage inventé. Et en plus il nous raconte une facette de l'histoire et des comportement des hommes que nous ne devrions pas oublier... A voir avec vos ados!
    Cinéphiles 44
    Cinéphiles 44

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    3,0
    Publiée le 23 mars 2020
    “L’ombre de Staline” est un thriller sur le génocide ukrainien qui s’est déroulé en 1932 et 1933 sous Staline. L’Holodomor, terme donné à cette période, va être décrit avec l’arrivée du personnage de Gareth Jones, un jeune journaliste qui vient d’interviewer le chancelier Adolf Hitler. Il débarque ensuite à Moscou dans l’espoir d’aborder Staline et d’enquêter sur le miracle soviétique, une réussite économique alors que le pays est en ruine. Mais arrivé sur place, Gareth est mis sous surveillance et son principal contact a disparu. Au fil de son périple, il va comprendre que le gouvernement a provoqué la famine en Ukraine et que les Soviétiques ont caché la vérité. Agnieszka Holland signe un film à la reconstitution historique louable, mais la complexité de l’oeuvre du fait que le sujet n’est pas connu en Occident, rend l’éclairage de cette période difficile à comprendre. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
    LeFilCine
    LeFilCine

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    4,0
    Publiée le 2 juillet 2020
    La réalisatrice polonaise Agniezska Holland se saisit d’un de ces méfaits staliniens qui fut si longtemps caché de la mémoire des hommes. Pour cela elle a choisi de suivre le périple à peine croyable, dans l’Ukraine soviétique, d’un journaliste britannique qui, dans les années 30, a tout fait pour informer le monde du drame vécu par la population locale. La grande famine ukrainienne de 1933, aussi appelée Holodomor, est donc le cadre assez horrifiant du long-métrage et la plongée au cœur des campagnes martyrisées est juste parfaitement mis en image. Certaines séquences du film sont pour cela assez inoubliables. La réalisatrice parvient à rendre l’horreur palpable et l’ignominie des hommes transparaît à chaque plan. James Norton, qui incarne le journaliste gallois Gareth Jones, est de tous les plans. Comme il est très bon, cela ne pose évidemment aucun problème. Les seconds rôles ont bien du mal à exister hormis l’épatant Peter Sarsgaard. L’acteur américain incarne avec brio le correspondant du New York Times à Moscou dont la duplicité à l’égard du régime soviétique était plus que troublante. Les reconstitutions sont convaincantes, le rythme bien maîtrisé et le sujet évidemment passionnant. Cela fait de L’Ombre de Staline un film historique particulièrement agréable à visionner.
    ANDRÉ T.
    ANDRÉ T.

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    3,5
    Publiée le 4 juillet 2020
    Ceux de ma génération sont si habitués à avoir entendu ou vu, les horreurs de l’Holocauste et des camps (Auschwitz, Dachau, Birkenau, etc) que nous aurions pu « oublier » d’autres horreurs, quelques années plus tôt !!! Agnieszka Holland nous passionne avec les aventures de Gareth Jones, diplomate et journaliste qui nous entraîne avec lui, dans son enquête sur le « miracle russe » de Staline…. Comme lui, on n’en croit pas nos yeux, devant le spectacle de la famine en Ukraine. À son retour en Grande-Bretagne, il découvre avec stupéfaction, que toute vérité n’est pas bonne à dire… Cette page d’histoire se suit comme un livre d’aventures….au point d'être dérangeante.....
    Citrouilleman
    Citrouilleman

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    3,5
    Publiée le 6 juillet 2020
    Une belle réalisation avec, certes quelques lenteurs. Un film très intéressant sur les mensonges du stalinisme et la compromission de certains journalistes de l'époque. Le parallèle avec George Orwell est intéressant mais ... celui-ci n'écrivit "animal farm" que dix ans plus tard, en 1943, livre qui ne fut publié qu'en 1945.
    Domnique T
    Domnique T

