The Third Murder
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traversay1
traversay1

4 485 abonnés 5 363 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 mars 2018
Il est toujours intéressant de voir un cinéaste quitter sa zone de confort et se lancer de nouveaux défis en s'attaquant à un registre différent. Voici donc Hirokazu Kore-eda, le chantre de la famille, plus ou moins dysfonctionnelle, sur le terrain du thriller judiciaire dans The Third Murder, qui n'est pas sans rappeler les romans de l'américain Michael Connelly, au moins dans cette volonté de suivre au plus près le travail effectué par les avocats de la défense. Cependant, il ne s'agit pas d'un énième film de procès, le cinéaste intégrant de courtes scènes d'audience dans le seul but d'éclaircir ou d'obscurcir, c'est selon, certains éléments clé de l'intrigue. Du suspense, il y en a beaucoup dans The Third Murder, notamment en matière psychologique, avec le profil de l'accusé, plutôt changeant et insaisissable. Son "duel" avec l'avocat qui le défend est passionnant, culminant dans une scène de parloir, vers la fin du film, qui joue avec virtuosité des reflets des visages sur la vitre. Au-delà de ses thématiques de thriller qui sont la base du film, bien d'autres sujets sont en creux, jouant des parallèles entre les trois principaux personnages : l'accusé, l'avocat et la victime, tous les trois pères inadaptés dans leurs comportements, et se sentant coupables, au moins pour les deux premiers. Comme quoi, même dans un genre bien codifié, le cinéaste japonais n'oublie pas ses thèmes favoris. Dans ce film très riche, la quête de la vérité s'oppose à une définition incontestable et obéit à une réalité subjective. Existe t-elle vraiment, s'interroge Kore-eda qui a beaucoup regardé le Rashomon de Kurosawa. Par ailleurs, le traitement documentaire du fonctionnement de la justice est particulièrement captivant avec des cadrages, un découpage des scènes, un montage et une esthétique générale assez inspirés des grands films américains des années 50. Il y a énormément de coups de théâtre et de rebondissements dans The Third Murder mais au-delà, ce qui rend l'oeuvre excitante, c'est son atmosphère, humour, poésie et onirisme ne sont pas absents, et son intelligence narrative constante. De la très belle ouvrage, stimulante pour l'esprit du spectateur.
islander29
islander29

1 032 abonnés 2 669 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 avril 2018
Hirokazu Kore eda, change de style et de discours....On est dans un registre plus grave, voire terrible......Pendant deux heures, les dialogues fouillent l'âme d'un assassin pour en extraire une substantifique moelle de l'humanité.....Challenge parfaitement réussi, et attendez vous à être assommé par la vérité qui se dégage à chaque instant.....Que ce soit sur le
meurtre, la corruption, le mensonge, les dialogues sont implacables......Il sont je le répète terribles et noirs, et les quatre ou cinq personnages, semblent échangé leur culpabilité par rapport cette vérité difficilement contestable....." Tout le monde ment" Le film plus il avance démontre cela de façon presque "mathématique"....L'âme nippone est sombre qu'on se le dise...
Le titre s'explique peut être par le fait que le criminel va exposer trois versions de son crime......"The third murder" .....les assertions se succèdent et se balaient les unes les autres jusqu'à une conclusion ultime......On est dans le psychologique dramatique, et le tout résonne comme Shakespeare (c'est ce que j'écris quand la vérité est insupportable)....Je dirais âmes sensibles abstenez vous , on a parfois envie de ne plus réfléchir....Côté technique le film a de beaux passages et d'autres plus conventionnels et sans grand intérêt.....A mon avis le film est très abouti, autant au niveau psychologique que policier, mais devant tant de vérités distillées, il faut parfois garder le "moral".....Je conseille fortement
coperhead
coperhead

36 abonnés 477 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 août 2018
Kore Eda a réaliser dans un genre différent de son style habituel un film noir d'une grande virtuosité. Le réalisateur va brouiller sans cesse les pistes avec les trois aveux différents que va faire le meurtrier présumé 'la vérité étant a chaque fois remise en cause. Kore Eda en profite aussi pour montrer les rapports compliquées entre les individus dans la societe japonaise notamnent entre les pères et leurs filles . De plus des sequences sont magistrales comme dans la dernière confrontation entre l avocat et le coupable ou les deux visages sont superposées dans la vitre.Seul bémol la lenteur de l'ensemble qui peut en derouter plus d'un.
brunocinoche
brunocinoche

