Le Quai des brumes
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Nicothrash

464 abonnés 3 298 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 octobre 2023
Quai des Brumes, grand classique signé Marcel Carné et datant de 1938, charcuté par la censure de l'époque, est visionnable aujourd'hui quasiment dans sa version d'origine et c'est une véritable chance de pouvoir se plonger dans cette époque lointaine et fascinante. Histoire d'amour, de drame et de désertion Quai des Brumes est surtout connu pour sa fameuse réplique qu'on ne présente plus, il est pourtant bien plus que cela avec son intrigue mystérieuse et son couple fétiche Jean Gabin/Michèle Morgan tout simplement magnifique. Ce film c'est vraiment le marqueur d'une époque qu'on aimerait connaître et un monument du cinéma français aux dialogues ciselés et percutants et à l'émotion à fleur de peau. Un grand moment à mon sens.
soniadidierkmurgia

1 436 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 avril 2024
La phrase de Jacques Prévert : “T’as de beaux yeux, tu sais” prononcée par Jean Gabin face au regard transi de Michèle Morgan est inscrite depuis bientôt cent ans dans l’inconscient des amateurs de cinéma français. “Le quai des brumes”, film de Marcel Carné dont elle est tirée fait depuis office de manifeste du “réalisme poétique” premier courant du cinéma parlant français fortement influencé par l’expressionnisme allemand des Friedrich Wilhelm Murnau, Fritz Lang, Paul Wegener, Robert Wiene et Paul Leni. Autant dire que dans une moindre mesure et pour d’autres raisons que “La grande illusion”, ce monument du cinéma français est inattaquable aux yeux d’une certaine critique qui en grande partie parce que le film a été écrit par Jacques Prévert, autre monument, scénariste reconnu, présent dès la fondation du mouvement surréaliste (qu’il quitte en 1930 suite à une mésentente avec André Breton son fondateur) et ensuite très impliqué au sein du Groupe Octobre (troupe de théâtre spécialisée dans l’agit-prop de 1930 à 1936). Il est comme ça des statues indéboulonnables.
Pourtant revoir le film aujourd’hui fort de toute une cinéphilie derrière soi pourra laisser quelque peu perplexe l’admirateur de chacun des protagonistes du film, de Jean Gabin à Michèle Morgan en passant par Michel Simon, Robert Le Vigan, Marcel Carné, Alexandre Trauner ou Jacques Prévert. Le film est né de la volonté de Gabin qui après avoir vu “Drôle de Drame” de Marcel Carné propose à Raoul Ploquin, le directeur de production de la UFA à laquelle par contrat il doit encore un film, d’adapter “Le quai des brumes” de Pierre Marc Orlan. Un auteur qui lui a porté chance avec “La Bandera” (1935) de Julien Duvivier, son premier succès.
Il propose que le film soit réalisé par Carné et scénarisé par Prévert, les deux hommes ayant travaillé en tandem sur les deux premiers films du premier cité. Les contrats sont rapidement signés, le nom de Gabin agissant comme un sésame auprès des producteurs. Le film doit se tourner à Berlin dans les studios de la UFA. Se rendant sur place, Carné est effrayé par les méthodes allemandes qu’il juge d’une lourdeur insupportable pour la souplesse qu’exige selon lui un tel projet. Avec Prévert, il décide donc de ne plus situer l’intrigue à Montmartre comme dans le roman mais dans le port d’Hambourg (ce sera finalement Le Havre qui sera choisi) dont les deux hommes comptent tirer parti pour enjoliver l’atmosphère brumeuse voulue pour le film. Entre temps les dirigeants de la UFA ont reçu le synopsis et jugent le récit proprement indécent alors que les nazis sont désormais infiltrés dans tous les rouages de l’industrie y compris cinématographique. Jean Gabin intervient qui obtient que la production soit rapatriée en France. Le film est alors vendu, ironie de l’histoire, à un producteur russe de confession juive, Gregor Rabinovitch qui avait été obligé de vendre dès 1937 sa société de production Cine-Alliance dans le cadre de l’aryanisation de la société allemande. Moindre mal, le retard pris dans la production permettant à Carné de pouvoir disposer de Michèle Morgan à laquelle il tenait absolument pour interpréter Nelly. Toutes ces péripéties qui se poursuivront tout au long du tournage feront beaucoup pour la cohésion de l’équipe autour de Marcel Carné qui à 32 ans et seulement deux films plutôt incompris à son actif est encore inexpérimenté.