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    4,0
    Publiée le 6 juillet 2020
    Quand, comme moi, on a oublié l'épisode désastreux de l'holodomor, cette histoire vraie donne le frisson. A l'heure des fake-news, du dénigrement des lanceurs d'alerte, ce récit historique s'inscrit parfaitement dans notre actualité. La véracité du propos est parfaitement servie par une reconstitution minutieuse des années 30. Bien sûr, l'acmé réside dans l'épisode hivernal ukrainien ... (que j'ai trouvé un peu long) avec du vrai froid et de la vraie neige . Cela ajoute au coté glaçant de cet épisode tragique. Une histoire hallucinante sur la difficulté d'avoir raison contre tout le monde, sur la suffisance des élites politiques, l’objectivité supposée de la presse, sur la propagande et la contre-propagande ...
    Barry.L
    Barry.L

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    2,5
    Publiée le 16 juillet 2020
    ‘’L’ombre de Staline’’ fait partie de ces films qu’il est difficile de critiquer sans passer pour un monstre sans coeur. Avec un sujet très fort, le film a de quoi marquer durablement les esprits des spectateurs. Pourtant, il s’agit aussi d’un film décevant car loin de faire appel et d’utiliser la totalité de son potentiel, comme nous allons le voir. Le film retrace la découverte en 1933 par le journaliste Gareth Jones de l’Holodomor, la grande famine ukrainienne provoquée par les vols massifs des forces soviétiques. Jones va alors mener un combat pour faire éclater la vérité. En réalité, le film est plus une déception qu’un mauvais film. En fait, le plus gros souci du film, c’est de ne jamais vraiment dépasser son résumé. Certes, une personne qui ne connaîtrait pas cette période pourrait probablement apprendre beaucoup de chose et être horrifié par cette terrible vérité. En réalité, le problème est double. D’une part, cette épisode est tristement célèbre. Quiconque s’est un peu intéressé à cette période et aux méfaits du régime soviétique risque de ne pas être touché plus que ça (comme on le verra plus dans tard dans la critique ‘’L’ombre de Staline’’ reste assez en surface des choses, malgré la reconstitution dans la deuxième partie de l’Holodomor). Combien de livres ou de documentaires ont déjà abordé cette époque ? Beaucoup, ce qui diminue les surprises possibles devant cette ‘’ombre de Staline’’. La forme du récit, très classique n’aide pas non plus à rendre le film un tant soit peu original. Et d’autre part, la découverte de ces famines est gâchée car perçue à travers le point de vue d’une personnage, Gareth Jones, finalement très peu intéressant. Et c’est tout le problème : contrairement à ce que laisse penser le titre français, le film est avant tout le portrait de son personnage principal (le titre original est d’ailleurs ‘’Mr Jones’’). Et dans ce genre de film, c’est une chose de présenter un épisode de l’Histoire émouvant, c’en est une autre de voir l’épisode à travers les yeux d’un héros guère passionnant. Le film a beau être polono-britannico-ukrainien, son héros présente (ou du moins est présenté sous) un jour d’une confondante banalité hollywoodienne. Etait-ce dû au véritable Gareth Jones ? Reste que son profil dans le film ne surprend jamais et est beaucoup trop blanc. C’est la limite de ce cinéma d’investigation : les héros-journalistes (comme ceux dans ‘’Les hommes du Président’’) sont beaucoup trop pâles et lisses. Le film n’échappe pas à cela : nous sommes devant un héros sans faille et sans reproche, aux convictions que rien ne peut ébranler. Ses découvertes, aussi terribles soient-elles étaient novatrices en 1933, elles paraissent bien naïves en 2020. Le parcours du héros est hélas désarmant de naïveté : il va ainsi découvrir que oui, les journalistes (comme Walter Duranty) peuvent mentir sur l’existence de telles atrocités. Cette découverte ne va pas le changer d’un iota et ne va pas le rendre plus tourmenté, donc plus intrigant. Même son horrible découverte des modes de vie ukrainiens ne semble pas affecter sa psychologie. Les révélations du film sont désarmantes certes, mais hélas aussi rebattus. En sachant cela, plusieurs critiques ont cru bon de voir avec ‘’M Jones’’ une œuvre très actuelle qui dénoncerait les fake news. Mais ce serait faire trop d’honneur au film que d’y voir cela. En effet, là où les coupables sont clairement désignés dans ‘’L’ombre de Staline’’ (Staline mais aussi Duranty), la fake new actuelle est beaucoup plus délicate à condamner dans la mesure où l’on ignore parfois qui en est l’investigateur. Le parallèle semble discutable : une fois la supercherie découverte, Gareth Jones savait à qui s’en prendre et qui critiquer. Aujourd’hui, il est malheureusement impossible parfois de remonter jusqu’à la racine des fakes news (les menteurs qui propagent des messages calomnieux ou qui mentent sur la réalité, cachés derrière leur écran, n’ont pas l’envergure d’un Staline ou d’un Duranty et sont ainsi encore plus difficiles à condamner). Par ailleurs, le film est d’autant plus frustrant qu’il n’utilise pas la totalité de son potentiel. Le film aurait pu être tellement mieux, tellement plus vibrant et marquant. Alors oui, il aurait fallu moins respecter le titre original et se détacher du point de vue unidimensionnel du héros. Oui, il aurait fallu se mouiller un peu plus sur plusieurs pistes que nous