137 abonnés 1 228 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 septembre 2018
En mettant en scène une trame policière, beaucoup ont pensé que Hirokazu Kore-eda changeait de style.
A tort, car le cinéaste japonais est moins intéressé par l’intrigue policière que par les relations familiales entre les personnages.
Il scrute et évoque les relations entre l’avocat et son père, entre la fille de la victime et ses parents, mais aussi les relations plus complexes qui se nouent par transfert ou identification.
Ce scénario riche et complexe peut dérouter par la lenteur de son récit mais la mise en scène, faussement classique, est forte et élégante, notamment lors des têtes à tête ente l’avocat et l’accusé.
Un film beau et intelligent.
Iloonoyeil
Iloonoyeil

88 abonnés 367 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 mars 2025
Kore- Eda Hirokazu démonte et met à bas le système judiciaire nippon.
Voici une œuvre cinématographique où la mise en scène confine au génie, en plaçant le spectateur en état mental d' apesanteur face aux sillons sinueux des procédures judiciaires, face à la souffrance d' une adolescente qui a subi le viol incestueux et face aux maux sociétaux du Japon ...........
En ayant vu ce long métrage époustouflant de simplicité, on reste coi! Rien n' y est limpide et les soleils noirs de la mélancolie brouillent le clair obscur de la vie quotidienne.......
Juger ! Jauger ? Recopier ! Refaire !
Recommencer ..........
Seulement, écouter et essayer d' agir pour la vérité ? Non , pour sa part de clarté citoyenne .........
Après Notre petite sœur, la jeune actrice Suzu Hirose livre une prestation encore plus aboutie!
Impressionnante démonstration.....
Merci pour la lecture.
Gérard Michel
kevinsolstice
kevinsolstice

83 abonnés 1 931 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 mai 2019
Super film qui nous vient de lest comme d’habitude malgré quelques longueurs, l’intrigue est au rendez-vous bon film
Cinéphiles 44
Cinéphiles 44