Le roman a été assez profondément remanié. Par exemple le rôle du déserteur de l’infanterie coloniale tenu par Jean Gabin résulte de la fusion de deux personnages. Tout semble donc réuni pour la naissance d’un chef d’œuvre et ce sera le cas pour la majorité de ceux qui au fil des ans verront le film. Qu’est-ce qui peut donc donner un sentiment de malaise quand « Le quai des brumes » est aujourd’hui comparé avec les autres films de Gabin de la même période qui n’ont pas pris une ride ? Une explication possible peut venir de Jean Renoir qui ne manquant jamais de férocité, en sus d’avoir renommé le film : “Le cul des brèmes”, l’avait accusé à sa sortie d’être fasciste pour aussitôt se rétracter quand Jacques Prévert l’avait menacé de lui “mettre son poing dans la …”. Ce même Renoir alors qu’il imaginait le tournage de “La Bête humaine ”, avait ajouté que lui aussi pouvait faire un film “réaliste romantique" mais sans que les coutures en soient apparentes. Et c’est bien ce défaut qui sautant désormais aux yeux ne permet peut-être plus au film de soutenir aujourd’hui son statut de chef d’œuvre incontournable.
L’association des deux hommes si elle a donné un véritable chef d’œuvre avec “Le jour se lève” (1939) a le plus souvent accouché de films très bavards faits de dialogues très (trop ?) hauts en couleurs poussant les acteurs à un jeu déclamatoire plutôt en contradiction avec le réalisme revendiqué. Avec le recul, “Le quai des brumes” semble un grand film raté, scintillant malgré tout d’une esthétique envoûtante grâce à un Marcel Carné secondé par l’expérimenté Eugen Schüfftan ayant déjà opéré pour Fritz Lang sur “Les Nibelungen” (1924) et “Metropolis” (1927), Alexandre Trauner pour les décors ou encore Maurice Jaubert dont la musique rend parfaitement l’ambiance des quelques très belles scènes qui jalonnent le film.
Mais l’incongruité de certaines situations encore amplifiée par des dialogues ampoulés (certains plus aimables diront ciselés) qui isolent les acteurs les uns des autres, nuit à la cohérence d’ensemble qui fait que la magie n’opère pas toujours. spoiler: Si Michel Simon en tuteur de la jeune Nelly devenu criminel par amour et jalousie s’en tire comme toujours grâce à sa démesure et à deux répliques dantesques, Robert Le Vigan d’habitude fascinant semble comme un ectoplasme dans un rôle sacrifié sur l’autel de la romance centrale qui doit avancer coûte que coûte même au prix d’une certaine artificialité. Le toujours fantasque Pierre Brasseur choisi comme tête à claques du déserteur soudain revigoré par la sève amoureuse qui monte est obligé d’en faire des tonnes pour s’accommoder de la voix de fausset qui lui a été commandée par le scénario. Même Jean Gabin n’est pas toujours raccord ce qui laisse supposer que s’il adhère pleinement au projet, il n’est pas si à l’aise dans sa phase de réalisation. La scène où il tue le personnage joué par Michel Simon en est la meilleure expression, montrant un Gabin en surrégime. Seuls Aimos, Edouard Delmont, René Gérin et Marcel Pérès dans les rares rôles positifs du film ne semblent pas désincarnés tout comme le jeune Jacques Soukoff parfait en demi-sel, adjoint moqueur de l’infâme et pleutre Pierre Brasseur
. Le Havre symbole de l’imaginaire portuaire très en vogue dans le cinéma des années 1930 est montré comme le quai de la fin du monde pour une bande de déshérités n’espérant plus grand-chose. Dans la triste gargote perdue sur une minuscule rade face à l’océan, répondant au nom évocateur de Panama fleurant bon le parfum exotique des horizons lointains mais aussi celui moins ragoûtant du sordide scandale qui à la toute fin XIXème siècle a éclaboussé les élites françaises, tous les malheurs du monde se sont réunis dans l’attente du pire. Reflet métaphorique de la désillusion d’un Front Populaire déjà en train de se désagréger alors que sur le plateau, Gabin serre la jeune Morgan dans ses bras.
Une entreprise de très haute volée qui aurait sans doute gagné à ce que Jacques Prévert se mette entièrement au service de son réalisateur comme cela doit être la règle dans l’accomplissement plein et entier d’un art avant tout visuel. Une leçon que les deux hommes sans peut-être jamais en parler ou se l’avouer au vu du succès du film sauront retenir quand ils se retrouveront seize mois plus tard pour “Le jour se lève” que l’on peut considérer comme l’aboutissement de leur collaboration. Il faut dire qu’entre-temps Carné a pris du galon en tournant “Hôtel du Nord” qui lui aura permis d’appréhender autrement sa relation avec l’écriture de ses films grâce à Jean Aurenche et Henri Jeanson.
Alolfer
Alolfer