allons voir. Premièrement, enrichir le film aurait été possible en multipliant les points de vue. Comme on l’a vu précédemment, l’unique point de vue du héros appauvri un film qui aurait mérité de se concentrer sur d’autres figures. Tout le long du film, des personnes apparaissent et disparaissent au gré des pérégrinations du héros. Tous auraient mérité d’être davantage mis en avant tellement ils sont passionnants. La frustration n’en est que plus grande quand, en fin de film, le devenir de certains personnages n’est pas éclairé (qu’elle existe où non, qu’en est-il d’Ada Brooks, cette reporter qui rejoint Berlin en 1933 ? Qu’en est-il des six ingénieurs britanniques maintenus en otage par les Soviétiques ?). Mais la plus grande erreur, c’est bel et bien de ne pas mettre sur le devant de la scène cet inouï bonhomme qu’est Walter Duranty. Transformé en un méchant classique hollywoodien, cette honte du journalisme mériterait à elle seule son propre film. Approfondir son personnage aurait permis à ‘’L’ombre de Staline’’ de relever le niveau. Ne pas creuse Duranty ne permet pas au film de gagner en profondeur. Duranty offrait un ensemble de possibilités qui ne sont pas explorés ici. Par exemple, le film serait une œuvre 100 % originale s’il avait choisi de se recentrer sur l’affrontement entre deux journalistes. Ce thème (qui n’est traité que tardivement dans le film), peu vu au cinéma aurait pu déboucher sur de nombreux questionnements, notamment sur ce qui constitue l’intégrité journalistique. Bon sang, pourquoi doit-on se coltiner ce saint de Gareth Jones lorsque tu as ce Duranty à disposition, figure sombre et intoxiqué par sa position ? Comment en est-il arrivé là ? Pourquoi est-il capable de mentir, mentir encore ? Pourquoi n’a-t-on jamais retiré son prix Pulitzer ? Tant de questions qui resteront sans réponse, le film préférant se concentrer sur son héros, sans tâche, ni défaut, ni part sombre (qui ne boit pas, ne se drogue pas et ne baise pas : quel ennui!). Il est d’ailleurs significatif que la meilleure scène du film a lieu sans la présence du héros : spoiler: Duranty et Ada Brooks s’opposent autour d’une machine à écrire . Deuxièmement, le film évacue dans sa troisième partie, le refus de l’Occident de croire au récit de Jones. De nouveau, on a cette impression de superficialité. Pourquoi tant de personnes ont-ils nié cette vérité ? spoiler: Mis à part une séquence où Orwell est horrifié par le discours de Jones , l’on ne ressent jamais cette sensation d’effarement ou de rejet de la vérité. Il aurait été sage sans doute de faire un film à la Costa-Gavras (période ‘’Z’’), c’est-à-dire un film sans personnage principal mais avec une multitude de points de vue, de visions : en bref, voir de plus près les comportements des différentes camps (politiques, journalistiques etc) qui s’opposent alors sur le cas ukrainien. En lien avec ce contexte trop peu effleuré, on peu reprocher le peu d’importance accordé aux conséquences de tout cela. Beaucoup de choses sont laissés en berne : si Jones parvient à publier son article, quel en sera son impact sur la scène internationale ? spoiler: A part l’influence exercée sur Orwell pour écrire ‘’La ferme des animaux’’ et l’assassinat de Jones , on ignore la portée réelle de l’article. Quatrièmement, il aurait été bon de se projeter encore plus loin dans l’avenir pour interroger la notion de génocide (dans un épilogue par exemple). En voilà un sujet qui aurait été inédit au cinéma : étudier ce mot de génocide. Mais ce serait sans doute trop se mouiller que de dire si ces famines constituent ou non un génocide (aujourd’hui encore, l’Holodomor et son statut est toujours un objet de tensions entre la Russie et l’Ukraine). Cinquièmement enfin, on ne peut pas dire que la réalisation d’Agnieszka Holland soit complètement convaincante. Visuellement, le film est un énième biopic où tout est plongé dans l’obscurité. C’est une mode actuelle énervante : on se la joue sérieux avec des teintes froides, sombres et on rend certaines scènes quasi-illisibles. Rien de bien innovant donc. Mais le souci, c’est d’uniformiser ce genre de réalisation à tous les espaces présentés dans le film. Certes, les décors sont ééévidemment plus fastueux en Russie et en Angleterre qu’en Ukraine. Cependant, les lumières et les couleurs sont toujours les mêmes et donnent cette impression de dépravation partout. Or, il aurait (beaucoup de ‘’aurait’’ dans cette critique) été judicieux de jouer plus sur les contrastes entre les lieux visités. Ce qui frappe dans les images qui peuvent nous venir à l’esprit (dans les documentaires et les images de propagande), c’est l’écart considérable de richesses entre la ville et la campagne. Mettre de belles lumières et de belles couleurs pour les parties urbaines permettraient de renforcer le choc face à l’horreur qui hante les campagnes ukrainiennes. Sans aller jusqu’à adopter une mise en scène à la ‘’Traffic’’ (Soderbergh, 2000), Agnieszka Holland avait la possibilité de varier le ton (et donc les émotions) en fonction de la localisation. Le film tombe dans les travers du classicisme : il ne s’agit pas hélas d’une œuvre classique, mais d’une œuvre académique. Tout a un air de déjà-vu et tout est superficiellement étudié. Dommage, car comme nous l’avons vu, il y avait moyen de faire un grand film.
    sebou36
    sebou36

