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Julien D
44 abonnés
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4,5
Publiée le 5 mai 2014
Un bijoux du 7eme art français, réalisé par Michel Carné, mais nous retiendrons surtout la prestation de l'acteur Jean Gabin qui est ici mémorable dans un rôle d'un militaire franchouillard vagabond (pour ne pas dire déserteur comme dans le livre) ou les dialogue du film sont établies par le poète Jacques Prévert qui lâche ici par la bouche de Jean des phrases moins poétique, mais plutôt brutal, franc de sincérité avec cette fameuse phrase devenue célèbre "T'a de beaux yeux tu sais". L'échange entre Jean Gabin et le piètre voyous Lucien (Pierre Brasseur) et un peu classique, mais va dans le bon sens du film, spoiler: ou la relation et la surtout la fin ressemble assez au film américain de 1993, "L'impasse" de Bryan de Palma ou Carlito meurt de façon lâche des mains d'une racaille de petite envergure au grand destin Benny Blanco (John Leguizamo).
Un mélo flamboyant et complètement maîtrisé. Gabin au sommet de son art (à tel point que Morgan peine parfois à se mettre à son niveau). Des images splendides, une fabuleuse galerie de portraits avec pas mal de paumées et quelques salauds, les dialogues de Prévert, une musique envoûtante et efficace signée Maurice Jaubert, une réalisation sans faute, une photo superbe, une ambiance… Un chef d'œuvre !
Il s'agit là d'une romance qui est parvenu à m'émouvoir. Mais c'est une romance de haut niveau, qu'on ne saurait comparer, par exemple, à un Titanic ! Les dialogues sont drôles et intelligent tout à la fois, et les acteurs sont bien-sûr tous excellents. Autour de ça, tout est soigné et réussi (narration, rythme, cadrage,…). A voir !
Le Quai des brumes est mon premier Marcel Carné mais aussi mon premier Jean Gabin, après avoir vu ce film on n'a qu'une envie explorer leur filmographie a fond . L'histoire est simple, Jean a déserté l'armée et se retrouve au Havre ou il va essayer de prendre un bateau pour partir, mais il va faire la rencontre de Nelly dont il tombera amoureux mais c'est de là que les problèmes vont venir .
C'est un dame noir, froid mais pas trop, beau et touchant et par moment allégé dans quelques trait d'humour ou Jean Gabin remet a leur place des petits gangsters avec des claques humiliantes et des coups de boule . Ah ça oui il vaut mieux pas l'emmerder Jean, c'est un peu le "Machete" de l'époque, ultra badass quoi .
La réalisation est très bonne quoi que simpliste mais la force du film vient de deux choses, le récit qui est court, prenant et bouleversant dans son final et des acteurs qui maitrisent leur rôles a la perfection . D'un perfectionnisme incroyable dans le jeu des acteurs le récit écrit d'une main de maitre en demeure rapidement remplit d'émotion sur fond d'amour et de désespoir .
Le Quai des brumes est donc un drame noir excellent de bout en bout surfant sur des dialogues jubilatoires, un classique du cinéma Français qui mérite sa place parmi les plus grands films de notre pays .
Les dialogues ciselés fusent de la bouche de personnages hauts en couleur. Déserteur colérique, tuteur vicieux mais mélomane, brigands de fêtes foraines, peintre suicidaire ou poivrot ensommeillé, ces héros minables et fabuleux partent en quête de leurs rêves ou fuient leur passé sans jamais se rendre compte qu’ils tournent en rond, perdus qu’ils sont dans la brume du Havre...
Même si ce film a un peu vieilli (notamment quelques bizzareries dans la réalisation et un montage pas toujours raccord) il n'en reste pas moins un classique du cinéma français. Le climat est très prenant (poétique et...brumeux) les deux monuments que sont Gabin et Simon sont époustouflants et le regard sublime de Michèle Morgan (qui peut-etre surjoue quelques fois) quasiment hypnotique. Un film à avoir vu au moins une fois
Une œuvre d'une rare puissance, magnifique, mythique. Une ambiance véritablement envoûtante, des dialogues incisifs et touchants sans oublier le talent des monstres sacrés qu'étaient Jean Gabin ou Michel Simon, la beauté de Michelle Morgan. Un très grand moment de cinéma et une farouche impression de référence en voyant ce film.
Un scénario un peu con-con, et je ne me souviendrais pas des magnifiques rue du Havre, mais Jean Gabin est très bon, la musique nous reste dans la tête et créer une bonne ambiance. ça reste une histoire pas trop moche, et assez réaliste, voir historique !
Un drame passionnel mythique, l'histoire d'un amour impossible entre Jean et Nelly, avec les dialogues de Prévert, un casting prestigieux et la célèbre réplique « T'as de beaux yeux, tu sais ».
Pour les magnifiques paysages embrumés,pour l'histoire d'amour tragique,pour la classe de Jean Gabin,pour la beauté divine de Michèle Morgan,pour le Havre fantasmé de Carné,pour l'ode à la liberté,pour tout...
Deuxième film de Marcel Carné diffusé sur grand écran après la réédition du fabuleux "les enfants du paradis", dans une salle toute aussi conquise. Le charme agit dès les premiers mots sous la plume du grand Prévert et dans la bouche du grand Gabin. Le scénario est nettement moins épique et étoffé que les enfants du paradis, mais tout aussi émouvant et délicieux. Certaines scènes d'extérieurs en revanche semblent un peu terne malgré le travail de restauration. Pierre Brasseur exceptionnel dans le film précédemment évoqué est malheureusement très secondaire en apparition mais tout aussi important dans le récit. L'ensemble reste un très beau drame français digne des plus belles heures du film noir.