179 abonnés 1 746 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 février 2023
Jean Gabin dans chacun de ses films, rajoute un moment de "charisme" ! Bon film et bonne histoire malgré le fait que le film est un mal vieilli
maxime ...

308 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 juin 2022
Comme souvent, face à de grandes émotions, les mots me manquent ! Le Quai des Brumes, le film de Marcel Carné n'a pas mis beaucoup de temps pour me faire voir tout ce qu'il avait dans le ventre.

Si moi je manque de verve ici et maintenant, il n'en est rien de ce film qui sous la plume de Jacques Prévert colle aux standards et habitudes éblouissantes déjà entrevues ailleurs :

" - J'aime pas les bêtes qui se cherche un maitre " ; " - Bavard mais discret " ; " - Tout ce que j'ai fais de mal, c'était par colère " ; mais aussi ce dialogue, depuis entrée au panthéon " - T'as de beaux yeux, tu sais. - Embrassez-moi. "

Un mot pour Michel, ce peintre qui m'a renversé par ses vues et principes. Lui qui dit les choses comme il les voit ...

Un autre pour les acteurs, grandiose ! Gabin, Simon, Morgan, Le Vigan, Delmont et consorts œuvrent à la grâce de ce long métrage.

Essayer d'être libre, essayez ...
Jérôme S
Jérôme S

1 abonné 66 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 avril 2022
Un chef-d'œuvre je me demander à quoi m'attendre en commençant le visionnage de ce film je n'ai pas été déçu. Du Grand Gabin des scène rentrer dans la légende du cinéma français un film à voir pour tous les amoureux de cinéma et des salles obscures
Nath4217
Nath4217

5 abonnés 8 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 décembre 2021
Un excellent film avec une superbe distribution (Gabin, Brasseur, Morgan, Simon...) et qui, malgré les années reste très agréable et romantique.
J'ai beaucoup apprécié la mise en scène et la plongée dans le Havre des années 30.
Un classique du cinéma français à voir.
Y Leca
Y Leca

46 abonnés 1 174 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 décembre 2021
Voilà un classique surévalué, qui a mal vieilli et qui ne vaut que par ses acteurs (à part Brasseur qui surjoue la petite frappe horriblement) : Gabin dans son rôle de loser buté habituel, Simon le meilleur d'entre eux et Morgan qui débute. Le scénario, malheureusement improbable, les dessert tous, à part le petit chien. Renoir n'avait pas tort en parlant du " cul des brèmes" ...
Max Rss
Max Rss

252 abonnés 2 316 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 novembre 2021
De tous les grands classiques d'avant-guerre dans lesquels Gabin a joué, ce "Quai des brumes" est un de ceux dont je me souvenais le plus... pour de mauvaises raisons. En effet, la première fois, j'avais rejeté ce film en bloc. Et aujourd'hui, me demanderez-vous ? Aujourd'hui, je le revois nettement à la hausse tout en l'ayant bien moins apprécié que "La Bandera", "Pépé Le Moko" ou "Le jour se lève". L'histoire (bien qu'elle soit très classique), sait se faire intéressante d'entrée de jeu. Carné avance bien ses pions. Ensuite, par moments, on a tendance à se désintéresser de tout ça, la faute à quelques longueurs. Mais, ne soyons pas vaches, ne passons pas à l'as les qualités évidentes du film. Son cadre, son atmosphère hautement brumeuses, la qualité de ses dialogues, ainsi que ces nombreuses séquences bien senties, notamment la fête foraine (ce qui ne relève pas uniquement de cette fameuse réplique connue de nous tous) et le final, prévisible mais superbement mis en scène. On a connu Carné meilleur, tout comme on a connu Gabin, Morgan, Simon et Brasseur meilleurs, mais ça passe.
Liam Debruel
Liam Debruel