1 669 abonnés 4 647 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 décembre 2018
Presque tous les films de Hirokazu Kore-eda sont présentés dans les plus prestigieux festivals. « Tel père, tel fils » a été le Prix du Jury de Cannes 2013 et « Une affaire de famille » est la Palme d’Or 2018 par exemple. Présenté en particulier au Festival du film policier de Beaune et la Mostra de Venise « The Third Murder » met en scène un grand avocat chargé de défendre un homme accusé de vol et d’assassinat et dont la peine de mort l’attend assurément. Au fil de l’enquête, l’avocat se met pourtant à douter de la culpabilité de son client. Le cinéaste excelle dans le genre polar en ficelant son intrigue de sorte à ce que nous doutions sans cesse sur la culpabilité de l’homme. Le film pousse plutôt à la réflexion sur la véritable justice et son sens éthique. Ne vous attendez pas à de larges séquences visant à éclaircir votre pensée, « The Third Murder » est une longue piste complexe dont les vérités se trouvent entre les paroles et les non-dits. Brillant.
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anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 20 avril 2018
Une complexe et fascinante interrogation sur notre rapport à la « vérité » et sur sa place dans le fonctionnement de la justice pénale. Comment renoncer à croire que les juridictions sont des véridictions ? Comment cesser d’imaginer que la vérité est le critère suprême de l’établissement des faits et de leur qualification ? Comment abandonner l’idée que la valeur procédurale réelle des témoignages et des aveux n’est pas indépendante de leur valeur de vérité ? Comment concevoir qu’un avocat soit susceptible de défendre un criminel sans chercher à comprendre ses « vrais » mobiles ? Autant de questions captivantes que pose "The Third Murder", un film où le besoin de vérité renaît incessamment chez ceux-là mêmes qui le négligent ou qui le tournent en dérision. Dans le rapport des humains à la « vérité », rien de plus fort sans doute que le besoin de (se) raconter des « histoires ». Ainsi, nombreuses sont les histoires possibles pour s'expliquer le fait que Misumi ait tué son patron (satisfaction d’une pulsion, meurtre crapuleux, assassinat commandité, vengeance, punition). Aux yeux de Shigemori, l’avocat cynique et pragmatique qui assure la défense de Misumi, seule compte la version des faits la moins préjudiciable à son client, celle qui pourrait lui éviter la peine de mort. Il prétend que l’empathie ne sert à rien, car il s’agit non pas de comprendre son client, mais d’obtenir de lui des « arguments » utilisables pour sa défense. Cependant, face aux réponses changeantes et évasives de Misumi, il est contraint de rechercher les éléments psychologiques et biographiques de ce qui s’offre à lui comme un puzzle. Un supposé puzzle qui n'est peut-être en fait que la surface réfléchissante sur laquelle l'avocat projette sa propre manière de fonctionner, ses propres angoisses, ses propres scrupules. Quant à Sakie, la fille du patron assassiné, elle voit dans Misumi l’exécutant du parricide qu’elle désirait : illusion d’avoir enfin trouvé quelqu’un qui la comprend ? Comment le savoir ? Nous sommes nous-mêmes contraints de spéculer en projetant sur Misumi des considérations éventuellement très éloignées de sa psychologie. Bien plus, en cherchant la vérité de ses comportements, nous sommes dans une attente de sens qui n’a peut-être pas d’objet, ou qui du moins se trompe d’objet. D’ailleurs, Shigemori se le voit signifier par Misumi lui-même : « Vous attendez trop d’un meurtrier comme moi ». Quoi qu’il en soit, au Japon, dans les cas de récidive comme celui de Misumi, la vérité du second crime (ses « vrais » mobiles) n’a que peu d'importance dans le fonctionnement de la machine judiciaire. En effet, le criminel récidiviste n’a quasiment aucune chance d’échapper à la peine capitale : s’il a donné deux fois la mort, il doit lui-même trouver la mort. En ce sens, la peine capitale peut bien alors être qualifiée de « troisième meurtre ». Pour autant, le film de Kore-eda n’est pas un plaidoyer frontal et explicite contre la peine de mort. Certes, il souligne l’aspect mécanique de son application dans le système japonais lorsqu’elle sanctionne une récidive. Cependant, il met dans la bouche de Misumi et de Shigemori un même raisonnement, à la fois nihiliste et fataliste, contraire à l’optimisme humaniste : si l’existence ne nous est pas attribuée parce que nous méritons de naître, mais arbitrairement, sans que rien ne la valide ou ne la justifie a priori, alors la conséquence logique est que « certaines personnes n’auraient jamais dû naître ». Face à ce sombre pessimisme, seules deux voix contestataires s’élèvent brièvement dans le film, à savoir celle du jeune collègue de Shigemori, et celle de Sakie… En les mettant dans cette position minoritaire, peut-être Kore-eda a-t-il voulu nous inciter à prendre le relais de leur indignation ?
selenie
selenie

7 446 abonnés 6 661 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 avril 2018
Un drame judiciaire et psychologique où faux-semblants et mensonges, voir manipulations permettent au cinéaste de questionner sur la justice et, surtout, sur la Peine de Mort (rappelons qu'elle existe toujours au japon où 80% des gens sont encore pour). Dans un premier temps on pense très fort au concept du film "La vie de David Gale" (2003) avant de s'apercevoir qu'il y a encore pas mal de couche de lecture. Le premier bémol vient du rythme. Monocorde et donc assez ennuyeux surtout pour une affaire qui doit être sous tension. Alors qu'il en est rien bien évidemment. Un très bon film auquel il manque juste un peu de passion.
Site : Selenie
TTNOUGAT
TTNOUGAT

