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Plaire, aimer et courir vite
Anecdotes, potins, actus, voire secrets inavouables autour de "Plaire, aimer et courir vite" et de son tournage !

"Plaire, aimer et courir" vite selon Honoré

"Un premier amour et un dernier amour. Un début dans la vie et une fin dans la vie, à travers une seule et même histoire d’amour, celle du jeune provincial Arthur et de l’écrivain agonisant Jacques. Le film voudrait conjuguer cette association de sentiments : l’élan et le renoncement. L’histoire d’amour racontée précipite deux choses : d’une part les débuts dans la vie d’Arthur, d’autre part la fin de la vie de Jacques. Il est possible que sans cet amour Jacques aurait vécu plus longtemps, parce qu’il est précipité dans l’idée que sa maladie, le sida, le rend inapte à cet amour, qu’il n’est plus capable de le vivre. Je crois que le vrai sujet du film est là, dans les effets contraires de l’amour. C’est un film qui assume sa part de mélodrame, mais pas tant du côté de l’amour impossible que de la vie impossible."

Naissance du projet

Après deux adaptations littéraires, Ovide et la Comtesse de Ségur, Christophe Honoré souhaitait revenir à une sorte de réalisme et une histoire à la première personne. Le metteur en scène voulait écrire une histoire entièrement originale et parler des années 1990, autrement dit se servir de la fiction pour faire revivre l'étudiant qu'il était à cette époque ainsi que cette figure de l’écrivain qu'il aurait rêvé de rencontrer. Il explique : "Je me suis mis presque naturellement à relire Hervé Guibert, Bernard-Marie Koltès, Pier Vittorio Tondelli, Jean-Luc Lagarce... Toutes sortes de récits évoquant le Sida ou lui faisant face. Je me suis senti animé par une forte et belle envie d’écrire, qui aurait aussi pu donner naissance à un roman puisque je ne me posais à cet instant aucune question de mise en scène. L’écriture, du coup, a-t-elle aussi été vive et rapide : cinq ou six semaines. Progressivement, les personnages de Jacques et Arthur ont aussi convergé : c’est un peu le même personnage à deux moments de sa vie." 

Reconstituer les années 90

L’idée générale de la direction artistique était de recréer un temps sans le reconstituer. Dans ce cadre, les références culturelles ont été très utiles à Christophe Honoré et son équipe. Le cinéaste précise : "Les citations, les films évoqués dans Plaire, aimer et courir vite, et même les piles de livres que l’on voit dans les chambres sont vraiment puisées en ligne directe de ma jeunesse. Je crois beaucoup que nous sommes formés, influencés, dans nos manières de ressentir et de penser, par les livres lus, les musiques et chansons entendues, par les films qui ont compté dans nos vies."

Les années 90 sont par ailleurs, pour Honoré, une époque non-révolue. Le réalisateur confie : "Je dois admettre avec une certaine difficulté que vingt ou vingt-cinq ans ont passé et je n’arrive pas à accorder la vivacité de mes impressions de l’époque à cette distance qui me semble folle. Souvent, je me demande pourquoi ces soirs de jeunesse restent plus vivaces en moi encore aujourd’hui que ce qu’ai j’ai vécu ensuite. C’est aussi cela que le film essaie de capter et de raconter."

Représenter la sexualité

Lorsqu'il tournait Ma mèreChristophe Honoré s'était dit qu'il apprendrait quel metteur en scène il était selon la manière dont il serait capable de tourner des scènes sexuelles. Pour ce film datant de 2004, il y en avait beaucoup, ce qui a été difficile pour le cinéaste. C'est pour cette raison que ses films suivants, La Belle personne, Chansons d’amour, Dans Paris, sont très chastes, voire prudes. Il développe :

"L’envie est revenue progressivement, surtout après Les Métamorphoses, où je me suis re-libéré de cette angoisse. Pour Plaire, aimer et courir vite, Pierre Deladonchamps, qui joue le personnage de Jacques, a été un allié très sûr. Il a un rapport à sa nudité particulièrement libre pour un acteur masculin. Vincent était un peu anxieux bien sûr, il n’avait pas été encore vraiment mis dans ce genre de situation, où il est fortement identifié comme un objet de désir. Aujourd’hui ces moments m’inquiètent moins, je fais très peu de prises sur ces scènes-là, en réduisant l’équipe au maximum, et je joue moi-même la scène auparavant pour l’expliquer aux acteurs. Dans l’ensemble, le film est assez doux sur la sexualité, c’est charnel et intime mais sans bravoure."
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