27 abonnés 104 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 septembre 2021
Valse tragique d'êtres cherchant simplement le bonheur, Quai des Brumes relève de l'intemporel par son équilibre entre réalisme brut et poésie romantique. C'est un monument de cinéma français qui se joue de sa théâtralité pour en ressortir un onirisme sublime de tristesse.
Xavier D
Xavier D

82 abonnés 1 146 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 juillet 2021
Entre le verbe de prévert et le talent de Gabin, de Morgan, de Simon, de Brasseur, le cinéma de carné est un régale cinématographique. Un film d'entre deux guerre, qui allait connaître la deuxième guerre mondiale, et dont le sentiment est plus que triste. Il ne faut pas grand chose pour faire un grand film. Et avec de l'humour, de l'émotion et une bonne interprétation, ça passe très bien !
Olivier G.
Olivier G.

4 abonnés 59 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 juin 2021
Et ça picole, ça boit du rhum au lieu de bosser, ça fume des gitanes, ça dit des gros mots ("je vais te buter"), et par dessus tout ça incite à la pédophilie (Nelly à moins de 18 ans). Je vous le dis, ce film n'aurait pas la moindre chance aujourd'hui … et puis qui irait s'embarquer aujourd'hui pour le Venezuela, le pays de la dictature de Nicolas Maduro !
Bon le film a un peu vieilli il faut en convenir et puis rencontrer une beauté dans un bar paumé du Havre c'est pas très réaliste (on appelle ça quand même du "réalisme romantique"). Mais revoir Jean Gabin et Michèle Morgan ça n'a pas de prix (Gabin jeune était un peu empatté avec un faux air de Coluche, si si je vous assure). Et puis que répondre à "t'as de beau yeux tu sais ? ", allez voir, ca vaut le détour.
Ykarpathakis157

6 196 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 mai 2021
Le Quai des brumes est assez différent du film La Grande Illusion bien qu'il date de la même époque et que Jean Gabin y incarne la quintessence du Français. Il est d'une tristesse obsédante d'une émotion tranquille et même s'il est un peu daté à certains endroits il parvient toujours à vous surprendre et vous laisse absorbé par les motifs de la solitude humaine et le rêve humain non déraisonnable mais finalement impossible du bonheur. Ce n'est donc pas un film à mourir de rire et on ne sort pas avec un sentiment de bonheur mais on est content de l'avoir vu. C'est l'un des chef-d'œuvre de l'histoire du cinéma français. Jean Gabin est idéal dans le rôle du dur à cuire qui a un faible pour la belle enfant Michèle Morgan et à la fin tout ce dont on se souvient c'est des brumes calmes du port du Havre et du sentiment de malchance et de chances perdues. Sans oublier les beaux yeux de Morgan...
stans007
stans007

36 abonnés 1 462 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 avril 2021
Un grand classique, drame total dans les brumes du port du Havre, dialogues de Prévert, mélange d’ambiances bien réussies (le cabanon Panama) et de scènes improbables ou démodées.
vivaBFG
vivaBFG

23 abonnés 1 627 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 octobre 2020
Film à visionner lorsque vous avez un moral à tout épreuve. En effet, c'est noir, très noir, plein de beaux sentiments mais qui finissent toujours mal. Il faut une sacré dose d'optimisme, de joie de vivre pour sortir de ce film indemne.
A réserver à ceux qui prennent plaisir devant le malheur des autres mais aussi à ceux qui veulent voir un monument du cinéma français.Mais je vous aurais prévenu!
Fabien S.

686 abonnés 4 150 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 mai 2020
Un chef d'œuvre. Un très beau film avec Jean Gabin et Michèle Morgan. La phrase culte " Tu as de beaux yeux tu sais." Un bijou de cinéma.
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