701 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 18 mai 2019
Ce film relatant un procès au japon sort totalement du sous-genre (affaire policière dévoilée au tribunal), il s’intéresse tout autant à l’accusé qu’à son avocat et au strict minimum aux faits réels. Ce qui fait qu’il est difficile à suivre et qu’une seconde vision s’impose pour en découvrir toutes ses richesses. Kore-Eda est un grand cinéaste intelligent et rigoureux, il est avare d’explications. Il faut bien écouter, bien regarder et connaître un minimum d’art cinématographique pour tout comprendre sans se tromper. The third murder est une sorte d’huis clos entre deux hommes, l’un voulant sauver la tête de l’autre pour justifier sa réputation et l’autre voulant racheter ses fautes quitte à y laisser sa vie. Tout cela débouche sur un chef d’œuvre difficile d’accès mais que l’on a envie de redécouvrir et d’en discuter avec des amis. ''The third murder'' procure un plaisir à retardement tant il est austère. Question spectacle et ressentis immédiats c’est le contraire de ‘’notre petite sœur’’ mais la même rigueur y est présente. C’est un grand film qui n’a qu’un seul défaut : ne pas enthousiasmer le spectateur à sa sortie de salle.
Ti Nou
Ti Nou

625 abonnés 3 863 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 février 2019
L’espace d’un film Kore-Eda délaisse les histoires de famille pour s’attaquer au drame judiciaire. Il s’interroge sur la notion de justice, rendue par des hommes faillibles, de peine définitive alors que la vérité peut échapper.
vidalger
vidalger

378 abonnés 1 311 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 avril 2018
Pour qui a déjà eu le bonheur de voir les précédents films de Hirokazu Kore-eda et notamment les magnifiques "Après la tempête" , "Tel père, tel fils" ou encore Still walking", ce nouvel opus du maître japonais des sentiments diffus, de la famille et de l'élégance des images confirme, si nécessaire, l'absolue maîtrise de son art. Et pourtant, cette intrusion dans l'univers du polar ne nous convainc pas totalement. La lenteur de l'approche des personnages plombe le rythme que l'on aurait souhaité plus soutenu que dans les films purement psychologiques du réalisateur. L'interprétation impeccable, jusqu'aux rôles secondaires, la beauté des images, l'intelligence des plans, la finesse du scénario compensent ce petit défaut.
Jean-luc G
Jean-luc G

89 abonnés 897 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 janvier 2024
Révision dans la foulée de l'innocence: Kore-eda avait concocté un Anatomie d'une chute avant l'heure!
C'est brillamment obscur, car volontairement semblerait-il, nous ne saurons pas qui a tué qui, seulement qui a été tué reste certain!
La charge contre le système judiciaire est en revanche pleinement assumée par le réalisateur. Le procès doit avoir une conclusion rapidement, on ne va pas tergiverser une éternité avec un accusé qui a avoué et qui de plus est un récidiviste…
Le jeu du chat et de la souris fait écho également au récent Procès Goldman, pas sur le plan politique, mais plutôt sur un terrain philosophique entre l'accusé et son avocat: quel vie mérite d'être vécue? Quelle personne ne méritait pas vraiment de vivre?
Koji Yoshuko est impérial, et les face à face dans le parloir filmés en long plan fixes, jouant des reflets de la vitre, sont d'une densité émotionnelle inattendue. Et dans un scène finale, les deux profils vont venir s'aligner, dans une image audacieuse d'identification.
Le puzzle joue de l'incertitude autour de la fille du petit patron assassiné lors de la première scène. Violent? Abuseur social ou sexuel?
Voilà un long métrage dense, parfois un peu trop bavard, et qui prétend garder tout son intérêt lors de visions successives. On aurait tendance à le croire. Kore-Eda ne promet certainement sans raison.
DVD vo - janvier 2024
didbail
didbail

40 abonnés 539 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 mai 2020
Kore-eda abandonne les films familiaux mais pas sa sensibilité. Avec The Third Murder, il nous livre encore une fois une oeuvre passionnante, où la vérité est toujours fluctuante. Il s'interroge et nous interroge sur le droit qu'un homme a d'en juger un autre. Il affirme qu'il n'y a pas de vérité et que tout jugement est donc entaché d'erreur.
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 septembre 2025
Bien qu’en apparence le réalisateur Hirokazu Kore-eda semble s’éloigner de son registre de prédilection en signant un drame judiciaire, il n’en est rien tant le long-métrage évoque en filigrane les rapports familiaux entre père et fille. D’une mise en scène soignée avec notamment un sens du cadrage aiguisé et d’une interprétation très sobre, le cinéaste tisse un récit bien écrit dénonçant en toile de fond les dérives de la justice japonaise.
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