Tout d'abord un grand merci à tous ceux qui collaborent à la remise en état de notre patrimoine. Revoir ''le quai de brumes'' ou le découvrir pour un cinéphile quelque soit son age ne peut-être qu'un moment de bonheur. Tout a déjà été dit sur ce troisième Carné-Prevert et Jacques Lourcelles en a fait une analyse parfaite dans son dictionnaire. Il est certain que l'aura mythique Gabin/Morgan fausse le jugement tellement elle est forte et tellement l'Amour romantique ressenti grâce à eux et aux deux réalisateurs fait que quelque soit le pessimisme de cette l'oeuvre(même le petit chien retournera à sa solitude), la certitude de savoir que cet amour existe emporte tout le reste. Le moment magique du premier baiser est si bien amené et si bien dialogué que nos larmes coulent doucement sur nos joues. Les temps forts sont exceptionnels, ce sont eux qui restent en mémoire car le réalisme poétique passe mal en 2012, les français ont trop changé et le pessimisme actuel n'est rien comparé à celui de 1938...Chaque époque s'inventant ses propres angoisses. Les temps faibles sont des ressentis personnels qui proviennent des personnages secondaires tous plus qu’improbables et qui évidemment parlent ''Prevert'' comme Jean et Nelly. On a le droit de ne pas entrer dans ce choix pourtant totalement maîtrisé. Seule certitude le jeu excessif de Pierre Brasseur qui aura l'occasion de se racheter dans ''les enfants du paradis'' On peut adorer ce film au plus haut point sans en faire le plus beau film français qui construit d'une façon analogue restera''Remorques'', sorte de perfection absolue dans sa linéarité et dans son amour plus vrai que vrai qui transpirera plus charnellement l'écran entre Catherine et André.
Je suis loin d'avoir fait le tour des 36500 communes qui composent notre pays, mais ce qui est sûr c'est que Le Havre ne fait pas partie des plus belles et des plus euphorisantes. C'est certain que cette ville se fond très bien dans cette ambiance brumeuse et ténébreuse que nous fait ressentir ce film, mais personnellement je trouve qu'elle est pour beaucoup dans le côté fade que peut dégager cette oeuvre . Beaucoup parle de celle-ci comme un chef d'oeuvre, pour ma part je trouve cette définition bien au delà que ce que j'ai pu voir. Gabin est extraordinaire, comme d'habitude en fait, et Michèle Morgan est totalement sublime. Par contre, étonnamment j'ai trouvé Michel Simon complètement en dedans, bien moins attachant et moins inspiré que dans la plupart de ses autres films ("La poison" de Sacha Guitry par exemple, pour ne citer que celui-là). Ici, l'histoire est dans l'ensemble ennuyeuse, malgré un démarrage qui ne laisse rien présager de tel. La suite est un mélange tortueux de pèle-mêle en tout genre qui finissent par lasser. Je n'ai ressenti aucune émotion quant à la relation Simon-Morgan et j'ai trouvé assez dénuée d'intérêt cette histoire de déserteur qui veut quitter le pays. Bref, je sais que ma critique est très dure, et que je suis complètement à côté de tout ce qui a pu se dire sur ce film, ici ou ailleurs, mais c'est mon ressenti. Bon après j'ai pas tout perdu non plus, je pourrai au moins me vanter d'avoir vu le film où se trouve la ô combien célèbre réplique "T'as d'beaux yeux tu sais ?"... A noter que Marcel Carné aime bien clore ses productions par une fin dramatique, qui, à l'instar "d'Hotel du Nord" ou du "Jour se lève", se termine une nouvelle fois sur un coup de feu. Pour le coup j'ai eu l'impression de me prendre une balle aussi.
« Quai des brumes » œuvre pathétique de fin de parcours regroupe dans un microcosme grisaillant toute la tautologie du défaitisme.
Du verbe résigné à la pause statique une faune locale comprimée par une mer infranchissable s'entretient par le rhum, le mal de vivre, la lâcheté, la convoitise et l'envie d'un ailleurs sous la voute d'un soleil absent perpétuellement recouvert d'une mer de nuages.
Les connexions sont méprisantes, acerbes, violentes, désabusées. Les conversations sont courtes, les poings s'activent après quelques phrases. Ces esprits rongés par la démotivation et la haine se provoquent sur une terre lugubre émiettée par une noirceur tenace.
Cette ouvre pénible, pessimiste est d'un esthétisme douloureux, extrêmement travaillé dans son amertume envers la scoumoune privant quelques marginaux des saveurs d'un monde équilibré.
Son message s'avère néanmoins dangereux sur l'impact négatif qu'elle transporte à travers les âges.
Le contenu volontairement désagrégé d'un environnement en miettes se répand en lamentations et révoltes incessantes faisant de ses composants une meute effondrée et revancharde en alternance.
Toute cette gâche humaine nauséabonde regroupée en bord de mer marquée par le destin envahit la toile de ses tourments dans des situations presque fantomatiques faisant de l'homme une machine à ruer ou un geindre.
A voir plus comme un exercice de style en ignorant impérativement son aspect n'incitant qu'a en finir.
Le cinéma de Marcel Carné n'incite pas des personnages auto-suicidaires à sortir de leurs gonds devant l'adversité mais plutôt d'entretenir par une prose adéquate leurs lentes descentes vers le néant.