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    3,0
    Publiée le 28 juillet 2020
    Certes, le sujet est passionnant, on n'en finira jamais de découvrir les horreurs perpétrèes par les régimes dictatoriaux de la planète. Toutefois, on ne saurait nier la faiblesse de l'interprétation. Le film est lourdement démonstratif et le parallèle avec Orwell et La Ferme des Animaux tellement appuyé qu'il en devient gènant. On avait compris, c'est pas la peine de surligner. Bref, j'ai trouvé le film maladroit, parfois ennuyeux malgré un sujet ambitieux.
    beida
    beida

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    1,5
    Publiée le 2 juillet 2020
    Sur un sujet historique particulièrement dramatique, la réalisatrice nous sert un produit tape-à-l'oeil, voire bouffi, avec de longues séquences parfaitement inutiles. Bref, elle ne fait vraiment pas honneur à son sujet.
    Sterwerze
    Sterwerze

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    3,5
    Publiée le 30 juin 2020
    Film sombre sur notamment l'Ukraine durant l'époque de l'URSS et la famine qui l'a parcouru, certaines scène sont d'ailleurs assez difficile à voir. Il y a parfois quelques idées dans les plans, le montage est correct bien que le film peine à commencer (à mon avis dû à la pose de décors qui dure un peu longtemps).
    Jacotre
    Jacotre

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    3,0
    Publiée le 27 juin 2020
    Noir, c'est noir ! Ce film décrit avec un terrible réalisme l'un des nombreux crimes de Staline qui obtient sans conteste le titre de tyran sanguinaire : la famine délibérément imposée qui tua quatre millions d'Ukrainiens, au débit des années 1930. Nombreux sont celles et ceux qui, pour se dédouaner de leur silence d'alors, affirmèrent n'avoir pas su. L'action courageuse de Gareth Jones, ce journaliste qui n'hésita pas à se rendre sur le terrain, montre que l'on pouvait savoir, si on voulait ouvrir les yeux. On ne sort pas d'un tel long métrage avec une vision optimiste de notre monde. D'autant que l'actualité nous montre que rien n'a vraiment changé, des massacres se déroulant régulièrement au Rwanda, en Syrie ... sans que nous daignons les regarder en face. Une leçon du passé qui éclaire le présent ! Réalisation qui, pour plomber le spectateur, reste salutaire.
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